02/08/2017

Les fêtes nationales de la Suisse et du Bénin

DEM_6547.jpg

Discours de M. Rémy Pagani, Maire de Genève, à l’occasion de la célébration de la fête nationale, parc La Grange, 1er août 2017


« Organisons nous pour imposer l’égalité de chaque citoyenne et citoyen »

Mesdames et Messieurs,

Les salutations protocolaires ayant été faites, je vous prie de bien vouloir m’en dispenser.

Au nom des autorités de la Ville de Genève, j’ai le grand plaisir de vous souhaiter à toutes et à tous une très cordiale bienvenue à l'occasion de la cérémonie du 1er août.

Je le fais cette année en invitant pour la première fois comme hôte d’honneur un pays – et c’est une heureuse similitude – qui célèbre lui aussi sa fête nationale le 1er août.

Ce pays, c’est la République du Bénin avec sa diversité culturelle et son envie de partager avec nous et d’imaginer ensemble ce moment festif.

C’est une première pour Genève et la Suisse et j’en suis très honoré.

 

En ce jour mémorable et historique, c’est donc pour moi un grand privilège de pouvoir m’exprimer devant vous et devant nos amis béninois et béninoises.

Côte à côte, nous avons échangé, imaginé, discuté et réalisé cette journée. Un véritable exemple de collaboration d’égal à égal. Nous avons montré que cela est possible.

Je remercie personnellement toutes celles et ceux qui ont contribué à la réussite de cet évènement qu’ils soient suisses ou béninois.

 

La fête nationale de chaque pays est l'occasion de s'interroger sur la signification que l'on veut attribuer à cette date.

Ainsi, cette célébration du 1er aout est d’abord l’occasion de rappeler les valeurs d’égalité et de liberté qui fondent notre volonté de vivre ensemble, de forger un destin commun pour tous les habitants de cette planète.

Par ailleurs, dans le rappel de cet événement si particulier, qui inscrit les fondements d'un pays dans la mémoire de tous, il y a de façon très claire l'expression de la volonté de cheminer ensemble et l'envie de montrer notre attachement à ces valeurs.

 

Vous le savez, Mesdames et Messieurs, la Suisse est un cas très particulier puisque ce pays est parvenu à se construire, au fil du temps, une identité et une image, grâce aux populations et aux mentalités très différentes qui la composent. Il en va de même pour le Bénin.

Si cette approche historique demeure bien sûr fondamentale, elle n'a pourtant pas d’intérêt si elle ne doit servir qu'à se retourner en se réclamant du passé avec nostalgie.

 

Dans son histoire, la Suisse a su prouver que l’égalité et la liberté ne sont pas de vains mots. Aujourd’hui pourtant, l’égalité s’est transformée ; on parle désormais d’inclusion et d’exclusion. Comme s’il fallait être dedans ou dehors du cercle, dans le cercle se trouvent les gagnants et hors du cercle, les perdants, comme s’il fallait se soumettre au dictat du néolibéralisme ambiant qui ne parle plus que de concurrence et de liberté individuelle à celles et ceux qui veulent être intégrés dans le cercle. Cette dérive conceptuelle désintègre ce qui nous est cher : le bien-vivre ensemble.

 

Pourtant les habitants de ce pays ont édifié, patiemment, un système qui permet à chacune et à chacun de s'exprimer à égalité dans un cadre de liberté, de démocratie semi-directe, de fédéralisme et de droit des minorités tout en combattant pour leurs idées.

 

Ce moment de souvenir et de partage qu’est la fête nationale, nous permet de remettre au-devant de la scène, l’égalité de toutes et tous. Et ce qui fonde cette égalité, notamment, le droit à un salaire digne pour toutes et tous, égale entre homme et femme, le droit à un logement décent et bon marché, le droit à un revenu, le droit d’être d’un genre différent. Et pourtant, ce n’est manifestement plus le cas aujourd’hui pour bon nombre d’entre nous.

 

Il ne faut donc pas avoir peur d’énoncer clairement une réalité de la Suisse.

 

Ainsi dans notre pays et dans notre ville, il existe, et je le regrette vivement, de plus en plus d’exclusion, d’islamophobie, de xénophobie et de racisme, bref de rejet de l’autre comme si face à la mondialisation, la marchandisation, face à la mise en concurrence de tous contre tous, nous devions construire des frontières discriminant l’autre, stigmatisant l’autre, le renvoyant en dehors du cercle, frappant ainsi au cœur la démocratie.
Pour pouvoir nous projeter vers l’avenir, vers demain, nous devons nous interroger non seulement sur ce que nous sommes et pourquoi nous sommes là, mais surtout sur ce que nous voulons devenir avec nos différences.

 

Pourquoi la majorité des membres de notre communauté n’arrive plus à boucler ses fins de mois, par exemple ? En effet, le système dans lequel nous vivons ne laisse plus la place à l’entre-deux. Si vous êtes riche, on vous considèrera beaucoup mieux qu’un employé qui n’arrive pas à vivre de son salaire. Pire même s’il a un permis B, il risque d’être expulsé de ce pays. Dans cette situation nous devons nous organiser pour imposer l’égalité de chaque citoyenne et citoyen. Si l’on part du constat que la richesse produite dans cette région ne profite pas à tous, qu’elle est accaparée et que cette mainmise est encouragée par le gouvernement qui tente de réduire encore plus les impôts, par exemple, sous prétexte de consolider ou maintenir un système qui ne crée pas des emplois pour tous, alors nous devons combattre.
Je crois fermement que la Suisse, pays au cœur de l’Europe, se doit d'inscrire son action dans les grands enjeux, les grands défis auxquels l’humanité est confrontée au 21e siècle et ils sont nombreux.


