13/09/2010

Référendum en Turquie : la montagne accouche d’une souris


lundi 13 septembre 2010



Ce referendum est tout-à-fait significatif de la vie politique en Turquie : alors que tous les acteurs politiques turcs, les intellectuels et les observateurs étrangers s’accordent pour dire que la question kurde est celle que la Turquie contemporaine se doit de résoudre impérativement et que la démocratisation de la Turquie passe par l’obligation de changer la constitution - héritage du coup d’état militaire de 1980 - les questions posées par voie référendaire ne sont pas à la hauteur des enjeux.

Les forces politiques, nationalistes d’un côté, islamistes de l’autre, s’affrontaient autour d’une réformette constitutionnelle qui ne résoudra rien d’essentiel ; ceci est si vrai que le parti pro kurde BDP (Parti pour la Paix et la Démocratie) n’a pu faire d’autre choix que d’appeler au boycott pour dire que les réformes proposées sont "cosmétiques", sans portée réelle, et qu’elles ne donnent aucune réponse aux questions que le peuple kurde pose légitimement depuis des décennies.

Que les instances politico-judiciaires, qui sont sous la coupe des "laïcs" nationalistes de "gauche" et d’extrême droite, passent sous la coupe du parti islamiste, ne fera pas avancer la démocratie dans le pays, n’en déplaise aux institutions européennes qui, avant même d’en connaître le résultat, saluaient déjà cette révision constitutionnelle comme "un pas dans la bonne direction".

Il est bien sûr intéressant que la dissolution des partis politiques soit soumise au contrôle du Parlement, mais ce parlement turc ne sera pas pleinement représentatif du peuple tant que les voix des partis qui n’ont pas atteint le seuil des10% viendront renforcer mécaniquement le parti majoritaire, l’AKP en l’occurrence.

Que les auteurs du coup d’État militaire de 1980 puissent être jugés est une décision qui va "dans la bonne direction" mais quoi de plus normal ? C’est l’inverse qui était inconcevable !
L’enjeu de cette révision constitutionnelle est tout autre : il est purement politicien et chaque camp avance ses pions pour gagner les prochaines échéances électorales. A ce petit jeu l’AKP, qui a mis tous les moyens d’État à contribution dans une campagne très agressive, est sorti vainqueur, c’est incontestable, mais où sont les perspectives politiques à plus long terme ?

Le boycott kurde mérite d’être étudié de près ; dès l’annonce du résultat, Selahattin Demirtaş, co-président de BDP, a estimé que le pari était gagné et le BDP renforcé : "le boycott est une victoire historique pour les Kurdes", a-t-il notamment déclaré.

L’agence ANF (Agency News Firat) note que plus de 50% des électeurs ont boycotté le scrutin dans les villes où le BDP était arrivé en tête aux dernières élections de 2009.
Dans un pays où le vote est obligatoire, sous peine d’une lourde amende de 22 LT (ce que le gouvernement n’avait pas manqué de rappeler tout au long de la campagne), 65 % des électeurs de Diyarbakir, note encore ANF, ne se sont pas déplacés et se sont abstenus de voter, 33% à Tunceli, 46% à Mus, 50% à Siirt et Igdir, 57 % à Van et à Mardin, 63% à Batman, 78% à Sirnak ; la palme revient à Hakkari avec 93% ; le boycott est également massif dans les quartiers peuplés à majorité de Kurdes de grandes métropoles turques comme Istanbul, Adana et Mersin.

"Les Kurdes ont donné une leçon de démocratie, il faut travailler dès maintenant pour proposer une nouvelle constitution“ martèle Selahattin Demirtaş, délibérément offensif.
"Le modèle espagnol en matière d’autonomie régionale est celui que nous cherchons", déclare, de son côté, le PKK qui, d’après une dépêche de l’AFP, "déposerait les armes si la Turquie adoptait un modèle de régions autonomes comparable à celui de l’Espagne <http://www.institutkurde.org/info/depeches/le-pkk-deposer...> ".

André Métayer

Les Amitiés kurdes de Bretagne <http://akbdrk.free.fr/spip.php?auteur1>

 

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11/09/2010

12 septembre 2010 30e anniversaire noir du coup d'Etat militaire de 1980 en Turquie, d’un référendum controversé

Une véritable démocratisation doit se réaliser par une suppression totale de la Constitution de 1982 et non par quelques changements cosmétiques

Le 12 septembre 2010 marque le 30èmeanniversaire noir du coup d'Etat militaire de 1980, deuxième phase d’un processus de militarisation dans tous les domaines du pays.  Il s'agit également de la date d'un référendum controversé portant sur la révision partielle de la Constitution imposée par la junte il y a 28 ans.


Avec une campagne qui traîne depuis des mois, ce référendum a entièrement polarisé la vie politique de la Turquie. Deux principaux partis nationalistes, le CHP et le MHP, font campagne contre les amendements. L'AKP et les autres partis et groupes de tendance islamiste les soutiennent. Les partis ou groupes de gauche sont divisés, les uns estimant qu'il vaut mieux des progrès minimes que rien du tout, tandis que les autres pensent qu'une réforme constitutionnelle aussi timide pourrait empêcher une véritable réforme. En réaction au refus de l'AKP de baisser le seuil national du scrutin, le parti pro-kurde BDP appelle au boycott du référendum.


Comme souligné dans les médias, la campagne de trois partis, AKP, CHP et MHP, s’enlise dans des querelles de personne et des propos manichéens, qui sont loin d’éclairer le citoyen sur les enjeux réels du scrutin.


Une chose est évidente: Quelle que soit l'issue de ce référendum, cette constitution militariste reste toujours en vigueur avec ses articles fascistes et racistes imposant la supériorité de la race turque et niant les droits fondamentaux du peuple kurde et des autres minorités nationales et religieuses.

C'est la raison pour laquelle, la Fondation Info-Türk tient à publier en français Le Livre Noir de la "démocratie" militariste en Turquie <http://www.info-turk.be/livrenoir.htm> , publié déjà en anglais il y a plus de 20 ans pour dire qu'une véritable démocratisation doit se réaliser par une suppression totale de la Constitution de 1982 et non par quelques changements cosmétiques.


Auparavant, le coup d'Etat du 12 mars 1971 avait déjà aboli ou détruit plusieurs droits et institutions démocratiques par l'application d'une répression sans précédent. Le coup d'Etat de 1980 a complété la militarisation en imposant au pays une constitution raciste et despotique après une répression encore plus sauvage.


La constitution de 1982 nie les droits fondamentaux du peuple kurde et des minorités arménienne, assyrienne et grecque de Turquie. Les articles 3, 42 et 66 prônent la supériorité et le monopole de la race et de la langue turques. L'article 4 déclare que l'article 3 ne pourra jamais être modifié et que même sa modification ne pourra jamais être proposée.


Depuis 30 ans, malgré les manifestations des forces démocratiques, les pouvoirs politiques ont toujours passé sous silence la demande de traduire devant la justice les auteurs de ce putsch criminel. Les gouvernements successifs gèrent le pays en se soumettant toujours aux menaces et chantages de la hiérarchie militaire.


Rappelons qu'en plus des coups d'Etat de 1971 et 1980, l'armée turque a effectué depuis treize ans deux autres interventions directes dans la politique, le 28 février 1997 et le 27 avril 2007. Par ailleurs, comme il est constaté à la lecture de l'acte d'accusation du procès d'Ergenekon, les officiers auraient préparé trois plans d'intervention en 2003 et 2004.

 

Alors que ces derniers sont actuellement jugés simplement pour tentative de coup d'Etat, les militaires qui ont réalisé les coups d'Etat de 1971 et 1980 ainsi que les interventions directes de 1997 et 2007 restent toujours immunisés contre toute poursuite judiciaire.



Bien que le changement constitutionnel lève l'article interdisant l'inculpation des auteurs du coup d'Etat de 1980, ils bénéficieront cette fois-ci du droit à la prescription selon une autre loi.

C'est la raison pour laquelle, à l'occasion du 30e anniversaire du coup d'Etat militaire de 1980, plusieurs manifestations sont organisées dans les grandes villes de Turquie.


Les organisations démocratiques réclament que les putschistes de 1980 soient jugés pour les crimes suivants commis  après le coup d'Etat:

 

  • Plus de 650.000 personnes ont été arrêtées.
  • Des dizaines de milliers de personnes ont subi la torture et de mauvais traitements.
  • Des fichiers ont été ouverts sur 1.683.000 personnes.
  • 210.000 procès politiques ont été ouverts devant les cours militaires.
  • 98.404 personnes ont été jugées en raison de leurs opinions.
  • 71.500 personnes ont été jugées sous les articles 141, 142 et 163 de l'ancien code pénal
  • 6.353 personnes ont été jugées sous menace de la peine capitale.
  • 517 personnes ont été condamnées à la peine capitale. 50 personnes (18 de gauche, 8 de droite, 1 militant d'Asala et 23 de droit commun) ont été exécutées.
  • 21.764 personnes ont été condamnées à de lourdes peines de prison.
  • 171 personnes ont perdu la vie sous la torture.
  • 299 personnes ont perdu la vie en prison en raison de mauvais traitements ou lors d’une grève de la faim.
  • 348.000 personnes se sont vues refuser l'obtention de passeports.
  • 30.000 personnes ont demandé l'asile politique à l'étranger.
  • 14.000 personnes ont été déchues de leur citoyenneté.
  • Les universités ont été placées sous l'autorité du Conseil Suprême de l'Education (YOK), dépendant du pouvoir politique.
  • Plus de 4.000 enseignants et professeurs d'université ont été chassés de leurs postes.
  • Tous les partis politiques ont été dissous.
  • Les activités de 23.667 associations ont été arrêtées.
  • La presse a été soumise à la censure.
  • 4.509 personnes ont été déportées par les commandants de la loi martiale.
  • 937 films ont été interdits.
  • 2.792 auteurs, traducteurs et journalistes ont été traduits devant les tribunaux.
  • Le total des peines de prison prononcées contre des journalistes et écrivains s'élevait à 3.315 ans et 3 mois.
  • 31 journalistes ont été emprisonnés, des centaines de journalistes attaqués et trois abattus.
  • 113.607 livres ont été brûlés.
  • 39 tonnes de livres, de revues et de journaux ont été détruites par des usines de papier de l'Etat.

 

La dernière initiative timide lancée en 2009 par le gouvernement sous l'appellation "ouverture démocratique" était tout à fait ridicule, car elle ne prévoit rien pour une véritable démocratisation digne des normes européennes par la modification radicale de la constitution de 1982.

Comme annoncé depuis des décennies par des organisations démocratiques, une des premières choses à faire dans le processus de démilitarisation est de soumettre le chef d'Etat-major à l'autorité du ministre de la défense nationale, de raboter les pouvoirs excessifs du Conseil de Sûreté Nationale (MGK) et du Conseil Militaire Supérieur (YAS).

 

Les mesures suivantes doivent être prises pour éradiquer tous les vestiges de la dictature fascisante de l'Armée:

  • Inculpation des responsables des coups d'Etat pour crimes contre l'humanité.
  • Interdiction de l'ingérence des commandants actuels dans la vie politique, sociale et culturelle du pays.
  • Eloignement immédiate de leurs postes des commandants qui poursuivent leurs menaces et provocations.
  • Entière modification de la constitution actuelle imposée par les militaires; suppression des articles 3, 4, 42 et 66 prônant la supériorité et le monopole de la race et de la langue turques.
  • Diminution du budget des dépenses militaires utilisé pour opprimer le peuple kurde et menacer les pays avoisinants.
  • Modification radicale du système électoral imposant un seuil national de 10% au détriment des partis politiques représentant des opinions différentes, notamment pro kurde ou de gauche.
  • Une amnistie générale doit être déclarée pour tous les prisonniers ou inculpés politiques.
  • Suppression de tous les articles anti-démocratiques du code pénal turc et de la loi anti-terreur et d'autres lois répressives.
  • Arrêt des poursuites judiciaires contre des journalistes, écrivains, artistes, enseignants.
  • Reconnaissance sans exception et sans restriction des droits fondamentaux du peuple kurde et des minorités assyrienne, arménienne et grecque.
  • Reconnaissance du génocide commis au début du siècle contre les Arméniens et les Assyriens.
  • Arrêt de toute ingérence d'Ankara dans la vie politique et sociale des pays accueillant des ressortissants de Turquie.

 

Ceci est également un rappel aux dirigeants de l'Union européenne et des pays membres qui flirtent toujours avec le pouvoir politique en Turquie. Pour des intérêts stratégiques, économiques et commerciaux, ils n'hésitent pas à promouvoir les serviteurs du lobby turc dans les partis politiques et dans les organes législatifs et exécutifs au détriment des valeurs démocratiques acquises grâce aux luttes historiques des peuples européens.

 

Source :http://www.info-turk.be/385.htm#dimanche

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10/09/2010

Manifestation contre la présence d'Henry Kissinger à Genève

 

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Déclaration

LE CRIMINEL REAPPARAIT 37 ANS APRÈS SON FORFAIT, JOUR POUR JOUR :

 

KISSINGER SERA À GENÈVE CE 11 SEPTEMBRE 2010

L’indécence et le cynisme portent un nom : c’est celui d’Henry Kissinger, ancien secrétaire d’Etat américain sous Richard Nixon, et l’un des principaux responsables du Coup d’Etat militaire au Chili en 1973, justement un 11 septembre; cela fera cette semaine  37 ans jour pour jour.  Il est presque superflu de présenter le personnage : quoiqu’impliqué dans le coup d’Etat au Chili, acoquiné avec le régime sanglant des militaires argentins, artisan des « bombardements secrets » des populations du Cambodge, Kissinger a échappé à toutes tentatives de le faire comparaître devant un tribunal. Jouissant de multiples protections,  Kissinger s’est bâti une deuxième carrière – très rentable- comme consultant et comme conférencier international.

Propriétaire d’une prospère étude d’avocats,  Kissinger Associates Inc, il maintient de liens étroits avec les milieux de la science politique, comme l’IISS  (International Intitute for Strategic Studies), basé à Londres.  C’est a ce titre que ce vendredi 10 septembre à 19h30 il prononcera une conférence lors de  la 8ème Réunion annuelle de l’IISS, à l’Hôtel Intercontinental de Genève.  Il était prévu que la Conseillère Fédérale Micheline Calmy-Rey, cheffe du Département fédéral des Affaires Etrangères (DFAE) prenne la parole, juste avant Kissinger, mais elle a annulé sa présence, sans être remplacée, il y a 3 jours. Nous considérons que cela a été un effet de la mobilisation à Genève, dès que cette nouvelle a été connue.

L’Association Comité Mémoire et Justice de Genève, ainsi que d’autres organisations de Droits de l’Homme, considérons que la présence de Henry Kissinger à Genève constitue un scandale et une provocation. D’autant plus que cela se produit justement un 11 septembre, 37 ans après le coup d’Etat militaire promu par Kissinger et Nixon, et qui coûta la vie au Président Salvador Allende et à des milliers de Chiliens.

S’il est regrettable que la justice internationale soit impuissante pour le faire comparaître devant un tribunal, nous pouvons, en tant que citoyens exprimer notre rejet à ce personnage par différents moyens, à savoir :

1.Faire des démarches auprès de la Confédération (notamment du DFAE,  Département Fédéral des Affaires Etrangères) pour que Henry Kissinger soit déclaré persona non grata sur territoire helvétique

2.Remettre, le vendredi 10, une lettre aux responsables. Prendre contact avec l’International Institute of Strategic Studies (IISS) afin de leur signaler que l’invitation qu’ils ont délivrée a H.Kissinger éveille beaucoup de rejet à Genève. Par ailleurs, nous considérons comme inconvenant qu’un tel personnage, qui viola aussi bien les droits de l’homme que les règles du droit international, soit associé à des discussions sur la sécurité internationale.

3.Diffuser auprès de la presse de Genève et des représentants des medias internationaux, notre rejet de cette visite.

4.Manifester le vendredi 10 septembre devant l’Hôtel Intercontinental, au moment précis où Kissinger prendra la parole à son symposium. Le rassemblement est prévu dès 18.15 à la Place des Nations, d’où nous nous dirigerons vers l’Hôtel Intercontinental, pour y établir un piquet et une chaîne humaine le long du trottoir de la Rte de Ferney, afin de symboliser une barrière contre ce personnage et ce qu’il représente. Cette manifestation est autorisée, et est soutenue par la CGAS (syndicats) et le Parti Socialiste Genevois, entre autres.

Genève, le 10 septembre 2010

Association Comité Mémoire et Justice : Chili-Suisse-Amérique latine
Case Postale 468   1211 Genève 4  - e-mail : memojustginebra@yahoo.com

 

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09/09/2010

APPEL À MANIFESTER PUBLIQUEMENT CONTRE LA PRÉSENCE DE HENRY KISSINGER A GENÈVE

APPEL À MANIFESTER PUBLIQUEMENT CONTRE LA PRÉSENCE DE HENRY KISSINGER A GENÈVE

VENDREDI 10 SEPTEMBRE 2010  à 18h15 PLACE DES NATIONS

Le Comité Mémoire et Justice de Genève, avec le soutien de la CGAS (Communauté Genevoise d'Action Syndicale) ainsi que d'autres organisations et des personnes qui ont adhéré à notre appel, CONVOQUE pour ce vendredi 10 septembre à une manifestation publique contre Kissinger.
Le rendez-vous est à la Place des Nations à partir de 18h15. Des brèves interventions souligneront le but de cette manifestation.
Peu avant 19 h. nous nous dirigerons, en marchant sur les trottoirs, pour nous installer sur le trottoir d'en face l'Hotel Intercontinental (Petit Saconnex), avec des pancartes.  Suivant le nombre de participants, nous formerons une chaîne humaine autour de l'Hôtel, le long du trottoir par la route de Ferney, symbolisant ainsi une ligne isolant ce personnage.
La manifestation se dissoudra à 20h00.-

LORSQUE A 19h30 KISSINGER PRENDRA LA PAROLE DANS SON BUNKER DE LUXE, IL DOIT SAVOIR QU'À QUELQUES DIZAINES DE MÈTRES DES HABITANTS DE GENÈVE SONT LÀ POUR  RAPPELER HAUT ET FORT

SES CRIMES.

Il s'agit d'une manifestation pacifique destinée à sensibiliser la population de Genève sur ce que représente ce personnage. Il ne doit pas y avoir des dégâts, ni obstruction de la circulation, ni tentative de pénétrer dans de domaine de l'Hotel. Une lettre sera remise sur place aux représentants de l'IISS, organisateurs de la rencontre, critiquant le choix qu'ils ont fait d'inviter Kissinger.
Pour le CMJ
Fernando RUIZ Président ,  Ariel SANZANA Secrétaire


Adriana Auderset
CH-1203 Geneva
+4122 345 3256
+4176 327 3256
skype:   aauderset

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Maison Populaire de Genève

Demir SÖNMEZ

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05/09/2010

Sami KANAAN soutien aux grévistes d’ISS de l’Aéroport .

Sami Kanaan, candidat socialiste au Conseil administratif de la Ville de Genève

 

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Dès le 10 juillet, le PSG a clairement soutenu la grève légitime des travailleuses et travailleurs d’ISS Aviation, qui, après les salariés de SWISSPORT, ont dû se mettre en grève suite à la décision de leur employeur de dénoncer la convention collective de travail (CCT) qui régissait leurs horaires et leurs conditions salariales.


Jean-Charles Rielle, conseiller national socialiste, l’a d’ailleurs clairement rappelé lors de la dernière manifestation, tenue il y a deux semaines, et je ne ferai donc que rappeler le soutien du parti socialiste à ce combat légitime, et le réaffirmer haut et fort. C’est essentiel, alors que la grève se prolonge, avec tout qu’un mouvement représente comme charge pour vous, pour les personnes concernées et leurs familles, et que vous devez faire face à des tentatives de division et d’intimidation !

Nous sommes fondamentalement attachés au respect des Conventions collectives de travail, leur extension et leur amélioration constantes.

Ceci est encore plus valable dans des branches où les salaires sont bas, parfois même trop bas pour assurer un revenu décent aux travailleurs et travailleuses, à des familles modestes, avec une majorité de femmes, et souvent des familles monoparentales.

Le fait de vouloir généraliser des salaires trop bas est inacceptable car cela reviendrait à multiplier des « working poors » dans un canton comme Genève, dont on connaît les coûts élevés de la vie ; nous ne pouvons accepter des salaires situés en-dessous du seuil de pauvreté !

Nous devons d’autant plus le refuser que, dans ce canton, l’écart des revenus en fait qu’augmenter, accentuant ainsi les disparités sociales. Ces dernières années, le revenu des personnes les plus pauvres a diminué de 27% alors que le revenu des personnes les plus riches a augmenté de 5%, selon des données de l’Office fédéral de la statistique. Ainsi les riches deviennent encore plus riches alors que les personnes à bas revenus voient leur situation devenir plus difficile. Non, ce n’est pas une fatalité !!! C’est aussi pour cette raison que le combat des grévistes d’ISS est légitime.

Nous exigeons que de véritables négociations aient enfin lieu, que ISS entre en matière sur les revendications des travailleurs et travailleuses et qu’une CCT digne soit rétablie !

Nous exigeons que les régies publiques se comportent de manière exemplaire sur les sites dont elles ont la responsabilité, y compris pour les sous-traitants !

Nous exigeons aussi que le Conseil d’Etat joue son rôle d’arbitre et de garant de conditions décentes sur le marché du travail, respectant ainsi l’engagement de combattre le dumping salarial.

 

 

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Genève, le 2 septembre 2010

Sami Kanaan, candidat socialiste au Conseil administratif de la Ville de Genève

 

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23/08/2010

Lettre ouverte aux camarades socialistes de Ville de Genève

Lettre ouverte aux camarades socialistes de Ville de Genève

Election du candidat socialiste pour le Conseil administratif de la

 

Ville de Genève


Le 1er septembre prochain, la section de la Ville de Genève du Parti socialiste élira son deuxième candidat pour les élections du Conseil administratif qui auront lieu en 2011.


D’emblée, je tiens à souligner que, quelque soit la décision l’Assemblée générale de la section de la Ville, je la respecterai et je militerai pour que les candidats de notre parti triomphent l’année prochaine, comme cela a été le cas il y a quatre ans. Cependant, j’aimerais bien que les camarades socialistes de la Ville tiennent comptent des éléments suivants lorsqu’ils feront leur choix le 1er septembre.
En ville de Genève nous avons besoin :



· d’un rassembleur qui mobilise autant au sein du parti socialiste qu’au-delà ;

· d’un camarade engagé qui poursuivra la lutte pour élever le niveau de vie sociale, économique et culturelle à Genève ;

· d’un homme politique qui promeut et défend les droits humains et la paix ;

 

· d’un homme politique qui défend les droits des peuples opprimés ;

· d’un homme politique qui défend et protège les droits des travailleurs ;

· d’un homme politique qui travaillera pour une Genève plus belle et plus moderne ;

· d’un homme politique qui défendra le mieux la ligne du parti ;

· d’un homme politique qui n’oublie jamais qu’il est membre d’un parti et qui participe activement à toutes ses activités ;

 

· d’un homme politique qui sait écouter et accueille avec respect aussi bien les encouragements que les critiques.



Vous aurez compris. Il s’agit de Jean-Charles RIELLE et c’est pourquoi je soutiens fermement sa candidature.

 

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Depuis une vingtaine d’années, je milite pour les droits de l’homme et participe aux luttes politiques, sociales, culturels et économiques à Genève. Mon expérience oriente mon choix sur Jean-Charles, car j’écoute et entends, en différentes langues, la voix du peuple et de la rue de Genève. N’ayant aucun calcul personnel, j’exprime librement ma pensée, comme je l’ai faite lors des élections cantonales l’an dernier.


Il est de notoriété publique que la plupart de nos élus ne participe pas aux activités du parti, sauf lors des campagnes électorales. D’être élu n’implique pas de se compter comme des fonctionnaires, ni tourner le dos au parti. Nos élus ne doivent pas voir le parti comme un tremplin.


J’aimerais bien que vous lisiez ces lignes deux fois : avant et après les élections. Les élections municipales du printemps prochain seront très dures et rien ne sera comme avant. J’espère m’avoir trompé et que notre parti triomphera, en faisant élire ses deux candidats au Conseil administratif.


Pour terminer, je vous livre la réponse d’un paysan de 80 ans à une journaliste qui lui demande pourquoi il continue à lutter: “ces latifiundios [propriétaires terriens] sont très méprisants à notre égard. Ils ne nous considèrent pas comme un être humain; ils ne nous saluent même pas quant ils nous croisent. C’est révoltant. C’est pourquoi je participe à la résistence des paysans...”


Demir SÖNMEZ


Maison Populaire de Genève


www.assmp.org

 

Genève le, 22 Août 2010



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03/08/2010

La Turquie va vers la guerre civile


Le conflit entre les Kurdes et la Turquie, qui dure depuis près d’un siècle, s’amplifie de jour en jour. Depuis le 1° Juin dernier, date où le PKK a déclaré un nouveau processus d’autodéfense, les affrontements sont devenus quotidiens, non seulement dans plusieurs régions du Kurdistan et aussi dans certains régions de la Turquie.

Si, selon mes observations, les autorités turques ne réagissent pas en prenant en compte les intérêts du pays et du peuple, ces affrontements amèneront la Turquie vers une guerre civile.

Il y a une semaine, deux districts, Dörtyol (district de Hatay) et Inegöl (district de Bursa), sont devenus les foyers d’un soulèvement des ultranationalistes turcs qui veulent briser la volonté du peuple kurde dont les droits fondamentaux sont bafoués : les habitations et les lieux du travails des Kurdes vivants dans ces deux districts et les locaux du BDP (principal parti kurde en Turquie) ont été attaqués et, au lieu d’empêcher ces agressions et d’arrêter les coupables, la police et la gendarmerie ont protégé les agresseurs ; ce comportement a été encouragé par le gouvernement d’AKP.

Le 29 Juillet dernier, un groupe de députés du BDP ont voulu se rendre sur les lieux, le district de Dörtyol, pour étudier la situation et visiter les Kurdes victimes des agressions. Mais, ce groupe des députés a été empêché par le gouverneur de Hatay, à la demande des agresseurs et sur ordre du ministère de l’intérieur : nul ne peut donc nier que le gouvernement turc a ouvertement pris la position en faveur des fauteurs de trouble.

