13/11/2009

Lettre ouverte à l'International socialiste

Lettre ouverte à l'International socialiste

L'International socialiste doit exclure de ses rangs le parti populaire républicain de Turquie (CHP) qui prône le racisme, la discrimination et la " solution finale " contre les Kurdes.


Genève le, 12 novembre 2009



Le parti populaire républicain de Turquie (CHP) a franchi hier (10 novembre 2009) une nouvelle étape dans ses prises de position contre la paix, en appelant à l'extermination du peuple kurde en Turquie.

En effet, à l'initiative du gouvernement turc " l’ouverture " concernant la question kurde dans ce pays est débattue dans l'opinion publique depuis plusieurs mois. Le gouvernement a même entamé des négociations avec le mouvement kurde le PKK (parti des travailleurs du Kurdistan) afin de trouver une issue pacifique au conflit armé. Le PKK a d'ailleur récemment envoyé une délégation de paix, composée de combattants et de réfugiés kurdes d'Irak, pour accélérer les pourparlers. Une autre délégation, composée de réfugiés Kurdes en Europe, est attendue.

Dans ce contexte, la grande assemblée nationale (parlement turc) a débattu le 10 novembre 2009 l'organisation d'un débat sur cette question. Au nom de son parti, M. Onur Öymen (CHP), s'opposant à cette initiative, a appelé la poursuite de la guerre contre les Kurdes. Rappelant, entre autres, les massacres fait lors des révoltes Kurdes en Turquie (Cheik Said et Dersim en particulier) et lors de l'occupation du Nord de Chypre, il a appelé le gouvernement turc actuel qui ne serait pas assez courageux comme les précédents à " finir le travail " contre " les terroristes ".




AINSI, LE CHP PROPOSE, TOUT COMME DANS LE PASSE, LA SOLUTION MILITAIRE À LA QUESTION KURDE DANS CE PAYS.


Pour rappel, le CHP a été l'unique parti autorisé en Turquie entre 1923 et 1950. Il a dirigé ce pays avec une main de fer (au sens propre du mot) ; de nombreux massacres et de graves violations des droits humains ont été commis sous son règne.

En effet, les fondateurs de la Turquie dite " moderne ", sous l'étiquette du CHP, ont bâti ce pays sur le génocide des peuples et de leurs cultures. Leurs successeurs ont poursuivi la même sale besogne.


En voici quelques exemples

  • L’expulsion brutale de 1.2  million de Grecs (1923-1924)


  • Les massacres des Kurdes et des  Assyriens après la révolte de Sheikh Said  (1925-1928)


  • Les massacres des Kurdes, Alévis  et Kizilbachs de Dersim : 70'000 – 90’000 morts et 12’000 personnes déplacées  (1935-1938)

  • Les lois iniques et les  déportations d’Arméniens, de Juifs, de Grecs  (1942)


  • La guerre contre les Kurdes, de  1984 à ce jour, a fait plus de 40’000 morts.


  • La destruction de 3848 villages  kurdes et les déplacements forcés de trois à quatre millions de paysans kurdes  entre 1989 et 1998. Le but des auteurs de ces crimes contre l’humanité était  de " turquiser " les terres de ces peuples, en exterminant d’abord les  non-musulmans, puis les musulmans non-turcs et/ou, à défaut, de les  assimiler.


  • La guerre contre les Kurdes -  depuis 1984 à ce jour, plus de 40’000 kurdes ont perdu la  vie.


  • Le massacre de 36 manifestants  lors de la célébration du 1er mai 1977.


  • Les massacres de 102 personnes  en 1978 à Kahramanmaras et de 7 étudiants le 16 mars 1978 à Beyazit  (Istanbul).

  • Le massacre de 50 personnes le 5  juillet 1980 à Çorum.

  • Le massacre de 37 intellectuels  le 2 juillet 1993 à l’hôtel Madimak à Sivas.

  • Le massacre de 33 personnes  le 12 mars 1995 à Gazi -Ümraniye. (Istanbul).


  • Les massacres dans les prisons :  3 détenus de Buca (21 septembre 1995), 3 prisonniers à Ümraniye (4  janvier1996), 10 prisonniers Diyarbakir (24 septembre 1996), 10 prisonniers  Ulucanlar (26 septembre 1999) et 28 prisonniers politiques abattus et des  centaines de prisonniers blessés simultanément dans plusieurs villes avec  l’opération intitulée " Retour à la vie " (19- 21 décembre  2000)


  • Du 20 octobre 2000 au 22 janvier  2007, la tenue d'une grève de la faim jusqu’à la mort ; 94 personnes dont des  prisonniers politiques et leurs proches sont mortes dans le cadre de cette  grève de la faim et de son soutien, dans et hors des prisons. 600 personnes  environ sont soit au bord de la mort, soit dans des états physiques et mentaux  gravement détériorés. Les prisonniers protestaient contre le plan du  Gouvernement prévoyant leur transfert forcé dans des prisons à cellule  d’isolement dite de " type F ", ainsi que contre les tortures, la répression  et la législation prétendument " antiterroriste " de l’état turc qui bafoue  les règles démocratiques minimales.

  • La destruction de 3848 villages kurdes  et les déplacements forcés de trois à quatre millions de paysans kurdes entre  1989 et 1998


C'est ce parti (CHP), militariste, raciste, chauviniste et ultra nationaliste, qui est membre de l'International socialiste depuis 1976. C'est aussi le président de ce parti, M. Deniz Baykal, qui a appelé l'armée turque il y a moins de deux ans à faire un coup d’état et pour lequel il a été hué lors de la réunion de l'International socialiste à Genève. Le dernier exemple démontre que ce parti n'a aucune volonté de défendre la démocratie, encore moins le socialisme. Pourtant, mêmes certains dirigeants ultranationalistes turcs de l'époque, à l'instar de Ihsan Sabri Caglayangil, ont fait leur mea culpa s'agissant de la cruauté de leurs actes contre les Kurdes : " nous les avons tous massacré, de 7 à 77 ans, et gazé comme des rats ceux et celles qui s'étaient réfugiés dans des grottes.
"


Un parti qui bafoue les principes élémentaires de l'international socialiste n'a donc pas sa place au sein de cette organisation. C'est pourquoi, nous, en tant que Maison populaire de Genève, appelons les organes dirigeants de l'international socialiste à prendre la décision qui s'impose : exclure le CHP de ses rangs.



Demir SÖNMEZ


 

08:47 Publié dans Associations | Tags : paix | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

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