02/05/2013

La lutte continue! Vive le 1èr Mai !

 

L1013375.jpg

DSC_7403.jpg

DSC_7408.jpgDiscours de Hanne DAM - Unia


Bonjour à tous,

Je suis une ex-employée Merck Serono et il y a une année exactement j’ai participé au défilé du 1er mai pour la première fois, surprise d’être là comme beaucoup de mes collègues. Nous étions plus de 600 comme moi ce jour là suite à l’annonce le 24 avril de la volonté de la famille Merck de fermer le site de Sècheron à Genève. Nous étions d’abord sous le choc et très désemparés car nous n’avions aucune idée de ce qu’il fallait faire, de ce que nous pouvions faire, puis nous nous sommes organisés avec l’aide du syndicat Unia, car il n’y avait pas de tradition syndicaliste au sein des entreprises pharma, dites les ‘blouses blanches’ assimilés aux cols blancs.. Nous avons commencé par organiser des assemblées générales et des groupes de travail sur les thèmes du maintien du site (partiel et total) ainsi que d’un plan social pour les licenciés. Nous avions aussi un groupe dédié spécialement aux actions tels que les défilés avec banderoles, pancartes, les journées de grève, les ateliers de réflexion sur les actions et la stratégie. Nous avons donnés beaucoup d’énergie et de temps, nous avons beaucoup travaillé. Le côté positif nous a permis de faire l’expérience de la solidarité, Il y a eu une vraie synergie et un grand engagement d’un grand nombre d’employés. Cela à été une expérience de vie exceptionnelle pour moi et je pense pouvoir dire que cela n’impliquais pas que moi mais beaucoup de collègues qui m’ont entourés.

Mais malheureusement malgré 5 mois de travail et de négociations acharnés, nous n’avons pas obtenu gain de cause et cela pour 2 raisons principales :

les lois actuelles offrent une protection minime voire inexistante aux employés en cas de licenciement collectifs et c’est pour cela que nous avons lancé une initiative visant à protéger les employés en cas de licenciements collectifs
la nécessité d’agir au niveau européen
Nous avons bien vu que nous n’étions pas les seuls visés, il y a eu des licenciements en France, en Angleterre, en Espagne, en Allemagne et bien d’autres encore.

Le patronat joue sur la division, chaque site est traité séparément et à des moments différents, et nous avons pu constater combien il est difficile d’obtenir une cohésion dans la lutte alors que chaque site espère négocier les meilleures conditions, le moins de perte d’emplois.

Je sais qu’il est difficile de se ‘mouiller’ pour les autres car je l’ai vécu mais je sais aussi que cela est possible car les brigadistes dans les années 30 nous ont donnés l’exemple de la solidarité en s’investissant pour une cause qui ‘à priori’ n’était pas la leur.

C’est pour cela que nous avons besoin de renforcer les syndicats à travers l’Europe et non pas seulement par région ou par pays. Les conventions collectives doivent être négociées de façon beaucoup plus générales et pas seulement pour les grandes entreprises, mais applicables aussi pour les moyennes et petites entreprises. Les grandes entreprises internationales ne se privent pas de dégraisser et de délocaliser alors même qu’ils font de gros bénéfices. Dans d’autres cas, on n’hésite pas à licencier des employés en grève pour réclamer le maintien de leurs conditions de travail, comme l’a fait tout récemment l’hôpital de la Providence à Neuchâtel. Les acquis sociaux sont de plus en plus menacés. Cela entraîne des menaces sur les salaires de tout un chacun, Le nivellement se fait par le bas !

Cela nous concerne tous !!!

Avant nous nous battions pour obtenir des conventions collectives meilleures et maintenant nous avons de plus en plus de mal à simplement maintenir le statu quo.

Ce qui m’amène au danger suivant, le démantèlement des rentes.