La police turque fait, ces derniers jours, des opérations dans plusieurs villes. Des dizains de Kurdes sont arrêtés pour avoir participé aux activités dont le but est de revendiquer les droits démocratiques.
***
Après un long processus de protestation lancé par des organisations des droits de l’homme, dont Amnesty International, les autorités turques ont commencé, avec l'entrée en vigueur d'une nouvelle, à libérer des enfants kurdes emprisonnés, certains depuis plusieurs années, pour avoir jeté des pierres sur les forces de l'ordre, La nouvelle législation abolit également les articles de loi autorisant les tribunaux pour adultes à juger des mineurs.

Entre 2006 et 2008, 2.500 mineurs, environ, âgés de 12 à 18 ans, ont été présentés à des tribunaux pour enfants ou pour adultes. 200 mineurs, environ, sont actuellement en prison.

Je dois dire que la loi antiterroriste a été utilisée par l’Etat turc comme un moyen de briser la lutte du peuple kurde. Si le gouvernement d’AKP abolit, aujourd’hui, cette loi, c’est qu’il veut se donner une image démocratique pour demander les votes des Kurdes en faveur du changement de la constitution, qui aura lieu le 12 Septembre prochain.

Dans ce processus, le PKK affirme que ses combattants sont prêts à déposer les armes sous certaines conditions, notamment si Ankara accepte un cessez-le-feu et un dialogue. Dans un entretien à la BBC, Murat Karayilan, un des responsables du PKK, a déclaré que, si le problème kurde est résolu de façon démocratique via le dialogue, ils sont prêts à déposer les armes.

Je me permets de répéter ce que je dis souvent ; malgré toutes les politiques hostiles aux Kurdes, notre peuple se déclare toujours en faveur de la paix et prône une solution pacifique. Si, aujourd’hui, des institutions internationales, comme par exemple, les Nations Unies ou l’UE, prenaient des initiatives en faveur du règlement de ce conflit, une grande force intellectuelle kurde se mettrait à leur disposition pour trouver les bons moyens nécessaires.

Ahmet DERE / 01.08.2010

http://farasinfr.blogspot.com/2010/08/la-turquie-va-vers-...

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19/07/2010

Kurdistan, la seconde Palestine du Moyen-Orient ?

 

En pleine crise de la flottille, après l'assaut sanglant mené par les troupes israéliennes contre un navire turc qui tentait de briser le blocus imposé aux Palestiniens de Gaza, la question kurde a refait surface, comme réveillée par l'onde de choc régionale. L'armée turque, frappée par une attaque du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui a tué 11 soldats, le 19 juin, a riposté en déclenchant des opérations aériennes et terrestres dans le sud-est de la Turquie et dans le nord de l'Irak, où sont retranchés environ 2 000 membres de la guérilla kurde, fondée par Abdullah Öcalan.

Au moment où Ankara mobilisait ses forces contre "l'organisation terroriste", selon la périphrase officielle, le premier ministre Recep Tayyip Erdogan qualifiait le Hamas de"mouvement de résistance populaire" à l'oppresseur. Un parti pris que ses adversaires ne manquent pas de relever. Déjà en 2006, lorsque la Turquie avait accueilli une délégation du Hamas à Ankara, Israël s'était offusqué : "Que diriez-vous si nous recevions Öcalan à Tel-Aviv ?" PKK et Hamas figurent sur la liste noire des groupes terroristes et constituent des enjeux sécuritaires nationaux primordiaux pour les deux pays.

La comparaison entre Kurdes et Palestiniens, deux peuples sans Etat, n'est pas nouvelle. Les keffiehs, les enfants lanceurs de pierres affrontant des véhicules militaires blindés, la guerre de propagande, la peur du renversement démographique – Kurdes et Palestiniens ayant des taux de natalité beaucoup plus élevés… Les points communs sont nombreux.

Si les deux situations diffèrent, elles soulèvent aussi la question du droit à l'autodétermination des peuples, consacré par l'article Ier de la charte des Nations unies – qui affirme "le respect du principe de l'égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes" -, et impliquent les deux principales puissances régionales, alliées des Etats-Unis : la Turquie et Israël.

Installée dans le paysage géopolitique, la question kurde est "l'autre front du Moyen-Orient", selon le politologue Hamit Bozarslan, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). Comme celui des Palestiniens, le sort des 32 millions de Kurdes – écartelés entre quatre pays, Turquie, Iran, Irak et Syrie – menace la stabilité de la région et rejaillit en cascade sur les voisins.

Après avoir été chassés du Liban et de Syrie dans les années 1990, les chefs militaires du PKK s'abritent dans les montagnes du nord de l'Irak, avec ceux du PJAK, la branche iranienne de la guérilla. La Turquie et l'Iran mènent des actions concertées, par-delà leur frontière, contre les rebelles : bombardements et incursions au Kurdistan irakien.

Les Etats-Unis et Israël assistent l'armée turque dans ces opérations. Mais le gouvernement turc rejette toute comparaison entre les questions kurde et palestinienne. "La Turquie a une approche plus large de la lutte contre le terrorisme et prend en compte les aspects économiques, culturels et sociaux", estime Ihsan Bal, analyste à l'organisation de recherche stratégique internationale (USAK), proche du pouvoir. M. Erdogan compare volontiers le PKK au "terrorisme d'Etat"d'Israël. La Turquie laisse planer l'idée que l'Etat hébreu se livre à des activités secrètes dans la partie kurde de l'Irak et arme le PKK en sous-main.

La presse d'Istanbul a rendu Israël coupable d'avoir poussé les récentes attaques, en représailles à l'envoi de la flottille propalestinienne. Une "campagne de désinformation", selon le commandement du PKK, pour qui "la Turquie tente ainsi de se rallier les opinions des pays arabes". Les puissances occidentales sont également accusées par la rue de soutenir la guérilla pour affaiblir l'Iran.

L'appui au PJAK, et donc au PKK, pour mieux lutter contre le régime des mollahs ? L'idée fait son chemin dans certains cercles de réflexion anglo-saxons, des voix s'élevant même pour que le groupe iranien soit rayé de la liste des mouvements terroristes.

Comme la question palestinienne, la question kurde s'est installée dans le temps. En Turquie, où ils pèsent 20 % de la population, l'assimilation des Kurdes a rencontré de fortes résistances. Aucune solution, autre que militaire, n'a jamais été réellement mise en oeuvre pour sortir de l'impasse : la guérilla du PKK sévit depuis 1984 et la lutte antiterroriste a déjà coûté 250 milliards d'euros et 42 000 vies humaines, 4 000 villages brûlés, des millions de déplacés et une obsession sécuritaire qui maintient la société turque dans un état de "terreur". Et le PKK n'est que le vingt-neuvième mouvement d'insurrection lancé contre la Turquie en moins d'un siècle…

De même en Syrie et en Iran, des émeutes kurdes éclatent régulièrement, suivies de vagues d'arrestations de militants et d'intellectuels. Les nationalismes kurdes et ceux des populations majoritaires se renforcent mutuellement. En Irak, la révolution lancée par la famille Barzani, puissante tribu du nord, dès les années 1930, a joué un rôle essentiel dans le processus d'émancipation des Kurdes.

Mustafa Barzani fonda même, en 1946, une éphémère République autonome, à Mahabad, dans l'ouest de l'Iran. Après plusieurs décennies de répression du régime baasiste, les Kurdes jouissent aujourd'hui d'une large autonomie et constituent, grâce à l'appui des Etats-Unis, un embryon d'Etat avec son drapeau, son parlement et son président. Un début de solution ?  (Guillaume Perrier, Lemonde.fr., 14 juillet 2010)

http://www.info-turk.be/383.html#Strasbourg

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16/07/2010

Bonjour Monsieur Longchamp Song ....

Ecoutez ce clip magnifique sur les haut faits de Longchamp, le petit. Cest classe!

Il en faudrait pour les autres conseillers d'Etat, non ?


 

Bien à vous,

Yves Mugny - secrétaire syndical
SSP Genève
6, rue des Terreaux-du-Temple
1201 Genève - CH
Tél 022 741 50 81
Fax 022 741 50 85
y.mugny@sspge.ch

 

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01/07/2010

17ème anniversaire du massacre des intellectuels alévis par les islamistes


17ème anniversaire du massacre des intellectuels alévis par les islamistes

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Le massacre de 37 intellectuels le 2 juillet 1993 à l’hôtel Madımak à Sivas


Comment peut-on oublier cette date ? 37 célébrités furent brûlées à Sivas, dans l’hôtel Madimak incendié, le 2 juillet 1993, par des intégristes islamistes.
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Une festivité fut organisée le premier et second juillet 1993 en hommage au Pir Sultan Abdal (XVIe siècle), représentant de la littérature alévie en Anatolie.

Pir Sultan était un abdal (derviche dans l’Alévisme) et un grand poète. Le gouverneur de la ville de Sivas, Hizir pasha, l’a fait pendre car on l’a accusé de soutenir les séfévides (dynastie iranienne). Pir Sultan n’était pas seulement un abdal comme les autres, tranquillement assis dans son tekke (couvent), il était avec le peuple et voyait les souffrances du peuple.

Plusieurs chanteurs, écrivains, journalistes,… ont participé aux festivités. Les Alévis ont dansé le Semah, ont fait le Cem,…bref tout se déroulait comme prévu le premier juillet… sauf que personne n’a remarqué les regards noirs des espions.

Le second jour fut un désastre : un vendredi, jour saint des musulmans, les islamistes, après l’ablution et la prière à la mosquée, ont mis le feu à l’hôtel Madimak où logeaient les participants à la festivité alévie.

Le but était en effet, la mort d’Aziz Nesin, écrivain alévi qui, soi-disant, a publié un livre de Salman Rüstü insultant la femme du prophète. Cependant celui-ci a survécu (est décédé en 1995) et ce fut 37 autres intellectuels qui moururent brûlés dans cet incendie que nul n’a empêchée, que nul n’a tentée d’éteindre.

Ni pompier, ni police, ni gendarme,… étaient là. Toute la foule a écouté les hurlements de souffrance et de douleur venant de l’intérieur, les cris d’horreur demandant du secours, les pleurs des innocents,…

C’est quand même honteux d’avoir tué 37 personnes pour une seule. Cette honte se renforce avec la rénovation, grâce aux crédits empruntés à l’Etat, de cet hôtel qui est toujours en usage de même qu’une rôtisserie. Qui est donc le coupable de ce crime ? Aziz Nesin ? Les islamistes ? L’Etat ?

Peu importe le(s) coupable(s). Quel serait l’intérêt de les châtier une fois que le monde a perdu 37 êtres chers.

Cela fait aujourd’hui seize ans que sont mort ceux-ci. Eux, ils sont morts une seule fois, or nous, nous mourrons tous les jours, en particulier tous les 2 juillet. Nous mourrons de honte, de la honte du pays qui ose toujours se dire laïque.

Dans ces derniers temps, on entend souvent parler d’un projet concernant la transformation de l’hôtel Madimak en un musée. J’encourage vivement la réalisation de ce projet car, effectivement, ce serait le seul moyen de purger le pays de cette honte.

Plus, on essaye d’oublier ce mauvais souvenir, plus ce sentiment de honte grandit en nous. C’est pourquoi, il vaut mieux se confronter avec nos sentiments, nos souvenirs, que de les oublier. Et seul le musée de Madimak pourra nous permettre d’apaiser la douleur que l’on ressent en se souvenant des faits.

Eylem Aydemir

Le massacre de 37 intellectuels le 2 juillet 1993 à l’hôtel Madımak à Sivas

LE POGROM DE SIVAS ANNONCE UNE GUERRE DES SECTES EN TURQUIE

L’alarmante monté du fondamentalisme islamique en Turquie, encouragé par la campagne ultra-nationaliste et conservatrice de Ciller, fut marquée le 2 juillet par un incendie criminel dans un hôtel provoquant la mort de 37 personnes et causant des blessures à 60 autres dans la ville de Sivas, située au centre de l’Anatolie. Toutes les victimes étaient des invités, y compris les auteurs et poètes qui assistaient à un festival culturel pour commémorer la mémoire du leader alévi, Pir Sultan Abdal, exécuté au 16e siècle par les leaders ottomans.

Les émeutes de Sivas constituent l’incident violent le plus grave de la Turquie laïque, mais peuplée principalement par des musulmans, depuis 1978, lorsque sont mortes 117 personnes au cours d’une émeute sunni à Kahramanmaras.

Comme il a été expliqué dans les précédents numéros d’Info-Türk, les groupes radicaux de la majorité sunni en Turquie s’étaient préparés pour une guerre sainte contre la minorité alévi et les principales personnalités laïques.

Il convient de signaler que les incidents se sont produits dans une ville où la municipalité appartient au fondamentaliste Parti du Bien-être (RP). Les fondations établies et soutenues par le maire de Sivas, et membre du RP, sont les centres principaux des activités anti-laïques. La Chambre de Commerce provinciale fait savoir que la municipalité n’accorde pas l’autorisation d’agir ou crée des difficultés à ceux qui ne font pas des dons à ces communautés.

A Sivas réside également une importante communauté alévi. Lorsque celle-ci a commencé à organiser une série de fêtes à la mémoire de Pir Sultan Abdal, les représentants du RP ont tenté de provoquer une confrontation avec les sunnis. Des dépliants signés par les "Musulmans" et les "Musulmans de Turquie" lançant un appel à la "guerre sainte" ont été distribués avant le début des festivités.

Les autorités de l’Etat, malgré les avertissements de la population locale, n’ont prit aucune mesure et ont permis aux groupes fondamentalistes de commettre une des atrocités les plus honteuses de l’histoire de la République.

La présence de l’écrivain Aziz Nesin à Sivas servit de prétexte pour inciter les gens à l’émeute. Il était déjà la cible des fondamentalistes pour avoir publié des passages du polémique livre de Salman Rushdie, Les Versets Sataniques dans le quotidien Aydinlik, dont il est rédacteur en chef. Les bureaux d’Aydinlik à Istanbul, Izmir et Diyarbakir avaient été attaqués et détruits par les manifestants fondamentalistes en mai et juin, après la publication des extraits.

Un jour avant les émeutes, les journaux locaux avaient attaqué Nesin pour les remarques qu’il avait faites au cours d’un discours prononcé pendant le festival où il critiquait l’Islam et se déclarait non croyant. Selon les observateurs, sans le prétexte Nesin il se serait produit un autre incident, faisant sortir une fois de plus les fondamentalistes de Sivas dans la rue et les dirigeant contre les alévis.

Provoqué encore pendant les prières de vendredi, un groupe initial de quelque 500-600 personnes a entrepris une marche dans les rues de la ville chantant des slogans contre Nesin et le gouverneur, Ahmet Karabilgin, qui fit ériger récemment un monument en l’honneur de Pir Sultan Abdal devant le centre culturel de la ville. Progressivement, les manifestants ont pris de la force et se sont dirigés vers l’Hôtel Madimak où logeaient Nesin et les autres invités du festival Pir Sultan Abdal.

Ils ont tout d’abord attaqué l’hôtel avec des pierres et des bâtons. Des hommes ont essayé de grimper jusqu’aux balcons du premier étage. Des milliers de personnes scandaient des slogans en faveur de l’Islam. En état de siège, Aziz Nesin et d’autres intellectuels qui se trouvaient dans l’hôtel ont appelé plusieurs fois le leader du SHP et le vice-Premier Ministre Erdal Inönü, leur demandant d’ordonner aux forces de sécurité de faire cesser l’attaque, mais aucune aide n’arriva. Personne n’arrêta les et les forces de sécurité n’ont pas été dirigées d’une manière coordonnée et active. Par la suite on comprit qu’une telle attitude de la part des autorités était due aux instructions et suggestions provenant d’Ankara, et plus particulièrement du Président de la République.

Finalement, le soir, un groupe de manifestants mit le feu à l’hôtel. "C’est le feu de l’enfer", criaient les manifestants.

Bien qu’Aziz Nesin fut sauvé au dernier moment et put quitter Sivas escorté par la police, d’autres hôtes, y compris des auteurs distingués comme Asim Bezirci, Muhlis Akarsu et Nesimi Cimen sont morts dans l’incendie. La plupart des victimes étaient membres d’un groupe Semah (danse traditionnelle alévi), qui se trouvait sur les lieux pour assister au festival Pir Sultan Abdal.

Pendant ce temps, les manifestants s’attaquaient au monument de Pir Sultan Abdal qui venait d’être érigé, le précipitaient à terre pour l’y détruire.

Les autorités de l’Etat, qui n’ont pris aucune mesure pour éviter le massacre, au lieu d’en poursuivre les instigateurs, tentèrent d’accuser Aziz Nesin d’avoir incité les gens à l’émeute par ses déclarations contre l’Islam.

Le Premier Ministre Ciller a même choqué tout le monde au Parlement lorsqu’elle minimisa l’incident et affirma que l’hôtel avait été brûlé par son propriétaire. Aussi bien elle que les ministres du DYP formant partie de son gouvernement n’ont à aucun moment prononcé un seul mot exprimant du regret pour les incidents. Ils ont même refusé d’assister aux funérailles des victimes.

En fait, Ciller elle-même est une des grandes responsables de la récente éruption de violence fondamentaliste. Dans ses provocants discours, lors de la convention d’urgence du Parti de la Juste Voie (DYP) où elle fut nommée présidente, elle exprimait fréquemment le désir "d’entendre l’appel islamique à la prière (ezan) dans chaque quartier turc" et faisait constamment allusion à Allah, l’Islam et le drapeau turc.

La colère de la communauté alévi est si profonde que lors des funérailles célébrées à Ankara le 6 juillet, le leader du SHP et vice-Premier Ministre Inönü a été hué par quelque 20.000 personnes, et sa tentative de s’adresser à la foule s’est vue interrompue par de vives protestations. Lors des élections de 1991, les Alévis avaient soutenu le SHP, et dans le gouvernement de coalition DYP-SHP plusieurs personnalités alévis étaient devenues ministres.

Les leaders alévis ont déclaré : "Le gouvernement est responsable de l’incendie criminel et la violence réactionnaire pro-Shariah. Le SHP se montre insensible aux agressions fondamentalistes et ce dans l’intérêt de leurs sièges ministériels. Le gouvernement n’a exprimé officiellement aucun regret, ou excuse, pour le sanglant incident. L’Etat, la police, les soldats, le gouvernement et le parti [SHP], portent tous une part de responsabilité. Les ministres du SHP devraient démissionner immédiatement".

Ne prêtant pas attention à la colère croissante, l’Etat poursuit sa discrimination envers Alévis et accentue son soutien à la majorité sunni.

Le quotidien Aydinlik rapportait les 14 et 15 août que des villageois sunnis recevaient des armés et étaient entraînes au le troisième quartier général de l’armée, dans la province d’Erzincan pour, semble-t-il, être utilisés contre les Alévis locaux. Les Sunnis armés ont commencé à surveiller les routes principales pendant la nuit. Les villageois bloquent ces routes et demandent les papiers d’identité aux conducteurs et aux passagers de tous les véhicules. Après un raid de la guérilla kurde à Uluköy, Erzincan, les lignes téléphoniques d’au moins cinq villages alévis de la zone ont été coupées.

L’échec du gouvernement dans la prévention des attaques sunnis contre les Alévis a soulevé une grande colère dans la communauté. Maintenant, réagissant contre l’horreur de Sivas, les 20 millions d’Alévis turcs, qui jusqu’à présent se situaient au centre-gauche, pourraient adopter une position plus radicale et faire opposition aux côtés des Kurdes.

http://www.info-turk.be/201-202.F.htm

 

Maison Populaire de Genève

Demir SONMEZ

www.assmp.org

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Rencontre secrète entre un ministre israélien et un ministre turc



Le ministre israélien du Commerce, Benjamin Ben Eliezer, a rencontré secrètement le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, pour tenter d'améliorer les relations entre les deux pays, actuellement au plus bas, ont révélé mercredi soir des médias israéliens.

La chaîne de télévision turque NTV a elle aussi fait état de la rencontre.

Ces informations ont été confirmées pour l'essentiel par le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a déclaré avoir autorisé une telle rencontre. Elles ont en revanche suscité la colère du ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, qui a violemment protesté contre le fait que la rencontre avait eu lieu à son insu.

Interrogés par l'AFP, des collaborateurs de M. Davutoglu et du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan ont refusé de confirmer ou de démentir la tenue d'une rencontre entre MM. Ben Eliezer et Davutoglu.

Selon la télévision israélienne Channel 2, M. Ben Eliezer, qui a de bons rapports personnels avec M. Davutoglu, l'a rencontré il y a quelques jours quelque part en Europe. Channel 2 n'a pas fourni de détails sur la réunion.

Le site internet du quotidien israélien Haaretz a déclaré qu'elle s'était déroulée en Suisse.

Selon la télévision turque NTV, MM. Davutoglu et Ben Eliezer se sont rencontrés pendant plus de deux heures mercredi dans une suite d'un hôtel de Bruxelles, où le chef de la diplomatie turque se trouvait pour discuter des négociations en vue de l'adhésion de son pays à l'Union européenne.

Il s'agit de la première rencontre israélo-turque au niveau ministériel depuis l'arraisonnement le 31 mai par la marine israélienne d'une flottille internationale qui tentait de forcer le blocus de la bande de Gaza. Au cours d'affrontements survenus sur le navire amiral de la flottille, le bateau turc Mavi Marmara, neuf militants turcs avaient été tués.

L'affaire de la flottille a encore détérioré les relations déjà très mauvaises entre les deux anciens alliés. Ankara a rappelé son ambassadeur et annulé trois manoeuvres militaires conjointes.

Le bureau de M. Lieberman a déclaré dans la soirée que la rencontre israélo-turque avait eu lieu sans que le ministère israélien des Affaires étrangères en ait été informé et sans son approbation.

"Le ministre des Affaires étrangères considère comme grave le fait que cela s'est produit sans que le ministère en soit informé", indique le communiqué, qui ne mentionne pas les noms de M. Ben Eliezer et de M. Davutoglu.

"C'est une insulte aux normes de comportement communément acceptées et un coup sévère à la confiance entre le ministre des Affaires étrangères et le Premier ministre", déclare le communiqué.

Le bureau de M. Netanyahu a indiqué pour sa part que le Premier ministre avait approuvé une demande de M. Ben Eliezer d'avoir une rencontre non officielle avec "une personnalité turque". Dans un communiqué, il a attribué à "des raisons techniques" l'absence de coordination avec le ministère des Affaires étrangères.

Selon la télévision turque NTV, MM. Davutoglu et Ben Eliezer sont convenus de garder leur rencontre secrète, de ne communiquer le contenu de leur entretien qu'à leurs Premiers ministres respectifs et de se revoir secrètement à une date indéterminée.

La rencontre a été cachée au négociateur en chef turc Egemen Bagis et au ministre de l'Agriculture Mehdi Eker, qui se trouvaient à Bruxelles avec M. Davutoglu, indique NTV, qui ne cite pas de source.

Selon la chaîne turque, les deux ministres ont discuté des moyens de réparer les relations bilatérales, et M. Davutoglu a réitéré la position d'Ankara selon laquelle Israël doit présenter des excuses pour l'arraisonnement du Mavi Marmara. (AFP, 30 juin 2010)

20:17 Publié dans Politique | Tags : paix | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

20/06/2010

La guerre intensifiée: 11 soldats tués par le PKK, raid aérien dans le nord de l'Irak


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Onze soldats turcs ont été tués samedi dans deux attaques des rebelles kurdes, les plus importantes de ces deux dernières années, provoquant une riposte aérienne de l'aviation turque contre les caches du PKK dans le nord de l'Irak.

Le PKK a en outre menacé de lancer des attaques dans toutes les villes de Turquie si l'armée devait poursuivre sa politique de confrontation militaire.

Une première attaque a été réalisée par un groupe de rebelles kurdes dans la nuit de vendredi à samedi contre un poste militaire proche de Semdinli, dans l'extrême sud-est de la Turquie, à la frontière irakienne, faisant huit morts parmi les soldats et en blessant 14 (bien 14) autres, selon un communiqué de l'armée.

L'un des blessés a succombé à l'hôpital, portant le bilan à neuf morts, selon l'agence Anatolie.

Des manifestations culturelles et sportives ont été annulées en Turquie en signe de deuil.

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a affirmé que les attaques ne modifieraient en rien la détermination de son pays à combattre le PKK.

Il a aussi souligné que son gouvernement irait de l'avant dans son "ouverture kurde" en faveur de l'actroi de davantage de droits à cette communuaté.

Douze rebelles, selon l'armée, ont été tués dans la riposte des militaires.

Des chasseurs turcs ont ensuite bombardé des cibles du PKK dans le nord de l'Irak, où cette organisation, considérée comme terroriste par la Turquie et nombre d'autres pays, dispose de bases arrière, a ajouté le communiqué.

Ankara évalue à environ 2.000 le nombre des rebelles retranchés en Irak.

Depuis Erbil, dans le nord de l'Irak, un porte-parole du PKK, Ahmad Danis, a revendiqué l'attaque contre les soldats, au nom de son organisation.

"Nous allons étendre nos opérations à toutes les villes turques si le gouvernement poursuit ses attaques contre nous", a déclaré ce porte-parole, Ahmad Denis, à Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan irakien.

"La Turquie veut nous conduire à la guerre", a-t-il dit. "Elle n'est pas sincère vis-à-vis de la question kurde et ne veut pas traiter cette question de manière pacifique".

"Les mesures qu'elle a prises jusqu'ici ne sont que des mesures factices", a-t-il ajouté en allusion à la politique d'"ouverture kurde" annoncée par le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan en octobre.

Cette politique a déjà connu des revers avec la fermeture du principal parti pro-kurde, des arrestations de militants kurdes et une forte opposition des milieux nationalistes.


Les pertes turques se sont alourdies en cours de journée lorsque deux soldats ont été tués et deux autres blessés par l'explosion d'une mine télécommandée dans cette même région.

Ces soldats participaient aux opérations pour capturer les assaillants à la frontière irakienne, une région dont le relief accidenté favorise les infiltrations.

Ces nouvelles attaques du PKK sont intervenues au lendemain des avertissements de l'armée, qui craint une intensification des combats.
130 rebelles et 43 membres des forces de sécurité ont été tués depuis mars, a affirmé l'état-major. Mais le porte-parole kurde Danis a contesté ce bilan, affirmant que le PKK avait perdu 130 de combattants depuis avril 2009, et non mars 2010.

