20/12/2014

XVIème Cérémonie de l’Appel Spirituel de Genève

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L’AUTRE, EN CET INSTANT
 
Où commence la barbarie ?

Elle commence quand je dis : « Je suis ici chez moi ».  
Des mots anodins, patelins, qui déclencheront un mécanisme infernal : Si je suis ici chez moi, c’est donc que l’autre n’est pas chez lui. Disons : pas tout-à-fait. Pas de la même manière. 
Mon « chez moi » méritera d’être défendu. Son intégrité sera un absolu. 
J’éliminerai l’intrus pour notre bien. Je l’expulserai parce que tel sera mon devoir. La preuve est dans les Textes. En chassant l’étranger, je ne ferai que leur obéir, l’âme en paix. 
Et pourtant…

L’important, disait Nietzsche, n’est pas d’aimer son prochain. C’est là quelque chose de facile et de naturel, qui ne mérite aucun compliment. L’important est d’aimer son lointain, de s’engager pour lui où qu’il se trouve, en fraternité, si ainsi nous dicte de le faire notre éthique et notre cœur.

On peut continuer de vivre heureux à Genève, Paris ou New-York en pensant à autre chose qu’à ce qui se passe au Proche-Orient, en Chine, en Amérique latine et partout ailleurs où l’on touche aux droits d’autrui, à son respect et à sa dignité. L’important n’est donc pas de s’insurger pour défendre son pré-carré mais celui de l’autre. Pas même celui du voisin mais celui du lointain. De celui qui nous est vraiment étranger.
A propos d’étranger… Hugues de Saint Victor, un moine saxon du XIIème siècle, a eu ce mot, repris par Erich Auerbach dans Mimésis, puis par Edward Saïd dans Exil. Ils ont tous deux adhéré à la pensée du moine, Auerbach le Juif et Saïd l’Arabe. Le moine dit ceci :

Si un homme, dans son pays, se sent à l’aise, cet homme est un naïf. Si un homme, dans son pays et partout ailleurs, se sent à l’aise, cet homme est fort. Mais si un homme, dans son pays et partout ailleurs, se sent étranger, cet homme est parfait.

Comment devenir cet homme ?

Il faudrait que l’étranger ne me soit plus étranger. 
Je n’ai pour cela que les arts. C’est-à-dire la spiritualité.
Le théâtre, le cinéma, la peinture, le ballet. Et la lecture. Les arts, qui m’aident  à m’approcher de l’autre, et donc de moi, en rendant ce cheminement moins douloureux. En me permettant de dire : Ce personnage, sur l’écran, sur scène, dans le livre, cet être humain si faillible dans lequel je me reconnais, ce n’est pas moi. Et voilà que je peux m’en approcher sans trop de casse. Etrange paradoxe. Jeanne Hersch me disait sans cesse : si vous vous occupez de condition humaine et que vous butez sur un paradoxe, c’est que vous êtes sur la bonne voie. Nous y sommes en plein. 
Il y a la lecture. Et puis il y a l’écriture, bien sûr, l’écriture qui me force à la pointe de l’épée, à me mettre à la place de l’autre, car sinon il n’y a pas de roman. Qui me force à penser avec lui. A vivre sa vie. A l’écouter. Surtout à l’écouter. A ne pas le juger. A le comprendre, lui et sa misère qui me rappelle tant la mienne. 

Comment comprendre l’autre ? Comment s’en approcher ? 

En s’en éloignant, juste ce qu’il faut.  Etrange paradoxe, à nouveau. On le voit, impossible de parler d’art sans parler de spiritualité.