Nous voyons actuellement le danger qui menace nos rentes. La proposition du Conseiller fédéral Alain Berset dont a traité mon collègue Lorenzo de la métallurgie du bâtiment demande notamment d’augmenter l’âge de retraite pour les femmes, ce qui marquerait encore un recul des droits sociaux que nous avons chèrement acquis. Quel travailleur peut adhérer à cela ? Nous devons continuer à nous battre pour maintenir nos acquis sociaux.

C’est pourquoi entre autre il faut soutenir l’initiative AVS+ qui vise à augmenter de 10% les rentes AVS de tout le monde.

DSC_7410.jpg

DSC_7430.jpg

Discours de Jocelyne HALLER - solidatritéS

Renforcement des droits et respect des salariés


Les progrès sociaux que nous croyions acquis en Europe depuis des décennies sont en danger ! Alors que nous espérions que ces victoires pourraient progressivement s’étendre au reste du monde et contribuer à permettre aux pays en voie de développement de s’affranchir de la dictatures des multinationales et autres « néo impérialistes », ce n’est pas le cas. Nos lendemains déchantent. Ce pour quoi se sont battu les camarades qui, au fil du temps, nous ont précédés dans les luttes sociales est remis en question, et sacrifié sur l’autel d’un effort prétendument commun à fournir pour lutter contre la crise !

Une crise, rappelons-le, qui n’est pas la nôtre. Orchestré par des affairistes et des gros actionnaires, elle permet simplement de redistribuer les « cartes du profit » au bénéfice de ceux qui, encore et toujours, n’ont que mépris pour la responsabilité économique, pour la justice sociale et pour la dignité humaine.

La régression sociale est en marche et à bien des égards, nous avons déjà perdu du terrain. Aussi, appeler, comme en ce 1er mai 2013, au renforcement des droits et au respect des salariés, invite tout d’abord à consolider nos acquis et à reconquérir le terrain perdu en matière de droits des travailleurs et des travailleuses et de sécurité sociale pour l’ensemble de la population.

Il ne s’agit pas, en l’occurrence, de rabattre nos exigences et de nous contenter de peu. Loin de là ! Il nous faut seulement être lucides et prendre la mesure de la portée des attaques de nos ennemis de classe, et puiser dans la conscience du danger la force de nous remobiliser, de reconstruire nos solidarités, de reconquérir nos droits et d’en obtenir de nouveaux.

Ne nous laissons pas abuser par les manœuvres de divisions, dont l’UDC et le MCG ont fait leurs fonds de commerces. Elles ne sont destinées qu’à dresser les uns contre les autres les différentes catégories de travailleurs afin de mieux servir la soupe aux milieux de droite à la table desquels ils voudraient s’asseoir.

Détourner l’attention de ceux qui mondialisent l’économie pour mieux exploiter les travailleurs et les travailleuses d’ici et d’ailleurs afin d’hypertrophier leurs bénéfices est un stratagème grossier. Et pourtant, oh combien encore efficaces ! Les antagonismes entre salariés, entre Suisses et Etrangers, entre résidents et frontaliers, entre chômeurs et travailleurs, entre bénéficiaires de l’aide sociale et requérants d’asile auront de beaux jours devant eux si nous n’y prenons pas garde.

Il y a péril en la demeure ! Nous devons décortiquer et révéler au grand jour les manœuvres des populistes et les intérêts de qui elles servent. Nous devons tout mettre en œuvre pour ne pas nous laisser diviser et lutter ensemble pour la reconquête et l’élargissement de nos droits. Pour accomplir cette vaste tâche, nous n’avons que l’embarras du choix, les fronts ouverts sont multiples. Le premier de ceux que nous pourrions évoquer ici est l’emploi. Exemplaire à plus d’un titre, il est symptomatique des priorités de ceux qui détiennent les clés de l’économie et de la manière dont leurs relais politiques les mettent en pratique. Rabais fiscaux attractifs pour les multinationales et les sociétés de négoces, surdéveloppement des secteurs bancaires et financiers ; autant d’activités qui ne génèrent que peu de postes de travail sur le plan local et importe une grande partie de leur main d’œuvre. Dans le même temps une part importante de la production s’exporte dans des pays où la main d’œuvre est moins chère et les législations sur le travail plus permissives.