Dans une déclaration écrite publiée par ses services, M. Erdogan a souligné que la Turquie était "prête à payer le tribut" nécessaire pour "anéantir" le PKK.

Il a aussi accusé de nouveau le PKK de vouloir saboter une initiative de son gouvernement visant à renforcer les droits des Kurdes et développer les investissements dans leur région. "Nous ne freinerons pas dans notre volonté de démocratisation qui gène l'organisation terroriste", le PKK, a-t-il souligné et d'ajouter : "La Turquie ne cèdera pas à la spirale de violence" engendrée par les rebelles.

L'"ouverture kurde", annoncée l'an dernier, a déjà connu des revers avec la fermeture du principal parti pro-kurde, des arrestations de militants kurdes et une forte opposition des milieux nationalistes.

Et justement l'opposition parlementaire s'en est pris au gouvernement après les attaques de samedi, l'accusant d'incompétence face à la recrudescence des violences, et réclamant des élections anticipées.

Le parti de l'action nationaliste (MHP) a exhorté M. Erdogan à rétablir l'état d'urgence dans le sud-est et d'organiser une offensive massive contre les repaires du PKK en Irak, selon un communiqué. (AFP, 19 juin 2010)

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151 Kurdes inculpés pour leurs liens présumés avec les rebelles

La justice turque a inculpé vendredi 151 Kurdes, notamment des responsables politiques, dans le cadre d'une enquête d'envergure sur la présumée branche urbaine des rebelles séparatistes kurdes, ont annoncé des sources judiciaires.

Les suspects risquent des peines allant de 15 ans de réclusion à la prison à vie pour leur implication supposée dans l'Union des Associations du Kurdistan (KCK), considérée par le parquet comme un groupe terroriste, branche urbaine des rebelles armés du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), selon l'acte d'inculpation consulté par l'AFP.

Cette offensive judiciaire survient en pleine recrudescence des troubles dans le sud-est, après que le PKK a intensifié la violence, entraînant une riposte militaire musclée et portant un coup sévère aux timides initiatives gouvernementales pour élargir les libertés des Kurdes.

Parmi les suspects figure Osman Baydemir, le populaire maire de Diyarbakir, principale ville du sud-est kurde, au coeur de l'enquête. Il risque jusqu'à 36 ans d'emprisonnement.

Onze autres maires et l'ancien député Hatip Dicle sont également poursuivis.

Selon l'inculpation, le KCK recrutait des militants pour le PKK, prenait toutes les décisions politiques importantes comme le choix des candidats kurdes aux élections législatives et locales, extorquait des fonds aux administrations locales contrôlées par des Kurdes et organisait des manifestations de rue violentes.

Selon le parquet, les principaux partis politiques kurdes suivaient les directives du KCK et l'organisation était tellement puissante qu'elle infligeait des sanctions à ceux qui désobéissaient à ses ordres.

Les maires kurdes auraient été contraints de faire don au PKK de leurs deux premiers salaires après leur élection, tandis que les employés municipaux devaient lui remettre tous les mois une partie de leur salaire.

Parmi les 151 inculpés, 103 attendront le procès en prison. (AFP, 18 juin 2010)

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KNK: En Turquie, la paix est jugée...

Kurdistan National Congress Executive Council 18.06.2010- Les autorités ont procédé en Turquie à l'arrestation des membres du "Groupe de Paix". Venus de Qandil et du camps Maxmur pour contribuer à la résolution pacifique et démocratique de la Question kurde, ils répondaient favorablement à l'appel d'Abdullah Öcalan qui avait, en effet, proposé le 09 octobre 2009 l'envoi d'un « Groupe de Paix » afin d'encourager et faciliter le processus politique initié par le gouvernement turc.

34 personnes - parmi lesquelles 8 guérilleros et 4 enfants – avaient accepté de constituer le Groupe de Paix qui était entré en Turquie le 19 octobre 2009, accueilli et acclamé par des milliers de kurdes.


Bien qu'ils n'aient pas été arrêtés à leur entrée sur le territoire turc, 17 membres du Groupe de Paix ont été poursuivis en justice huit mois plus tard et 10 d'entre eux ont été placés en détention pour « appartenance à une organisation illicite et violation de la loi relative au passeport ». Le monde entier et les tribunaux turcs étaient conscient de leur appartenance au PKK et de l'absence de passeport il y a huit mois. Bien qu'informés de la situation, les tribunaux turcs et le gouvernement de l'AKP procèdent aujourd'hui à leur arrestation. Devant les tribunaux et dans une défense commune, les membres du « Groupe de la Paix » ont expliqué qu'ils étaient venus pour contribuer à une résolution pacifique suite à l'appel du leader kurde Abdullah Öcalan.

A la question du juge qui leur demandait s'ils regrettaient leurs participations et leurs activités au sein du PKK, les « accusés » ont répondu par la négative, refusant par ailleurs l'application de la loi du repenti.

Il n'y a qu'une raison à ce que les membres du Groupe pour la paix se fassent arrêter: dans le cadre de cette fausse « ouverture démocratique » le gouvernement turc n'entend pas apporter une solution au problème mais éliminer le mouvement kurde. Son plan étant démasqué, le gouvernement de l'AKP a décidé d'employer le ton classique c'est à dire la sale guerre.

L'Etat turc qui ne supporte pas les délégués pour la Paix a multiplié les opérations militaires, en particulier transfrontalières. S'agissant du peuple kurde, le gouvernement de l'AKP met en pratique le concept du « contre tous ».

Nous appelons l'opinion publique internationale et toutes les fractions concernées à dénoncer la sale guerre menée par l'AKP et à apporter leur contribution pour la paix. Nous appelons tous les défenseurs de la Paix à manifester leur soutien pour la Paix. (kurdish-info.eu, 18 juin 2010)


http://www.info-turk.be/382.htm#11_

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Maison Populaire de Genève

 

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19/06/2010

“Ils se vengent des enfants”

“Ils se vengent des enfants” – Ayten ZARA

17 juin 2010

En Turquie, alors que les autorités gouvernementales s'étaient publiquement engagées à déposer, avant le mois de mai, un projet de loi portant modification des lois anti-terroristes (lois qui autorisent la condamnation des enfants kurdes à de lourdes peines de prison), le gouvernement a annoncé le retrait du projet de loi de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale turque en raison d'un "surmenage" parlementaire. Le projet de loi devrait être déposé devant l'Assemblée nationale à la prochaine rentrée parlementaire. L'association Çocuklar İçin Adalet Çağrıcıları, à qui la promesse avait été faite, dénonce la politique gouvernementale et s'apprête à organiser des manifestations dans plus de 30 villes. Exigeant une modification des lois anti-terroristes avant les vacances parlementaires, l'association appelle à la Justice et tente de sensibiliser l'opinion publique au sort des enfants kurdes condamnés pour terrorisme. Membre de l'association Çocuklar İçin Adalet Çağrıcıları et professeur de psychologie à l'Université Bilgi (Istanbul), Ayten ZARA s'est penchée sur la situation dans une interview accordée à Inci HEKİMOĞLU. Interview publiée sur le site Yeni Ozgür politika le 14 juin 2010.

Qu'expriment les enfants en jetant des pierres?

C'est une question importante. Je pense que l'Etat doit également réfléchir à la question et la résoudre. Jeter une pierre est un verbe. L'enfant, en jetant une pierre, exprime quelque chose. En tant qu'enfant, il peut vouloir exprimer une émotion, une irritation. Jeter une pierre est une manifestation volubile. L'enfance, l'adolescence se caractérise par la rébellion. L'enfant peut tout faire à cette période. L'enfant peut entreprendre une action pour dénoncer ses mauvaises conditions de vie, sa solitude. Ce ne sont pas des "enfants qui jettent des pierres". Ce sont des enfants qui crient pour qu'on les aide, pour qu'on leur donne un avenir. Ce sont des enfants qui demandent à ce qu'on les comprenne. La pierre n'est qu'un intermédiaire, un objet symbolique par lequel ils peuvent s'exprimer. Mais lorsque l'on observe le système répressif, lorsqu'on regarde en particulier les caractéristiques des peines appliquées, on en déduit que la vengeance est la motivation première des autorités. Ce qu'ils font effectivement, c'est se venger des enfants et de leurs familles. Nous devons penser aux solutions plutôt qu'à la répression. L'enfant est puni comme un adulte. Pourtant, la condamnation n'annihile pas le comportement réprimé.

Une guerre se mène sur les enfants?

Oui, la guerre se mène sur les enfants. Les enfants condamnés sont tous kurdes. Mais ce problème ne peut être réduit en parlant d' "enfants qui jettent des pierres". En tant qu'organisation associative (Çocuklar İçin Adalet Çağrıcıları), nous ne traitons pas le problème des Kurdes, Turcs, Juifs, Alevis ou Arméniens. Nous percevons ce problème comme étant celui des enfants victimes de la loi anti – terroriste. Parce que le système législatif qui réprime les enfants est partisan, erroné, problématique. Si vous vous interrogez sur l'incarcération des enfants kurdes, il vous faudra comprendre les raisons socio-politiques et culturelles de leurs actions. Et nous pouvons ici évoquer les mauvaises conditions de vie du groupe dont ils sont membres, de leur désespoir, de leur impuissance. Je pense qu'il s'agit, pour ces enfants, de faire apparaitre les nombreuses difficultés auxquelles leur groupe ethnique est confronté.

Que peut vivre un enfant qui a été le témoin direct ou indirect du décès d'un enfant de son âge, mort sous l'effet d'une bombe ou à cause des coups de crosse reçus sur la tête?

Rien qu'en vous entendant énumérer ces cas, mon sang se glace. Si un enfant est témoin d'une violence, s'il est témoin d'une violence exercée en particulier sur un membre de son entourage, s'il est témoin d'une violence vécue par des gens du quartier ou de la société, cet enfant vivrait avec le sentiment d'une insécurité permanente. Et un enfant qui se sent en danger tant sur le plan physique que moral perd toute confiance. La croissance psychologique de l'enfant témoin de tout cela est fortement perturbée. Nous sommes un pays qui faisons subir ça à ses enfants.

Jeter des pierres est le reflet de cette psychologie?

D'un point de vue général, bien entendu. Est-il possible que les conditions socio-politiques, socio-culturelles n'influent pas sur les enfants? Les enfants tentent d'expliquer, de montrer quelque chose. La pierre n'est qu'un intermédiaire, un symbole.

Les gens feraient des pieds et des mains s'il était question de leurs enfants. Pourtant, ils restent indifférents quant à cette situation. N'étions pas censés être un peuple qui aime les enfants?

Parce que l'Etat en a fait un problème entre Kurdes et Turcs. Dans ce pays, les violences faites aux enfants ont été tellement banalisées que personne ne réagit, qu'ils en viennent même à fermer les yeux.

Quelle est la situation des enfants relâchés?

Lorsqu'ils sortent de prison, ces enfants sont confrontés à une situation encore plus dangereuse. Les enfants, tout comme leur famille, ont été isolés. Parce que l'Etat retire l'enfant de sa famille et le place en prison, quand bien même il n'aurait rien fait. Les gens ont peur d'être tués. Et ils percoivent naturellement le drame vécu par les mères et pères de ces enfants. D'après ce que l'on m'a racontée, l'administration scolaire elle-même refuse d'accepter les enfants qui sortent de prison.

Le gouvernement s'apprête à construire de nouvelles prisons pour enfants. Qu'en pensez- vous?

S'agit-il d'une ignorance ou d'une stratégie politique particulière, je l'ignore. Quoiqu'il en soit, il faut dénoncer ce projet.

Comment va la pratique dans les pays européens?

Lorsque vous étudiez les Droits de l'Homme et les Droits de l'enfant appliqués en Europe, vous vous rendez compte qu'il n'y a pas "d'enfant coupable". Il y a des circonstances qui conduisent l'enfant à commettre une faute. Ces circonstances sont prises en considération et on recherche alors des solutions pour y remédier. La Turquie viole toutes les dispositions relatives aux droits de l'enfants. Il y a un mécanisme de violation des droits de l'enfant, des droits de sa famille, du droit du peuple, de nos droits…

Le soulèvement des enfants condamnés à la prison de Diyarbakir a eu un large échos… [NDLR: des enfants condamnés à la prison de Diyarbakir avaient entamé une grève de la faim pour dénoncer leur incarcération arbitraire]

Ce soulèvement vise à dénoncer les conditions de vie de ces enfants. Et si la situation ne s'améliore pas, le soulèvement se fera plus fort encore. L'absence d' initiative et la léthargie des autorités relève d'une véritable psychose. Ils ne font rien pour expliquer le geste de ces enfants qui jettent des pierres, pas plus qu'ils ne réagissent aux soulèvements de ces gosses dans les prisons. Ce qui relève pour moi de la psychose politique. C'est une situation folle. Nous tuons nos enfants. L'Etat est responsable des drames vécus par les enfants, de la violence qui se grave dans leurs têtes et leurs coeurs et dont ils ne pourront se débarrasser. L'Etat entretient cette violence.

Que signifie la grève de la faim entamée par les familles?

Les enfants meurent à l'intérieur et leurs familles à l'extérieur. L'Etat a d'ailleurs abattu ses enfants et leurs familles sur le plan psychique. Leur état mental se dégrade de jour en jour. Les familles font ce qu'elles peuvent pour imposer leurs drames à ceux qui refusent de les voir.

Quel est l'état psychologique des enfants inculpés?

C'est une situation qui a des conséquences sur le court et long terme, qui menace leur état physique et mental. Ces enfants vivent toute une série de traumatismes. A cause de la violence des forces de l'ordre, les enfants tout comme les citoyens sont en proie à des traumatismes sociaux; les enfants qui participent ou observent une manifestation sont en proie à la violence lorsqu'ils sont arrêtés avec brutalité, lorsqu'ils font l'objet d'attaques physiques et verbales lors des interrogations; ils sont en proie à la violence sentimentale lorsqu'ils sont isolés de leurs familles et de leurs amis et qu'ils sont placés en prison; ils sont jugés comme des adultes alors qu'ils n'ont pas encore achevé leur développement affectif, intellectuel et social. Et ça c'est une négligence et une exploitation affective. Ils sont condamnés à de lourdes peines à la suite d'un délai très long. Ce qui produit une sorte de violence légalisée et mortelle en ce que l'enfant peut être poussé au suicide, faute de goût pour la vie. De ce fait, en plus de la dépression et de l'anxiété, ils ont des difficultés à contrôler leur colère. Ces enfants peuvent se faire du mal, ils peuvent tenter le suicide. Ces enfants peuvent perdre goût à la vie, au point de ressembler à un malade en fin de vie. C'est à dire que nous tuons nos enfants. Je suis étonnée et troublée. Je ne sais pas comment ces enfants font pour résister et tenir face à ces traumatismes lourds. Ces enfants s'accrochent par le jeu de solidarité qu'ils développent entre eux.

Par qui sont-ils brutalisés  dans la prison?

Ils sont victimes de toutes sortes de violence. En outre, ils sont privés du soutien maternel, paternel et familial. Dans la majorité des cas, la visite des familles n'est pas autorisée. C'est une pratique purement arbitraire et qui sert de sanction. Comme si l'incarcération physique ne suffisait pas, ils sont punis par d'autres procédés. Ils se font punir par toutes les personnes qu'ils peuvent rencontrer dans la journée: le médecin, le personnel carcéral, le conducteur… etc. Il y a même des médecins, des psychologues qui peuvent exercer une violence sur l'enfant. L'association des Droits de l'Homme (IHD) et l'Ordre des médecins turcs (Türk Tabipler Birliği) sont passés à l'action et ont, par exemple, porté plainte contre un médecin et un psychologue. Pourtant, la première chose qu'on apprend aux professionnels est de ne pas porter préjudice aux malades quelque soit la situation. Vous imaginez… des gens tenus de soigner la blessure physique ou morale des enfants leur font du mal !

Propos traduit par Berçem Adar pour le site Bersiv.

http://bersiv.com/5201-turquie-petition-kurde-contre-la-repression-policiere

www.assmp.org

 

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“Ils se vengent des enfants”

“Ils se vengent des enfants” – Ayten ZARA

17 juin 2010

En Turquie, alors que les autorités gouvernementales s'étaient publiquement engagées à déposer, avant le mois de mai, un projet de loi portant modification des lois anti-terroristes (lois qui autorisent la condamnation des enfants kurdes à de lourdes peines de prison), le gouvernement a annoncé le retrait du projet de loi de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale turque en raison d'un "surmenage" parlementaire. Le projet de loi devrait être déposé devant l'Assemblée nationale à la prochaine rentrée parlementaire. L'association Çocuklar İçin Adalet Çağrıcıları, à qui la promesse avait été faite, dénonce la politique gouvernementale et s'apprête à organiser des manifestations dans plus de 30 villes. Exigeant une modification des lois anti-terroristes avant les vacances parlementaires, l'association appelle à la Justice et tente de sensibiliser l'opinion publique au sort des enfants kurdes condamnés pour terrorisme. Membre de l'association Çocuklar İçin Adalet Çağrıcıları et professeur de psychologie à l'Université Bilgi (Istanbul), Ayten ZARA s'est penchée sur la situation dans une interview accordée à Inci HEKİMOĞLU. Interview publiée sur le site Yeni Ozgür politika le 14 juin 2010.

Qu'expriment les enfants en jetant des pierres?

C'est une question importante. Je pense que l'Etat doit également réfléchir à la question et la résoudre. Jeter une pierre est un verbe. L'enfant, en jetant une pierre, exprime quelque chose. En tant qu'enfant, il peut vouloir exprimer une émotion, une irritation. Jeter une pierre est une manifestation volubile. L'enfance, l'adolescence se caractérise par la rébellion. L'enfant peut tout faire à cette période. L'enfant peut entreprendre une action pour dénoncer ses mauvaises conditions de vie, sa solitude. Ce ne sont pas des "enfants qui jettent des pierres". Ce sont des enfants qui crient pour qu'on les aide, pour qu'on leur donne un avenir. Ce sont des enfants qui demandent à ce qu'on les comprenne. La pierre n'est qu'un intermédiaire, un objet symbolique par lequel ils peuvent s'exprimer. Mais lorsque l'on observe le système répressif, lorsqu'on regarde en particulier les caractéristiques des peines appliquées, on en déduit que la vengeance est la motivation première des autorités. Ce qu'ils font effectivement, c'est se venger des enfants et de leurs familles. Nous devons penser aux solutions plutôt qu'à la répression. L'enfant est puni comme un adulte. Pourtant, la condamnation n'annihile pas le comportement réprimé.

Une guerre se mène sur les enfants?

Oui, la guerre se mène sur les enfants. Les enfants condamnés sont tous kurdes. Mais ce problème ne peut être réduit en parlant d' "enfants qui jettent des pierres". En tant qu'organisation associative (Çocuklar İçin Adalet Çağrıcıları), nous ne traitons pas le problème des Kurdes, Turcs, Juifs, Alevis ou Arméniens. Nous percevons ce problème comme étant celui des enfants victimes de la loi anti – terroriste. Parce que le système législatif qui réprime les enfants est partisan, erroné, problématique. Si vous vous interrogez sur l'incarcération des enfants kurdes, il vous faudra comprendre les raisons socio-politiques et culturelles de leurs actions. Et nous pouvons ici évoquer les mauvaises conditions de vie du groupe dont ils sont membres, de leur désespoir, de leur impuissance. Je pense qu'il s'agit, pour ces enfants, de faire apparaitre les nombreuses difficultés auxquelles leur groupe ethnique est confronté.

Que peut vivre un enfant qui a été le témoin direct ou indirect du décès d'un enfant de son âge, mort sous l'effet d'une bombe ou à cause des coups de crosse reçus sur la tête?

Rien qu'en vous entendant énumérer ces cas, mon sang se glace. Si un enfant est témoin d'une violence, s'il est témoin d'une violence exercée en particulier sur un membre de son entourage, s'il est témoin d'une violence vécue par des gens du quartier ou de la société, cet enfant vivrait avec le sentiment d'une insécurité permanente. Et un enfant qui se sent en danger tant sur le plan physique que moral perd toute confiance. La croissance psychologique de l'enfant témoin de tout cela est fortement perturbée. Nous sommes un pays qui faisons subir ça à ses enfants.

Jeter des pierres est le reflet de cette psychologie?

D'un point de vue général, bien entendu. Est-il possible que les conditions socio-politiques, socio-culturelles n'influent pas sur les enfants? Les enfants tentent d'expliquer, de montrer quelque chose. La pierre n'est qu'un intermédiaire, un symbole.

Les gens feraient des pieds et des mains s'il était question de leurs enfants. Pourtant, ils restent indifférents quant à cette situation. N'étions pas censés être un peuple qui aime les enfants?

Parce que l'Etat en a fait un problème entre Kurdes et Turcs. Dans ce pays, les violences faites aux enfants ont été tellement banalisées que personne ne réagit, qu'ils en viennent même à fermer les yeux.

Quelle est la situation des enfants relâchés?

Lorsqu'ils sortent de prison, ces enfants sont confrontés à une situation encore plus dangereuse. Les enfants, tout comme leur famille, ont été isolés. Parce que l'Etat retire l'enfant de sa famille et le place en prison, quand bien même il n'aurait rien fait. Les gens ont peur d'être tués. Et ils percoivent naturellement le drame vécu par les mères et pères de ces enfants. D'après ce que l'on m'a racontée, l'administration scolaire elle-même refuse d'accepter les enfants qui sortent de prison.

Le gouvernement s'apprête à construire de nouvelles prisons pour enfants. Qu'en pensez- vous?

S'agit-il d'une ignorance ou d'une stratégie politique particulière, je l'ignore. Quoiqu'il en soit, il faut dénoncer ce projet.

Comment va la pratique dans les pays européens?

Lorsque vous étudiez les Droits de l'Homme et les Droits de l'enfant appliqués en Europe, vous vous rendez compte qu'il n'y a pas "d'enfant coupable". Il y a des circonstances qui conduisent l'enfant à commettre une faute. Ces circonstances sont prises en considération et on recherche alors des solutions pour y remédier. La Turquie viole toutes les dispositions relatives aux droits de l'enfants. Il y a un mécanisme de violation des droits de l'enfant, des droits de sa famille, du droit du peuple, de nos droits…

Le soulèvement des enfants condamnés à la prison de Diyarbakir a eu un large échos… [NDLR: des enfants condamnés à la prison de Diyarbakir avaient entamé une grève de la faim pour dénoncer leur incarcération arbitraire]

Ce soulèvement vise à dénoncer les conditions de vie de ces enfants. Et si la situation ne s'améliore pas, le soulèvement se fera plus fort encore. L'absence d' initiative et la léthargie des autorités relève d'une véritable psychose. Ils ne font rien pour expliquer le geste de ces enfants qui jettent des pierres, pas plus qu'ils ne réagissent aux soulèvements de ces gosses dans les prisons. Ce qui relève pour moi de la psychose politique. C'est une situation folle. Nous tuons nos enfants. L'Etat est responsable des drames vécus par les enfants, de la violence qui se grave dans leurs têtes et leurs coeurs et dont ils ne pourront se débarrasser. L'Etat entretient cette violence.

Que signifie la grève de la faim entamée par les familles?

Les enfants meurent à l'intérieur et leurs familles à l'extérieur. L'Etat a d'ailleurs abattu ses enfants et leurs familles sur le plan psychique. Leur état mental se dégrade de jour en jour. Les familles font ce qu'elles peuvent pour imposer leurs drames à ceux qui refusent de les voir.

Quel est l'état psychologique des enfants inculpés?

C'est une situation qui a des conséquences sur le court et long terme, qui menace leur état physique et mental. Ces enfants vivent toute une série de traumatismes. A cause de la violence des forces de l'ordre, les enfants tout comme les citoyens sont en proie à des traumatismes sociaux; les enfants qui participent ou observent une manifestation sont en proie à la violence lorsqu'ils sont arrêtés avec brutalité, lorsqu'ils font l'objet d'attaques physiques et verbales lors des interrogations; ils sont en proie à la violence sentimentale lorsqu'ils sont isolés de leurs familles et de leurs amis et qu'ils sont placés en prison; ils sont jugés comme des adultes alors qu'ils n'ont pas encore achevé leur développement affectif, intellectuel et social. Et ça c'est une négligence et une exploitation affective. Ils sont condamnés à de lourdes peines à la suite d'un délai très long. Ce qui produit une sorte de violence légalisée et mortelle en ce que l'enfant peut être poussé au suicide, faute de goût pour la vie. De ce fait, en plus de la dépression et de l'anxiété, ils ont des difficultés à contrôler leur colère. Ces enfants peuvent se faire du mal, ils peuvent tenter le suicide. Ces enfants peuvent perdre goût à la vie, au point de ressembler à un malade en fin de vie. C'est à dire que nous tuons nos enfants. Je suis étonnée et troublée. Je ne sais pas comment ces enfants font pour résister et tenir face à ces traumatismes lourds. Ces enfants s'accrochent par le jeu de solidarité qu'ils développent entre eux.

Par qui sont-ils brutalisés  dans la prison?

Ils sont victimes de toutes sortes de violence. En outre, ils sont privés du soutien maternel, paternel et familial. Dans la majorité des cas, la visite des familles n'est pas autorisée. C'est une pratique purement arbitraire et qui sert de sanction. Comme si l'incarcération physique ne suffisait pas, ils sont punis par d'autres procédés. Ils se font punir par toutes les personnes qu'ils peuvent rencontrer dans la journée: le médecin, le personnel carcéral, le conducteur… etc. Il y a même des médecins, des psychologues qui peuvent exercer une violence sur l'enfant. L'association des Droits de l'Homme (IHD) et l'Ordre des médecins turcs (Türk Tabipler Birliği) sont passés à l'action et ont, par exemple, porté plainte contre un médecin et un psychologue. Pourtant, la première chose qu'on apprend aux professionnels est de ne pas porter préjudice aux malades quelque soit la situation. Vous imaginez… des gens tenus de soigner la blessure physique ou morale des enfants leur font du mal !

Propos traduit par Berçem Adar pour le site Bersiv.

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17/06/2010

un rassemblement devant le Parlement ce jeudi 17 juin à 16h30

Non à l'extension des horaires des magasins !