Dans son roman Les Frères Karamazov, Dostoïevsky a inséré un récit très court, une soixantaine de pages détachées du reste, sorte d’histoire dans l’histoire, intitulée Le Grand inquisiteur.  Il y raconte le retour du Christ sur terre, à la fin du XVème siècle dans une Séville à feu et à sang, prise par les vertiges de l’inquisition.  Très vite, le Christ y accomplit des miracles. A peine reconnu, on le jette en prison. Le Grand inquisiteur vient le voir, et dans une scène hallucinante de beauté tragique, lui fait un réquisitoire d’une violence inouïe. Comment a-t-il pu refuser les propositions du malin lorsqu’il était seul avec lui dans le désert ? Il aurait eu les hommes à ses pieds ! Et les hommes n’auraient demandé que cela ! Ils n’en veulent pas, de leur libre arbitre, dit le Grand inquisiteur. Le Christ aimait les hommes et mettait en eux sa confiance, quelle erreur ! Et le grand inquisiteur a pour lui ces mots terribles, parlant des hommes : 

En les estimant moins, tu aurais rendu leur fardeau plus léger. 
  
Peut-être. Mais tel ne fut pas le choix du Christ. Il avait décidé d’aimer les hommes. Il avait décidé, aussi, comme les Evangiles le démontrent à chaque mot, de le faire en toute lucidité. De confier à Pierre, qui allait le trahir, la charge de construire sa maison. Il aimait Pierre, et son amour était d’une lucidité aveuglante. 
Il savait aimer.
 
Oui, aimer est une chose, savoir aimer en est une autre. Il ne suffit pas de dire à un être cher : Je t’aime, je t’aime, en poussant des soupirs, pour être assuré de tout faire juste. 
Un mot nous est souvent servi, dans le propos de nous donner bonne conscience. Il est de St Augustin. « Ama et quod vis fac. Aime et fais ce qu’il te plaît ». En d’autres termes, dès lors que tu aimes, tu as ta boussole. Tu feras juste. 
Cette citation est fréquente, mais elle est inexacte. Il s’agit d’une re-traduction du français au latin, la langue dans laquelle St Augustin a écrit. Car l’un des mots n’est pas le sien. Pour « aimer », il utilise un autre verbe, diligere. Qui veut dire : Etre attentif. La citation exacte est : « Dilige et quod vis fac ».  Dilige, c’est à dire : aime, mais avec retenue. Aime sans accaparer.

C’est ainsi que je voudrais aimer. Je n’y arrive presque jamais. Lorsque par miracle c’est le cas, l’autre m’est un peu moins étranger. 
Et moi, je suis un peu moins barbare. 

Je vous remercie.

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Lu par le Rabbin Garaï :Le Coran : Sourate La Lumière « An Nûr », versets 35, 36


Dieu est la lumière des Cieux et de la Terre, et le symbole de Sa lumière serait un foyer où se trouverait une lampe qui elle-même serait nichée dans un récipient de cristal ayant l’éclat d’un astre brillant qui tirerait sa luminosité d’un arbre béni, un olivier qui n’est ni de l’Orient ni de l’Occident et dont l’huile jetterait sa clarté d’elle-même, sans avoir été touchée par aucune étincelle, donnant ainsi lumière sur lumière.
 
Dieu guide vers Sa lumière qui Il veut et propose des paraboles aux gens, car Sa science n’a point de limite.
 
C’est cette lumière qui éclaire les temples que Dieu a permis d’élever afin que Son Nom y soit invoqué et glorifié, matin et soir.

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Lu par Hafid Ouardiri :La Bible, Genèse et Psaumes 


Au début de la Création de Dieu, lorsque la terre était béance et néant, l'obscurité sur la face du gouffre, alors le souffle de Dieu couvait la surface de l'eau. Dieu a dit: qu'il y ait lumière et il y eut lumière. Et Dieu vit la lumière qui était bien et Dieu a séparé entre la lumière et l'obscurité Et Dieu a appelé la lumière jour et l'ombre Il a appelé nuit, et il y eut soir et il y eut matin, jour un. (Genèse 1.2-59)
 
Eternel, comme au commencement, envoie ta lumière et ta vérité, elles seules me mèneront, elles me feront venir vers la montagne de ta sainteté et vers tes demeures. (Psaume 43.3)
alors
La voie des justes sera comme la lumière du matin dont l'éclat ira croissant jusqu'en plein jour. (Proverbes 4.18)
et tous 
viendront devant Dieu, dans la lumière de la vie. (Psaume 56.16)

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DSC_0444.jpgwww.photographygeneva.com

Commentaires

Merci à toi Démir de faire partager cette magnifique cérémonie spirituelle à toutes les genevoises et tous les genevois et je suis sûr que cela est le cas bien au-delà partout dans le monde.

