10/05/2011

AKP sème la terreur sur les kurdes

AKP sème la terreur sur les kurdes

La tension monte au Kurdistan de Turquie après les opérations policières et militaires qui ont couté la vie de 25 combattants du PKK et deux civils depuis fin mars. Au moins 159 kurdes ont été arrêtés au cours des 24 dernières heures et environ 1 500 depuis 19 avril.

Le gouvernement turc vise violemment les kurdes avant les élections législatives du 12 juin, menant une politique nationaliste pour prendre des voix au MHP (Parti de l'action nationaliste, nationaliste et raciste). Selon le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, le problème kurde n’existe plus, alors qu’aucune mesure effective n’a été prise par le gouvernement Erdogan.

 

 

 

DES FILTRES SUR CHAQUE ORDINATEUR

Trompant l'opinion en promettant l'an dernier une solution durable à la question kurde, le gouvernement AKP a mis en place un véritable système policier contre toute opposition.  Le pays est devenu la plus grande prison du monde pour les journalistes, avec au moins 58 journalistes emprisonnées. Des dizaines des journaux ont été suspendus et plus de 7 milles sites d’internet ont été bloqués. Imposant aux internautes l’usage d’un filtre pour leur accès en ligne, la Turquie  suit le chemin qui mène vers Iran et la Chine.

Selon une décision du 22 février dernier, les utilisateurs d’Internet en Turquie auraient le choix entre quatre options : famille, enfants, domestique et standard. A partir du 22 août, il sera obligatoire d’installer l’une de ces offres sur chaque ordinateur en sa possession. Reporters sans frontières condamne la tentative du Bureau des Technologies de l’Information (BTK), qui dépend du Premier ministre, d’imposer l’usage d’un filtre pour  accès à Internet.

25 COMBATTANTS DU PKK TUÉS

Malgré le cessez-le-feu du PKK, Parti des travailleurs du Kurdistan, depuis aout 2010, l’armée turque  mènent des opérations à travers le Kurdistan de Turquie. 25 guérilleros du PKK ont été tués depuis fin mars. Le 4 mai, cent mille kurdes ont assisté aux funérailles de quatre guérillas du PKK à Diyarbakir, chef-lieu du Kurdistan, criant vengeance.

Au lendemain de ces funérailles, considérés les plus grandes depuis  20 ans, le premier ministre turc a appelé à la censure du principal parti kurde BDP dans les médias.

Parallèlement aux opérations militaires menées par l’armée, la police turque  sème la terreur dans les villes, ce qui a fait monter d'un cran la tension. La frénésie d’arrestations a pris de l’ampleur, notamment après l'éviction de sept candidats kurdes aux législatives. Cette décision qui a suscité la colère des kurdes avait finalement été annulée pour six d'entre eux. La police a tué deux manifestants et a blessé des centaines d’autres au cours de manifestations pour dénoncer l’éviction des candidats.

ARRESTATIONS EN MASSE

308 personnes, dont neuf policiers, ont été blessées et 831 autres, dont 198 enfants, ont été arrêtées entre le 19 et 29 avril en Turquie, selon un rapport de l’association des droits de l’homme (IHD).

Les opérations policières n’ont pas cessé les jours suivants. Il ne passe pas un jour sans qu’on rapporte l’arrestation en masse de kurdes. Au moins 86 kurdes ont été envoyés en prison au cours de deux dernières semaines dans la seule ville de Batman.

Le 5 mai, douze kurdes arrêtés lors des opérations menées dans neuf villes ont été mis en examen et envoyés en prison.

Deux jours avant, le 3 mai, 44 personnes arrêtées à Istanbul, Urfa, Batman et à Mardin ont été emprisonnées.

Le 6 mai, la police a procédé des perquisitions dans dix villes, saccageant les maisons, et a arrêté au moins 159 kurdes. Parmi eux figurent des enfants, des femmes, des étudiants, un journaliste et des membres du BDP.

Selon un décompte du blog Maxime Azadi,  environs 1 500 kurdes ont été arrêtés depuis 19 avril.

LE GOUVERNEMENT A PERDU LÉGITIMITÉ

Jeudi soir, le Congrès de la Société Démocratique (DTK), une organisation rassemblant de nombreux responsables kurdes, dont ceux du parti pro-kurde BDP (Parti pour la paix et la démocratie), a averti qu'elle pourrait appeler au boycottage des élections si les opérations militaires et les arrestations se poursuivent.  « Le gouvernement a perdu toute légitimité » et « il menace la sécurité des élections », a dénoncé Aysel Tugluk, la co-présidente du DTK, appelant à la résistance démocratique. (Kurdish Info, 6 mai 2011)

http://www.info-turk.be/393.htm#terreur

11:09 Publié dans Droits de l'humaine | Tags : paix | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

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