Cette irresponsabilité, cette rapacité économique se traduit immanquablement par plus d’exploitation là-bas et plus de chômage ici. Et comme si cela ne suffisait pas, ces "malfaiteurs économiques", non content de créer du chômage, renforcent leur assise en précarisant et dérégulant les conditions de travail et d’emploi. Ils créent, et entretiennent soigneusement, une tension sur le marché de l’emploi qui met les travailleurs en concurrence et favorise la sous enchère salariale.

Mais plus encore, ils affaiblissent les dispositifs de protection des travailleurs. Ainsi, ces tenants du moins d’Etat pour les autres et du soutien des pouvoirs publics pour eux-mêmes, s’en prennent-ils à la sécurité sociale.

Ils n’ont ainsi de cesse depuis plusieurs années de miner le bouclier social. Au prétexte du mythe d’abus systématiques et d’une crise des dépenses, dont ils sont eux-mêmes les instigateurs, ils s’attachent à affaiblir l’assurance chômage pour en évincer au plus vite les chômeurs afin de les replacer à moindres coûts ou de les renvoyer soit sur la précarité, soit sur l’aide sociale ; ou encore de restreindre les critères d’accès à l’Assurance Invalidité, déniant ainsi les atteintes à la santé de ceux qui ont perdu leur capacité de gains et /ou leur intégrité personnelle ; ou encore de limer sur les retraites en contraignants par divers artifices les salariés à cotiser plus longtemps pour percevoir des rentes plus basses ; enfin en s’attaquant au dernier filet de la sécurité sociale : l’aide sociale pour en faire, à nouveau, un instrument de contention, de contrôle social. Pour en faire la feuille de vigne d’une politique de gestion du chômage mensongère et anti sociale et un réservoir de main d’œuvre taillable et corvéable à merci.

Ces régressions sont inacceptables et doivent être combattue. Le mouvement syndical et les mouvements de gauche résolue s’y emploient. Mobilisation contre une « constitution trompeuse et rétrograde », Défense des emplois, protection contre les licenciement, responsabilité solidaire, propositions pour une réelle politique de développement de l’emploi, dans le domaine de l’éco construction par exemple. Défense des salaires, instauration d’un salaire minimum, contrôle des entreprises et protections des représentants syndicaux sont autant d’axes de luttes qui doivent nous rassembler.

Cette énumération à la Prévert ne serait pas complète - car compte tenu de l’ampleur de la tâche à laquelle nous sommes attelés : « le renforcement des droits et le respect des salariés », si à l’instar d’un un raton laveur - elle n’évoquait pas l’initiative AVS + lancée par l’USS ou le projet de fusion de l’AVS et de la LPP en gestation dans le mouvement solidarités. Mais surtout lui manquerait le NON sonnant, que nous nous ne devons pas manquer d’exprimer le 9 juin prochain contre les indignes mesures urgentes sur l’Asile.

Enfin, plus que jamais, malgré les tourmentes, il nous est indispensable de resserrer nos liens, de nouer nos alliances pour faire face aux offensives des milieux économiques et patronaux.

Tous, ensemble, sans statut légal, requérants d’asile, bénéficiaires de l’aide sociale, chômeurs, travailleurs, Frontaliers, résidents Etrangers et Suisses, tous nous devrons nous unir et lutter ensemble à la reconquête et au développement de nos droits, pour affirmer le droit légitime au respect des salariés.