Quel plaisir et quel bonheur de voir notre belle Cité de Genève accueillir ce genre d'événement qui oeuvre pour la paix dans le monde pour la fraternité humaine.

Je n'ai pas pu être là, mais avec ces photos et ces paroles humaines et divines c'est comme si j'y étais,merci encore mille fois.

En cette fin d'année chargée de violence et de haine cela fait du bien de savoir que le bien résiste malgré la barbarie de certain(e)s et de leurs complices qui profitent de cela pour haïr l'autre, celui qui leur est différent qu'il soit proche ou lointain.

Vive Genève lorsqu'elle célèbre la Lumière...

Écrit par : Liberté chérie | 20/12/2014

"Où commence la barbarie ?
Elle commence quand je dis : « Je suis ici chez moi ».
Des mots anodins, patelins, qui déclencheront un mécanisme infernal : Si je suis ici chez moi, c’est donc que l’autre n’est pas chez lui."

J'ai rarement lu de pareilles inepties.

Il est évident qu'il y a un "chez soi" par opposition aux autres: le premier chez soi c'est son propre corps, ensuite c'est sa propriété, ou les biens sur lesquels on jouit de tels droits, comme sa maison, puis c'est la nation de laquelle on est électeur et votant.

La preuve que celui qui écrit cela est d'accord avec moi, c'est qu'il condamne le viol.

La preuve que celui qui écrit cela est d'accord avec moi, c'est qu'il ferme à clé la porte de chez lui quand il s'absente.

La preuve que celui qui écrit cela est d'accord avec moi, c'est qu'il conçoit que pas tous les habitants de la planète ne peuvent et ne doivent participer aux élections en Suisse.

Dans mon corps je suis "chez moi". Il n'y a pas de respect de l'intégrité physique des gens sans considérer que notre corps nous appartient.

Il n'y a pas de propriété sans "chez soi". Le chez-soi renvoie à ce qui est à soit. La propriété est un droit erga omnes précisément parce qu'il permet d'exclure tout autre de l'exercice de droits sur la chose.

Il n'y a pas de nation sans "chez soi". Le chez-soi renvoie à la maîtrise d'un territoire par un peuple organisé institutionnellement en tant que nation sur ce territoire.

La distinction entre "Chez soi" et "chez l'autre", sous-jacent et plus généralement en soi et autrui, entre ce qui est à soi et ce qui est à autrui, n'a rien à voir avec la barbarie, c'est au contraire le début de la civilisation. Le respect réciproque des personnes, des biens et des nations, n'a de sens que parce qu'on considère et accepte ces distinctions. Le contraire de chez soi, c'est l'esclavage, le vol et la guerre. La barbarie c'est très exactement le contraire de "chez soi".

"Chez soi" ne veut pas dire qu'on ne fait qu'exclure les autres, on peut les accepter chez soi et échanger avec eux. Mais il n'empêche qu'on reste maître de sa personne, de ses biens et de sa nation.

J'ai toujours pensé que les religieux disaient des énormités, là on atteint des sommets.