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12:42 Publié dans Politique | Tags : paix | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | | | |

15/06/2010

«La Turquie? Une démocratie de basse intensité»

Fikret Baskaya: «La Turquie? Une démocratie de basse intensité»


INTERVIEW• Le fameux dissident turc ne croît pas au plaidoyer démocratique de l’actuel gouvernement islamo conservateur.Fikret Baskaya dénonce au contraire le durcissement de la loi antiterroriste.

 

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Fikret Baskaya

PROPOS RECUEILLIS À ISTANBUL

PAR BENITO PEREZ (Le Courrier Mardi 15 Juin 2010)


«Vous savez: mon franc-parler ne m’a pas rendu très populaire à gauche.» Fikret Baskaya est trop modeste: la droite non plus ne le porte pas dans son cœur! A 70 ans, cet infatigable défenseur de la liberté d’expression et du respect des minorités s’est fait autant d’ennemis qu’il est apprécié des siens. Affable et cultivé, Fikret Baskaya, politologue et socio-économiste proche de Samir Amin, est un intellectuel de haut vol –francophile et francophone– qui connaît la puissance subversive de la pensée. En 1991, il se fait théoricien de «La Faillite du paradigme1» turc. L’ouvrage connaît un immense succès –plus de cent mille exemplaires vendus, – mais lui vaut l’expulsion de sa chaire universitaire d’Ankara. Et vingt mois d’emprisonnement.

A sa libération, Fikret Bas- kaya décide de s’émanciper du carcan étatique et fonde l’Ozgur universite, ou Université libre de Turquie, à la fois institut d’enseignement et de recherche, où se côtoient peinture et séminaire sur Michel Foucault, histoire contemporaine et questions d’actualité (lire ci-dessous).

Parallèlement, Fikret Baskaya lance avec d’autres intellectuels une Initiative pour la liberté d’expression et multiplie publications et chroniques dans la presse. Dans l’une d’elles, publiée après l’arrestation du chef de la guérilla Abdullah Öcalan, il tente de «contrer la vague de racisme antikurde» orchestrée alors par le pouvoir. «Propagande séparatiste», juge une Cour d’Istanbul, qui le condamne en 2001 à seize mois d’incarcération au titre de la loi antiterroriste.

Pour Fikret Baskaya, encore poursuivi en 2005 pour «insulte envers l’Etat», l’«ouverture» et les «progrès démocratiques» invoqués par l’actuel gouvernement demeurent purement «rhétoriques». «Rien ne changera en Turquie, tant que le pays n’aura pas vécu ses Lumières», résume-t-il simplement.

En Europe se répand l’idée que la Turquie est sur la voie du progrès en matière de liberté d’expression.

Qu’en est-il réellement ?

Fikret Baskaya: On assiste à un double phénomène. D’une part, la répression contre les mouvements de gauche est effectivement un peu moins forte. La gauche est tellement affaiblie que le pouvoir ne la perçoit plus comme une menace.

D’autre part, la langue kurde s’est ouvert des espaces dont elle ne disposait pas il y a dix ou vingt ans. Aujourd’hui, il est possible de s’affirmer Kurde. Mais ceci n’est nullement l’effet d’une «ouverture» du régime, c’est le produit du renforcement du mouvement kurde! L’Etat a été contraint à un recul stratégique.

Dans vos livres,vous niez que la Turquie ait atteint la «modernité».

Qu’est-ce que cela signifie ?

La conception de l’Etat dans la république est identique à celle qui présidait durant l’empire ottoman. Ici, l’Etat est sacré, il faut donc tout faire pour le protéger.

Un exemple: on pourrait croire qu’un universitaire qui rédige une analyse sur la question kurde fait le travail pour lequel il est payé. En Turquie, la logique est tout autre; on lui dit: «Comment peux-tu toucher de l’argent de l’Etat et chercher à le détruire! Tu es un traître!» La modernité demeure ici une affaire de rhétorique. Ce pays n’a pas encore vécu ses Lumières.

Vous qualifiez le système de «démocratie de basse intensité»...

Oui. L’Etat turc a les attributs d’une démocratie: des élections, un parlement, des lois... Mais du moment que vous êtes radicalement en désaccord avec le régi- me, vos problèmes commencent! Vous devenez un ennemi duquel il faut protéger l’Etat.

N’y a-t-il pas eu des avancées légales,notamment sous le gouvernement du parti AKP(islamo- conservateur),moins nationaliste que les républicains de gauche ou de droite qui l’ont précédé ?

Certaines lois ont été modifiées. La législation anticommuniste avait été abrogée, avant même l’arrivée de ce gouvernement. Mais il reste un arsenal largement suffisant pour condamner qui l’on veut. Les lois antiterroristes, avec leurs procédures d’exception, prennent toujours plus d’importance. Voyez le procès qui est fait à mon ami Murad Akincilar (notre édition du 4 juin, ndlr)! Voyez l’interdiction du parti kurde (en décembre 2009, ndlr)! Des centaines de militants de gauche ou kurdes, des journalistes et des écrivains sont actuellement en prison.

L’actuel gouvernement a, lui aussi, durci cette législation d’exception. Il a fait adopter un amendement qui rend punissable tout texte qui pourrait convenir à une organisation terroriste. Si un procureur estime que vos propos sont favorables aux objectifs de telle ou telle organisation illégale, il peut ouvrir une procédure ! C’est une arme terrible contre la liberté d’expression.

La politique d’«ouverture» vis-à-vis des Kurdes n’est-elle qu’un leurre à destination des Européens ?

Non. Son objectif était aussi de marginaliser le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan,organisation indépendantiste armée, ndlr), de «l’effacer». L’idée étant que si la «terreur», comme ils disent, disparaît, alors le problème kurde disparaît. Mais c’est absurde: la question est posée à l’envers: si le gouvernement voulait vraiment trouver une solution au conflit, il devraitparler avec les principaux responsables du peuple kurde. Or, depuis que [le premier ministre] Recep Tayyip Erdogan a annoncé cette «ouverture» (en été 2009,ndlr), il n’a parlé qu’à des journalistes, à des gouvernements étrangers, à ses alliés, mais jamais aux principaux concernés...

Le mépris à l’égard des Kurdes demeure entier. Leurs élus au parlement sont traités comme des pestiférés, on ne les salue pas, on ne leur parle pas. Dans le fond, rien ne change. On autorise une télévision en langue kurde à condition qu’elle diffuse la propagande officielle. Par contre, le quotidien kurde Azadiya Welat est régulièrement saisi. Son ex-rédacteur en chef Vedat Kursun a été condamné en mai à cent soixante-six ans et six mois de prison! Nous menons campagne pour le faire libérer.

Va-t-on dès lors vers une aggravation du conflit ?

Je le pense. Des deux côtés, les opérations militaires s’intensifient. L’été va être chaud. Le gouvernement a reçu Massoud Barzani (le leader des Kurdes d’Irak, ndlr) pour obtenir le droit d’attaquer les bases arrière du PKK.

En face, la mobilisation autour du PKK est très forte, alimentée par la répression policière qui touche notamment es enfants jeteurs de pierres2. La frustration est grande. Beaucoup de Kurdes espéraient que les choses bougent après l’annonce d’Erdogan... Tout est réuni pour que cela dégénère.I

1

Nom de son ouvrage magistral Paradigmanin iflasi.

2 Le Courrierdu 24 février 2010.

Fikret Baskaya,au siège de son Université libre: ses nombreux écrits lui ont valu prison et expulsion de l’académie publique.BPZ

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«La gauche doit changer de paradigme»

Le procès intenté au syndicaliste de Genève Murad Akincilar1montre que la gauche n’est pas épargnée par la répression.

La police n’a pas beaucoup de mal à la contenir. De temps à autre, une opération est lancée, qui répond à un besoin conjoncturel. Dans le cas de Murad Akincilar, on voulait faire croire, lors des arrestations (en septembre 2009,ndlr), à l’existence d’une grande organisation terroriste – Commandement révolutionnaire (CR)– possédant des ramifications dans divers mi- lieux. Pour cela, il fallait faire du chiffre, la police a donc arrêté à tort et à travers et la presse a fait de grands titres. Tel était le but de cette manipulation. Personnellement, je ne suis même pas sûr que CR existe. Et si c’est le cas, c’est un groupuscule! Rien de proportionné à ce battage.

Comment expliquer la volte-face du tribunal,qui a libéré Murad Akincilar ?

Les juges ont compris qu’il n’y avait plus rien à tirer de cette affaire. On voulait effrayer la population en décrivant une organisation terroriste très solide, mais l’acte d’accusation ne faisait pas illusion.

 

La presse s’est d’ailleurs désintéressée du cas. Le compte-rendu de l’audience aurait été bien différent du battage orchestré l’an dernier!

Hors la répression,comment expliquez-vous l’extrême faiblesse de la gauche turque ?

La situation de la gauche tient à son incapacité à se renouveler, à trouver un nouveau paradigme: c’est le thème du livre que je suis en train de terminer. D’une part, nous avons une gauche sociale-libérale (le Parti républicain du peuple, CHP, ndlr) qui a renoncé; de l’autre, des organisations staliniennes qui ne peuvent évidemment pas construire une société démocratique. Ces deux gauches vivent toujours dans une logique du XXesiècle. Elles demeurent imprégnées de «kemalisme» (doctrine du nationalisme laïc incarné par le père de la nation turque, Mustafa Kemal, ndlr). Or, ce mo- dèle n’a rien de progressiste, c’est une autocratie bourgeoise. Cette gauche garde parfois une rhétorique anti-impérialiste mais jamais anticapitaliste. Pourtant, on sait bien que le capital n’a pas de patrie! Accepter des privatisations à condition que les investisseurs soient turcs: dans le capitalisme mondialisé, cela n’a aucun sens. Quant aux syndicats, ils sont inexistants. Dans la région, la Turquie est le premier pays à avoir expérimenté le néolibéralisme avec le coup d’Etat de 1980. Le peuple a beaucoup souffert. Mais je n’exclus pas l’éclosion de nouveaux mouvements sociaux, car la situation sociale est terriblement mauvaise.

Il existe une tentative d’unifier les partis situés à la gauche du CHP. Qu’en pensez-vous?

Vous pouvez rassembler cinq assiettes vides, vous n’aurez toujours rien à manger! J’insiste: l’heure est à l’invention d’un nouveau paradigme. Aquoi peut-il ressembler,selon vous? Il devra être démocratique, respectueux de la nature et anticapitaliste.

Il faut prendre conscience des limites du monde, ce que le capitalisme, qui entre en crise dès qu’il ne peut produire davantage, ne permet pas. Nous devons revoir nos façons de produire, de consommer et de concevoir la vie. Quand vous changez de projet de société, vous devez changer de véhicule, de direction et de conducteur. Aujourd’hui la gauche se contente de dire: «Si nous étions au volant, tout irait mieux.»

C’est évidemment insuffisant!

PROPOS RECUEILLIS PAR BPZ

1 Lire Le Courrierdu 4 juin 2010.

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«LA VRAIE UNIVERSITÉ»

 

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«C’est la vraie universitécar indépendante de l’Etat et du capital.» Quinze ans après sa fondation,l’Ozgur universitefait toujours la fierté de Fikret Baskaya.Même si ses actuels quatre cents élèves répartis entre Ankara et Istanbul font pâle figure par rapport aux milliers du passé –«reflet de la dépolitisation de la société»– l’institution demeure une référence en Turquie.En sus des dizaines de cours réguliers dispensés par des professeurs bénévoles,revues,séminaires,conférences,un blog et quelque quatre-vingts livres en quinze ans alimentent le débat bien au-delà des frontières de la gauche radicale. Naguère formatrice de cadresdu mouvement social,l’Ozgur universites’est recentrée sur un public étudiant moins frileux idéologiquement.Mais sans céder à la logique pédagogique dominante.«Nous refusons de décerner des diplômes ou de faire des examens: les étudiants viennent volontairement, il n’y a pas de raison qu’ils ne travaillent pas», raisonne M.Baskaya.Ce qui ne l’empêche pas d’être attentif au suivi des élèves: «Nous faisons en sorte que tout le monde puisse s’informer sur des domaines souvent inaccessibles au plus grand nombre,comme l’écologique politique,la philosophie oul’histoire.» www.ozguruniversite.org

BPZ 

 

Source :PAR BENITO PEREZ (Le Courrier Mardi 15 juin 2010 page 11)

www.lecourrier.ch

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09/06/2010

une “mère pour la paix” condamnée à six ans et trois mois de prison ferme

En Turquie, une “mère pour la paix” condamnée à six ans et trois mois de prison ferme

9 juin 2010

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A Izmir, Sultan Acibuca, agée de 61 ans, a été condamnée à 6 ans et trois mois de prison ferme pour “appartenance à une organisation terroriste” et “propagande” en faveur de cette même organisation. La 10 ème chambre de la Cour d’assises d’Izmir a estimé, en effet, que crier “Biji aşitî” (Vive la paix en langue kurde) lors d’une manifestation le 08 mars (Journée internationale de la Femme) était la preuve d’une appartenance au PKK.

Kurde d’origine, Sultan Acibuca est ce que l’on appelle en Turquie une “Barış Annesi”, c’est à dire une “Mère pour la Paix”. En Turquie, les “Mères pour la paix” se réunissent et manifestent pour la Paix et la Démocratie, la grande majorité ayant perdu un fils dans le conflit, soit qu’il était engagé dans l’armée turque en tant que conscrit, soit qu’il faisait parti des guérilleros du PKK.

Elle avait déclaré lors de la Journée de la Femme:

“  En tant que mère au coeur tourmenté et blessé, je vous souhaite la bienvenue. Pour les mères des soldats et guerilleros tombés martyres, pour les mères turques et kurdes, je courbe l’échine. Et je demande à ce que tous comprennent la douleur de ces mères. La douleur des mères turques et kurdes ne fait qu’une. Parce que nous sommes mères, nous sommes unies. Nous sommes unies dans la douleur avec toutes les mères de ce monde. Nous vivons toutes la même douleur. Nous avons mal au coeur.


Nos coeurs pleurent. Nos coeurs sont en douleurs. Nous voulons mettre un terme à cette douleur.

Nous ne voulons plus que les mères pleurent. Nous ne voulons plus que la tyrannie soit exercée sur le peuple kurde et dans la zone kurde. Cette guerre est trop dure pour les Turcs et les Kurdes. Tout le monde souffre.

 

Ils nous ont jeté sur la chaussée, nous et notre pays. Nous, nous voulons que les mères turques et kurdes se tendent la main. Tenons nous la main et amenons la paix. Nous voulons la paix !

 

Nous voulons la paix! Vive la paix. Nos mères de 70 ans sont aujourd’hui en prison pour avoir exigé la paix. Nous voulons qu’elles soient libérées. Nous ne voulons plus qu’elles soient incarcérées pour avoir demandé la paix. Quiconque a voulu la paix a été arrêtée.

 

Nous, nous disons à Erdoğan [NDRL: Premier ministre turc] d’envoyer son fils à l’armée. Ce sont les pauvres turcs et kurdes qu’ils envoient à l’armée. Nous avons un enfant à l’armée, un enfant dans les montagnes. Nous ne voulons pas que ceux là se tuent. Ils ont brûlé nos maisons.


Ils nous ont pourchassés de nos maisons. Mais l’enfant de Erdoğan beigne, lui, dans l’argent. Notre fille se marie avec les Turcs. Les filles turques se marient avec nos fils. Nous vivons ensemble.


Nous ne voulons plus nous battre. Vive la fraternité entre les peuples! Vive la liberté de la Femme! La Femme demande à vivre, elle veut la Liberté! Elle ne veut pas de guerre!


La Femme veut la Paix!Moi, je veux que cette guerre prenne rapidement fin! Que cette guerre cesse de détruire les Hommes et la Nature! Je veux la Paix et la Fraternité! Ca suffit! Nous ne voulons pas la guerre”.


C’est sur la base de ce discours pacifique que la Cour d’assises d’Izmir a condamné Sultan Acibuca pour “propagande” et “appartenance” au PKK.


Source: Firat News Agency

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08/06/2010

Erdogan: "Le Hamas n'est pas un groupe terroriste"

Erdogan: "Le Hamas n'est pas un groupe terroriste"

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré vendredi que le Hamas, le mouvement islamiste radical palestinien, n'est pas un groupe terroriste, dans un discours retransmis en direct à la télévision.

"Le Hamas a des résistants qui luttent pour défendre leur terre. Ils ont remporté une élection", a déclaré M. Erdogan à Konya (centre).

"Je l'ai dit aux responsables américains... Je ne considère pas le Hamas comme une organisation terroriste. Je pense la même chose aujourd'hui. Ils défendent leur terre", a-t-il ajouté.

M. Erdogan s'en est pris une nouvelle fois à Israël, après le raid lundi de commandos israéliens sur l'expédition maritime d'aide à Gaza, au cours de laquelle neuf Turcs ont été tués.

Il a critiqué les puissances occidentales qui refusent selon lui de donner une chance au Hamas de s'engager dans un processus démocratique.

"Pourquoi ne lui donnez-vous pas une chance ? Laissez-le engager une lutte démocratique", a-t-il dit, interrompu par des applaudissements de supporters.

"Notre problème ne concerne pas les Israéliens ou le peuple juif. Notre problème concerne le gouvernement israélien oppresseur, qui pratique le terrorisme d'Etat", a-t-il ajouté.

Le gouvernement israélien est "hypocrite", "paranoïaque" et "il ment", a-t-il lancé. (AFP, 4 juin 2010)

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07/06/2010

Le gouvernement turc et le “terrorisme d’Etat”

Une députée kurde victime de la brutalité policière turque


Jeudi 03 Juin 2010, une députée kurde membre du BDP a été blessée au cours d’une manifestation à Silopi. La jeune femme a été hospitalisée en raison d’une blessure sérieuse à l’os iliaque. A l’origine de cette blessure, les forces de l’ordre qui se sont heurtés aux manifestants.

A Silopi, près de 10 000 manifestants, selon une information de la presse kurde, se sont rassemblés pour dénoncer les opérations militaires qui, dans la région, s’intensifient. Organisée par la section locale du BDP ( parti pro kurde qui a remplacé le DTP) à la frontière de Habur (point de passage entre la Turquie et l’Irak), la manifestation pacifique a été perturbée par les forces de l’ordre turques qui ont attaqué les manifestants, faisant des dizaines de blessés parmi lesquels des députés kurdes.

Sevahir Bayindir, députée kurde de Şırnak, a ainsi été hospitalisée pour une fracture à l’os iliaque. Transportée à l’hôpital public de Mardin puis à l’hôpital d’Ankara, la jeune femme a subit une opération chirurgicale et ne devrait pas pouvoir se déplacer pendant au moins six mois.

Une intervention brutale dénoncée par les membres du BDP :

L’intervention brutale des forces de l’ordre turques a été dénoncée par les députés du BDP qui ont accusé le gouvernement turc de mener une politique semblable à celle de l’Etat israélien, régulièrement dénoncé par le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan dans le cadre du conflit israélo- palestinien. “Monsieur le Premier ministre et les membres de l’Assemblée nationale turque doivent condamner l’offensive menée à Silopi, eux qui dénoncent l’assaut menée par l’armée israélienne contre les civils” a déclaré Akin Birdal, député de Diyarbakir et membre de la Commission parlementaire pour les Droits de l’Homme.

Portant le sujet devant l’Assemblée nationale turque, Akin Birdal a interpellé les députés. ” Cette manifestation, autorisée par le préfet, n’avait même pas commencé que les forces de l’ordre ont attaqué les manifestants avec des gazs lacrymogènes, des jets d’eau et des matraques. Elue de Şırnak, Sevahir Bayindir a reçu plusieurs coups de matraque. Blessée, elle a été transportée à l’hôpital pour une fracture aux hanches. Les attaques faites à nos députés ne les concernent pas seulement. Cette attaque est une attaque contre l’Assemblée nationale de Turquie. C’est une attaque faite contre la démocratie, c’est une attaque faite contre une manifestation pacifique et démocratique protégée par les dispositions juridiques internationales, c’est une attaque faite contre les Droits de l’Homme” leur a-t-il expliqué.

L’homme politique fait le lien entre la période actuelle et celle qui précède le coup d’Etat du 12 septembre 1980, considérant les attaques et les lynchages dont sont victimes les universitaires, étudiants, prisonniers, citoyens et politiciens kurdes comme la manifestation du désordre et chaos voulu par certains. Mettant en garde l’Assemblée nationale turque du chaos qui pourrait l’emparer, Akin Birdal a exigé une ferme condamnation de la part des députés.

Le gouvernement turc et le “terrorisme d’Etat” :

Bengi Yildiz, député qui préside le groupe parlementaire du BDP, a quant à lui dénoncé “le terrorisme d’Etat” de la Turquie – renvoyant ainsi au Premier ministre turc un qualificatif qu’il a récemment employé contre la politique israélienne. ” Il a défendu l’idée selon laquelle la politique israélienne relevait du terrorisme d’Etat, que les attaques contre les civils, les enfants et les femmes étaient cruelles et qu’elles manifestaient une absence de conscience. Mais le gouvernement du Premier ministre agit de la même manière avec ces propres citoyens – il ne s’agit même pas d’étrangers- et ne s’en offusque pas. Faut-il que l’Etat en question soit l’Etat d’Israël et qu’il y ait à sa tête Sharon pour que la politique employée soit qualifiée de terrorisme d’Etat ? [...] Aujourd’hui, sous l’autorité de l’AKP, les femmes kurdes, les enfants, les maires, les députés reçoivent des balles à blanc et sont blessés pour avoir simplement manifester” s’est-il écrié. ” Le Premier ministre doit se débarrasser de ce deux poids, deux mesures. Il doit concevoir que c’est là du terrorisme d’Etat” a-t-il continué.

7 juin 2010

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06/06/2010

Images sans équivoque ! Le commando israélien qui pleure

Images sans équivoque

Le quotidien turc Hurriet a publié des photos de soldats de l'unité Shayetet 13, violemment battus, dimanche matin. Selon le journal, ces images avaient d'abord été censurées en étant supprimées des cartes-mémoire lorsque les autorités israéliennes ont confisqué les appareils photos des activistes.


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04/06/2010

la collaboration militaire entre la Turquie et Israël

 

À propos de la collaboration militaire entre la Turquie et Israël

Après la tempête israélienne qui s'est déchainée sur les bateaux humanitaires tentant de joindre Gaza le 31 mai, les organisation des droits humains de Turquie demandent de suspendre les accords militaires bilatéraux entre Israël et la Turquie.

L'organe d'information indépendante Bianet rapporte que YiILDIZ Onen, membre de la Coalition globale pour la Paix et la justice demande avec les autres organisations de la coalition la fin des accords militaires bilatéraux.

«Israël et la Turquie sont liés sur le plan des acquisitions militaires. Une partie de nos armes provient d'Israël et en contrepartie nous permettons l'existence d'Israël comme état-pirate au Proche-Orient.

En plus de ces accords, la Turquie forme des soldats sur la base aérienne de Konya. (...) Israël utilise l'espace aérien turc. Nous ne croyons pas que Israël tienne la Turquie informée de ce qu'il fait ».

« Nous attendons des progrès concrets »

« La dernière attaque en date a démontré quelle sorte de puissance Israël est devenue au Proche-Orient, ce que l’attaque sur Gaza l’an dernier avait déjà révélé avec les nombreuses morts de la population civile. »

«Si la Turquie veut la paix au Proche-Orient, elle doit engager une politique claire contre Israël ce qui ne peut être réalisé que par des déclarations orales. Dans les domaines militaires et économiques tous les accords doivent être annulés.

Une annulation des accords pourrait contribuer à empêcher les actes cruels subis par les Palestiniens. Si la légitimité du gouvernement israélien est bousculée par les attaques, il devra prendre des mesures qui s'imposent. ».

 

Önen rappelle que le budget des forces armées turques n'est pas connu publiquement. « Il y a des paiements cachés de l'armée turque; Il n'est pas clair combien d'argent est versé à qui. Nous demandons depuis des années que le budget de l'armée soit plus transparent, les dépenses doivent être clairement exposées. »

 

Des millions de dollars en contrats d'équipement militaire

L'industrie de l'armement est le domaine le plus important de la coopération entre la Turquie et Israël. Cette collaboration est basée sur l’Accord de coopération en matière de défense» signé en 1994 par la coalition gouvernementale menée par Tansu Ciler.

Alors que les détails de cet accord n'ont pas été explicités les faits suivants ont été révélés ces dernières années :

 

  • La Turquie a loué deux avions militaires sans pilote (Heron) à Israël pour 15 millions de dollars.

 

  • En 2008, la Turquie a accepté l'offre de IAI (Israel Aerospace Industries) pour l'acquisition de 10 Heron au prix de 183 millions de dollars.

 

  • les avions ont été livrés l'an dernier à la Turquie et sont utilisés pour des opérations sur la frontière de l'Irak.

 

  • La Turquie a un contrat de plus de 1 milliard pour la modernisation de 54 avions de combat F-4. Un autre contrat de 650millions a été signé pour moderniser 170 chars M-60...

 

  • La Turquie a accepté l'offre israélienne de 160 millions de dollars pour le système radar (SAR) Synthhetic-aperture-radar systèmes.

 

  • Israël est entrée en matière pour 120 millions de dollars concernant le Datalink 16, un projet de transmission d'images d'avions de combat F-4 et F-16.

 

  • La compagnie turque BMC a été admise pour l'offre de contrat pour la «Forteresse ambulante», des véhicules de terrain contre les mines.

 

  • 167 millions de dollars de contrat ont été signés entre les deux pays dans le domaine du renseignement militaire.

 

Tout ce commerce vaut 2,5 milliards de dollars.

 

Source : BIA, Semra PELEK – Tolga KORKUT 2 JUIN 2010-

 

Traduction : Maison Populaire de Genève

 

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“Vous savez tuer les enfants…”



C’est ce qu’avait reproché le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan au Président israélien Shimon Peres à Davos le 29 janvier dernier. En pleine campagne électorale, il versait des larmes de crocodile sur les enfants palestiniens morts sous les bombes israéliennes lors du massacre de Gaza.


Cependant il omettait de mentionner que dans son pays, l’Etat turc qu’il représentait était tout aussi expert dans le meurtre d’enfants kurdes.


Pour s’en convaincre, il suffit de regarder la liste macabre suivante (non exhaustive) de 347 enfants kurdes dont des bébés, morts ces 20 dernières années sous les balles de l’armée ou de la police turques après que lesquelles  aient délibérément tiré sur des civils.


