03/04/2011

manif contre le chômage

manif contre le chômage

Les trois mensonges

Je n’ai pas l’habitude des manifestations silencieuses, j’ai plus l’habitude d’exprimer ma colère et mes revendications en manifestant. Mais aujourd’hui cette première partie silencieuse avait toute sa signification pour exprimer le deuil de la perte de droit ce 1er avril pour toutes les personnes qui sont victimes de licenciements dans ce pays.

Non seulement cette révision de la LACI touche avec une perte de 120 à 260 indemnités au moins 20’000 personnes jetées au chômage avant le 1er avril. Mais en plus cette révision baissera drastiquement les droits au chômage de près de 30% de celles et ceux qui seront victimes d’un licenciement à partir d’aujourd’hui.

Manifester pour moi, c’est aussi important pour dénoncer les mensonges avérés ou par omission de nos gouvernants, de partis de droite, d’extrême-droite, et des partis d’un prétendu centre.

Je voudrais en dénoncer 3 aujourd’hui :

Le premier mensonge, c’est celui de la votation du paquet fiscal en 2008, accepté par 50,5% du peuple. Le gouvernement avait affirmé qu’il n’en coûterait que quelques dizaines de millions de pertes d‘impôts pour la Confédération. Aujourd’hui, tout le monde reconnaît que c’est par milliards que des cadeaux ont été fait aux entreprises les plus riches par cette votation. Elle permet aujourd’hui à l’UBS et au Crédit Suisse de distribuer 56 milliards de dividendes à ses actionnaires sans qu’un seul franc d’impôts soit payé dessus. Le peuple aurait-il voter de la même manière s’il avait su toute la vérité ? 56 milliards, cela ne vous rappelle pas un autre cadeau accordé par le Conseil fédéral en un w-e à l’UBS ?

Deuxième mensonge, celui sur la votation de la révision de la loi sur le chômage : certes les cantons latins, et Genève en particulier, ont voté largement non contre cette révision, mais le peuple suisse aurait-il voter oui majoritairement si on lui avait dit que du jour au lendemain, un 1er avril, 20’000 sans-emplois verraient leur nombre d’indemnités baisser drastiquement, arrivant à 0 pour une grande partie d’entre eux. Et le mensonge a continué jusqu’à ces derniers jours sur le nombre de chômeuses et de chômeurs qui seraient touchés par l’effet couperet : jusqu’il y a 3 jours on nous disait que pour Genève, il y auraient 1300 personnes touchées, maintenant on reconnaît qu’il y en a plus de 2’300. Pour le Canton de Vaud, on parlait de 1’700, aujourd’hui de plus de 2’500. Le mensonge continue.

3ème mensonge que je veux dénoncer : c’est un mensonge permanent : le taux de chômage officiel donné de mois en mois dans les statistiques du SECO est un vrai scandale. Il ne reflète que le nombre de personnes qui touchent effectivement des indemnités de chômage pendant le mois précédent. Il ne reflète en rien le nombre réel de sans-emploi en Suisse qui doit être au moins entre 3 ou 4 fois plus important, à passer 10%. Ce mensonge permanent se vérifiera encore plus clairement début mai quand le SECO communiquera que le taux de chômage aura subi en avril une baisse historique, la plus importante jamais connue en 1 seul mois. Puisque l’application de la révision va exclure du droit au chômage 20’000 personnes sans qu’elles n’aient nullement retrouvé un emploi, uniquement en leur supprimant un droit aux indemnités. Il faut dénoncer chaque mois ce mensonge officiel du taux de chômage.
Tout ceci nous montre qu’il y a urgence. Les 2300 genevois qui ont perdu des droits immédiats au 1er avril, plus tous ceux qui en auront moins s’ils sont jetés au chômage à partir de cette date ne peuvent pas être abandonnés à leur sort par le gouvernement et le parlement genevois dont le peuple a montré largement son refus de cette révision.

C’est pourquoi nous exigeons le vote immédiat d’une loi d’urgence :

•garantissant 120 indemnités de chômage en plus pour tous comme avant le 1er avril

•garantissant aussi le maintien pour chaque chômeuse ou chômeur du nombre d’indemnités de base qu’il avait ou qu’il aurait eu droit avant le 1er avril.


•A cette loi urgente, nous ajoutons aussi, suite au référendum, le vote contre la révision de la LASI pour le maintien du RMCAS, comme droit pour toute personne arrivant en fin de droit fédéral.

Nous savons tous que ce ne sont pas les mesures urgentes qui résoudront à moyen ou à long terme le problème des sans-emploi. D’autres en parleront plus longuement : il faut que l’état crée rapidement de vrais emplois durables, socialement, économiquement et écologiquement utiles, liés à des vraies formations qualifiantes pour que les personnes sans-emploi puissent les occuper.

