22/05/2014

Manifestations anti-chinois à la place des Nations Unies

Aujourd'hui, à la place des Nations, 200 vietnamiens ont manifesté contre les actes illicite de la Chine, et demande à la Chine de se retirer de la plate-forme de forage HD- 981 sur les eaux territoriales du Viet Nam et de respecter les droits et intérêts de tous les pays riverains conformément à la Convention.

L’imposante plateforme chinoise, qui permet d’effectuer des forages en eaux profondes, est arrivée escortée d’une flottille de dizaines de navires chinois, civils et militaires. Celle-ci s’est retrouvée confrontée à des dizaines de bateaux vietnamiens tentant d’empêcher la plateforme d’entamer sa prospection. 

Les tensions bilatérales ont fortement augmenté depuis l'annonce début mai par Pékin du déploiement d'une plate-forme de forage pétrolier en eau profonde dans les eaux contestées.Le Vietnam a dénoncé une décision «illégale» et exigé que la plate-forme soit retirée. Hanoï a aussi a envoyé des navires dans la région, dont certains, selon eux, ont été attaqués ou harcelés par des navires chinois.

Messager une jeune manifestante vietnamienne sur place
Pour la cause de notre manifestation aujourd'hui le 21-05-2014 devant l'ONU à Genève, c'est de demander la Chine de se retirer leur perforage et les bateaux qui se trouvent dans les eaux territoriales du Vietnam. Nous sommes en tant que vietnamiens d'origine, nous nous protégeons contre les actes agressifs de la Chine. Pour notre pays, pour nos patriotes, pour nos ancêtres et le sang qui circule dans notre corps, dans notre esprit et dans nos cœurs, c'est le sang vietnamien. Nous nous remercions tous les gens du monde entier qui étaient là avec nous aujourd'hui, nous avions plus de pouvoir et de force pour combattre l'ennemis.” Nous avons proverbe qui  dit:

“Vaut mieux mourir honoré que vivre déshonoré.”


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Le forage Haiyang Shiyou 981 et les tentatives de la Chine


L’implantation de la plate-forme pétrolière chinoise baptisée Haiyang Shiyou 981 par la compagie pétrolière publique chinoise CNOOC le 2 mai 2014, dans une zone disputée de la Mer de Chine méridionale, à 120 miles marins de la côte du Vietnam, au Sud des îles Paracels dont la Chine revendique un contrôle quasi-total alors qu’elle appartient à sa Zone économique exclusive selon le Vietnam, a provoqué une vive réaction du Vietnam et un risque réel d’un conflit militaire. En rappellant l’histoire de ce conflit, on pourrait se poser plusieurs questions concernant notamment les vraies tentatives de la Chine derrière l’installation de ce forage.

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Pourquoi le choix d’un tel moment et à tel lieu?

La Chine a, d’une manière rusée, bien choisi le moment pour déplacer et installer le puits de forage HD 981 dans la zone économique exclusive (ZEE) du Vietnam où la crise politique en Ukraine a créé un contexte favorable à la mise en œuvre de sa stratégie, alors que la communauté internationale et surtout les Etats-Unis et et les pays occiderntaux s’efforcent de régler l’affaire ukraine d’où aucune  réaction démesurée à l’égard de cette action de la Chine en Mer de Chine méridionale. De plus, préoccupé par la célébration de la journée de la réunification du pays (le 30 avril) et la commémoration du 60è anniversaire de la victoire de Dien Bien Phu, le Vietnam pourrait-il prévoir cette tentative de la Chine et même rassembler les forces armées et réagir à temps contre cette action « bien calculée et planifiée » de son « grand pays voisin »?

Par ailleurs, le déploiement initial du puits du 981 – d’une valeur environ d’un milliard de dollars et fabriqué par la Chine elle-même- il y a deux ans, en mai 2012, n’avait pas suscité de remous. Implantée au début au Nord des îles Paracels (Xisha en chinois), à 320 kilomètres au Sud-Est de Hongkong, cette plate-forme restait plus proche des côtes chinoises que de celles de tout autre pays. Mais la nouvelle zone d’affectation de la tête chercheuse de celle – ci présente une tout autre configuration. Située cette fois-ci au Sud des Paracels, elle se trouve en effet dans la Zone économique exclusive du Vietnam. Le “grand pays voisin” du Vietnam a le temps pour bien calculer et considérer le moment opportun pour effectuer des actions provocatrices dans cette zone considérée si faible puisque de telle installation ne peut pas être réalisée dans la zone du Nord, où se situe la Japon, allié proche des État-Unis, ni dans celle du Sud-Est, où se trouve un autre allié aussi proche des États-Unies – les Philippines qui sont aussi en litige avec la Chine et l’ont même trainée devant le Tribunal International à La Haye. Ainsi, le Vietnam, un pays qui n’a pas de traité d’alliance avec les États-Unis, ni d’adhésion à aucune alliance millitaire et adopte alors une politique extérieure pacifique, consitue « un maillon faible » aux yeux de la Chine pour en profiter.

Manifestation Vietnamiens-2466.jpgPourquoi une mobilisation si importante et un tel  « coup de force »?

Depuis la mise en oeuvre de sa stratégie maritime pour tenter de faire valider le « tracé en neuf traits », il ne s’agit pas de la première fois que la Chine entame des actes de provocation contre les pays riverains en litige. Et pourtant, c’est la première fois que l’Empire du milieu déploie un arsenal aussi fort avec la présence des navires de police maritime, des avions ... et se livre à des pratiques coercitives rudes contre le Vietnam afin de protéger sa plate – forme pétrolière HD 981.

