14/10/2013

13ième anniversaire du Jardin des Disparus

L’association du jardin des disparus a commémoré pour la 13ième fois au jardin des disparus à Meyrin les "40 ans du coup d'état en Uruguay et au Chili". Plusieurs projets artistiques ont été présenté pour l'occasion, parmi lesquels une "capsule de la mémoire", de la Galeria Morón, Chili), une exposition de photos  documentaires du coup d'Etat et de la grève générale (Aurelio Gonzalez), une lettre de solidarité du directeur du Musée de la Mémoire à Montevideo. Le Maire de Meyrin a pris la parole pour une allocution et un groupe d'échange a eu lieu, au sein duquel plusieurs générations ont participé et échangé, afin de comprendre comment on est affecté par la dictature, par son héritage, et comment transmettre une mémoire vivante. Des groupes musicaux, une intervention de l'Avocate internationale des droits humains Gabriella Citroni ainsi qu'un repas Uruguayo-Chilien ont clôt cette manifestation émotionnellement intense.

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Discours de Monsiuer Jean-Marc Devaud,

Le maire de la Ville de Meyrin

 

13ème anniversaire de l’association du Jardin des disparus du 13 octobre 2013


Mesdames les co-présidentes.

Mesdames et Messieurs les membres du comité

Mesdames et Messieurs

En premier lieu, je souhaite remercier votre comité d’avoir associé les autorités communales à cette manifestation du 13ème anniversaire de votre association et je vous apporte les salutations du Conseil administratif, Madame Monique Boget et Monsieur Pierre-Alain Tschudi.

La commune s’est engagée avec vous en l’an 2000, pour créer ce lieu de mémoire et de recueillement afin de ne pas oublier ceux qui ont subi dans leur chair ou pour les familles qui ont perdu un être cher et qui attendent des réponses pour savoir ce qui est advenu de ces sont personnes dont nous sommes sans nouvelles, puissent de réunir.

Il nous est apparu nécessaire et important qu’un tel lieu existe afin de se rappeler que les sacrifices et les souffrances  de ces personnes disparues ne restent pas oubliées et que de manière récurrentes, les familles et les proches de ces personnes puissent se recueillir, méditer et leur rendre hommage.

Il faut également entreprendre toutes les démarches et les actions qui permettent de ne pas répéter ces exactions commises par des dictateurs ou d’autres hommes sans foi, ni loi puissent se répéter.

Dans ce but, je vous rappelle qu’une convention a été entreprise auprès de la Confédération en 2010 et qui a pour but de soutenir les familles en recherche de réponses à leurs disparus, a été acceptée par plus de 20 états. Elle a été signée par la Confédération, mais aujourd’hui encore, près de 3 ans après, elle n’a toujours pas été ratifiée par le parlement. Le Conseil administratif a adressé un courrier au Conseil fédéral afin que celui-ci accélère la procédure à la ratification de cette convention. Nous devons malheureusement constater aujourd’hui que cette ratification n’est pas encore réalisée et nous le regrettons vivement.

Dans l’attente de la mise en application de cette convention et de ces effets que nous souhaitons positifs, il nous reste l’espoir  qu’une nouvelle conscience humaine émerge dans notre monde pour que chaque homme et chaque femme de notre planète puisse vivre libre, sans contraintes, sans brimades, dans des états démocratiques dans lesquels  les droits sont les mêmes pour tous.

Malheureusement, les événements qui sont déroulés au Chili et en Uruguay et qui sont évoqués ce jour ont eu lieu il y a quarante ans et il semble que les leçons ne sont toujours pas comprises et nous revoyons de manière récurrente ressurgir sur notre planète les démons des dictatures.

Nous observons que malgré les leçons données par l’histoire, il se trouve toujours dans notre monde, des personnes qui se croient supérieurs aux autres et qui entendent imposer leurs lois anti-démocratiques et totalitaires en imposant par la force, la torture et les exactions, leurs emprises et leurs actions dictatoriales aux personnes qui ne partagent pas leurs visions.

Nos médias quotidiens nous en rappellent chaque jour les faits ou plutôt devrais-je dire les méfaits.

Paradoxalement, nous qui avons la grande chance de vivre dans un état totalement démocratique, dans lequel le peuple est souverain, qui a le pouvoir de référendum et le droit d’initiative n’arrive pas à se déplacer aux urnes à plus de 40% pour élire les candidats d’un gouvernement qui devra mener nos actions politiques pour ces cinq prochaines années.

Ce paradoxe m’interpelle et je me demande si cela vaut vraiment la peine de se battre, d’être emprisonné, voire de mourir pour que la démocratie s’impose, si c’est pour constater qu’une fois celle-ci obtenue, elle ne soit exercée que par une minorité de la population. Je vous laisse à vos propres interrogations, mais pour ma part je pense que l’on fait un affront à notre démocratie acquise de haute lutte dans le passé.

Le monde parfais n’existe pas nous l’avons bien compris, mais j’ai toujours le grand espoir que l’humanité va finir par prendre  conscience que nous sommes tous égaux et qu’un monde meilleur va se dessiner dans le futur.

Vœux pieux ou hérésie, l’avenir nous le dira. Etant fondamentalement optimiste je veux toujours y croire.

Pour conclure, je voudrais associer la communauté meyrinoise à cette journée de souvenirs, rendre hommage à toutes ces personnes disparues et apporter notre profonde compassion  à celles et ceux qui aujourd’hui encore souffrent de ces séparations inexpliquées.

Je vous remercie de votre attention

Jean-Marc Devaud

Le maire de la Ville de Meyrin

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