Écrit par : Frederic Bastiat | 21/12/2014

Moi je remercie les orateurs de la plateforme interreligieuse pour leurs beaux messages et les réflexions que cela m'a permi de faire. Et Merci a celui qui a transmis

Écrit par : Sabine ROUVE | 22/12/2014

Nous saluons les sages narrateus depuis Beni saf ; merci de nous avoir fait vivrevirtuellement ces spirituels moments .
que la paix triomphe

Écrit par : BENCHAIB | 23/12/2014

@liberté chérie qui nous explique que:
< cela fait du bien de savoir que le bien résiste malgré la barbarie de certain(e)s et de leurs complices qui profitent de cela pour haïr l'autre, celui qui leur est différent qu'il soit proche ou lointain.
Vive Genève lorsqu'elle célèbre la Lumière...>

savez-vous combien de vos congénères électeurs frontaliers issus d'Afrique furent malgré eux les financiers-supporters de musulmans qui, d'un côté employés à Genève étaient de l'autre, des would-be élus dans ces zones frontalières
stockant leurs femmes durant leur campagnes, (car là, on a du bis: campagne électorale en Algérie et dans leur lieu de résidence frontalière) - voilée sinon, dans leurs cuisines,

tout en fuckant la gente féminine à tire-la-rigot

que faut-il saluer en 2014 à Genève:
- le libertinisme tous azimuts des musulmans hors sol à Genève vs. l'assurance de nos élus, financée par les contribuables, d'un permis religieux musulman sur sol genevois?

- la non mise en application tous azimuts, de notre nouvelle constitution, par nos élus?

Écrit par : genevois déshérité | 23/12/2014

Que pensez-vous de cette situation,
où un suisse non binational n'a plus le droit de dire à Genève:

"je ne me sens plus chez moi ici"
"tout au contraire, je ne suis plus rien qu'un étranger à Genève, où je suis né"


sans être passible d'amende, ou être poursuivi pour xénophobie.

Écrit par : genevois déshérité | 23/12/2014

la barbarie, pour une CH maman célibataire, ce fut d'abord de voir sa carte de séjour annulée par les fr., alors que ses parents CH y était employeurs, et que sa fraternité avait droit de cité dans toute l'UE.

la barbarie, se sont les lois fr, les quotas d'immigration, les non reconnaissances de diplômes entre la Fr, l'UE et la CH, quand toute l'UE profite des finances de la CH.

la barbarie, c'est le fait de retrouver un quota d'un max de 5% de CH employés sur son lieu de travail, sous le joug de 75% de pouvoir détenu par des cadres non CH décidant de licencier sur le champ, de rejeter l'embaûche de citoyens CH qualifiés, au profit de citoyens de l'UE non compétents: licenciements sans motifs, rejets d'embauche de chomeurs suisses compétents, au gré de et au profit de corréligionnaires de ces cadres fr ou UE si peu compétents, que même en banque privée internationale, ces cadres fr sans diplômes suffisants pour prendre la place du vizir n'hésitèrent pas à faire venir à Genève, en support pour un département informatique d'une banque privée internationale dont une majorité d'employés, des supposés informaticiens fr n'étaient pas capables d'apprendre 3 mois durant de salaire payé en non perf (soit aucun job effectué), des temporaires chinois venant d'agences de travail de Shangai, non déclarés en Suisse, résidents tous frais payés Place des Alpes aux frais de la banque et ce, sur des périodes de 6-8-10 mois consécutifs.

ne reste qu'à saluer cet ensemble de BENCHAIB & autres liberté chérie pour qui ici à Genève, on n'a pas le droit de dire qu'on est suisse sans être condamnable pour racisme.

Écrit par : genevois déshérité | 23/12/2014

Bigre, de suite les grands mots! car avec ces chiffres en romain: "le XVI appel..."
vous voulez faire l'amalgame avec le 16e siècle dans l'esprit de vos lecteurs?

quel est le but de cette cérémonie,

- quand le droit à la propriété est un droit inviolable
- quand la souveraineté d'un pays est un droit inviolable
- quand la constitution de la République du canton de Genève cristalise l'inviolabilité et l'illaniélabilité de la laïcité des droits citoyens

Que ne précisez-vous dans votre sujet, à quand remonte cette tenue, quantifiée de 16e cérémonie
ni par qui elle est financée
ni pour quels buts

Ici, rien n'est précisé par l'auteur photographe turc dont on sait qu'il est sans racines genevoises mais ami d'élus

Écrit par : genevois déshérité | 23/12/2014

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