DSC_7447.jpg

DSC_7463.jpg

DSC_7502.jpg

DSC_7525.jpg

DSC_7545.jpg

DSC_7565.jpg

DSC_7567.jpg

DSC_7579.jpg

DSC_7580.jpg

DSC_7584.jpg

DSC_7589.jpg

DSC_7595.jpg

DSC_7620.jpg

DSC_7621.jpg

DSC_7624.jpg

DSC_7627.jpg

DSC_7630.jpg

DSC_7634.jpg

DSC_7637.jpg

DSC_7638.jpg

DSC_7649.jpg

DSC_7654.jpg

DSC_7661.jpg

DSC_7664.jpg

DSC_7667.jpg

DSC_7683.jpg

DSC_7690.jpg

DSC_7701.jpg

DSC_7720.jpg

DSC_7727.jpg

DSC_7742.jpg

DSC_7764.jpg

DSC_7779.jpg

DSC_7794.jpg

DSC_7796.jpg

DSC_7796.jpg

DSC_7802.jpg

DSC_7807.jpg

DSC_7818.jpg

DSC_7824.jpg

DSC_7830.jpg

DSC_7853.jpg

DSC_7856.jpg

DSC_7863.jpg

DSC_7865.jpg

DSC_7872.jpg

DSC_7956.jpg

DSC_7973.jpg

DSC_7989.jpg

DSC_7977.jpg

DSC_8003.jpg

DSC_8037.jpg

DSC_8070.jpg

DSC_8081.jpg

DSC_8083.jpg

DSC_8087.jpg

Discours de Alexander Enlenine - Parti du travail


Chères et chers camarades,

Ambroise Croisat, ministre communiste à l’origine de la sécurité sociale en France, disait « ne parlez pas d’acquis sociaux mais de conquis sociaux, parce que le patronat ne désarme jamais ». Nous pouvons pleinement mesurer aujourd’hui à quel point il avait raison. Nous sommes aujourd’hui ici pour défendre le renforcement des droits et du respect des salarié-e-s. C’est ce que dit notre ruban rouge. Ce combat est plus nécessaire et urgent que jamais car aujourd’hui nous devons faire face à une offensive d’une ampleur et d’une brutalité inédite du patronat et des partis politiques à sa solde contre les droits et les intérêts les plus fondamentaux des travailleurs. Le respect pour celles et ceux qui produisent toute richesse est moins que jamais à l’ordre du jour pour une bourgeoisie arrogante et revancharde.

Voilà cinq ans déjà que le capitalisme est entré dans une crise systémique qui n’a fait que s’approfondir depuis. Les Etats bourgeois, qui ont renfloué les banques en difficulté avec des milliards d’argent public – des sommes bien plus importantes que les mêmes gouvernements n’ont jamais eu la volonté politique de rassembler pour mettre fin aux famines dans le monde – veulent faire maintenant payer leur crise aux peuples. Nous devons faire face aujourd’hui à une offensive brutale des maîtres du capital et de leurs Etats contre les travailleurs afin de sauvegarder et accroître encore leurs profits indécents : baisses des salaires, démantèlement des droits des travailleurs et des acquis sociaux obtenus de haute lutte par le mouvement ouvrier au cours du XXème siècle, politiques d’austérité et destruction des services publics et des industries nationales… Ces politiques antipopulaires sont menées indifféremment par les partis au pouvoir, qu’ils soient ouvertement de droite, ou bien membres de l’Internationale socialiste.

Le Peuple grec est pratiquement réduit à la famine par des politiques d’austérité imposées par la structure profondément antidémocratique et réactionnaire qu’est l’Union européenne, et avec la collaboration active de tous les partis bourgeois grecs. Les peuples portugais, espagnol, italien…subissent les mêmes politiques d’austérité voulues par l’Union européenne. En France, c’est un gouvernement officiellement socialiste qui mène une politique de coupes budgétaires et démantèle le code du travail, pour le plus grand plaisir du MEDEF. Les droits les plus élémentaires des travailleurs sont violés chaque jour. A titre d’exemple, nous devons rappeler et dénoncer le scandaleux licenciement de 22 grévistes à l’Hôpital de la Providence à Neuchâtel ; licenciés pour simplement avoir exercé leur droit à faire grève pour défendre leur convention collective de travail, droit que pourtant la Constitution fédérale garantit.