L’année la plus meurtrière a été 1992 où la mort de 115 enfants

s’apparente à un véritable massacre.


Plus récemment, plusieurs morts sont de la responsabilité directe d’Erdogan notamment après qu’il ait déclaré lors des émeutes de mars 2006: “Femme ou enfant, peu importe, nos forces de sécurité feront le nécessaire. Les parents de ces enfants pleureront demain en vain.”

Et les forces de sécurité turques “ont fait le nécessaire”: 16 morts, tous des civils, dont 4 enfants de moins de 10 ans.

 

(Firat News Agency - bersiv.com, 29 avril 2009)

http://www.info-turk.be/368.htm#savez

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03/06/2010

Protestation à l’ouverture de l’OIT


Régime islamique hors de l'OIT

3 06 2010

Mercredi 2 juin 2010, malgré un renforcement des dispositifs de sécurité, un groupe de militant(e)s du Parti Communiste-Ouvrier d’Iran (PCOI) ont pu protester lors de l’ouverture de la 99ème session de la conférence internationale de l’Organisation Internationale du Travail à Genève (Suisse). En ce qui concerne les mesures de sécurité visant à empêcher toute protestation dans l’enceinte de la conférence, on peut noter qu’un camarade s’est vu refuser une carte de visiteur sous prétexte qu’il serait membre du PCOI, et d’autres camarades, qui avaient pourtant une carte de visiteur, n’ont pas pu entrer.

Pourtant, lors de l’ouverture de la conférence, un groupe de militant(e)s du PCOI s’est dirigé vers la tribune en brandissant des portaits de Farzad Kamangar et de militants ouvriers emprisonnés aux cris de “ "Islamic regim out of ILO !” " (“ "Régime islamique hors de l’OIT !” "). De nombreux délégués ont applaudis l’action (des délégués italiens par exemple, se sont même levés pour applaudir), alors que les forces de sécurité du BIT et de l’ONU intervenaient pour faire sortir les militant(e)s.

 

 

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Que font ces bourreaux à l’OIT ?

Farzad Kamangar, enseignant dissident et militant des droits humains, a été brutalement exécuté début mai par le régime en Iran avec quatre autres prisonniers politiques. Les syndicats du monde entier avaient organisé des campagnes pour sa libération et ont condamné les exécutions avec véhémence.

Les gens veulent savoir : que font ces bourreaux à l’OIT ? Pourquoi l’OIT continue de les inviter chaque année à ses conférences annuelles ?

Il est temps de mettre fin à cette complicité tacite avec le régime en Iran. La conférence de l’OIT n’est pas un lieu pour les bourreaux ! Ce régime doit être chassé de l’OIT et de la communauté internationale.

Montrez votre solidarité avec les travailleurs et le peuple d’Iran .

• Boycottez la délégation du régime d’Iran à la conférence de l’OIT !

• Aidez à chasser ce régime de l’OIT !

 

http://iranenlutte.wordpress.com/

 

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01/06/2010

Etat iranien, hors de l’OIT !!

Solidarité avec les syndicalistes et les travailleurs iraniens

 

Etat iranien, hors de l’OIT !!

 

 

Mercredi 2 juin 2010, à 13 heures,

devant le centre de conférence de

l’OIT, Palais des Nations, Genève

(Suisse).

Liberté pour tous les ouvriers

emprisonnés et les prisonniers

politiques !

Régime Islamique d’Iran, hors

de l’OIT !

Parti Communiste-Ouvrier d’Iran, Organisation à

l’Etranger, 25 mai 2010

 


Depuis bientôt un an, les travailleurs et la majorité du peuple iranien se battent contre le régime dictatorial. Des milliers de manifestants et de militants ont été arrêtés et bien souvent torturés. Ils luttent pour la chute du régime mais aussi pour obtenir des droits syndicaux. Cet élan donne naissance à des syndicats clandestins ou semi-légaux comme celui des Transports Publics de Téhéran.


Les autorités veulent donc briser cet élan démocratique


Le dimanche 9 mai, les autorités islamiques en Iran ont exécuté 5 militants : Ali Heydarian, Farhad Vakili, Shirin Alam-Houli et Mehdi Eslamian mais aussi Farzad Kamangar ancien porte parole du syndicat des enseignants du technique du Kurdistan, membre de la Ligue de Défense des Droits de l’Homme.


Ces militants ont subi la torture la plus sauvage et ont été jugés dans des conditions caricaturales.


Leur exécution est utilisée par leur régime comme un exemple. Pour autant cette stratégie sanguinaire n’a pas fonctionné.


Le 13 mai plusieurs organisations ouvrières clandestines ont appelé à la grève au Kurdistan iranien pour protester contre ces exécutions et empêcher l’assassinat d’une vingtaine d’autres militants menacés.


Cet appel à la grève a remporté un large succès dans les villes de la province, malgré l’état de siège instauré par les autorités. Les forces de l’ordre de la dictature ont essayé d’empêcher les manifestations, d’où des affrontements de plusieurs heures dans certaines villes. De nombreuses entreprises, écoles et universités étaient fermées dans la province. La majorité des commerçants se sont joints à cet appel

 

Cette mobilisation démontre que les travailleurs et la majorité du peuple iranien contestent la légitimité et la violence du régime en place.

 

Solidarité internationale


Mais la bataille pour la respect des libertés démocratiques et syndicales ne doit pas uniquement reposer sur nos camarades iraniens. Nous estimons que les organisations syndicales françaises et internationales doivent se joindre à ce combat et montrer ainsi une véritable démarche internationaliste.


Le 2 juin s’ouvrira à Genève une conférence de l’Organisation Internationale du Travail. Plusieurs organisations ouvrières iraniennes demandent depuis des années à l’OIT d’exclure l’Iran de la liste des Etats participants à cette institution internationale.


Comment accepter qu’un Etat qui ne respecte aucune liberté syndicale, qui assassine, viole et torture les militants syndicaux, puisse participer aux travaux de l’OIT ?


Nous, organisations syndicales, demandons à nos représentants syndicaux à l’OIT d’exiger l’exclusion de l’Etat dictatorial iranien de cette institution internationale

 

Organisations syndicales signataires (sections syndicales, syndicats, UL,…) :


Renvoyer cet appel signé à

UL-CGT  4 rue Aristide Briand BP 397 88021 Epinal Cedex  ou ulcgtepinal@voila.fr

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Que font ces bourreaux à l’OIT ?

Farzad Kamangar, enseignant dissident et militant des droits humains, a été brutalement exécuté début mai par le régime en Iran avec quatre autres prisonniers politiques. Les syndicats du monde entier avaient organisé des campagnes pour sa libération et ont condamné les exécutions avec véhémence.

Les gens veulent savoir : que font ces bourreaux à l’OIT ? Pourquoi l’OIT continue de les inviter chaque année à ses conférences annuelles ?

Il est temps de mettre fin à cette complicité tacite avec le régime en Iran. La conférence de l’OIT n’est pas un lieu pour les bourreaux ! Ce régime doit être chassé de l’OIT et de la communauté internationale.

Montrez votre solidarité avec les travailleurs et le peuple d’Iran .

• Boycottez la délégation du régime d’Iran à la conférence de l’OIT !

• Aidez à chasser ce régime de l’OIT !

Rejoignez le rassemblement devant le centre de la conférence (Place des Nations à

 

Genève) le mercredi 2 juin à 13 heures



Parti Communiste-Ouvrier d’Iran (PCOI), Comité de Solidarité Ouvrière Internationale

Quelques autres textes contre la présence de la République Islamique à l’OIT :

- Appel de l’UL CGT d’Epinal qui peut être signé par toute organisation syndicale de France

- Hors de l’OIT les assassins de prisonniers politiques !

- Le régime islamique d’Iran doit être exclu de l’OIT !


- Non à la légitimisation par l’OIT de ceux qui persécutent les travailleurs !

- 2 juin : pour l'exclusion de la République Islamique de l'OIT !

 

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26/05/2010

Un soldat turc lance une grenade sur des enfants

 

Un soldat turc lance une grenade sur des enfants

 

Un enfant kurd est mort et cinq autres ont été blessés

 

 

 

 

Un enfant de 13 ans, Oğuzcan Akyürek, est mort et cinq (Nurullah Erçiçek (10), Yunus Yaman (12), Seyfullah Erçiçek (12), Doğukan Meşe (13) et Rıdvan Coşan (12) ) autres ont été blessés dans l'explosion d'une bombe pendant qu’ils jouaient à l'extérieur d'une caserne de l'armée turque, a rapporté mardi un responsable local.

 

 

Murat Durmaz, Maire de la ville d'Özalp, située dans l'Est du pays à la frontière avec l'Iran, a précisé que les cinq blessés ont été hospitalisés dont trois dans un état critique. L'explosion a eu lieu à l'extérieur du périmètre des casernes de l'armée turque, a-t-il précisé.

 

D’après les témoins, un soldat a pris la fuite peu après l’explosion.

 

"Selon Monsieur Durmaz, un soldat aurait jeté la bombe parmi les enfants en train de jouer. Un témoin oculaire âgé de 29 ans a assisté à la scène et il est actuellement entendu par le procureur chargé de l’instruction. D’après ce témoin, un soldat a jeté la bombe parmi les enfants avant de prendre la fuite. Le témoin se trouve actuellement au Ministère public pour être entendu sur le déroulement des faits.

 

L’explosion a eu lieu à une distance d’un mètre des chaînes démarquant la zone militaire. Trois heures après l’explosion, les soldats sont venus sur place, indifférents, ils sont repartis dans la caserne.


Monsieur Durmaz a également précisé que la caserne est située au milieu du quartier de Cumhuriyet. Placée au milieu du quartier, elle ne vise pas la protection de la population, au contraire elle met les civils en péril.

 

L’explosion s’est produite à un mètre de la zone séparant la caserne du reste du quartier. Dans la caserne, il y a également une zone de tir. Pourquoi prévoir une zone de tir au sein d’un quartier ? Les murs des maisons aux alentours de la caserne sont troués de projectiles a-t-il précisé Durmaz.

 

Yunus Yaman, blessé lors de l’explosion, a décrit ainsi les faits à ses parents : « Nous étions assis avec des amis, soudain j’ai vu un soldat arriver depuis l’entrée principale et je l’ai entendu dire : « nous avons jeté la bonne chose ».

 

A noter que, outre ces arrestations et condamnations inadmissibles, selon les organisations de défense des droits de l’homme en Turquie, 345 enfants kurdes ont été tués par les forces de l’ordre durant ces 20 dernières années.

 

 

 

 

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21/05/2010

La Turquie condamnée à Strasbourg pour huit morts dans une prison turqu

La Turquie condamnée à Strasbourg pour huit morts dans une prison turque

La Turquie a été condamnée à verser plus de 250.000 euros pour atteinte au droit à la vie et traitements inhumains lors de la répression d'une mutinerie en 1996 à la prison de Diyarbakir (sud-est), a annoncé jeudi la Cour européenne des droits de l'Homme.

Huit détenus avaient succombé à leurs blessures, le 27 septembre 1996, lors de l'intervention de 200 policiers des forces d'intervention rapide qui a aussi fait 33 blessés parmi les détenus et 27 blessés légers parmi les gendarmes.

La Cedh rendait son arrêt suite aux plaintes de 46 anciens détenus ou proches des victimes décédées.

Le 27 février 2006, une cour d'assises reconnut 62 gendarmes et policiers coupables d'homicides résultant de l'emploi d'une force excessive et non nécessaire.

Ils furent condamnés chacun à 18 ans de réclusion criminelle, ramenés à cinq ans compte tenu de circonstances atténuantes. La Cour de cassation annula l'arrêt.

Les juges de Strasbourg observent qu'alors qu'elles se trouvaient totalement sous la responsabilité de l'Etat, huit personnes sont décédées des suites de blessures, notamment crâniennes et costales, infligées par des matraques.

Selon leur arrêt, "cette affaire témoigne d'une absence de garanties contre l'abus de la force" qui n'était pas "absolument nécessaire".

La Cour a demandé à la Turquie, qui peut faire appel, de verser pour dommage moral 60.000 euros aux proches des victimes décédées et 36.000 euros à chacun des six requérants ayant subi une atteinte au droit à la vie mais qui ont survécu. Des sommes de 12.000 à 21.000 euros ont été demandées pour des victimes de blessures graves "assimilables à des traitements inhumains ou dégradants".(AFP, 20 mai 2010)

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19/05/2010

Des potences seraient dressées sur la Place des Nations !

Appel et Invitations

 

Rassemblement contre les exécutions de nos amis kurdes en Iran

Date : le 20 et 21 mai 2010 à 14h00 à 18h00

Lieu : La Place des Nations

Genève

Demain, des potences seraient dressées sur la Place des Nations pour dénoncer les exécutions de nos amis kurdes en Iran.

L manifestations se déroulera du jeudi 20 et vendredi 21 mai 2010 à 14h00 à 18h00

Depuis le 7 mai 5 prisonniers politiques kurde ont été exécutes par parla République Islamique d’Iran et nous sommes très inquiets pour le sort et la vie de 13 autres compagnons kurdes détenus dans les prisons Iraniennes.

La Fédération des Associations Kurdes en Suisse

Manifestation soutenue par : Maison Populaire de Genève,..

Information et Contact :

Madame Bengu YAGIBASAN

berfa cudi berfacudi@windowslive.com


 

Maison Populaire de Genève

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11/05/2010

La Turquie à l’ONU devant ses responsabilités en matière des droits de l’homme

 

 

Genève, le 10 mai 2010

 

La Turquie à l’ONU devant ses responsabilités en matière des droits de l’homme

 

La performance en matière des droits de l’homme du gouvernement turc a été évaluée aujourd’hui par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU dans le cadre de son mécanisme appelé l’examen périodique universel.

 

Malgré le soutien indéfectible des pays arabo-musulmans, le gouvernement d’Erdogan n’a pas convaincu le Conseil des droits de l’homme. En effet, de nombreux pays européens, dont la Suisse, nord-américains et latino-américains ainsi que le Japon, l’Australie et l’Inde ont dénoncé entre autres :

 

· l’impunité des auteurs de violations des droits de l’homme ;

 

· la pratique de la torture ;

 

· les conditions de détention déplorables (en particulier, mise en isolement des prisonniers et non accès aux soins de ces derniers) ;

 

· le jugement des enfants dans les cours d’assises et la détention de ces derniers dans des prisons réservées aux adultes ;

 

· le non respect des droits des minorités ethniques et religieuses, en particulier celles de non musulmans, Kurdes, Alévites et Roms ;

 

· l’harcèlement de défenseurs des droits de l’homme et de journalistes ;

 

· le caractère non démocratique du code pénal qui est utilisé pour brider la liberté d’opinion et d’expression ;

 

· violence à l’égard des femmes.

 

Quant aux pays limitrophes (Grèce, Chypre, Bulgarie et Arménie), ils ont évoqué les violations et injustices historiques infligées à leurs populations par la Turquie.

 

Pour plus amples d’informations sur les violations des droits de l’homme en Turquie, voir :


Examen périodique universel de la Turquie.doc

 

Examen périodique universel de la Turqui1 Liste de disparitions forcées.doc

 

Examen périodique universel de la Turqui 1.doc

 

http://www.assmp.org/spip.php?article445

http://www.assmp.org/spip.php?article442

http://www.assmp.org/spip.php?article379&var_recherche=enfants

http://www.assmp.org/spip.php?article294&var_recherche=enfants

http://www.assmp.org/spip.php?article297&var_recherche=enfants

http://ods-dds-ny.un.org/doc/UNDOC/GEN/G10/109/99/PDF/G1010999.pdf?OpenElement

http://ods-dds-ny.un.org/doc/UNDOC/GEN/G10/110/00/PDF/G1011000.pdf?OpenElement

http://www.cetim.ch/documents/communique-erbey-turquie.pdf

 

 



 


Examen périodique universel de la Turquie

 

8ème Groupe de travail (3 au 14 mai 2010). Déclaration écrite conjointe

du CETIM, MRAP, AIJD et WILPF.

 

Contexte


La République de Turquie a été créée en 1923 sur la base d'exclusions et de discriminations. En effet, sa (première) constitution (1924) proclamait que ce nouvel Etat était composé d'un seul peuple (turc) et parlant une seule langue (le turc). Ces principes président encore aux destinées de ce pays. L'objectif déclaré des fondateurs de cet Etat était d'ailleurs l'édification d'une « nation pure turque » sur les ruines de l'Empire ottoman, sachant que la Turquie moderne manquait de bases solides pour constituer un Etat-nation et que l'Empire en question était basé sur l'unité confessionnelle (Islam) dont le Sultan était à la fois le chef politique et spirituel.

Parmi les principaux peuples composant l'Empire ottoman, les Arméniens et les Grecs avaient déjà été éliminés, expulsés (échanges de populations avec la Grèce) ou contraints à l'exil en grande partie au début du XXème siècle1. Le nouvel Etat turc s'est concentré sur l'assimilation du peuple kurde qui constituait le groupe homogène le plus important2. D'où la mise en place (dès 1930) d'une idéologie ad hoc et d'institutions pour magnifier la race turque. La civilisation turque y est affirmée comme mère de toutes les grandes civilisations et la langue turque comme l'origine des langues de ces civilisations: c'est « la thèse de l'histoire turque et la théorie de la langue-soleil »3. Cette idéologie servira de base pour nier l'existence du peuple kurde, de la langue kurde et du Kurdistan4. Conformément à cette idéologie, qui constitue encore la trame de la Turquie actuelle, les politiques d'assimilation et de répression ont été mises en oeuvre contre le peuple kurde avec leurs cortèges de graves violations des droits humains: massacres à grande échelle, disparitions forcées, tortures, viols, déportations massives, expropriations, assimilations, destructions (villages, forêts, cultures, cheptel), privation des droits fondamentaux...

Entre 1924 et 1945, la Turquie fut dirigée par un parti unique (le Parti populaire républicain, CHP). La langue kurde fut interdite dès 19245, tout comme les noms des lieux d'établissement et les prénoms kurdes. Il en est allé de même pour le droit à la liberté d'opinion et d'expression et d'association pour revendiquer les droits élémentaires du peuple kurde. Le Kurdistan turc fut déclaré zone interdite aux étrangers jusqu'au milieu des années 1960. Les autorités turques ont instauré la loi martiale au Kurdistan turc en 1978, suivit un coup d'Etat en 19806 avec état de siège. Ce dernier se transforma en état d'exception en 1987 dans les 13 provinces kurdes.


Aujourd'hui, bien que l'état d'exception soit levé officiellement, il perdure sous d'autres formes telles que des « zones de sécurité provisoire » et l'autorisation illimitée accordée aux forces de l'ordre pour effectuer des fouilles7.

C'est dans ce contexte que la lutte armée du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qualifiée par le gouvernement turc de 29ème révolte kurde en Turquie, intervient en 1984, suivie de soulèvements populaires au Kurdistan turc dans les années 1990. La réponse des autorités turques a été violente, autant à l'égard des défenseurs des droits humains, en particulier du peuple kurde, que contre les opposants au pouvoir en place. Selon les données de l'Association des droits de l'homme de Turquie (IHD), on compte, pour la période 1990-2008, plus de 5’000 assassinats politiques, 840 cas de disparitions forcées (non encore élucidés à ce jour), des dizaines de milliers d'arrestations massives et arbitraires, le recours à la pratique de la torture à grande échelle, des déportations de villages (3’848 selon les chiffres officiels) dont trois à quatre millions de paysans kurdes déplacés, le gazage au napalm des forêts, des cultures, du cheptel... imputables aux forces de l'ordre, à la milice kurde8 et aux groupes paramilitaires.



Malgré le discours d'ouverture du gouvernement turc et les pourparlers entamés depuis plusieurs mois avec la guérilla kurde, les violations des droits humains se poursuivent avec la même intensité. En effet, durant les neuf premiers mois de 2009, l'IHD a constaté environ 13’000 violations des droits humains au Kurdistan turc lors de 25’000 arrestations, 950 incarcérations, 70 exécutions sommaires et extrajudiciaires, 25 morts dues aux mines antipersonnel, près de 1’000 personnes soumises à la torture et aux mauvais traitements9.



La constitution actuelle de la Turquie (3ème édition) a été élaborée par les militaires, auteurs du coup d’Etat, et adoptée en 1982. A l'instar des précédentes, cette dernière nie aussi les droits fondamentaux du peuple kurde. Les articles 3, 42 et 66 prônent la supériorité et le monopole de la race et de la langue turques. L'article 4 déclare qu’aucune modification de l'article 3 ne pourra jamais être proposée. Le code pénal turc, emprunté à l'Italie fasciste de Mussolini, comporte encore de nombreux articles antidémocratiques qui sont utilisés comme une épée de Damoclès contre les Kurdes, les opposants politiques et les militants des droits humains.

Le concept officiel de la lutte « anti-terroriste » vise directement le peuple kurde. Chaque Kurde revendiquant son identité est considéré comme un opposant politique ou un « terroriste » potentiel. A titre d'exemple, les dirigeants et membres des partis pro-kurdes font systématiquement objet de répression (assassinats, enlèvements, arrestations, intimidations...)10. Ces partis sont par ailleurs régulièrement interdits. Leurs successeurs subissent le même sort. Le Parti pour une Société Démocratique (Demokratik Toplum Partisi, DTP), représenté à la Grande Assemblée de Turquie par 21 députés, milite pourtant pour la démocratisation de la Turquie et la reconnaissance de l’identité et des droits du peuple kurde. Cette année encore, 450 dirigeants, cadres et membres du DTP ont été incarcérés. Parmi eux, on compte les anciens et actuels élus (maires et conseillers municipaux notamment). D'autres sont poursuivis en justice, à l'instar des députés qui font objet – entre autres – de 200 procès, pour avoir parlé en public en kurde ! Récemment encore, le 21 octobre 2009, M. Resul Ilçin, membre du DTP, a été tué en garde à vue à Idil (sous-préfecture de Sırnak). Bien que la version


officielle (police et gouverneur) avance que M. Ilçin serait décédé suite à une chute, les résultats de la première autopsie, effectuée à l'hôpital d'Etat de Diyarbakir (chef-lieu du Kurdistan turc), indiquent des coups et blessures sur la tête et différentes parties du corps de la victime11.

Dès lors, il n'est pas étonnant de voir que la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) ait condamné la Turquie 1’668 fois (entre 1998 et 2008) pour des violations graves des droits humains tel que le droit à la liberté et à la sûreté (329 fois) ou encore pour la pratique de la torture (144 fois)12.



Dans ce cadre, le constat fait en 1994 par M. Marc Galle, Parlementaire européen, garde encore toute son actualité : « la Turquie est un pays tenu mais non pas gouverné, au sens où nous l'entendons, c'est -à-dire par des institutions politiques reposant sur le suffrage populaire. Le phénomène totalitaire serait en Turquie un peu comme une vague qui se serait brisée sans qu'il y eût ensuite de ressac et dont les eaux continuent de stagner sur les rives. Ainsi, il n'est plus proéminent, mais demeure diffus dans les rouages de l'Etat sous la forme d'une


sorte de dictature prétorienne rigoureusement protégée par la constitution qui lui sert de prétexte. »13



C'est dans ce contexte qu'il faut analyser les violations des droits humains en Turquie qui sont relatées dans la présente contribution.



• Droit à la vie et à la sécurité14


En 2008, 116 personnes ont été tuées en Turquie dont 37 suites aux tirs des forces de l'ordre (lors des manifestations, non observation de sommations ou exécutions sommaires et extrajudiciaires), 45 dans les lieux de détention (sous la torture, les mauvais traitements ou privation de soins médicaux) et 34 par des « personnes non identifiées »15. Depuis 2000, le nombre de personnes tuées pour les motifs mentionnés ci-dessus s'élève à 829

.
Cette tendance macabre est plutôt à la hausse (70 exécutions au Kurdistan turc depuis début de l'année 2009), étant donné que la modification de la loi n° 5681 sur la fonction et le pouvoir de la police (Polis Vazife ve Salahiyet Kanunu) en juin 2007 facilite l'usage aux armes à feu et le recours à la force disproportionnée des forces de l'ordre. S'ajoute à cela les victimes de mines antipersonnel (un million de mines posées par l'armée dans le Kurdistan turc). En effet, entre 2002 et 2008, 289 personnes, dont une majorité d’enfants, ont été tuées et 684 autres
blessées par l'explosion de ces mines

.
Outre les disparitions forcées relatées plus haut, les forces de l'ordre ont recours de plus en plus à la pratique de la torture et aux mauvais traitements, non seulement dans les lieux de détentions, mais aussi lors de contrôles d'identité et de fouilles et lors de transfert de suspects dans les véhicules de la police. En 2008, l'IHD a recensé 1’546 cas de torture et de mauvais traitements dont un bon tiers de ces cas se sont déroulés hors de lieux de détention officiels

.

• Droit à la liberté d'opinion et d'expression


L'article 301 du Code pénal turc16 est fréquemment utilisé pour restreindre la liberté d'opinion et d'expression. Il n'est pas le seul, étant donné que 14 autres articles17 et la loi anti-terroriste (loi n° 3713) sont interchangeables avec l'article 301 pour le même objectif. Les lois sur les délits à l'égard d'Atatürk (loi n° 5816)18, les médias (lois n°5187 et n° 4676) et les partis politiques (loi n° 2820) sont également fréquemment utilisées dans le même but19.


En 2008, l'IHD a recensé: la descente et la perquisition par la police dans 103 locaux d'associations, de syndicats et de partis politiques ; la confiscation et l'interdiction de 100 titres et publications (journaux, périodiques, livres, émissions télévisées, etc.) ; la poursuite en justice de 2’641 personnes pour avoir exercé leur droit à la liberté d'opinion et d'expression. A l'issue de 177 procès, 380 personnes ont été condamnées au total à 432 ans, sept mois et cinq jours d'emprisonnement et à 321’847 livres turques20 d'amendes21.


Cette tendance se poursuit en 2009. En effet, durant les trois premiers mois de 2009, 110 personnes, dont 60 journalistes, ont été poursuivies en justice22. Actuellement, huit directeurs de publication et 33 journalistes et écrivains sont toujours emprisonnés en Turquie.


