Journée internationale de l’action contre les stages non-payés

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Une centaine de stagiaires des Nations unies ont manifesté mercredi devant le siège de l’organisation à Genève, dans le cadre d’une initiative mondiale pour attirer l’attention sur les difficultés de celles et ceux qui accomplissent ces stages non payés.

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Grève mondiale des stagiaires – Journée internationale de l’action contre les stages non-payés 
 
 
Le 20 février 2019 marque la 3ème grève mondiale des stagiaires organisée par la coalition générale des stagiaires. La jeunesse internationale s’unit pour s’opposer à la tendance inquiétante et grandissante de l’exploitation, l’exclusion et les stages non-payés. 
 
A Genève, les stagiaires et les jeunes travailleurs des organisations de l’ONU prennent part à la manifestation « UNpaid is UNfair » Elle a pour but de montrer sa solidarité avec les jeunes à travers le monde qui se voient refusés d’entreprendre un stage car ils ne peuvent pas se payer le luxe de travailler gratuitement. 
 
La manifestation est soutenue par un certain nombre de comités de stagiaires à Genève, l’association des stagiaires de Genève, le syndicat Public Service International, le syndicat de l’ONUG, le parti des Verts de Genève, les Jeunes Vert-e-s Suisse, la Jeunesse Socialiste Genevoise, le Parti Socialiste Genevois, solidaritéS, le SIT (Syndicat Interprofessionnel des travailleuses et travailleurs). 
 
La grève générale des stagiaires été composée d’une série d’évènements organisés par des groupes locaux d’à travers le monde, dans des villes telles que Genève, New York, Bangkok, Montréal, Bruxelles et Copenhague. Les actions incluront des sit-ins, des walkouts, des marches et des débats. L’action se déroulera sous la bannière d’une grève pour démontrer l’organisation ascendante de la force de travail des stagiaires et pour appuyer sur le fait que des stages justes sont un problème vital pour la jeunesse. 
 
Les organisations soutenant l’action demandent un accès égal à des stages justes et de qualité. 
 
Égal : les stages doivent être payés pour les rendre accessibles à tous, c’est-à-dire qu’ils doivent être indépendants de la provenance sociale ou économique de la personne. 
Juste : les stagiaires doivent recevoir des droits au travail de base, tels que la protection contre le harcèlement et des conditions de travail justes. 
Qualité : les stages doivent offrir une expérience significative qui aide les jeunes à transiter avec succès de l’éducation à l’emploi. 
 
Les stages non-payés sont les plus souvent associés avec les professions liées à l’industrie, telles que les affaires publiques, les finances et les secteurs médiatiques. Toutefois, ils grandissent en nombre dans d’autres secteurs dans le monde. En Europe, il est estimé qu’il y a plus de trois millions de jeunes par année qui travaillent en tant que stagiaires non-payés, ce qui équivaut à l’entièreté la force de travail du Danemark. Pendant que les défenseurs de stages non-payés soutiennent que ceux-ci sont une « expérience d’apprentissage », les stagiaires réalisent un travail qui aurait pu être accompli par un employé ou un consultant, qui pourtant reçoivent déjà qu’une maigre rémunération ou une pauvre protection au travail. De plus, comme les stages sont devenus un tremplin pour accéder au marché du travail, ceux qui ne peuvent pas se permettre de travailler gratuitement sont laissés à l’abandon. Ceci réduit la mobilité sociale, augmente les inégalités et gâche les talents de nombreux jeunes, alors que l’ONU prêche exactement le contraire. 
 
A Genève, où les organisations internationales accueillent des centaines de stagiaires et dont environ 80% restent impayés, en comparaison à d’autres lieux d’affectations, la situation est aggravée par les coûts exorbitants de la vie quotidienne. En général, seuls ceux et celles ayant le soutien financier de leur famille (ou autres financements) peuvent se permettre d’intégrer l’une des organisations de l’ONU. Selon un rapport publié par le Fair Internship Initiative, la participation de personnes moins privilégiées à des stages non-payés est 3,5 fois moins représentée que pour les stages payés. La moitié de ceux acceptant un stage non-payé à l’ONU admettent que ce dernier a causé des difficultés financière à eux-mêmes ou à leur famille, ou a impacté de manière négative leurs conditions de vie (certains incluant même des cas d’impacts permanents sur leur santé). L’ONU affirme combattre la discrimination, promeut l’égalité des opportunités et la valorisation de la jeunesse désavantagée, alors que ses pratiques internes démontrent exactement le contraire.
 
Entre 2017 et 2018, l’UNICEF et l’HCR ont commencé à payer un léger salaire à ses stagiaires, bien que ce dernier reste inadéquat pour ce qui est de couvrir les dépenses de la vie quotidienne. En même temps, les Etats membres de l’OMS ont formellement demandé en 2018 que l’organisation paie ses stagiaires avant 2020, mais son exécution est encore peu claire. 
 
Le Joint Inspection Unit of the UN system a publié un rapport compréhensible en juin 2018 avec de nombreuses recommandations, telles que payer ses stagiaires. Le rapport sera étudié en automne 2019 par l’Assemblée générale de l’ONU à New York.
 
En décembre 2018, un rapport du Haut-Commissariat aux Réfugiés a clairement exprimé que « les stages non-payés (…) excluent de facto les plus marginalisés qui ne peuvent pas se permettre de travailler sans rémunération » et « limitent la liberté de choix de la jeunesse ». Pour cette raison, selon le rapport, les stages « devraient être remplacés par des stages payés », malgré le fait que cette organisation elle-même ne paie pas ses stagiaires. 
 
En avril 2019, les agences de l’ONU débattront d’une réforme à la Haute Commission sur le Management de l’ONU. Le Fair Internship Initiative demande à tous les Etats membres et à l’ONU d’entièrement appliquer les recommandations du Joint Inspection Unit
 
La grève générale des stagiaires a déjà reçu l’appui d’un certain nombre d’organisations et de leaders tels que des syndicats, des politiciens, des avocats, des ONGs et du monde académique. L’élan s’est aujourd’hui amplifié, les jeunes s’étant unis pour demander aux employeurs et aux politiciens de reconnaître la valeur du travail des stagiaires, ainsi que des dangers découlant des stages non-payés et de qualité médiocre. 

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