20/08/2012

Vous avez dit « terroriste » ?

Une seule et courte vidéo peut-elle démentir tous les arguments de l’Etat turc et des pays occidentaux contre le PKK ?  La guérilla kurde dresse chaque jour des barrages pour contrôle d’identité. Cette fois c’est différant.  L’accusation de « terrorisme » et les mensonges officiels s’effondrent devant les yeux. La vidéo confirme la prise de contrôle par la guérilla depuis 23 juillet d’une vaste zone tout près de la ville de Semdinli.

Un accueil chaleureux

Les images tournées par des journalistes qui accompagnaient la délégation montrent l’accueil chaleureux de la foule. Des centaines de personnes descendues des véhicules crient des slogans en faveur du PKK et ils s’embrassent tour à tour, sous l’acclamation.  

« Nous n’avons vu aucune force gouvernementale dans la région » a déclaré Gultan Kisanak, co-présidente du principal parti kurde BDP, affirmant que la délégation s'est arrêtée devant un point de contrôle de la guérilla sur la route du retour après avoir visité quelques villages.

Une vaste zone est sous contrôle du PKK depuis 23 juillet à Semdinli et depuis 4 aout à Cukurca, toujours dans la région de Hakkari. La guérilla a pris le contrôle d’une autre zone près de la ville de Hakkari, après avoir lancé le 16 aout un assaut d’envergure contre plusieurs postes des forces de l’ordre.    

« Nous avons rencontré quatre guérilleros dont une femme sur la route du retour. Ils ont fait de la propagande pour leur cause » a dit de son côté Ertugrul Kurkcu, député du parti kurde BDP de Mersin.

« Selon un responsable local, sept de dix villages situés dans la zone sont vides » a-t-il ajouté, affirmant qu’un millier de villageois ont été forcé par l’armée de quitter leurs maisons.

Député libéré : Ils sont les enfants de ce pays

Quelques jours plutôt, un député avait été arrêté par la guérilla. Il s’agissait du député de parti kémaliste CHP, Huseyin Aygun, arrêté le 12 aout alors qu'il se trouvait dans sa circonscription de Dersim (Tunceli) avant d’être libéré le 14 aout.  

Le député a été arrêté suite aux plaintes des habitants de Dersim, avait affirmé HPG, la branche armée du PKK, ajoutant ajouté que son arrestation était aussi pour but d’attirer l’attention sur les travaux de construction des barrages.

« Ils étaient élégants envers moi (…) ils m’ont demandé d’œuvrer plus pour la paix et de mener une politique indépendante.  Aucune atteinte n’a été porté  à ma vie » a déclaré le député d’origine kurde après sa libération. « Ces jeunes sont les enfants de ce pays.  Ils ont dit qu’ils voulaient donner un message de la paix » a-t-il ajouté.

Le 15 aout, les femmes combattantes  du PKK ont annoncé avoir “placé en garde à vue” un soldat de l’armée turque lors d’un contrôle d’identité entre les villes de Van et de Sirnak. Au moins 81 personnes dont des militaires, des gardians de village, des entrepreneurs, un maire AKP ont été arrêtés par la guérilla entre 1er mai et 13 aout 2012. La plupart ont été libérés après avoir été interrogés par le mouvement qui affirme respecter la Convention de Genève relative au traitement des prisonniers de guerre, dont il fait partie.

PKK dénonce la déclaration de l’ambassadeur américain

Refusant de voir la réalité du PKK au sein du peuple kurde et de négocier pour une solution politique et pacifique, l’Etat turc et l’Occident continuent d’accuser ce mouvement de « terrorisme », toute en soutenant les « insurgés syriens » accusés de crimes de guerre par l’ONU.

Malgré le silence face à la répression anti-kurde et le soutien total de l’Occident, notamment des États-Unis et de la France, à la Turquie, le mouvement kurde s’impose de plus en plus fort pour l’avenir du Moyen-Orient, en rendant insignifiant les frontière actuelles qui divisent le Kurdistan entre quatre pays.

Le PKK a dénoncé le 16 aout  la déclaration de Franchis Ricciardione, l’ambassadeur américain en Turquie, qui a accusé l’organisation de coopérer le régime Assad. « L’ambassadeur américain doit présenter ses preuves ou nous affirmerons qu’il est un grand menteur et calomniateur » a déclaré le PKK, dans un communiqué.

Vendredi 15 aout, l’ambassadeur américain avait accusé le régime syrien d’avoir armé le PKK. « Le PKK est un mouvement de la liberté et de la démocratie » a ajouté le mouvement kurde, affirmant que la déclaration de Ricciardione fait partie des mensonges du régime AKP, dans le cadre d’une guerre psychologique contre le peuple kurde.

« Nous appelons toutes les forces internationales, notamment les États-Unis, à voir la cause du peuple kurde et à abandonner la politique qui sacrifie les kurdes pour les intérêts économiques et politiques » a dit l’organisation, appelant également les mouvements politiques kurdes et les milieux démocratiques à mener une lutte commune contre la campagne de diffamation et de désinformation véhiculée par le régime AKP.

