20/05/2014

La mort de plus de 300 mineurs à Soma n’est pas un accident mais un massacre pas négligence

Cet après-midi 19 mai 2014, une vingtaine de personnes se sont rassemblées sur la place des Nations pour protester contre la répression exercée à l’encontre des syndicalistes et des familles de mineurs.

Suite au rassemblement, la manifestation s’est déplacée à la rue des Morillons et les délégué-e-s du Centre du Droits de l’homme Kurde, du Centre Culturel Alévi de Genève, de la Maison Populaire de Genève et de la Communauté genevoise d'action syndicale (CGAS) ont rencontré la responsable de la sécurité et le chargé de droit du BIT.

Les délégués ont demandé au BIT :

  • l’ envoi à Soma d'une délégation de cette institution pour faire une enquête sur les conditions dans lesquelles les mineurs travaillent,
  • d’exercer toutes les pressions nécessaires pour que la Turquie signe enfin la convention internationale n° 176 sur la sécurité et la santé dans les mines (1995).

 

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Suite à une explosion à Soma (Turquie), environ plus de 300 mineurs ont perdu la vie. Ceci comme beaucoup d’autres évènements tragiques n’est pas un accident, mais un massacre. Puisque, trois semaines avant cette tragédie, un parlementaire turc du CHP a demandé à l’Assemblé nationale turque d’ouvrir une enquête en raison d’accidents répétés dans cette région où il y a beaucoup de mines. Les députés d’AKP, parti majoritaire au pouvoir de M. R.- T. Erdogan, ont voté massivement contre cette demande d’enquête. La Turquie détient le triste record d’être le pays le plus dangereux pour ses travailleurs par rapport à tous les autres pays Européens et il est le troisième pays du monde après l’Algérie et le Salvador.

Cette situation tragique et inhumaine, qui nous rappelle la situation des mines en Europe de 19ème siècle, est le résultat des politiques économiques ultralibérales menés par le gouvernement islamo-conservateur depuis une dizaine d’années. La plupart des mines ont été privatisées sous ce gouvernement. Elles sont gérées par les hommes d’affaires sans scrupule et très proche du parti au pouvoir de M. Erdogan. Ces hommes d’affaires engagent souvent les entreprises en sous-traitance et un bon nombre de travailleurs ne sont même pas déclarés.

Afin de diminuer ses besoins d’énérgies emportés comme gaz et petrol, le gouvernement actuel a autorisé l’ouverture de beaucoup d’autres mines à travers tout le pays. La sécurité des mineurs est totalement négligée et les normes élémentaires sont sacrifiées pour plus de production. Cette situation d’insécurité au travail n’existe pas seulement aux secteurs miniers et sidérurgiques mais aussi dans les secteurs du textile et de la construction.

Au lieu de défendre les travailleurs et leurs droits, la plupart des syndicats en Turquie sont proches du gouvernement et ils sont en partie responsables de cette situation. Certains syndicalistes ont considéré la tragédie de Soma comme si c’était un accident ordinaire et ont jugé que le métier du mineur était de tout de façon un métier dangereux.

Dans le domaine de la démocratie et les droits de l’homme, tout comme celui du travail, les lois promulguées par le parlement turc favorables aux minorités, citoyens ou aux travailleurs ne sont tout simplement pas appliquées. Par exemple en juin 2012, le Parlement turc a voté une loi sur « la santé et la sécurité au travail » qui prévoit des obligations pour les entreprises, dont celle d’évaluer leur niveau de dangerosité -les mines sont ainsi des lieux de travail dits « très dangereux »- et de déterminer les mesures devant être prises afin d’améliorer leur sécurité.

Nous les signataires appelons l’Organisation international du travail d’intervenir auprès du gouvernement turc afin qu’il honore ses engagements internationaux et prenne les mesures nécessaires pour que les travailleurs puissent travailler dans des conditions humaines.

Nous demandons la démission des ministres de l’énérgie et de la sécurité sociale. Nous demandons aussi que tous les responsable de cette tragédie soient jugés par des tribunaux indépendants.

Centre du Droits de l’homme Kurde, Centre Culturel Alévi de Genève, Parti Communiste Genevois, Maison Populaire de Genève, CGAS, Comité Bolivarien de Suisse et
Amérique Latine RÉSISTANCES !,

Genève, le 19 mai 2014, place des Nations 

 

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