Face à ces violations et à ces politiques, nous pouvons et nous devons lutter pour le renforcement de droits et le respect des travailleurs. Le 1er juin, nous descendrons de nouveau toutes et tous dans la rue pour dénoncer les abus patronaux et exiger plus de protection et plus de droits pour les salarié-e-s. Nous lutterons pour faire passer l’initiative 1:12 de la Jeunesse socialiste et l’initiative de l’USS pour un salaire minimum à 4’000 francs ; car aujourd’hui plus de 400’000 travailleurs (qui sont surtout des travailleuses) gagnent moins que ce modeste montant et qu’il est tout bonnement inacceptable qu’en Suisse au XXIème siècle un travailleur ne puisse pas vivre dignement de son travail ; et pour l’initiative de la CGAS sur le renforcement du contrôle des entreprises, mesure nécessaire pour limiter un peu le dumping salarial, quoi que raconte l’Entente sur un mythique et inexistant partenariat social. Nous devrons nous battre aussi pour faire échouer le 9 juin prochain les dites mesures urgentes sur l’asile, qui ne présentent aucune urgence, ne répondent à aucun véritable problème, mais seulement à la démagogie fascisante d’une certaine droite qui fait de la xénophobie son fond de commerce, et menace gravement la substance même du droit d’asile, les droits humains les plus élémentaires des réfugiés, et par-dessus le marché remet en cause les principes les plus fondamentaux de l’Etat de droit. Je vous signale également l’initiative du Parti du Travail contre les expulsions d’appartement sans relogement, que je vous invite toutes et tous à signer.

Toutes ces luttes sont importantes et nécessaires et nous devons les mener. Toutefois, notre combat ne peut se réduire à exiger des réformes ou des augmentations des salaires dans le cadre du régime actuel. On ne peut non plus y réduire la portée du 1er mai. Car la crise actuelle est née des contradictions fondamentales du système capitaliste, dont elle signale infailliblement qu’il a atteint ses limites historiques. Elle ne peut être résolue en restant dans un paradigme capitaliste qu’au prix de guerres, de dictatures fascistes et de souffrances pour les peuples. La seule sortie progressiste, favorable aux travailleurs, de la crise passe par un nécessaire changement de régime, par la construction d’une société nouvelle, socialiste.

Il y a cent ans de cela, Rosa Luxemburg écrivait à l’occasion du 1er mai 1913 : « L’idée brillante, à la base du Premier mai, est celle d’un mouvement autonome, immédiat des masses prolétariennes, une action politique de masse de millions de travailleurs qui autrement auraient été atomisées par les barrières des affaires parlementaires quotidiennes, qui n’auraient pour l’essentiel pu exprimer leur volonté que par le bulletin de vote, l’élection de leurs représentants. »

« La proposition excellente du français Lavigne au Congrès de Paris de l’Internationale ajoutait à cette manifestation parlementaire, indirecte de la volonté du prolétariat, une manifestation internationale directe de masse : la grève comme une manifestation et un moyen de lutte pour la journée de 8 heures, la paix mondiale et le socialisme. »

Cent ans après, ces lignes sont actuelles comme jamais, et il importait de les citer afin de rappeler ce qu’est le 1er mai, pas la fête du travail, ni celle du muguet, ni une simple tradition, mais une journée de rassemblement et de lutte de toutes les travailleuses et de tous les travailleurs pour leurs droits et leurs aspirations légitimes, contre l’oppression capitaliste, et pour une société nouvelle, socialiste.