Ce combat passe notamment :
par une juste redistribution des richesses ;
par des services publics de qualité qui respecte chaque citoyen à égalité ;
par la diminution de l'écart qui sépare les plus riches des plus pauvres,
et plus généralement :
par le renforcement de la solidarité entre les peuples ;
par l’autodétermination des peuples.
par une véritable égalité dans nos relations avec les Etats et les populations des pays du Sud ;
par l’arrêt de la concurrence fiscale internationale, nationale, et inter cantonale ;
par l’indispensable protection de la planète contre les dérèglements climatiques.

 

Genève, notre ville, ville d’ouverture envers toutes les cultures, toutes les religions, toutes les nationalités, toutes les origines, Genève est la ville de la paix, des droits humains et de la solidarité.

 

C’est dans cet esprit - cet esprit de Genève - que cette année, j’ai souhaité marquer la fête nationale en célébrant l’ouverture au monde de notre ville dans une démarche d’égalité avec les autres peuples. Il est très important de le manifester aussi dans les moments de fête.

Mais revenons à cette soirée, c'est donc l'occasion de se retrouver pour partager ensemble un moment de joie, pour faire la fête et danser, si le cœur vous en dit, jusque tard dans cette belle soirée d'été.

 

Pour conclure, je tiens encore une fois à saluer et à remercier très chaleureusement le Bénin pour son engagement et sa collaboration dans la réalisation de cette journée, de même que les autorités béninoises, ainsi que la Communauté Béninoise de Genève et de Suisse qui a participé activement à la mise en œuvre de cette fête. Sans oublier tous les collaborateurs et collaboratrices ainsi que les nombreuses personnes de la Ville de Genève suisses et venus d’horizons lointains.

 

Grâce à vous toutes et tous et y compris - la République du Bénin et la Communauté Béninoise de Suisse - nous avons aujourd’hui pour cette commémoration un programme très riche : des stands de restauration, d’artisanat, des performances artistiques et de la musique. Un grand merci encore !

Que la fête soit belle et longue !

 

Je vous remercie pour votre attention et, au nom des autorités de la Ville de Genève, je vous souhaite à toutes et à tous une très belle fête nationale… suisse et béninoise !

Vive Genève

Vive le Bénin !

Vive la Suisse !

Rémy Pagani
Maire de Genève

L1030679.jpg

DEM_6466.jpg

DEM_6475.jpg

DEM_6478.jpg

L1030624.jpg

L1030631.jpg

L1030633.jpg

L1030634.jpg

L1030636.jpg

DEM_6482.jpg

DEM_6494.jpg

DEM_6501.jpg

DEM_6505.jpg

DEM_6506.jpg

DEM_6508.jpg

DEM_6516.jpg

DEM_6518.jpg

DEM_6520.jpg

DEM_6522.jpg

DEM_6530.jpg

DEM_6533.jpg

DEM_6542.jpg

L1030711.jpg

L1030713.jpg

DEM_6554.jpg

DEM_6598.jpg

DEM_6612.jpg

DEM_6613.jpg

DEM_6623.jpg

DEM_6635.jpg

DEM_6643.jpg

DEM_6651.jpg

DEM_6649.jpg

DEM_6657.jpg

DEM_6659.jpg

DEM_6668.jpg

DEM_6675.jpg

DEM_6679.jpg

DEM_6682.jpg

L1030713.jpg

L1030742.jpg

L1030760.jpg

DEM_6683.jpg

DEM_6706.jpg

DEM_6716.jpg

DEM_6750.jpg

L1030768.jpg

L1030772.jpg

DEM_6752.jpg

L1030774.jpg

L1030789.jpg

L1030794.jpg

L1030797.jpg

L1030805.jpg

L1030816.jpg

L1030832.jpg

L1030839.jpg

DEM_6788.jpg

DEM_6794.jpg

DEM_6800.jpg

DEM_6811.jpg

DEM_6857.jpg

DEM_6871.jpg

DEM_6875.jpg

DEM_6881.jpg

DEM_6885.jpg

DEM_6887.jpg

DEM_6890.jpg

DEM_6897.jpg

DEM_6906.jpg

DEM_6912.jpg

DEM_6928.jpg

DEM_6944.jpg

L1030826.jpg

Pour voir la suit des photos

 

http://www.photographygeneva.com/gallery/les-fetes-nation...

 

Tous droits réservés

Aucune image ne peut être reproduite ou transmise, même partiellement, sous aucune forme, y compris l’illustration de pages web, sans avoir eu préalablement l’autorisation écrite de l’auteur. Toute violation pourra être poursuivie.
Pour toute demande, merci de me contacter.

Commentaires

L'esprit de Genève merveilleusement saisi par le camera intrépide de Demir!
Que c'est beau !

Écrit par : Carol Scheller | 02/08/2017

Bonjour Monsieur très belles photos mais en Suisse on ne voit pas comme au Bénin des malades psychiatrique souvent nus ,enchainés et abandonnés de tous
Souvent en pleine rue
C'est sûr qu'on ne va présenter son pays en montrant ses plus vilains aspects ce que je conçois aisément
Mais ce pays a grand besoin d'aides financières et de médicaments on ose espérer qu'entre 4 yeux et loin de la foule que tous ces problèmes aient été soulevés lors du Premier Aout
Très belle journée

Écrit par : lovejoie | 03/08/2017

Les commentaires sont fermés.