Un exemple parmi tant d'autres: arrêté à Istanbul le 30 septembre 2009 à Istanbul, M. Murad Akincilar (47 ans, secrétaire syndical à Unia à Genève) a été incarcéré le 4 octobre 2009 en vertu de la loi anti-terroriste turque. Economiste, syndicaliste, formateur et écrivain, M. Akincilar est un intellectuel turc qui milite pour le respect des droits humains et la démocratisation de son pays. En Turquie, il collabore, entre autres, avec Özgür Üniversité (Université libre), Iktisat Dergisi (la Revue économique), l'annuaire du syndicat Petrol-Is, le Forum social de la


Mésopotamie et la revue Transformation démocratique. Dans un récent article paru dans cette dernière publication, M. Akincilar analyse les politiques des autorités turques à l'égard des mouvements sociaux et du mouvement populaire kurde dans le contexte de la crise économique23.


La Plate-forme de solidarité avec les journalistes détenus en Turquie (TGDP) s'est mobilisée en sa faveur et déclare : « Le fait de mépriser le professionnalisme des journalistes opposants au régime, accuser sans aucun fondement ces derniers d'être 'membres d'organisations terroristes' et de vouloir les réduire au silence sont des politiques traditionnelles de l'Etat [turc, ndr]. En tant que Plate-forme de solidarité avec les journalistes détenus, nous protestons vivement contre ce genre de pratique et toutes répressions à l'égard des journalistes opposants
au régime. Nous réclamons la libération de Murad Akincilar et de tous les journalistes détenus ainsi que l'abrogation de l'art. 301 du code pénal (loi anti-terroriste). »24



• Libertés religieuses et linguistiques


Le Traité de Lausanne (1923), acte fondateur de la République de Turquie actuelle25, est très clair quant aux libertés religieuses et linguistiques: « Le gouvernement turc s'engage à accorder à tous les habitants de la Turquie pleine et entière protection de leur vie et de leur liberté, sans distinction de naissance, de nationalité, de langue, de race ou de religion. Tous les habitants de la Turquie auront droit au libre exercice, tant public que privé, de toute foi, religion ou croyance dont la pratique ne sera pas incompatible avec l'ordre public et les bonnes moeurs. » (art. 38). Pourtant, dans son interprétation unilatérale officielle, le gouvernement turc ne reconnaît que les droits confessionnels et linguistiques de trois communautés, à savoir grecque, arménienne et juive qui sont basées principalement à Istanbul. Et dans la pratique, ces communautés jouissent de leurs droits fondamentaux de manière limitée et sont soumises à diverses répressions avec pour conséquence une diminution constante de leur nombre26.


Par ailleurs, bien que la Turquie moderne ait aboli le système du califa et consacré le principe de la laïcité dès sa première constitution, les autorités turques ont créé en parallèle un Ministère du Culte qui, dans les faits, ne fait que promouvoir l'islam sunnite au détriment d'autres confessions27.



• Impunité


Il est extrêmement rare de voir des membres des forces de l'ordre qui commettent des graves violations des droits humains (assassinats et tortures en particulier) condamnés par la justice turque. Pire, certaines décisions de la justice ont tendance à encourager les violations des droits humains comme en témoignent les exemples suivants.
De nombreuses plaintes contre la pratique de la torture sont tout simplement classées sans suite comme le cas du mineur C. E. (16 ans), arrêté lors des festivités de Newroz (nouvel an kurde) en mars 2008 à Hakkari et torturé en garde à vue; au contraire, C. E. est poursuivi par la justice turque pour appartenance à une « organisation terroriste » avec une demande de 30 ans de prison28.


Le 21 septembre 2009, la Cour de cassation a acquitté un officier de l'armée (G. Y.), qui avait tué un passant (M. Abdullah Aydan) en 2005 alors qu'il tirait sur les manifestants à Siirt, arguant qu'il fallait tenir compte de la « particularité de la région » [Kurdistan turc]...29 Il en a été de même pour l'assassinat de M. Ahmet Kaymaz et son fils Ugur (12 ans), criblés de balles devant leur logement le 21 octobre 2004 à Kiziltepe (Mardin), pour lequel la Cour de cassation a conclu (19 juin 2009) à la « légitime défense » des forces de l'ordre...30


D'ailleurs, le Ministre de l'Intérieur reconnaît lui-même que 98 % des plaintes, administratives et judiciaires, déposées entre 2003 et 2008 à l'égard des membres de forces de l'ordre, ont abouti à des acquittements ou à des classements.



• Droits de l'enfant


Si les enfants en Turquie sont privés de nombreux droits humains (le droit à l'éducation, à la santé et au logement entre autres), les défenseurs des droits humains sont particulièrement préoccupés par le sort réservé aux enfants emprisonnés et poursuivis en justice en vertu de la loi anti-terroriste. En effet, entre 400 (selon les chiffres officiels) et 700 (selon les observateurs) enfants ont subi des mauvais traitements en garde à vue dans la seule province de Diyarbakir et la plupart d'entre eux ont été incarcérés. Dans d'autres provinces, les enfantsauraient été même torturés en garde à vue31.


Suite à la modification de la loi anti-terroriste en 2006, mais aussi en vertu des articles 22032 et 34033 du code pénal turc, 1’572 enfants ont été traduits devant les tribunaux. 250 enfants, entre 12 et 15 ans, sont à ce jour en détention préventive et sont jugés à la Cour d’assise, avec des demandes de peine allant jusqu’à 40 ans de prison, pour avoir lancé des pierres contre les forces de l’ordre ou fait le symbole de la victoire lors des manifestations34. A titre d'exemple, la 4ème Chambre de la Cour d’assise de Van a condamné en mars dernier Yakup Turgut (15 ans au moment de son arrestation en 2006) à 90 ans de prison pour être impliqué dans
l’attentat contre un poste de police à Van en 2006, bien que les auteurs de cet attentat aient été arrêtés par la suite35. Quant à la Cour d'assise d'Adana, avec la récente condamnation de deux mineurs, M. C. et M. A. (16 et 17 ans condamnés à quatre ans et deux mois chacun), elle a condamné jusqu'ici 103 enfants kurdes à un total de 477 ans et huit mois de prison36

.

• Droits syndicaux37


Les droits syndicaux ne sont pas encore pleinement reconnus en Turquie. Les syndicats doivent obtenir une autorisation officielle pour organiser des réunions ou des rassemblements, et laisser la police y assister et enregistrer leurs débats. Les grèves de solidarité, les grèves générales, les grèves perlées et les occupations de lieux de travail sont toujours interdites. Des peines graves, de prison notamment, sont prévues en cas de participation à ces grèves. Toute grève non convoquée par un conseil exécutif syndical est interdite. Les grèves pour non-respect des conventions collectives du travail sont aussi interdites.


Les travailleurs syndiqués et les dirigeants syndicaux sont soumis à de fortes pressions autant de la part des employeurs du secteur privé que de la part du gouvernement. Si les premiers ont fréquemment recours au licenciement collectif de travailleurs syndiqués pour affaiblir ou détruire les syndicats, le deuxième a tendance à créer des syndicats jaunes à sa solde.


A titre d'exemples, en janvier 2008, la direction de Çaykur Enterprise, qui exploite 52 usines à travers la Turquie, a entamé des manoeuvres pour forcer les travailleurs à adhérer à un syndicat connu pour être proche du gouvernement. Sur un effectif total de 14’000 employés, environ 9’500 étaient affiliés au syndicat TEKGIDA-Is, qui représentait les travailleurs de cette entreprise aux négociations collectives depuis plus de 50 ans. Le ministère du Travail a dépouillé TEKGIDA-Is de ses droits de négociation collective et a transmis ceux-ci au syndicat jaune.


Durant l'année écoulée, la Confédération syndicale des travailleurs de la fonction publique de Turquie (KESK) relève une recrudescence de la persécution à l’encontre des membres de son exécutif et des dirigeants de sections. Ainsi, plus de 600 de ses membres ont dû se soumettre à des « enquêtes disciplinaires » pour avoir pris part à des activités syndicales. A l'heure actuelle, 22 dirigeants de ce syndicat sont incarcérés.


Au cours de l'année 2008, de nombreuses entreprises privées ont licencié des travailleurs pour leur participation aux activités syndicales. A titre d'exemple, 116 travailleurs, tous affiliés au Syndicat des travailleurs des coopératives et des bureaux (KOOP-Is), ont été congédiés pour leur participation aux activités syndicales dans les magasins Praktiker, Bauhaus, Ikea et Adese à Istanbul, Ankara, Izmir, Adana, Gaziantep et Konya.


Par ailleurs, il faut souligner que la législation turque sur la sécurité de l’emploi ne s’applique qu’aux entreprises dotées d’un effectif de 30 salariés minimum. Par le jeu du recours à la sous-traitance et aux contrats à durée déterminée, près de 95% des lieux de travail comptent moins de 30 salariés.



• Recommandations


Pour le respect des droits humains, la lutte contre l'impunité et pour la prévention des violations aux droits humains, nous recommandons au gouvernement turc, de concert avec les organisations de défenses des droits humains en Turquie, de prendre les mesures suivantes:



1) le respect et la pleine application des normes internationales des droits humains et notamment des Pactes et Conventions dont la République de Turquie est partie ;


2) la mise en oeuvre immédiate des recommandations des organes de traités des Nations Unies et la mise en conformité de sa législation suivant les jugements rendus par la Cour européenne des droits de l’homme ;


3) la modification de la constitution de 1982, de sorte que l'exclusion ethnique, culturelle et religieuse prenne fin et que la protection de tous les droits humains pour tous soit assurée ;


4) l'abrogation de toutes les lois niant l'identité, la langue et la culture kurde et la réhabilitation del'enseignement et de l'usage de la langue kurde, y compris la restitution des noms des lieuxd'établissement et des prénoms kurdes ;


5) l’utilisation de la langue kurde en tant que langue officielle au Kurdistan turc et dans des régions où la population kurde constitue un groupe important ;


6) la modification de la loi sur les partis politiques, notamment la baisse du quorum des voix obtenues (de 10 % à 5 %) pour la représentation à la Grande Assemblée ;


7) l’arrêt de la répression à l’encontre du parti pro-kurde DTP ;


8) l'abrogation de toute disposition législative, notamment la loi anti-terroriste, s'opposant à la liberté d'opinion et d'expression ;
9) l'arrêt des opérations militaires au Kurdistan turc, la levée de toutes les mesures d'exception dans cette région et la poursuite des pourparlers entamés entre le gouvernement turc et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) pour trouver une issue pacifique à la question kurde en Turquie ;


10) la proclamation d'une amnistie générale inconditionnelle pour tous les prisonniers politiques et les combattants du PKK et l'établissement des conditions nécessaires pour leur intégration dans la société ;


11) l'abolition du système des gardiens de village (milice Kurde) qui est à l'origine de nombreuses violations des droits humains ;


12) la création des conditions nécessaires (sécurité et indemnisation en particulier) pour le retour des paysans kurdes déplacés ;


13) le déminage du Kurdistan turc afin que les terres puissent être dévolus, à l'agriculture et à l'élevage ;


14) la création d'une commission vérité, avec la participation des représentants de la société civile, qui enquêterait sur les graves violations des droits humains (assassinats politiques, disparitions forcées, cas de torture, destruction des villages et déplacements forcés des paysans en particulier) et jugerait leurs auteurs.

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1 Aujourd'hui on ne compte qu'environ 60’000 Arméniens et 15’000 Grecs en Turquie (basés essentiellement à Istanbul).
2 En absence de recensement officiel, on estime de nos jours le nombre de Kurdes en Turquie à plus de vingt millions.
3 « Türk Tarih Tezi, Günes Dil Teorisi ve Kürt Sorunu », Ismail Besikçi, Ankara, juin 1977, et Appel du Kurdistan n° 21, septembre 1997.
4 En effet, suite à l’accord conclu entre les principautés kurdes et l'empire ottoman au XVIème siècle, le pays kurde a pris le nom de
« Vilayet-i Kurdistan » (province du Kurdistan, 1516). D'ailleurs, lors que le Sultan ottoman a admis, dans la deuxième moitié du
XIXème siècle l'instauration d'un parlement, on appelait les députés kurdes qui y siégeaient les députés du Kurdistan. Depuis la
création de la République de Turquie cette appellation a été proscrite par les Autorités.
5 Bien qu'une chaîne de télévision étatique, émettant en kurde, ait été lancée au début de cette année, les enfants et les jeunes
kurdes sont toujours privés d'enseignement dans leur langue maternelle et l'usage du kurde reste banni dans l'administration.
6 Ces 50 dernières années, l'armée turque a procédé à trois coups d'Etat (1960, 1971 et 1980), sans parler de ses interventions directes
périodiques dans la politique du pays (en particulier en 1997 et en 2007), voir Info-Türk n° 373, septembre 2009.
7 Rapport annuel 2008 de la Fondation turque des droits de l'homme, TIHV, avril 2009.
8 Supplétif de l'armée turque, ce groupe a été mis en place en 1985 sous l'appellation de Gardiens de village. Armés et payés par le
gouvernement turc, leur nombre s'élève actuellement à 71 000 (selon les chiffres officiels), cf. le quotidien Milliyet du 25 septembre 2009.
9 Dépêche de l'agence ANF du 27 octobre 2009.
10 Créé en 1990 pour la première fois sur le plan légal sous le nom de « Halkin Emek partisi » (HEP), le parti politique pro-kurde a dû
depuis changer plusieurs fois son nom suite aux interdictions (HEP, DEP, HADEP, DTP).
11 Dépêche de l'agence BIAnet du 23 octobre 2009.
12 Durant la période considérée, la CEDH a traité 1905 plaintes dont 203 ont abouti à un règlement à l'amiable et 34 autres à non
violation, voir rapport annuel 2008 de la CEDH, Strasbourg 2009.
13 Mission d'information en Turquie sur la levée de l'immunité parlementaire de députés kurdes, 8-11 mars 1994.
14 Rapport spécial sur le droit à la vie 2008, publié par la Fondation turque des droits de l'homme (TIHV) le 1er janvier 2009, Rapport
spécial de la TIHV sur les conséquences de la mise en oeuvre (depuis deux ans) de la loi sur le pouvoir et la fonction de la police du
16 juin 2009, le Rapport annuel 2008 des violations des droits humains de l'Association des droits de l'homme (IHD), le Rapport
annuel 2008 de la TIHV, avril 2009, Mayinsiz Bir Türkiye (Une Turquie sans mines anti-personnel), www.mayinsizbirturkiye.org.
15 Annexe 1 - Liste des personnes tuées en 2008.
16 Cet article punissait antérieurement les atteintes à « l'identité turque ». Avec la modification faite en avril 2008, il punit celles à la
« nation turque ».
17 Articles 84, 125, 132, 133, 134, 215, 216, 218, 285, 286, 288, 299, 305 et 318 du Code pénal.
18 En vertu de cette loi, toute personne qui ose « insulter à la mémoire » du fondateur de la Turquie (mort il y a 71 ans) ou
endommage ses statuts d'une manière ou autre est punissable de 1 à 5 ans de prison. Si ce délit est commis collectivement (dès
deux personnes), la peine est majorée de 50 %.
19 Rapport annuel 2008 de la Fondation turque des droits de l'homme, TIHV, avril 2009
20 1 nouvelle livre turc (YTL) équivaut à 0,75 dollar nord américain (octobre 2009).
21 Rapport annuel 2008 des violations des droits humains de l'Association des droits de l'homme (IHD).
22 BIA Medya Gözlem Raporu (Rapport de l'Observatoire des médias de BIA), 1er mai 2009.
23 Voir l'article intitulé « Kriz Konjonktüründe Sinif Politikasi ve Kürt Halk Hareketi » (Politique de classe et mouvement populaire kurde
dans la conjoncture de crise), http://demokratikdonusum.org/arsiv/yeni1.pdf
24 Communiqué de presse du TGDP du 6 octobre 2009.
25 L'article 37 dudit Traité stipule que « La Turquie s'engage à ce que les stipulations contenues dans les articles 38 à 44 [portant sur
les minorités] soient reconnues comme lois fondamentales, à ce qu'aucune loi, aucun règlement, ni aucune action officielle ne
soient en contradiction ou en opposition avec ces stipulations et à ce qu'aucune loi, aucun règlement ni aucune action officielle ne
prévalent contre elles. »
26 On ne compte actuellement qu'environ 60’000 Arméniens et 15’000 Grecs dans le pays alors qu'ils étaient à la sortie de la première
guerre mondiale respectivement 300’000 et 1'700’000. Quant aux Assyriens vivant au Kurdistan turc, un des peuples plus anciens
de la région, ils ne jouissent d'aucun droit et sont sur le point de s'éteindre.
27 Ce dernier (appelé Diyanet Isleri Baskanligi) compte actuellement plus de 100’000 fonctionnaires dont plus de 80’000 imams, employés
également dans des pays où l'immigration turque est importante (cf. www.diyanet.gov.tr/turkish/tanitim/rapor_ms2007.pdf)
28 Dépêche de l'agence BIA du 29 septembre 2009.
29 Dépêche de l'agence Ak News du 22 septembre 2009.
30 Dépêche de l'agence BIA du 19 juin 2009.
31 Rapport 2008 sur les enfants en conflit avec les lois (Kanunla Ihtilafa Düsen Cocuklar Raporu), IHD, mai 2009.
32 Punissables de 1 à 3 ans, ceux ou celles qui créent, dirigent ou adhèrent à une organisation illégale.
33 Punissables de 5 à 15 ans, ceux ou celles qui créent, dirigent ou adhèrent à une organisation illégale armée.
34 Rapport intitulé « Human Rights, The Kurdish Issue and Turkey », by Muharrem Erbey, Président de la section de Diyarbakir et
Vice-Président national de l'IHD, septembre 2009.
35 Le quotidien Yeni Özgür Politika du 1er mars 2009.
36 Dépêche de l’agence ANF du 23 octobre 2009.
37 Voir « Rapport annuel 2008 des violations des droits syndicaux » de la Confédération internationale syndicale ».

VOIR AUSSI
Annexe 1 - Liste de victimes d'exécutions sommaires, extrajudiciaires en 2008
Annexe 2 - Liste de disparitions forcées

http://www.cetim.ch/fr/interventions_details.php?iid=334

 


Examen périodique universel de la Turquie - Annexe 1

Examen périodique universel 2010

8ème Groupe de travail (3 au 14 mai)

 

VICTIMES D’EXÉCUTIONS SOMMAIRES ET EXTRAJUDICIAIRES EN 20081

En 2008, 116 personnes ont été tuées en Turquie dont 37 suites aux tirs des forces de l'ordre(lors des manifestations, non observation de sommations ou exécutions sommaires et extrajudiciaires), 45 dans les lieux de détention (dues à la torture, aux mauvais traitements, à la privation de soins médicaux ou aux « suicides ») et 34 par des « personnes non identifiées ». Depuis 2000, le nombre de personnes tuées pour les motifs mentionnés ci-dessus s'élève à 829.

 

Cette tendance macabre est plutôt à la hausse, étant donné que la modification de la loi n°5681 sur la fonction et le pouvoir de la police (Polis Vazife ve Salahiyet Kanunu) en juin 2007 facilite l'usage aux armes à feu et le recours à la force disproportionnée des forces de l'ordre turques.

En effet, entre juin 2007 et juin 2009, la Fondation turque des droits de l'homme a enregistré1605 violations des droits humains lors de 331 événements déroulés dans 47 provinces en Turquie. Durant cette même période, 40 personnes ont été tuées par la police turque lors des manifestations, des descentes dans des logements ou non obéissance à des sommations et 13 autres en gardes à vue.



Il faut souligner à ce propos que des dizaines de personnes sont blessées chaque année dans ce pays, parfois grièvement, à l'instar de Ferhat Gerçek qui est paralysé à vie par les balles de la police alors qu'il vendait en toute légalité des journaux de gauche à Istanbul le 7 octobre 2007. Il en est de même pour Alisan Kusan (13 ans) qui a été grièvement blessé par des tirs de la police le 5 juillet 2008 à Van pour ne pas avoir obéit à une sommation...



1. Personnes tuées par les forces de l'ordre
(lors des manifestations, non observation de sommations ou
exécutions sommaires et extrajudiciaires)

Date - Nom - Lieu

05.01 Ibrahim TINAZ Adapazari
17.01 Murat KURTARAN Adana
26.01 Hüseyin TURGUT Yalova
15.02 Yahya MENEKSE (16 ans) Cizre
20.02 Ahmet CAKAL Izmir
05.03 Mehmet DENIZ Ercis (Van)
22.03 Zeki ERIK Van
22.03 Ramazan DAL Van
23.03 Ikbal YASAR Yüksekova (Hakkari)
23.03 Fahrettin SEDAL Yüksekova (Hakkari)
01.05 Adil XWESTI et Selim BERCEF Sindi (Nord de l’Irak)
11.05 Aziz ÖZER Ciçekli/Gürpinar (Van)
11.06 Adam TERRY Kirklareli
16.06 E. C. Ankara
26.06 Ömer SOYUTEK Bayat/Yildizeli (Sivas)
03.07 Tekin EDIS et Mehmet ÖZTUNC Marinus (Hakkari)
04.07 Mirsevdin HACETMEN Dogubeyazit (Agri)
09.07 Ressortissant iranien non identifié Aralik (Igdir)
10.07 Orhan OFLAS Carsi mahallesi???
15.07 Gürsel VAROL Ankara
06.08 Cem INCI Istanbul
11.08 Orhan CANER Hatay
22.08 Mehmet DÖLEK et Mustafa TANGÜNER Derik (Mardin)
23.08 Ahmet SARGIN Sapanca (Sakarya)
25.08 Turan ÖZDEMIR Sivas
25.08 Gökhan ERGÜN Bursa
26.08 Cengiz KOC Nilüfer (Bursa)
28.08 Nusret KALKAN Beyazsu/Nusaybin (Mardin)
03.09 Resat CICEK Yüksekova (Hakkari)
12.09 Murat TEKDAL Lice (Diyarbakir)
20.10 Ahmet ÖZHAN Dogubeyazit (Agri)
27.10 Cagdas GEMIK Antalya
18.11 Dogan KALENDER Izmir
19.11 Soner CANKAL Ankara
20.11 Muhsin KASAPOLI Istanbul

2. Personnes tuées en garde à vue

Date - Nom - Lieu

27.05 Selçuk YILDIR Kocaeli
13.06 Vusale SÜLEYMANOVA Igdir
02.07 Metin YÜKSEL Zonguldak
09.07 Personne non identifiée Yüksekova (Hakkari)
12.10 Ahmet LACIN Bagcilar (Istanbul)
10.11 Serkan CEDIK Bursa
26.11 Erdal KELOGLU Zonguldak
03.12 Abbas INAN Canakkale

3. Personnes tuées dans les prisons turques
(dues à la torture, aux mauvais traitements, à la privation de
soins médicaux ou aux "suicides")

Date - Nom - Lieu

06.01. Ibrahim TURAN prison fermée de Mardin
11.01 Mustafa ÖZEN prison fermée de type E d'Aydın
17.01 S. Y. prison de Turgutlu (Manisa)
25.01 Senol KAZANASMAZ prison de Kiriklar de type F (Izmir)
26.01 Hasan EROGLU prison de Sincan de type F n° 2 (Ankara)
18.02 Nazmi Nejat ARIBAS prison d'Antalya type L
22.02 Taner CELIK prison d'İnebolu
16.06 Tahsin ALTUN prison de Mardin type E
05.03 M.D. prison de Nazilli de type E (Manisa)
22.03 Osman DÖNMEZ prison de Tekirdag de type F
27.03 Ismail Hakki KAYA prison d'Antalya de type L
02.04 Mehmet HAYIR prison de Bahçecik (Trabzon)
02.05 Halim KÜCÜK prison fermée de Gebze de type M (Kocaeli)
26.06 Ahmet SAGLAM prison d'Antalya de haute sécurité de type L
01.07 Kuddusi OKKIR hôpital d'Edirne
12.07 Bülent GÜLBAY prison fermée d'Ermenek de type M (Karaman)
18.07 Mehmet SEVIL prison de Kürkçüler (Adana)
20.07 Mehmet ÖLCÜM prison d'Alanya de type L
21.07 M. E. prison fermée de Nazilli de type E (Manisa)
24.07 Aytekin GÜMÜSBAS prison fermée de Mugla de type E
25.07 Yilmaz ÖZDEMIR prison fermée de Fethiye
25.07 Alaattin BALAMAZ prison de Kürkçüler (Adana)
29.07 Ali CEKIN hôpital de Cerrahpasa (Istanbul)
02.08 Abdullah EKINCI hôpital psychiatrique de Bakirköy (Istanbul)
04.08 Sükrü EGE prison n° 1 de Kiriklar de type F (Izmir)
07.08 Mustafa LEVENTCANLI prison ouverte d'Adana
08.08 Ahmet SIREN prison de Bingöl d type M
21.08 Abdülaziz EKINCI prison de Mardin
15.09 Cuma BAYRAM prison de Dogansehir (Malatya)
24.09 Adem YENILMEZ prison de Mus
02.10 Duran DOGAN prison de Metris (Istanbul)
01.10 Murat CÖMEZ et Mecit AKAYA prison militaire d'Hasdal (İstanbul)
06.10 Engin CEBER hôpital de Sisli Etfal (Istanbul)
06.10 Hüseyin SASMAZ prison de Gaziantep de type H
19.10 Ismet KÖSEBALABAN prison fermée de Canakkale
15.10 Umut BAYRAM prison de Maltepe (Istanbul)
16.12 Fatih KOLBASAR prison de Ferizli de type L (Sakarya)

4. Assassinats par des "personnes non identifiées"

Date - Nom - Lieu

24.02 Mehmet Oktay ICGEN Gaziantep
31.03 R. K. (13 ans) Hizan (Bitlis)
31.03 Arif ALTAK Adana
06.04 Découverte d'un cadavre non identifié, torturé et exécuté par balle Hakkari
21.04 Sahin TEPELI Kayalıkale/Varto (Mus)
22.04 Sehabbetin KARAMAN Güvendik/Baskale (Van)
30.04 Raif IZCI Egani (Diyarbakir)
20.05 Yusuf KILIC et Kemal ERBEYI Istanbul
25.05 Mevlüt AYTEKIN Bilgeç/Baskale (Van)
30.05 Baris ADSAZ Istanbul
05.06 Kenan AKTIMUR Tunceli
10.06 Efraim CIFTCIOGLU Palu (Elazig)
24.06 Necmettin BARUT Yüksekova (Hakkari)
13.07 Kadir KARATAS Patnos (Agri)
15.07 Ahmet YILDIZ Istanbul
17.07 Muhyettin ÖKSÜN et Ömer ÖKSÜN Kemberli/Bismil (Diyarbakir)
19.07 Sefik AK, Aziz AK, Hamit AK et Firat BAYRAM Eskiköy/Genç (Bingöl)
06.08 Découverte d’un cadavre non identifié, exécuté d'une balle dans la tête Baskale (Van)
01.09 Faik HANCER Siverek (Sanliurfa)
05.09 Muhittin FIDAN Cevreli/Genç (Bingöl)
11.09 Remzi BULMUS Cukurdere (Bingöl)
15.09 Suat BOZDAG Siverek (Sanliurfa)
20.09 Serdar KIRTAY Mezelek/Egil (Diyarbakir)
27.09 Halil ERDEM Viransehir (Sanliurfa)
04.10 Nazim CINAR et Mahmut DEMIR Ekinciler (Diyarbakir)
10.11 Dilek INCE Ankara
24.11 Mehmet TUNC (15 ans) Cizre (Sirnak)
04.12 Ümit KARABABA Istanbul

http://www.cetim.ch/images/pixel_black.gif

1) Sources : Rapport spécial sur le droit à la vie 2008, publié par la Fondation turque des droits de l'homme (TIHV) le 1er janvier 2009, Rapport spécial de la TIHV sur les conséquences de la mise en oeuvre (depuis deux ans) de la loi sur le pouvoir et la fonction de la police du 16 juin 2009, le Rapport annuel 2008 des violations des droits humains de l'Association des droits de l'homme (IHD), le Rapport annuel 2008 de la TIHV, avril 2009.

http://www.cetim.ch/fr/interventions_details.php?iid=335

 


Examen périodique universel de la Turquie - Annexe 2

Examen périodique universel 2010

8ème Groupe de travail (3 au 14 mai)

 

Liste de disparitions forcées



Dans l'histoire récente de la Turquie, le phénomène des disparitions forcées ou involontaires s'est manifesté surtout entre 1990 et 2001, avec une ampleur inquiétante. Si depuis cette date, le nombre de disparitions forcées ont fortement diminué, il faut souligner qu'un certain nombre de disparus se transforment en « cadavre », c'est-à-dire « assassinés par des personnes non identifiées », d'autres sont disparus à jamais. La majorité des cas sont survenus au Kurdistan turc. Les victimes sont des défenseurs des droits humains, des journalistes, des avocats, des activistes kurdes, des dirigeants d'organisations ainsi que de simple citoyens, notamment des paysans. Les auteurs désignés sont des forces de l'ordre officielles (l'armée ou la police) ou des forces paramilitaires, selon des témoignages concordants. A ce jour, 840 disparitions forcées, enregistrées par l'Association des droits de l'homme de Turquie (IHD) et la Fondation turque des droits de l'homme (TIHV) n’ont toujours pas été élucidées.