Dans quelques instants, nous chanterons l’Internationale. Pour que cela ait un sens, et ne soit pas qu’un rituel creux, nous devons nous souvenir de la portée révolutionnaire du 1er mai. Je finirai donc en citant les paroles qu’avait prononcée au nom du Parti du Travail Liliane Johner il y a dix ans, le 1er mai 2003 : « Malheureusement nombreux sont encore ceux qui pensent que des accommodements avec le capitalisme sont possibles sans bouleverser le système, en imposant simplement un certain nombre de réformes progressistes. Mais nous devons nous diriger vers une véritable transformation de cette société grâce à une réelle opposition, autonome dans son action, indispensable pour non seulement promouvoir la résistance au néolibéralisme mais aussi pour conduire une transformation sociale radicale. »

 

DSC_8096.jpg

Discours de Alejo PATINO - Syndicom

 Compañeras y Compañeros

Ce mot qui signifie « camarades, compagnon de travail ou de lutte » en espagnol, ne s’éteint pas avec le temps. Au contraire, il se ravive à chaque fois que la solidarité doit être rappelée. Le 1er mai a toujours été le point de repère pour évoquer les conquêtes sociales et les droits acquis dans la lutte, et parfois dans le sang.

Si nous avons la chance d’avoir des conditions de travail encore acceptables et des assurances sociales nous permettant de faire face, dignement, aux aléas de la vie, elles ne sont pas tombées du ciel. Les patrons ne nous en ont pas fait cadeau : elles ont été gagnées grâce aux luttes ouvrières et aux sacrifices que nos prédécesseurs ont fait. On doit s’en souvenir aujourd’hui et reprendre le flambeau.

Aujourd’hui, l’arrogance patronale est à son comble. D’un côté, des top managers s’octroient des salaires scandaleux que rien justifie. Tandis que d’un autre côté, les salariés voient leurs revenus stagner ou régresser et leurs conventions collectives sont régulièrement attaquées.

Encore une fois, on veut nous faire payer une crise dont nous ne sommes pas responsables. La crise financière et économique atteste encore une fois, toutes les contradictions d’un système fondé sur l’exploitation des salariés et le pillage des ressources naturelles, au profit d’une minorité de privilégiés.

Actuellement, dans l’imprimerie, nous nous retrouvons sans CCT depuis le début de l’année à cause des attaques patronales pour imposer le passage à 42h.

Mais travailler 42 heures dans les imprimeries en 2013, ça veut dire faire passer à la trappe plus de mille postes de travail en Suisse et ça serait aussi un retour en arrière de 36 ans, puisque les 40h ont été obtenue en 1977.

Aujourd’hui, on veut nous faire travailler 2 heures de plus gratuitement. Demain, ils voudront passer à 45 heures, puis le 13e salaire sera attaqué. Puis les vacances. Et les indemnités pour le travail de nuit, celles pour le travail du dimanche.

Et la, je parle de l’industrie graphique. Mais on sait bien que ces attaques sont aussi menées dans d’autres secteurs : les métallos, les libraires. Et les journalistes eux, savent déjà, qu’à la fin de cette année les éditeurs ne reconduiront pas la CCT.

Ca n’est plus supportable de voir des travailleurs venir au boulot la peur au ventre et d’accepter tout et surtout n’importe quoi, pour ne pas être dans le collimateur et d’espérer sauver sa peau. La pression exercée sur les travailleurs par les patrons, leurs menaces, et même parfois leurs insultes ne légitiment pas notre renoncement à résister…

Il y a la question du partenariat social. Mais quel partenariat social ? Actuellement ca n’est plus que mépris, intimidations et chantage. « Tu bosses et tu fermes ta gueule ou je te vire ». C’est ça aujourd’hui, la vision Patronale du partenariat social.