Avant d’installer ce forage dans la zone économique exclusive du Vietnam, la Chine a -t- elle pu prévoir les réactions du Vietnam ainsi que de la communauté internationale pour déployer à l’avance ses dispositifs nécessaires et ce afin de réaliser son objectif de transformer ce forage en son “territoire national mobile” en Mer de Chine méridionale?

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Quels sont les calculs de la Chine?

En décidant de dépacer et d’installer le forage 981 dans la Zone économique exclusive du Vietnam, la Chine, à part le choix du moment et du lieu, a bien mesuré les réactions du Vietnam et de la communauté internationale.

En effet, la Chine connait bien le degré des réactions du Vietnam face à de tels incidents au cours de ces dernières années. En fait, quelles que soient ses réactions, le Vietnam ne mobilise pas en tout état de cause sa force militaire contre la Chine. Or, la Chine a même prédisposé des forces de réaction nécessaires pour répliquer à de telle réaction du Vietnam. Elle n’a aucun souci en cas d’affrontement avec le Vietnam tant sur le terrain que sur le plan diplomatique et médiatique.

À l’échelle internationale, la Chine a également tenu compte du degré et de l’éventualité d’une intervention des États – Unis dans ce conflit en Mer de Chine méridionale, et notamment en cas de confrontation militaire entre le Vietnam et la Chine. D’une part, il est impossible pour les États-Unis de soutenir publiquement le Vietnam ou d’y envoyer leurs troupes faute d’un traité de coopération mutuelle et  de sécurité comme celui entre eux et le Japon. D’autre part, les États - Unis ne peuvent pas mettre de côté leurs intérêts stratégiques dans les relations bilatérales avec la Chine pour protéger les intérêts provenant de leur relation avec le Vietnam. Enfin, concernant les revendiations territoriales en Mer de Chine méridionale, le gouvernement américain préconise de jouer le rôle d’un intermédiaire plutôt que de « forcer la main » à la Chine même s’il s’efforce de mettre en place « une ceinture de contrôle » pour contrer l’avancée de la Chine.

 

Manifestation Vietnamiens-2479.jpgToute une stratégie masquée à long terme!

Tous les actes de provocation de la Chine effectués jusqu'à cet événement grave en Mer de Chine méridionale montrent clairement son objectif à long terme « d’occuper monopolement » la Mer de Chine méridionale. La Chine, un pays assoiffé d’énergie pour sa gigantesque industrie, s’efforce de piller et de rechercher des sources d'énergie à l’extérieur, en particulier dans les régions voisines où elle pourrait dominer. Et la Mer de Chine méridionale, qui est non seulement une voie  de navigation maritime très intense mais également une réserve de pétrole et de gaz, serait une « proie appétissante » que la Chine ne peut négliger. Plus profondément, à travers la revendication de la souveraineté et la monopolisation de l’occupation de la Mer de Chine méridionale, la Chine veut contrôler et maitriser l'ensemble des voies maritimes commerciales, intensifier son influence sur les pays dans la région et sur ceux dont les intérêts sont liés à ces voies de navigation commerciale, y compris le Japon et les États-Unis.

Tous les actes de la Chine, même s’ils étaient, au fil du temps, de petites provocations, mais dont le niveau prend de l’ampleur chaque année, selon la stratégie “pluie perméable”, visent à changer le statu quo. Les différends entre la Chine et le Vietnam risquent d’escalader en conflits si les deux parties ne peuvent pas maitriser la situation. Et puis, si la Chine continuait à profiter de cette situation pour imposer sa souverainté aux autres zones disputées telles que celles avoisinant les îles de Spratly? Il s’agit là d’une grande question en suspense!

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La Chine se veut - elle être isolée?

Face aux actes susmentionnés de la Chine, on se pose la question si la Chine n'as rien à craindre tout en « faisant la pluie et le beau temps » ? ou si elle peut imposer ses règles du jeu et rétablir l’ordre dans la région à son gré?”

De toute évidence, en raison de l'intégration internationale approfondie et élargie, ainsi que des intérêts stratégiques des grands pays en dehors de la région, que cela plaise ou non, qu'ils soient grands ou petits, ces pays ne peuvent pas rester les bras croisés face aux actions abusives du gouvernement chinois.

Peut-être que cet événement permettra de créer « un besoin », un nouveau « catalyseur » poussant les pays membres de l’ASEAN, en particulier les Philippines, et le Vietnam à s’approcher plus étroitement pour lutter contre la Chine. Évidemment, si la Chine engage une politique de fermeté envers le Vietnam, rien ne peut garantir que ce pays ne fait pas de même vis-à-vis des Philippines, bienque les intérêts de chaque pays et les conflits dans chaque zone litigieuse soient à différents niveaux. Ainsi, la nécessité de s’allier entre les pays « menacés » par la Chine augmentera progressivement, faisant échouer peu à peu l'objectif de diviser l'ASEAN de la Chine, faisant à l’inverse de la Chine un exclu dans la région.

Quant aux États-Unis, changeraient – ils leur position si la Chine continuait à exacerber les tensions? En fait, c’est la position des États-Unis qui a donné l'occasion à la Chine d’intensifier leurs actes de provocation portant gravement atteinte aux intérêts américains dans la région. Ainsi, si un conflit éclatait éventuellement entre la Chine et le Vietnam, il ne serait pas encore temps que les États-Unis soutiennent ou protègent le Vietnam mais ce serait une « sonnerie d’alarme » pour les américains de reconsidérer leur engagerment. Et sans doute, la Chine ne pourrait prendre tout seul la décision uniquement selon sa propre volonté.

C’est à cause des actions « de sa propre initiative » que la Chine s'isole de la communauté régionale et internationale, et en subirait les conséquences sur le plan  politique, économique et diplomatique.

 

 

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