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13:46 Publié dans Droits de l'humaine | Tags : paix | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | | | |

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Au moins huit personnes ont été tuées et plus de cinquante autres ont été blessées ce lundi soir, dans l’attentat à la voiture piégée qui a frappé le centre-ville de Gaziantep, dans le Sud-Est de la Turquie, théâtre traditionnel des opérations terroristes syriennes sous couvert "PKK", soutenu, financé et armé par le régime syrien pour harceler la Turquie.

Damas avait longtemps créé et financé de soi-disant séparatistes kurdes de Turquie, exploitant ces milices syriennes pour harceler Ankara. A la fin de la des années 90, l’armée turque a sérieusement menacé d’envahir le nord de la Syrie et a massé ses troupes à la frontière. La Turquie a également exercé des pressions sur Damas en construisant une vingtaine de barrages sur l’Euphrate, privant la Syrie de ressources hydrauliques indispensables à son agriculture. Face à cette démonstration de force, et pour éviter la famine, après la destruction de l’agriculture "syrienne" et kurde.

Depuis l’éclatement de la révolution syrienne, Bachar Al-Assad a remis au goût du jour l’appareil militaire agissant au nom du PKK, et multiplié les attentats et les attaques en Turquie. L’objectif de Damas est de menacer Ankara et de dissuader les Turcs d’intervenir, directement ou indirectement, contre le régime syrien. Ce lundi, les responsables turcs ont affirmé que leur pays a atteint ses capacités d’accueil des réfugiés syriens (75.000) et ont plaidé, pour la première fois de façon officielle et sans détour, pour l’installation d’une zone protégée en territoire syrien, afin d’y héberger les déplacés syriens. Ce qui stipule automatiquement une zone d’exclusion aérienne. Or, l’armée du régime utilise de plus en plus l’aviation pour bombarder les villes rebelles et l’Armée Syrienne Libre. Damas ne compte pas se priver de sa principale arme (aviation, hélicoptères), ni tolérer l’installation d’une zone protégée. La riposte syrienne ne s’est donc pas fait attendre. Sur ordre du régime de Bachar Al-Assad, ses agents infiltrés en Turquie ont ainsi commis l’attaque terroriste la plus violente de ces derniers mois, à Gaziantep.

Selon les autorités locales, la puissante explosion s’est produite en fin de journée à quelques dizaines de mètres d’un commissariat de police, provoquant un important incendie. Plusieurs véhicules dont un bus municipal ont été détruits, et au moins huit personnes ont été tuées et 50 autres blessées.

A Ankara, les observateurs s’interrogent sur le seuil de tolérance des autorités face aux provocations et aux harcèlements menés méthodiquement par Damas. Depuis le début de la crise syrienne, en mars 2011, ces observateurs reprochent aux responsables turcs de « gesticuler sans agir, de multiplier les menaces sans jamais les mettre à exécution, de crier sans jamais se faire entendre... ». Les observateurs ajoutent qu’« en avalant les couleuvres, Ankara s’est dangereusement exposé au diktat syrien ». L’absence de réaction turque à la perte d’un chasseur F-4, abattu par la DCA syrienne en juin dernier, a renforcé le malaise en Turquie, et a encouragé la Syrie à poursuivre sa politique. Ce lundi, l’armée du régime a mené l’une des plus violentes attaques contre des positions de l’Armée Syrienne Libre dans la montagne de Lattaquié, non loin de la frontière turque. Le régime syrien semble décidé à "nettoyer" ce territoire et à empêcher les insurgés d’y installer une zone d’exclusion. « C’est sans nul doute le fruit des hésitations des politiques occidentaux » !

Écrit par : Corto | 21/08/2012

Turquie : un jeu de rôle entre le PKK et l’ASALA ? Les kurdes démentent toute implication dans l’attentat de Gaziantep

Selon la télévision « Al Arabiya », le Parti des Travailleurs Kurdes (PKK) a publié un communiqué, ce mardi, démentant toute implication dans l’attentat de Gaziantep (sud-est de la Turquie), survenu hier lundi, et qui a fait neuf morts (un blessé a succombé à ses blessures) et une cinquantaine de blessés.

Ce démenti intervient quelques heures seulement après les menaces proférées par l’Armée Secrète Arménienne de Libération de l’Arménie (ASALA), mettant en garde la Turquie contre toute ingérence en Syrie. L’ASALA, connu pour avoir été un groupe terroriste marxiste durant les années 1980, semble avoir été réhabilitée par le régime syrien pour harceler la Turquie. Selon plusieurs observateurs des relations syro-turques, on pourrait assister à un jeu de rôle entre les différentes organisations proches de Damas. Dans ce climat de profusion des groupes terroristes, sur fond de crise syrienne, les observateurs n’écartent pas non plus une implication de l’antenne turque du Hezbollah dans l’attentat d’hier.

Écrit par : Corto | 22/08/2012

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