Le 1er mars dernier était organisé un rassemblement pour défendre notre CCT en dehors des heures de travail, entre 12h et 14h. Membre du comité de section, j’ai convié mes camarades a y participer… Je me suis fait licencier le 27 février…, mais avec mon Syndicat, soutenu par des camarades d’autres syndicat on a débarqué dans la boite après le rassemblement du 1er Mars. On a mené un tel bal qu’en fin de journée l’employeur déclarait par téléphone accepter de recevoir une délégation le lundi suivant. ….. Mon licenciement a été annulé, il a reconnu avoir commis une maladresse. ….. Merci camarades.

Un patron, c’est comme un enfant :il a besoin de limites. Et il les cherche les limites. Activement, il essaie de repousser les nôtres le plus loin possible. Et comme à un enfant, il nous faut lui mettre un cadre et lui réapprendre, tous les jours, à le respecter. Nous pouvons le faire parceque nous sommes actifs dans nos syndicats et dans nos entreprises.

Mon collègue Bernard Remion disait ici même en 2007 déjà, qu’il est difficile d’imaginer le 1er mai comme une journée de conquêtes. Il est maintenant essentiel de faire du 1er mai une journée de résistance contre toutes les formes d’atteintes aux conquêtes sociales et aux droits fondamentaux de toutes les catégories de citoyennes et de citoyens. Suisses, immigrés, frontaliers, sans-papiers. Hommes et femmes ; jeunes et vieux ; handicapés et bien-portant. Ne nous laissons pas diviser !

Les fascistes de hier et la droite national-ultralibérale d’aujourd’hui ont toujours jeté en pâture les étrangers et les frontaliers, leurs boucs émissaires naturels. A nous de ne pas tomber dans le piège. Les employeurs savent s’unir pour nous imposer leurs objectifs. Cependant, avec notre cohésion de travailleur battons nous ensembles pour maintenir nos acquis et améliorer nos conditions de vie. Ce n’est qu’avec un front commun des salariés que nous pourrons résister et retrouver le respect qui nous est dû.

Et rappelons-nous, Camarades, que la force d’un syndicat c’est ses membres dans les entreprises et leur capacité à se mobiliser, ensemble, solidairement. Leur capacité à dire non à leur patron et à traduire ce non par des actes, sur le terrain, dans les boîtes !

La sorcière anglaise, décédée récemment, disait : « Il n’y a pas d’alternative ». Et bien, je suis heureux de lui avoir survécu à celle-là, et de pouvoir dire que : OUI !! il y a des alternatives !! Puisque nous sommes toujours la !

Et ça commence par une plus juste redistribution des richesses. Une juste redistribution des richesses qui est non seulement possible, mais indispensable, vu les fortunes inadmissibles que se payent certains patrons grâce à notre travail, c’est pas la crise pour tout le monde… Cette juste redistribution des richesses passe par des actes politiques, comme l’initiative « 1 :12 » qui sera bientôt soumise au peuple et que je vous encourage vivement à soutenir. Mais tout de suite, le 9 juin, rejetons la révision de la loi sur l’asile.

Dans les discussions sur le CCT de l’industrie graphique, on entend souvent : « il faut être réaliste… ». Ça me gonfle toujours cette rengaine. Ou alors ok, comme l’a dit le CHE : « soyons réaliste : exigeons l’impossible ! »

Merci de votre attention, ne lâchez rien.