Mais en attendant les mesures urgentes sont indispensables, c’est pourquoi cette manifestation continuera de manière colérique et revendicative pour que nous fassions vraiment le deuil de nos droits perdus en exigeant et en conquérant de nouveaux droits.

En avant, camarades montrons clairement notre refus des mensonges officiels et des diktats de la droite et du centre mou, notre exigence d’indemnités de chômage urgentes et d’emplois nouveaux.

Intervention de Bernard Remion – Syndicom et CGAS

http://www.cgas.ch/SPIP/spip.php?article1835

 

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Reportage photo : Boran et Demir SÖNMEZ

01:05 Publié dans Economie | Tags : paix | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | | | |

Commentaires

Pour luter contre le chomage à Genève,moins de frontaliers et plus de résidants genevois dans le domaine de l'emplois,comme le préconise un mouvement politique de notre canton de Genève.

Écrit par : chauffat albert | 03/04/2011

D'accord,l'etat doit creer de vrais emploies !! mais que faites vous du dumping
salarial utilise par le patronat qui attire de plus en plus de Frontaliers
70 000 Alors que les residents de Geneve doivent payer

1) leur loyer a GENEVE vue le prix du loyer actuel
2) leur assurance maladie a GENEVE
3)leur transport
etc.. etc..

On leur offre 3000Frs pour la famille ....Faites votre compte

Ils ont le choix entre La working poor society ou le RMCAS

Le choix est vite fait le RMCAS plus les complementaires sont plus interessants

Conclusion: Vous formez les assites de demain

Si rien n'est entrepris dans l'equilibre entre la main oeuvre frontaliere et les

residents a geneve on risque de pousser les locaux vers l'inactivite professionnelle et il vaudrait mieux fermer toutes les ecoles a GENEVE PUISQU'ILS NE FORMERONT QUE DES FUTURES CHOMEURS

Écrit par : lu | 03/04/2011

cher ami j'ai voté non à Schengen, pour éviter ce que l'on voit et que l'on va voir encore davantage dans les années qui viennent!

Les aides soignantes bulgares qui viennent travailler au Tessin pour 1850.- par mois!

C'est ça Schengen!

Et les politiciens sont tous complices de ça!

La Ville et le Canton emploient des chômeurs à des salaires minimums, qui le dit!

Écrit par : dominiquedegoumois | 03/04/2011

Nous sommes des moutons encore une fois des moutons beeeeee beeeeeee le gouvernement a réussi à diviser le peuple.
Un mot d'ordre U.N.I.T.É MERDE ALORS !

Écrit par : bartolucci | 03/04/2011

Cher (s) (es) amis (es)

et à @dominiquedegoumois,

Je ne sais pas si vous êtes née à Genève, mais moi j'y suis depuis très très longue date et je peux vous certifiez qu'il y a toujours eue des frontaliers, des immigrés européens, et parfois même américains, auprès des multinationales et que la patronat se trouve être le grand responsable de cette situation et non pas les accords de Schengen, ni les frontaliers. Si nous n'avons pas signés ces accords, nous serions totalement en marge de l'Europe aujourd'hui! N'oublions pas tous nos compatriotes qui travaillent à travers l'Europe et que grâce à ces accords ils peuvent le faire facilement. Arrêtez de toujours mettre la faute sur les frontaliers, c'est le patronat qui est responsable de cette situation. Il y a l'offre et la demande. L'Etat et la Confédération ne sont pour rien dans tout cela. Ils appliquent tout simplement la loi.
Dans toutes les entreprises où j'ai travaillé, il y avait des cadres nous parvenant de l'Europe et de la frontière. Beaucoup vivent et dépensent sur place, etc. etc. cela sert l'économie locale, n'est-ce qu'en prenant un plat du jour à midi...! Désolé, mais Genève a de tout temps fait appel à la main d'oeuvre étrangère et aucune loi ni personne ne pourra jamais changer cela, c'est simplement une utopie qu'utilise certains partis politiques pour obtenir des voix, mais ils ne pourront rien y faire s'ils étaient au pouvoir, car ce n'est pas eux qui sont aux Ressources humaines, mais le patronat qui lui a carte blanche et qui fait ce qu'il veut. Avec un bon avocat il obtient tout ce qu'il veut en détournant certaines lois à son profit! Ne croyez pas aux vaines promesses de l'extrême droite qui fait miroiter des soit disant solutions au petit peuple que nous sommes, alors que s'ils étaient au pouvoir, ils baisseront les bras à leur tour. Cela a toujours était ainsi, c'est le patronat et les banques qui commandent avec leur porte monaie, puisque c'est eux qui paient les impôts les plus élevés dans le canton.
Esmé

Écrit par : Esmé | 06/04/2011

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