16/01/2010

3e anniversaire de l'assassinat du journaliste arménien HRANT DINK

Communiqué commun: Du monologue au dialogue... Du dialogue au silence...

Le 19 janvier 2007, la liberté d'expression s'écroulait devant l'immeuble du journal AGOS et se noyait dans le sang de son rédacteur en chef, Hrant Dink. Les bas-fonds de l'Etat turc venaient de condamner à mort le futur d'une Turquie ouverte au renouveau, à la réconciliation de ses peuples, à la vérité historique et à l'Union européenne.  

Sans le savoir, l'Etat venait d'ébranler les fondements du mutisme de la société turque. Hrant Dink croyait en son pays. Son pays le lui a rendu. 

Dans un silence assourdissant, sa Turquie est née, celle dont il rêvait : elle se réunissait spontanément, d'un front commun et dans sa multiplicité pour rendre un dernier hommage à un visionnaire, pour dire stop à la folie des haines fratricides. 

En octobre 2009, on interroge encore, on cherche toujours. Mais on sait. Mais ils savent. D'audience en audience, un spectacle de Guignols en continu. 

L'Europe a condamné, l'Europe a demandé de condamner les coupables. Mais la volonté politique des plus hautes instances est-elle réellement de faire éclater la vérité au risque d'avérer un scandale politique ? 

Ogun Samast a été armé par un Etat dans l'Etat, une entité ultranationaliste désireuse de museler tous ceux qui iraient à l'encontre du discours officiel : « qui sont Ergenekon » ? Pourquoi la justice turque continue-t-elle à protéger les responsables en éparpillant les procès, en se moquant ouvertement du droit, en ricanant lors des audiences ? Est-ce cela le legs de Hrant Dink? Non.  

Il rêvait d'une Turquie moderne, fière, tournée vers l'Europe et capable de relever tous les défis  pour entrer dignement dans l'Histoire. 

Mais au lieu de cela, les réseaux des pouvoirs militaires veillent au grain, les Loups Gris ne baissent pas la garde et de concert, ils condamnent, châtient et assassinent sans procès à l'intérieur et à l'extérieur du pays. 

Le procès s'éternise et se heurte à des murs de plus en plus épais. Oublier Hrant Dink, c'est l'assassiner une deuxième fois. Baisser les bras devant le manque de volonté de la justice turque, c'est vider de sens la vie de Hrant Dink. 

Tous ceux qui croient, qui espèrent et qui ont foi dans l'avenir ont le devoir de ne pas baisser les bras, de ne pas oublier et de réclamer inlassablement la justice pour ce journaliste passionné mais aussi pour tous les autres qui l'ont précédé et qui le suivent en Turquie, pour tous ceux que l'on tente de museler par un semblant de droit reflété dans un code pénal qui fait honte aux valeurs démocratiques
universelles

"Oui, je peux me voir dans l'inquiétude et l'angoisse d'une colombe, mais je sais que dans ce pays les gens ne touchent pas aux colombes. Les colombes peuvent vivre en plein coeur des villes, au plus chaud des foules humaines. Non sans crainte évidemment, mais avec quelle liberté ?"

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19:27 Publié dans Politique | Tags : paix | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

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