La liste ci-dessous, soumise à la conférence internationale sur les personnes disparues en garde à vue (tenue entre les 16 et 20 mai 2006 à Diyarbakir (chef-lieu du Kurdistan turc), comporte 1251 noms1. Nous avons pris comme base les disparitions à partir de 1980 (date du dernier coup d'Etat en Turquie), faisant abstraction aux disparitions antérieures recensées (10 personnes). Cette liste comporte ainsi 1241 noms.



A noter que, en 2008, la section d'Istanbul de l'IHD a enregistré deux nouveaux cas de disparitions (Hasan Onay et Enver Elbat).



Un exemple parmi tant d'autres2


Le 19 avril 1995, une unité de la Gendarmerie est de sortie près du village de Kuruçayir, non loin de de Diyarbakir, sous le commandement de Hasan Kundakçi. Tombé dans l’embuscade préparé par le corps de la gendarmerie, M. Ali Ihsan Dagli, « simple » villageois blessé, est arrêté. Alors que le village de Kuruçayir est détruit et brûlé, M. Dagli et sept autres villageois sont amenés dans un domaine pour subir la torture. M. Ali Ihsan Dagli est ensuite transporté vers un lieu inconnu par un hélicoptère de l’armée turque. Malgré les innombrables démarches entreprises auprès de l’Etat turc, la famille reste sans nouvelle. M. Dagli est porté disparu. L’Etat turc, en réponse à la demande de nouvelle formulée par la famille, répond ne pas connaître l’individu.


Pourtant, l’un des sept villageois arrêté et torturé en même temps que Monsieur Dagli, Ramazan Ökmez, déclare avoir entendu M. Dagli crier « Ne me tuez pas, j’ai des enfants! ». Une photo prise par un soldat – envoyée au siège de Human Rights Watch à New York – témoigne également de l’arrestation du disparu. Les voies de droit internes étant épuisées, la famille Dagli a saisi la Cour européenne des droits de l’Homme. Dans une note envoyée à la Cour, le Ministère des affaires étrangères explique que M. Dagli n’a jamais été placé en garde à vue. Seulement, les témoins et la photo attestent du contraire. La Cour européenne des droits de l’Homme décide alors de condamner la Turquie le 26 avril 2007 pour violation des articles 2 (droit à la vie) et 13 (droit à un recours effectif) de la Convention de sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales3.