DSC_8107.jpg

DSC_8123.jpg

Discours de M. Umberto - Unia

Prises de paroles d’Unia pour le 1er mai 2013 au Monument des Brigadistes

Bonjour à tous,

Je suis une ex-employée Merck Serono et il y a une année exactement j’ai participé au défilé du 1er mai pour la première fois, surprise d’être là comme beaucoup de mes collègues. Nous étions plus de 600 comme moi ce jour là suite à l’annonce le 24 avril de la volonté de la famille Merck de fermer le site de Sècheron à Genève. Nous étions d’abord sous le choc et très désemparés car nous n’avions aucune idée de ce qu’il fallait faire, de ce que nous pouvions faire, puis nous nous sommes organisés avec l’aide du syndicat Unia, car il n’y avait pas de tradition syndicaliste au sein des entreprises pharma, dites les ‘blouses blanches’ assimilés aux cols blancs.. Nous avons commencé par organiser des assemblées générales et des groupes de travail sur les thèmes du maintien du site (partiel et total) ainsi que d’un plan social pour les licenciés. Nous avions aussi un groupe dédié spécialement aux actions tels que les défilés avec banderoles, pancartes, les journées de grève, les ateliers de réflexion sur les actions et la stratégie. Nous avons donnés beaucoup d’énergie et de temps, nous avons beaucoup travaillé. Le côté positif nous a permis de faire l’expérience de la solidarité, Il y a eu une vraie synergie et un grand engagement d’un grand nombre d’employés. Cela à été une expérience de vie exceptionnelle pour moi et je pense pouvoir dire que cela n’impliquais pas que moi mais beaucoup de collègues qui m’ont entourés.

Mais malheureusement malgré 5 mois de travail et de négociations acharnés, nous n’avons pas obtenu gain de cause et cela pour 2 raisons principales :

les lois actuelles offrent une protection minime voire inexistante aux employés en cas de licenciement collectifs et c’est pour cela que nous avons lancé une initiative visant à protéger les employés en cas de licenciements collectifs
la nécessité d’agir au niveau européen
Nous avons bien vu que nous n’étions pas les seuls visés, il y a eu des licenciements en France, en Angleterre, en Espagne, en Allemagne et bien d’autres encore.

Le patronat joue sur la division, chaque site est traité séparément et à des moments différents, et nous avons pu constater combien il est difficile d’obtenir une cohésion dans la lutte alors que chaque site espère négocier les meilleures conditions, le moins de perte d’emplois.

Je sais qu’il est difficile de se ‘mouiller’ pour les autres car je l’ai vécu mais je sais aussi que cela est possible car les brigadistes dans les années 30 nous ont donnés l’exemple de la solidarité en s’investissant pour une cause qui ‘à priori’ n’était pas la leur.

C’est pour cela que nous avons besoin de renforcer les syndicats à travers l’Europe et non pas seulement par région ou par pays. Les conventions collectives doivent être négociées de façon beaucoup plus générales et pas seulement pour les grandes entreprises, mais applicables aussi pour les moyennes et petites entreprises. Les grandes entreprises internationales ne se privent pas de dégraisser et de délocaliser alors même qu’ils font de gros bénéfices. Dans d’autres cas, on n’hésite pas à licencier des employés en grève pour réclamer le maintien de leurs conditions de travail, comme l’a fait tout récemment l’hôpital de la Providence à Neuchâtel. Les acquis sociaux sont de plus en plus menacés. Cela entraîne des menaces sur les salaires de tout un chacun, Le nivellement se fait par le bas !

Cela nous concerne tous !!!

Avant nous nous battions pour obtenir des conventions collectives meilleures et maintenant nous avons de plus en plus de mal à simplement maintenir le statu quo.

Ce qui m’amène au danger suivant, le démantèlement des rentes.

Nous voyons actuellement le danger qui menace nos rentes. La proposition du Conseiller fédéral Alain Berset dont a traité mon collègue Lorenzo de la métallurgie du bâtiment demande notamment d’augmenter l’âge de retraite pour les femmes, ce qui marquerait encore un recul des droits sociaux que nous avons chèrement acquis. Quel travailleur peut adhérer à cela ? Nous devons continuer à nous battre pour maintenir nos acquis sociaux.

C’est pourquoi entre autre il faut soutenir l’initiative AVS+ qui vise à augmenter de 10% les rentes AVS de tout le monde.

 

DSC_8129.jpg

DSC_8139.jpg

DSC_8238.jpg

DSC_8273.jpg

DSC_8283.jpg

DSC_8289.jpg

DSC_0005.JPG

Photos: Demir SÖNMEZ

Les commentaires sont fermés.