Nom et prénom Date Lieu de disparition
Gazal ... 1980 Mardin
Hüseyin Morsümbül 18.09.1980 Bingöl
Cemil Kırbayır 09.10.1980 Kars/Göle
Hayrettin Eren 21.11.1980 İstanbul
Mahmut Kaya 25.12.1980 Kars
Nurettin Yedigöl 12.04.1981 İstanbul
Zeki Altınbaş April 1981 Yalova
M. Zeki Yıldız 1981 Van/Gercüş
Gürkan Mungan December 1983 Ankara
Maksut Tepeli 01.02.1984 İstanbul
Nurettin Öztürk 04.04.1984 Ankara
Ömer Aydar 1984 Şırnak
Masum Korkmaz 28.03.1986 Siirt
Halit Yaşar 27.02.1987 Mardin/Cevzad (Ceviz) Köyü
Ömer Savun 06.05.1989 Siirt
Hüseyin Demirtaş 26.05.1989 Siirt
Halil Acar - Ve 8 kişi 13.03.1990 Mardin
Adnan Bağca 11.06.1990 Siverek
Abdullah Kurt September 1990 Hakkari/Yüksekova
Yusuf Erişti 14.03.1991 İstanbul
İbrahim Gündem 25.09.1991 Diyarbakır/Hazro
Hamit Abi 24.10.1991 Irak sınırı
Hüseyin Toraman 27.10.1991 İstanbul
Misbah Doğru 20.11.1991 Diyarbakır/Tekkapı
Abdulhakim Kartal 1991 Batman
İhsan Güler 1991 Kars/Göle
Mehmet Demir 10.01.1992 Siirt
Fahrettin Alınbay 01.01.1992 Siirt
Durmuş Çaylak 09.02.1992 Fethiye
Ebedin Yaşlı 10.04.1992 Diyarbakır/Dicle/Döğer Köyü
Hüseyin Yaman 04.05.1992 İstanbul
Soner Gül 04.05.1992 İstanbul
Hasan Gülünay 20.07.1992 İstanbul
Mehmet Ertak 22.08.1992 Şırnak
Ayhan Efeoğlu 06.10.1992 İstanbul
Abdülmenaf Tohumeken 11.11.1992 Diyarbakır/Bağlar
Namık Erkek 19.12.1992 Mersin
Abdurrahim Kalkan 1992 Batman
İbrahim Kaya 1992 Şırnak/Cizre
Mehmet Yaşar 1992 Hakkari/Yüksekova
M. Emin Abak 13.01.1993 Mardin/Eroğlu Köyü
Ömer Öner 14.01.1993 Diyarbakır/Aktepe Köyü
Ali Kırlangıç 07.03.1993 İstanbul
İbrahim Ertaş 17.03.1993 Mardin/Kızıltepe/Beşdeğirmen Köyü
Ahmet Şahin March 1993 Diyarbakır/Hazro
Halim Halıcıoğlu May 1993 Diyarbakır
İbrahim Akıl 14.06.1993 Şırnak
Hikmet Şimşek 14.06.1993 Şırnak
Salih Demirkan 14.06.1993 Şırnak
Hamdi Şimşek 14.06.1993 Şırnak
Halit Özdemir 14.06.1993 Şırnak
Şemdin Culaz 14.06.1993 Şırnak
İhsan Uygar 06.07.1993 İstanbul
Yüksel Alptekin 06.07.1993 İstanbul
Ferhat Tepe 28.07.1993 İstanbul
Erdoğan Şakar 13.08.1993 İstanbul
Abdülvahap Timurtaş 14.08.1993 Şırnak/Silopi
Serhan Dehmen 08.09.1993 İstanbul
Abdo Yamuk 09.10.1993 Diyarbakır/Kulp/Alacaköy
Bahri Şimşek 09.10.1993 Diyarbakır/Kulp/Alacaköy
Behçet Tutuş 09.10.1993 Diyarbakır/Kulp/Alacaköy
Nusrettin Yerlikaya 09.10.1993 Muş/Kayalısu Köyü
Muhsin Taş 14.10.1993 Şırnak/Cizre
Yılmaz Gümüş 21.10.1993 Batman
Bahri Karaaslan 29.10.1993 Diyarbakır
Üzeyir Kurt 25.11.1993 Diyarbakır/Bismil
Ahmet Çakıcı 28.11.1993 Diyarbakır/Hazro
Ahmet Kalper 06.12.1993 Urfa/Siverek
Hüseyin Taşkaya 06.12.1993 Urfa/Siverek
Ahmat Kalpak 06.12.1993 Urfa/Siverek
Faik Kevci December 1993 ......
Emin Kaya 1993 Diyarbakır/Çınar
Behçet Kaya 1993 Diyarbakır/Çınar
Enver Özmen 1993 Bitlis/Hizan/Sırmaçek Köyü
Murat Aslan 1993 Diyarbakır
Nezir Tekçi 1993 Hakkari
M. Veysi Sezer 1993 Diyarbakır/Bismil
Mehmet İnan 1993 Siirt
Abdullah Buluter 1993 Batman/Oymataş Mezrası/Şeyh Köyü
Hüseyin Sevim 1993 Batman/Balpınar
İskender Sevim 1993 Batman/Balpınar
Sadıka Dal 1993 Mardin/Nusaybin
Tahar Başar 1993 Van/Tatvan
Yahya Akçara 1993 Diyarbakır/Silvan/Feridun Mahallesi
A. Celil Aydoğan 1993 Diyarbakır/Kulp/Alacaköy
Hasan Avar 1993 Diyarbakır/Kulp/Alacaköy
Şerif Avar 1993 Diyarbakır/Kulp/Alacaköy
Nurettin Yerlikaya 1993 Diyarbakır/Kulp/Alacaköy
Turan Demir 1993 Diyarbakır/Kulp/Alacaköy
Ümit Taş 1993 Diyarbakır/Kulp/Alacaköy
Yahya Yelkat 1993 Mardin/Midyat
Mahsum Güvenç 1993 Diyarbakır
Mehmet Selim Balkan 1993 Diyarbakır
Fahrettin Tan 27.01.1994 ....
Ali Efeoğlu January 1994 İstanbul
Aziz Alptekin January 1994 Mardin/Midyat/Daline Köyü
Seyfettin Işık January 1994 Bitlis/Korcan Köyü
Ahmet Işık January 1994 Bitlis/Korcan Köyü
Hüseyin Uğurlu January 1994 Muş
Şevki Şeker January 1994 Batman/Hasankeyf
Fethi Yıldırım January 1994 Urfa/Viranşehir
Hasan Baykara February 1994 Şırnak/Cizre
İskan Aslan February 1994 Şırnak/Cizre
Nayıf Umaz 07.06.1994 Urfa/Viranşehir/Göğerli (Trazik) Köyü
Kemal Mübariz February 1994 Şırnak/Cizre
Guri Özel February 1994 Şırnak/Cizre
İbrahim Adak February 1994 Şırnak/Cizre
Halil Gürel February 1994 Şırnak/Cizre
Ali Karagöz February 1994 Şırnak/Cizre
Hasan Kiraz 01.02.1994 Maraş/Pazarcık/Cimikanlı
Hasan Sonzamancı 01.02.1994 Maraş/Pazarcık/Cimikanlı
Mustafa Beysu 01.02.1994 Maraş/Pazarcık/Cimikanlı
Memiş Halıgür 01.02.1994 Maraş/Pazarcık/Cimikanlı
Muharrem Ayato 09.02.1994 Diyarbakır/Silvan
Yusuf Tunç 09.02.1994 Mardin/Kızıltepe/Kengerli
Tekin Pusa 11.02.1994 Diyarbakır/Kulp/Aşur Köyü
Ali Cengiz 11.02.1994 Diyarbakır/Kulp/Aşur Köyü
Medeni Bican 11.02.1994 Diyarbakır/Silvan/Alibeyköy
Ali Katar 11.02.1994 Diyarbakır/Silvan/Alibeyköy
Seyfettin Gürel 11.02.1994 Diyarbakır/Silvan/Alibeyköy
Ramazan Oktay 13.02.1994 Diyarbakır/Hani
Beşir Akbulut 18.02.1994 Batman/Gercüş/Derefe (Nurlu) Köyü
Ahmet Yörük 20.02.1994 Şırnak
Mehmet Akdeniz 20.02.1994 Diyarbakır/Kulp
Süleyman Doğan 21.02.1994 Maraş/Elbistan/Ambar Köyü
Halil Akyanak 26.02.1994 Şırnak/Cizre
Mahmut Yıldız 26.02.1994 Şırnak/Cizre
Ramazan Şarlı February 1994 Bitlis/Tatvan
Nihat Cazan February 1994 Hakkari/Yüksekova
Bahattin Sürücüoğlu February 1994 Antalya
Ercan Cihangir February 1994 Isparta
Hatip Yapıştır 04.03.1994 Mardin/Derik
Cemile Şarlı 06.03.1994 Bitlis/Tatvan
Ercan Cihangir 16.03.1994 Muş/Malazgirt
Necati Aydın 18.03.1994 Diyarbakır/Yenişehir
Mehmet Ay 18.03.1994 Diyarbakır/Yenişehir
Zeki Ekinci 21.03.1994 Mersin/Demirtaş Mahallesi
Rıdvan Ekinci 21.03.1994 Mersin/Demirtaş Mahallesi
İbrahim Gözetir 29.03.1994 Diyarbakır/Silvan/Hacica
Mehmet Gözetir 29.03.1994 Diyarbakır/Silvan/Hacica
Selahattin Gösteren 29.03.1994 Diyarbakır/Silvan/Hacica
Vahap Gösteren 29.03.1994 Diyarbakır/Silvan/Hacica
Seyfettin Gösteren 29.03.1994 Diyarbakır/Silvan/Hacica
İlhan Aksi 29.03.1994 Diyarbakır/Silvan/Hacica
Turan Çiçek 29.03.1994 Diyarbakır/Silvan/Hacica
İhsan Çiçek 29.03.1994 Diyarbakır/Silvan/Hacica
Evren ... 29.03.1994 Diyarbakır/Silvan/Hacica
A. Kerim Pusat 29.03.1994 Şırnak/Cizre
Nazım Babaoğlu March 1994 Urfa/Siverek
Mirza Ateş March 1994 Diyarbakır/Kulp
Kadri Adıgüzel ve 6 kişi March 1994 Diyarbakır/Kulp
Zeynel Kürsep 09.04.1994 Batman
Osman Geçer 01.04.1994 Adana
Kazım Sağın 02.04.1994 Hakkari/Şemdinli
Aydın Tekay 03.04.1994 Diyarbakır/Lice/Koca Köyü
Salih Kara 09.04.1994 Urfa
Ali Kılıç 19.04.1994 Siirt/Güçlükonak
Salih Kılıç 19.04.1994 Siirt/Güçlükonak
Ahmet Ökmen 22.04.1994 Adana
Cihat Tunç 22.04.1994 Adana
Murat Tunç 22.04.1994 Adana
Salih Kara 25.04.1994 Hakkari/Uludere
Hüseyin Kara 25.04.1994 Hakkari/Uludere
M. Tahir Kara 25.04.1994 Hakkari/Uludere
Cemil Kara 25.04.1994 Hakkari/Uludere
Abdülsamet Şahin April 1994 Hakkari/Yüksekova/Murel (Yıldızlar) Köyü
Halit Saray April 1994 Siirt/Eruh
Muhsin Ekinci 05.06.1994 Diyarbakır/Kulp/Kupe mezrası
Mahmut Ökmen 06.05.1994 Mardin/Savur
Mehmet Yamaç 08.05.1994 Adana
Şahin Biçer 09.05.1994 Diyarbakır/Silvan
Fikret Biçer 09.05.1994 Diyarbakır/Silvan
Halil Demirtoz 09.05.1994 Diyarbakır/Silvan
Cemal Bilen 09.05.1994 Diyarbakır/Silvan
Mehmet Tanrıverdi 14.05.1994 Diyarbakır/Lice/Dibek Köyü
Muharrem Tanrıverdi 14.05.1994 Diyarbakır/Lice/Dibek Köyü
Mehmet İlkkaya 14.05.1994 Diyarbakır/Lice/Yolçatı Köyü
Ali İhsan Dağlı 14.05.1994 Diyarbakır/Silvan/Eşme
Osman Kızılırmak 15.05.1994 Ağrı/Eleşkirt/Aşağıkarpuzlu
Resul Kızılırmak 15.05.1994 Ağrı/Eleşkirt/Aşağıkarpuzlu
Fevzi Kızılırmak 15.05.1994 Ağrı/Eleşkirt/Aşağıkarpuzlu
Piro Ay 16.05.1994 Mardin/Derik/Çadırlı Köyü (Şebajer)
Ekrem Bulut 17.05.1994 Diyarbakır/Lice
Fahri Bulut 17.05.1994 Diyarbakır/Lice
Ramazan Bulut 17.05.1994 Diyarbakır/Lice
Mustafa Bulut 17.05.1994 Diyarbakır/Lice
Ali Bulut 17.05.1994 Diyarbakır/Lice
Seyithan Yolur 18.05.1994 Diyarbakır/Lice/Türeli Köyü
İkram İpek 18.05.1994 Diyarbakır/Lice/Türeli Köyü
Servet İpek 18.05.1994 Diyarbakır/Lice/Türeli Köyü
Zeki Ercan Diril 19.05.1994 Şırnak/Beytüşşebap/Uzungeçit (Derahine) Kasabası
İlyas Eyüp Diril 19.05.1994 Şırnak/Beytüşşebap/Uzungeçit (Derahine) Kasabası
Veysi Tüzer 20.05.1994 Antalya
Halide Tüzer 20.05.1994 Antalya
İhsan Kavak 24.05.1994 Batman
Cezayir Orhan 24.05.1994 Diyarbakır/Kulp
Besra Yılgın 25.05.1994 Diyarbakır
Metin Yılgın 25.05.1994 Diyarbakır
Memduh Ökmen 28.05.1994 Mardin
Bahri Budak 28.05.1994 Diyarbakır/Lice/Bağımlı köyü
Metin Budak 28.05.1994 Diyarbakır/Lice/Bağımlı köyü
İsmail Ağaya 29.05.1994 Batman
Cahide Bayram May 1994 Şırnak/Cizre
Süleyman Bayram May 1994 Şırnak/Cizre
Kamil Bayram (8 aylık çocuk) May 1994 Şırnak/Cizre
Kasım Alpsoy May 1994 Adana
Ebubekir Coşkun May 1994 Bitlis/Ahlat/Yoğurtyemez
Mirali Timur May 1994 Bitlis/Ahlat/Yoğurtyemez
Sıdık Yıldız 02.06.1994 Muş/Merkez
Cemal Kahraman 05.06.1994 Diyarbakır/Kulp/Kupe mezrası
Kemal Çelik 05.06.1994 Diyarbakır/Kulp/Kupe mezrası
Vedat Çelik 05.06.1994 Diyarbakır/Kulp/Kupe mezrası
Salih Çalık 06.06.1994 Diyarbakır/Kadıköy
Sinan Fidan 06.06.1994 Diyarbakır/Kadıköy
M. Zeki Doğan 07.06.1994 Hakkari/Çukurca
Peynuz Acar 07.06.1994 ............
Şehmuz Acar 07.06.1994 ............
Murat Aslan 10.06.1994 Diyarbakır
Vahap Ateş 15.06.1994 Mardin/Derik
M. Zeki İlkan 28.06.1994 Ağrı
Alaaddin Nehir 28.06.1994 Ağrı
Mehmet Kaya 28.06.1994 Ağrı
Ahmet Aslan 28.06.1994 Ağrı
Kazım Aslan 28.06.1994 Ağrı
Mehmet Saim June 1994 Siirt
Hasan Aksu June 1994 Mardin/Erik/Saltık (Çatalca)
Hacı İsa Gök June 1994 Batman/İpragaz Mahallesi
Mahmut Kaya 01.07.1994 Diyarbakır/Erizmi
Hanifi Boğa 01.07.1994 Diyarbakır/Erizmi
Mehmet Yaşa 01.07.1994 Diyarbakır/Erizmi
Recai Aydın 02.07.1994 Diyarbakır/Çınar
Hüseyin Çelik 04.07.1994 Diyarbakır
Ahmet Karakuş 08.07.1994 Diyarbakır/Lice/Örtülü Köyü
Mehmet Karakuş 08.07.1994 Diyarbakır/Lice/Örtülü Köyü
Hanifi Karakuş 08.07.1994 Diyarbakır/Lice/Örtülü Köyü
Mahmut Karakuş 08.07.1994 Diyarbakır/Lice/Örtülü Köyü
Recep Karakuş 08.07.1994 Diyarbakır/Lice/Örtülü Köyü
Cuma Karakuş 08.07.1994 Diyarbakır/Lice/Örtülü Köyü
Ahmet Ankol 08.07.1994 Diyarbakır/Lice/Örtülü Köyü
Hidayet Mamik 08.07.1994 Diyarbakır/Lice/Örtülü Köyü
Mehmet Özden 08.07.1994 Diyarbakır/Lice/Örtülü Köyü
Halit Yakacı 09.07.1994 Diyarbakır/Hani/Çeme Elik
Abdullah Yıldız 09.07.1994 Diyarbakır/Hani/Şeleheydan
A. Gani Yıldız 09.07.1994 Diyarbakır/Hani/Şeleheydan
Resul Ay 09.07.1994 Mardin/Nusaybin/Hatxe (Yardere) Köyü
Nuri Kalçık 09.07.1994 Mardin/Nusaybin/Hatxe (Yardere) Köyü
Süleyman Çakar 09.07.1994 Batman/Beşiri/Yenipınar
Ubeydullah Karatekin 10.07.1994 Diyarbakır
Ahmet Tümrit 10.07.1994 Diyarbakır
Fehmi Aslan 13.07.1994 Hakkari/Yüksekova/Veşkan
Hasan Bayram 13.07.1994 Hakkari/Yüksekova/Veşkan
Abdülnasır Tekin 13.07.1994 Hakkari/Yüksekova/Veşkan
A. Hamdi Yardımcı 13.07.1994 Hakkari/Yüksekova/Veşkan
Refik Yardımcı 13.07.1994 Hakkari/Yüksekova/Veşkan
Tuncay Yemen 13.07.1994 Hakkari/Yüksekova/Veşkan
Ebubekir Aras 15.07.1994 Şırnak/Cizre
Ahmet Özdemir 18.07.1994 Bingöl/Genç/Kavaklı Köyü
Zeki Özdemir 18.07.1994 Bingöl/Genç/Kavaklı Köyü
Lezgin Toy 19.07.1994 Batman/Beşiri/Dereboyu (Gaduke) Köyü
Faris Toy 19.07.1994 Batman/Beşiri/Dereboyu (Gaduke) Köyü
Mehmet Toy 19.07.1994 Batman/Beşiri/Dereboyu (Gaduke) Köyü
Ali İhsan Çiçek 23.07.1994 Diyarbakır/Lice/Tıle (Dernek)
Tahsin Çiçek 23.07.1994 Diyarbakır/Lice/Tıle (Dernek)
Çayan Çiçek 23.07.1994 Diyarbakır/Lice/Tıle (Dernek)
Abdülgani Dağ 23.07.1994 Mardin/Nusaybin
Beşir Özen 27.07.1994 Mardin/Ömerli
İsa Gül July 1994 Tunceli/Pülümür/Bardakçı
A. Haydar Eken July 1994 Tunceli/Pülümür/Bardakçı
Ali Rıza Kılıç July 1994 Adana
Safure Yıldırım July 1994 Mardin
Reşit Elçiçek 02.08.1994 Siirt/Eruh/Tılmışar (Çimenci)
Çimen Çiçek 02.08.1994 Siirt/Eruh/Tılmışar (Çimenci)
Halit Deniz 02.08.1994 Siirt/Eruh/Bızıka (Cintepe)
Murat Yaman 03.08.1994 Malatya/Doğanşehir/Çömlekoba
Mahmut Yılmaz 06.08.1994 Diyarbakır/Hani/Damlatepe
Ömer Ekin 06.08.1994 Diyarbakır/Hani/Damlatepe
Kadir Ekin 06.08.1994 Diyarbakır/Hani/Damlatepe
Kemalettin ... 06.08.1994 Diyarbakır/Hani/Damlatepe
Yusuf Kocabey 07.08.1994 Adana
Mahmut Yaman 09.08.1994 Malatya/Çömlekovası Köyü
İbrahim Yıldırım 09.08.1994 Malatya/Çömlekovası Köyü
Doğan Yıldırım 09.08.1994 Malatya/Çömlekovası Köyü
Haşim Yıldırım 09.08.1994 Malatya/Çömlekovası Köyü
Hasan Üzüm 09.08.1994 Adana
Davut Üzüm 09.08.1994 Adana
Cemil Erdoğan 10.08.1994 Mardin/Kızıltepe
Hayrettin Tatlı 13.08.1994 Batman
Mahmut Mete 14.08.1994 Mardin/Nusaybin/Serda Köyü
İsmail Mete 14.08.1994 Mardin/Nusaybin/Serda Köyü
İbrahim Karatay 15.08.1994 Diyarbakır/Hani/Hune Köyü
Mehmet Turgay 15.08.1994 Mersin/Tarsus
Yusuf Ceylan 15.08.1994 Mardin/Savur
İbrahim Malgir 16.08.1994 Diyarbakır/Çınar/Elvendi Köyü
Resul Çakar 27.08.1994 Batman/Beşiri/Durucak Köyü
Eyüp Demir August 1994 Tunceli/Çemişkezek/Kayadüzü
Halil Dündar August 1994 Adana
Ahmet Akın August 1994 Adana
Fehime Sarhan August 1994 Adana
İbrahim Çelik August 1994 Batman/Zorova (Soğuksu) Köyü
Edip Çelik August 1994 Batman/Zorova (Soğuksu) Köyü
Tarık Taş 01.09.1994 Adana
Türkan Aydın 01.09.1994 Adana
Emin Uyar 01.09.1994 Adana
Medeni Soysal 01.09.1994 Adana
Resul Öztop 01.09.1994 Adana
Mahmut Saim 02.09.1994 Adana
Reşit Orak 06.09.1994 Bitlis/Tatvan
Yüksel Uğurlu 08.09.1994 Urfa/Suruç
Abdül Çelik Arslan 09.09.1994 Şırnak/İdil/Siirt Köyü
Hasan Halmert 10.09.1994 Şırnak/İdil/Cerehe Köyü
Fidan Güngör 11.09.1994 İstanbul
Sebahattin Talayhan 11.09.1994 İstanbul
Kenan Bilgin 12.09.1994 Ankara
Erdal Karaçalık 13.09.1994 İstanbul
Derviş Taş 15.09.1994 Bitlis/Tatvan
İsmail Atay 16.09.1994 Tunceli
Mehmet Serik 17.09.1994 Diyarbakır
İzzettin Akgün 19.09.1994 Siirt/Kurtalan/Tütün Köyü
Rahime Ergin 20.09.1994 Şırnak/Cizre
Selman ... 20.09.1994 Şırnak/Cizre
Sabiha ... 20.09.1994 Şırnak/Cizre
Bedri ... 20.09.1994 Şırnak/Cizre
Ahmet Biçimli 20.09.1994 Diyarbakır/Silvan/Umurlukaya
İdris Bakır 23.09.1994 Adana
Cuma Orhan 24.09.1994 Mersin
Düzali Serin 24.09.1994 Tunceli/Mirik Mezrası
Dilek Serin 24.09.1994 Tunceli/Mirik Mezrası
Gülizar Serin 24.09.1994 Tunceli/Mirik Mezrası
Hatun Işık 24.09.1994 Tunceli/Mirik Mezrası
Elif Işık 24.09.1994 Tunceli/Mirik Mezrası
Yeter Işık 24.09.1994 Tunceli/Mirik Mezrası
Hıdır Işık 24.09.1994 Tunceli/Mirik Mezrası
Neslihan Uslu 27.09.1994 Mersin
A. Kerim Mecefoğlu 28.09.1994 Mersin/Kozanlı Beldesi
Aziz Tunç September 1994 Mardin/Nusaybin
Seyhan Gök September 1994 Mardin/Nusaybin
Şehmuz Gök September 1994 Mardin/Nusaybin
Mehmet Zengin September 1994 Mardin/Nusaybin
Murat Yardımcı September 1994 Balıkesir/Burhaniye
Veysi Kırmızıgül September 1994 Balıkesir/Burhaniye
M. Şirin Özalp September 1994 Siirt/Beşiri/Yenipınar Köyü
İzzettin Bilginç September 1994 Şırnak/Cizre
Nezir Demir September 1994 Şırnak/Cizre
Nizamettin Demir September 1994 Şırnak/Cizre
Zeki Dağ September 1994 Diyarbakır
Murat Güzel 02.10.1994 İstanbul
Turgut Yenisoy 04.10.1994 Diyarbakır/Bismil
İzzettin Kılıç 04.10.1994 Diyarbakır/Bismil
Selim İşler 04.10.1994 Bingöl/Karlıova/Hacılar Köyü
Mehmet Emin Özalp 06.10.1994 Şırnak/İdil
Lütfiye Kaçar 09.10.1994 İstanbul
Salih Toraman 10.10.1994 Mersin
Salih Şahin 10.10.1994 Mersin
Hasan Hüseyin Bülbül 12.10.1994 Bingöl/Karlıova
Sadık Sülük 14.10.1994 Adana
Sedat Akgök 18.10.1994 Diyarbakır
Abdullah Öner 18.10.1994 Diyarbakır
İbrahim Gezer 19.10.1994 Maraş/Elbistan/Hasanili Köyü
Mehmet Nuri Özbay 31.10.1994 Dersim/Pülümür
Tekin Kızılay 31.10.1994 Dersim/Pülümür
Osman Kaımoğlu 31.10.1994 Dersim/Pülümür
Hacer Adet 31.10.1994 Dersim/Pülümür
Garip Ve 19 kişi 31.10.1994 Dersim/Pülümür
Hıdır Öztürk October 1994 Tunceli/Dargüz Köyü
Kazım Çay October 1994 Tunceli/Dargüz Köyü
Bahri Menteş October 1994 İstanbul
Veli Yeşil October 1994 Tunceli/Hozat/Kozluca Köyü
Ahmet Akbaş October 1994 Tunceli/Hozat
Müslim Aydın October 1994 Tunceli/ Esenler Köyü
Seyit Ali Şaraoğlu October 1994 Tunceli/Sevge Köyü
Hasan Şaraoğlu October 1994 Tunceli/Sevge Köyü
Ali Gür October 1994 Tunceli/Mazgirt/Güleç Köyü
İbrahim Gezer October 1994 Mardin/Mazıdağı
İlhan İbek October 1994 Şırnak/Güçlükonak/Fındık
Fikri Şen October 1994 Şırnak/Güçlükonak/Fındık
Ahmet Özdemir October 1994 Şırnak/Güçlükonak/Fındık
İlhan Aslan October 1994 Şırnak/Silopi
Ahmet Acar October 1994 ......
M. Zeki Kılıç October 1994 Ankara
Fikret Yağan 02.11.1994 Elazığ/Karakoçan/Sarıçam
Cemil Yakut 06.11.1994 Diyarbakır/Lice/Kıyıköy/Derik Mezrası
Nurettin Yakut 10.11.1994 Mardin/Nusaybin/Yardere Köyü
Faruk Aksan 11.11.1994 Mardin/Nusaybin
Hanifi Yetişen 14.11.1994 Batman
Şehmuz Özen 16.11.1994 Mardin
Mehmet Özer 17.11.1994 Mardin/Kızıltepe
İskender Güneş 24.11.1994 Edirne/Keşan ilçesinde askerlik yaparken
Mehmet Ay 29.11.1994 Mardin/Nusaybin/Atke Köyü
Eyüp Yaşar 29.11.1994 Hakkari/Yüksekova
Mehmet Ağgün November 1994 Tunceli/Hozat/Kızıl Mezrası
İbrahim Gencer November 1994 Tunceli/Hozat/Kızıl Mezrası
Faysal Dağ November 1994 Diyarbakır
Hamit Bal November 1994 Mardin/Nusaybin/Kuruköy
Bayram Bal November 1994 Mardin/Nusaybin/Kuruköy
Saruhan Bal November 1994 Mardin/Nusaybin/Kuruköy
Ozan Gürbüz November 1994 Urfa/Suruç/Ziyaret Köyü
Jale İzzetoğlu 01.12.1994 İstanbul
Ahmet Salman 01.12.1994 Mardin/Ömerli/Ünsaldı Köyü
Ali Salman 01.12.1994 Mardin/Ömerli/Ünsaldı Köyü
Berdan Salman 01.12.1994 Mardin/Ömerli/Ünsaldı Köyü
Mehmet Salman 01.12.1994 Mardin/Ömerli/Ünsaldı Köyü
Rıfat Ütgen 01.12.1994 Mardin/Ömerli/Ünsaldı Köyü
Kerim Ütgen 01.12.1994 Mardin/Ömerli/Ünsaldı Köyü
İsmail Fidan 01.12.1994 Mardin/Ömerli/Ünsaldı Köyü
Ali Çakar 01.12.1994 Mardin/Ömerli/Ünsaldı Köyü
Aslan ... 01.12.1994 Mardin/Ömerli/Ünsaldı Köyü
Behram Taşman 03.12.1994 Mardin/Midyat/Bağlarbaşı
Mehmet Ader 07.12.1994 Diyarbakır/Bağlar
Şirin Ader 07.12.1994 Diyarbakır/Bağlar
Veysi Bilir 07.12.1994 Diyarbakır/Bismil
Hüseyin Subaşı 11.12.1994 Diyarbakır/Bismil
Enver Demir 11.12.1994 Batman
Salih Batu 12.12.1994 Şırnak/Cizre
Nezihe Batu 12.12.1994 Şırnak/Cizre
Kasım Batu 12.12.1994 Şırnak/Cizre
Remo Atay 13.12.1994 Mardin/Midyat/Mesken Köyü
Hüseyin Bülbül 13.12.1994 Mardin/Midyat/Mesken Köyü
Şerif Çiçek 13.12.1994 Mardin/Midyat/Mesken Köyü
Tacettin Atay 13.12.1994 Mardin/Midyat/Mesken Köyü
Naif Demir 13.12.1994 Mardin/Midyat/Mesken Köyü
Nesif Durmuş 13.12.1994 Mardin/Midyat/Mesken Köyü
Seyit Çiçek 13.12.1994 Mardin/Midyat/Mesken Köyü
Gazi Akçay 13.12.1994 Mardin/Midyat/Mesken Köyü
İsmet Atlı 15.12.1994 Hatay
İlhan Dilmen 15.12.1994 Mardin/Nusaybin
Ramazan Korkar 15.12.1994 Diyarbakır
İrfan Korkar 15.12.1994 Diyarbakır
Ahmet Ogün 15.12.1994 Şırnak/İdil
İsmail Ceren 17.12.1994 Hatay/Dörtyol
Seyfettin Esmer 19.12.1994 Diyarbakır/Bismil
M. Ali Turan 20.12.1994 Mardin/Kızıltepe
Oktay Çakmak 21.12.1994 İstanbul
Turgut Tan 21.12.1994 İstanbul
Veysi Karagül 24.12.1994 Mersin/Akkent Mahallesi
İsmail Bahçeci 24.12.1994 İstanbul
İhsan Haran 27.12.1994 Diyarbakır/Merkez
Şehmus Tanık 25.12.1994 Mardin
Cemil Çiçek 29.12.1994 Mersin
Abdullah Kızıler December 1994 Diyarbakır
Şerafettin Ersoy December 1994 Mardin/Ömerli/Kermede (Kayabağ) Köyü
Aslan Yılmaz December 1994 Mardin/Ömerli/Kermede (Kayabağ) Köyü
Osman Akyal December 1994 Mardin/Ömerli/Kermede (Kayabağ) Köyü
İzzettin Gültekin December 1994 Mardin/Ömerli/Kermede (Kayabağ) Köyü
Abdülkerim (baba adı Aziz) 1994 Şırnak/Güçlükonak
Emin Kaynar 1994 Şırnak/Cizre
İzzettin Acet 1994 Şırnak/Cizre
Vasıf Öztürk 1994 Diyarbakır/Kulp/Salkımlı Köyü
Kadri Yılmaz 1994 Diyarbakır/Bağlar
İlhan İbak 1994 Şırnak/Güçlükonak
Bahri Esenboğa 1994 Şırnak/Güçlükonak
Ahmet Özer 1994 Şırnak/Güçlükonak
Abdurrahman Birlik 1994 Şırnak/Güçlükonak
Bahri Bilgin Ve 34 kişi 1994 Diyarbakır/Dicle/Piran Köyü
Fikri Sona 1994 Şırnak/Güçlükonak
Ahmet Özdemir 1994 Şırnak/Güçlükonak
Şeyhmus Tüner 1994 Diyarbakır
Mustafa Günkan 1994 Diyarbakır/Hazro
Hüseyin - ve İskender 1994 Batman/Balpınar Köyü
Mehmet Salih Acar 1994 Diyarbakır/Bismil
Hacı Şili 1994 Siirt/Pervari/Okçular Köyü
Abdullah Aksoy 1994 Mardin/Derik
Abdullah Pişkin 1994 Siirt/Eruh
Abdullah Tekin 1994 Şırnak/İdil
Abdülvahap Koçer 1994 Erzurum/Merkez
Ahmet Batur 1994 Diyarbakır/Kulp
Ahmet Demir 1994 Batman/Merkez
Ahmet Demiray 1994 Diyarbakır/Merkez
Ahmet Demirel 1994 Diyarbakır/Hazro
Ahmet Tekin 1994 Diyarbakır/Kulp
Ahmet Yetişen 1994 Batman/Merkez
Alaattin Yalçın 1994 Urfa/Viranşehir
Ali Bekir 1994 Urfa/Viranşehir
Ali Bulut 1994 Diyarbakır/Lice
Ali Tekdağ 1994 Diyarbakır/Merkez
Bayram Tekin 1994 Hakkari/Yüksekova/Onhacılar
Beşir Bulut 1994 Batman/Merkez
Burhan Aksi 1994 ...
Casim Çelik 1994 Hakkari/Şemdinli
Elif Serin 1994 Tunceli/Merkez
Önder Toğcu 1994 Diyarbakır/Merkez
Eyüp Akdemir 1994 Diyarbakır/Merkez
Eyüp Kaplandere 1994 Urfa/Viranşehir
Fesih Avşar 1994 Batman/Merkez
Hacı Sait 1994 Şırnak/Güçlükonak
Halil Acar 1994 Mardin/Midyat
Hasan Orhan 1994 Diyarbakır/Kulp
Hasan Selim 1994 ...
Hasan Tekin 1994 Hakkari/Yüksekova/Onhacılar
Hatun Serin 1994 Tunceli/Merkez
Hıdır Işık 1994 Tunceli/Merkez
Hikmet Şahin 1994 Diyarbakır/Lice
Hüseyin Aksoy 1994 Mardin/Derik
Hüseyin Haran 1994 Diyarbakır/Lice
Hüseyin Ulucan 1994 Tunceli/Ovacık
İlhan Beyaz 1994 Batman/Merkez
İsmail Akan 1994 Mardin/Midyat
Kasım Ay 1994 Mardin/Nusaybin
Kudusi Adıgüzel 1994 Diyarbakır/Kulp
Mehmet Can Ayşin 1994 Diyarbakır/Lice
M. Emin Doğru 1994 Batman/Merkez
M. Mehdi Akdeniz 1994 Diyarbakır/Kulp
M. Selim Acar 1994 Diyarbakır/Bismil/Ambar Köyü
M. Selim Orhan 1994 Diyarbakır/Kulp
Mehmet Ekti 1994 ....
Mahmut Ekti 1994 ....
Mahmut Koçer 1994 Erzurum/Merkez
Mahmut Demirel 1994 Batman
Mahmut Özer 1994 Diyarbakır/Lice
Mehmet Aktaş 1994 Tunceli/Hozat
Mehmet Günkan 1994 Diyarbakır/Hani
Mehmet Selim 1994 Diyarbakır/Hani
Mehmet Tunç 1994 Mardin/Kızıltepe
Muhsin Taş 1994 Şırnak/Cizre
Mustafa Bulut 1994 Diyarbakır/Lice
Nazım Gülmez 1994 Tunceli/Hozat/Tartılı
Nejat Çelebi 1994 Tunceli/Hozat/Tartılı
Nuri Aksu 1994 ....
Ramazan Bulut 1994 Diyarbakır/Lice
Mehmet Akgün 1994 Tunceli/Hozat/Kızılköyü
Fahri İnan 1994 Urfa/Viranşehir
Resul Saçan 1994 Batman
Resul Şakar 1994 Şırnak/Cizre
Salih Aksoy 1994 Mardin/Derik
Salih Çelik 1994 Diyarbakır/Kadıköy
Selami Aksu 1994 ...
Sıddık Bingöl 1994 Hakkari/Şemdinli
Sinan Özkaya 1994 Diyarbakır/Kadıköy
Süheyla Karakaya 1994 Diyarbakır/Lice
Şakir Öner 1994 Diyarbakır/Lice
Şerif Budak 1994 Şırnak/Cizre
Şirin Serin 1994 Hakkari/Şemdinli
Vasıf Öztürk 1994 Diyarbakır/Kulp
Yeter Serin 1994 Hakkari/Yüksekova/Onhacılar
Mehmet Ateş 1994 Tunceli/Hozat/Kızılköyü
Selim Aksi 1994 ....
Ahmet Çelik 01.01.1995 Elazığ
Selahattin Aydoğan 06.01.1995 Mersin
Bahri Kaya 07.01.1995 Diyarbakır
Umut Kaya 07.01.1995 Diyarbakır
Abdurrahman Abak 10.01.1995 Mardin/Merkez
Süleyman Abak 10.01.1995 Mardin/Merkez
Ahmet Günbat 17.01.1995 Urfa
Yılmaz Özdemir 17.01.1995 Antep/Merkez
Ayşenur Şimşek 24.01.1995 Diyarbakır
Berdi Alağam 25.01.1995 Diyarbakır
Nihat Aydoğan - ve 1 kişi January 1995 Mardin/Midyat
Hakan Durmaz 05.02.1995 Hakkari/Yüksekova
Cemal Göksel 11.02.1995 Urfa/Viranşehir
Rıdvan Karakoç 15.02.1995 İstanbul
Halil Tunç February 1995 Batman
Bedri Algan February 1995 Diyarbakır
Yusuf Kestop 20.03.1995 Urfa/Merkez
Bülent Türkmen 20.03.1995 Urfa/Merkez
Şükrü Güler 20.03.1995 Urfa/Merkez
Murat Zülüf 20.03.1993 Urfa/Merkez
Musa Çelik 20.03.1993 Urfa/Merkez
Lokman Saçaklı 22.03.1995 Diyarbakır
Kemal Birlik 29.03.1995 Mardin/Kızıltepe
Zübeyir Birlik 29.03.1995 Mardin/Kızıltepe
Abdülbaki ... 29.03.1995 Mardin/Kızıltepe
Zeki Alabalık 29.03.1995 Mardin/Kızıltepe
Celal Ersöz March 1995 Ankara
Cahit Özver March 1995 Mardin/Kızıltepe
M. Ali Şeker 03.04.1995 Batman-Gercüş
Şevki .... 03.04.1995 Batman-Gercüş
Abdullah ... 03.04.1995 Batman-Gercüş
İbrahim ... 03.04.1995 Batman-Gercüş
Gürsel Şahinkaya 04.05.1995 Balıkesir
Sait Avşar 11.04.1995 Mersin
İlhan Avşar 11.04.1995 Mersin
Ramazan Avşar 11.04.1995 Mersin
Ertan Biçer April 1995 Mersin
Abdül Aziz Turan 10.05.1995 Mardin/Karuke (Yavruköy) Köyü
Hasip Doğan 13.05.1995 Diyarbakır
A. Kadir Demir 14.05.1995 Mardin/Midyat/Budaklı Köyü
Hizni Bilmen 14.05.1995 Mardin/Midyat/Budaklı Köyü
M. Emin Atuğ 14.05.1995 Mardin/Midyat/Budaklı Köyü
Şakir Demir 14.05.1995 Mardin/Midyat/Budaklı Köyü
Nezir Tekçi May 1995 Hakkari/Yüksekova
Abdullah Akın May 1995 Adana
M. Emin Kızılsu 03.06.1995 Diyarbakır
Mehmet Sabri Avras 03.06.1995 Bitlis/Tatvan/Kender
Aytekin Sezgin 03.06.1995 Bitlis/Tatvan/Kerder
İsa Parsak 03.06.1995 Bitlis/Tatvan/Kender
Mehmet Erdal Alın 03.06.1995 Bitlis/Tatvan/Kender
Mehmet Gül 05.06.1995 Erzincan/Kalecik Köyü
Edip Aksoy 07.06.1995 Diyarbakır
Orhan Cingöz 07.06.1995 Diyarbakır
Selahattin Özalp 08.06.1995 Diyarbakır/Bismil/Mehmet Şirwan Köyü
Kemal Macit 10.06.1995 Hakkari
M. Nuri Kelekçi 19.06.1995 Batman
Selahattin Akbulut 19.06.1995 Diyarbakır/Bismil/Tatlıçayır/Erik Tepe Mezrası
Mustafa Baran 25.06.1995 Diyarbakır
Mehdin Çelik 26.06.1995 Bingöl/Genç/Akçadağ
Mehmet Morgül 26.06.1995 Bingöl/Genç/Akçadağ
Reşit Yılmaz 26.06.1995 Bingöl/Genç/Akçadağ
Ramazan Çelik 26.06.1995 Bingöl/Genç/Akçadağ
Hüseyin Kaya 26.06.1995 Bingöl/Genç/Akçadağ
Hikmet Yakut 30.06.1995 Diyarbakır
Naif Ceyhan June 1995 Hakkari/Cevizli Köyü
İbrahim Ceyhan June 1995 Hakkari/Cevizli Köyü
Davut Ceyhan June 1995 Hakkari/Cevizli Köyü
Fevzi Seyhan June 1995 Hakkari/Cevizli Köyü
Recep Demir June 1995 Hakkari/Cevizli Köyü
A. Rahman Demir June 1995 Hakkari/Cevizli Köyü
İbrahim Sevmiş June 1995 Hakkari/Cevizli Köyü
Serbest Türkekul June 1995 Diyarbakır
Naşide Türkekul June 1995 Diyarbakır
Serhat Osmanoğlu June 1995 Diyarbakır
Veli Osmanoğlu June 1995 Diyarbakır
Ömer Yılmaz June 1995 Siirt/Eruh/Memira Köyü
A. Rahman Elçi June 1995 Siirt/Eruh/Memira Köyü
Ahmet Pehlivan 04.07.1995 İstanbul
Bedri Balta 04.07.1995 Diyarbakır/Lice/Zengi Köyü
Hıdır Göktaş 21.07.1995 Tunceli/Hozat
Selim Acar 21.07.1995 Mardin/Kızıltepe/Site Köyü
Sebo Sevilen July 1995 Urfa/Virahşehir Monga Sor
Kazım Gündüz July 1995 Diyarbakır
Mehmet Aktay 05.08.1995 İstanbul/Eyüp
Abdürrahim Demir 17.08.1995 Mardin/Kızıltepe
Makso Ağırman 24.08.1995 Mardin/Midyat/Güven Köyü
Cavit Özalp 24.08.1995 Diyarbakır/Bismil
Zeki Sever 25.08.1995 Erzurum/Tekman/Küllü Köyü
Reşit Yıldız 27.08.1995 Mardin/Nusaybin/Çilesiz
M. Sait Zengin August 1995 Mardin/Midyat
Hüseyin Kurt August 1995 Diyarbakır
Mustafa Saygı August 1995 Urfa/Suruç/Aşağıalıcı Köyü
Abdullah Eken August 1995 Diyarbakır/Alipaşa
Mehmet Asay (Asan) August 1995 Aydın/Söke
Mehmet Doğan August 1995 Antep
Habip Çiftçi 03.09.1995 İstanbul
Hamza Güneri 11.09.1995 Ağrı/Merkez
Şeyhmus Eroğlu 21.09.1995 Batman/Merkez
Hayri Göktaş September 1995 Tunceli
Selami Şimşek September 1995 Tunceli
Sinan ..... September 1995 Tunceli
Kerevan İzmez 08.10.1995 Şırnak/Silopi
Yusuf Ertaş 15.10.1995 Hakkari
Fehmi Tosun 19.10.1995 İstanbul/Avcılar
Düzgün Tekin 21.10.1995 İstanbul
Mahfuz Tanrıverdi 26.10.1995 Diyarbakır
Moğdat Özeken 27.10.1995 Hakkari/Yüksekova/Ağaçlı Köyü
Şemsettin Yurtseven ve 1 kişi 27.10.1995 Hakkari/Yüksekova/Ağaçlı köyü
M. Emin Aslan 29.10.1995 Mardin/Dargeçit
Seyhan Doğan 29.10.1995 Mardin/Dargeçit
Davut Altunkaynak 29.10.1995 Mardin/Dargeçit
Nedim Akyön 29.10.1995 Mardin/Dargeçit
A. Rahman Olcay 29.10.1995 Mardin/Dargeçit
A. Rahman Coşkun 29.10.1995 Mardin/Dargeçit
A. Kadir Ural 29.10.1995 Mersin
Münir Sarıtaş 29.10.1995 Hakkari/Yüksekova/Esenler/Manis
A. Kerim ... 29.10.1995 Hakkari/Yüksekova/Esenler/Manis
Muğdat .... 29.10.1995 Hakkari/Yüksekova/Esenler/Manis
Mustafa Yıldırım October 1995 Sivas/Divriği/Dışbudak
Erol Yıldırım Ekim 1995 Sivas/Divriği/Dışbudak
Ali Toprak Ekim 1995 Sivas/Divriği/Balova
Abdurrahman Coşkun 02.11.1995 Mardin/Dargeçit
Abdurrahman Olcay 02.11.1995 Mardin/Dargeçit
Davut Altunkaynak 02.11.1995 Mardin/Dargeçit
Nedim Akyıl 02.11.1995 Mardin/Dargeçit
Süleyman Seyhan 02.11.1995 Mardin/Dargeçit
Hacı Tenik 04.11.1995 Şırnak/Andaç Köyü
Musa Göktaş 11.11.1995 Diyarbakır
Baki Ataç 17.11.1995 İzmir/Menemen
Beko Özer 17.11.1995 İstanbul/Yenibosna
İbrahim Özer 17.11.1995 İstanbul/Yenibosna
Mazlum Özer 17.11.1995 İstanbul/Yenibosna
Tacim Taş 17.11.1995 İstanbul/Yenibosna
Rıza Alhas 17.11.1995 İstanbul/Yenibosna
Hatice Kutan 19.11.1995 Ankara
Abdullah Yağlı November 1995 Mardin/Nusaybin
Abdüllatif Yağızay November 1995 Mardin/Nusaybin/Yavruköy
Necim Çelik November 1995 Mardin/Ömerli
Fehmi Seyhan November 1995 Mardin/Dargeçit
Süleyman Acar 02.12.1995 Şırnak/Silopi/Tilgebin (Başköy)
Müslüm Güler 08.12.1995 Diyarbakır
Yakup Aslan 17.12.1995 Diyarbakır
İsa Aydın 21.12.1995 Diyarbakır/Dicle/Çay üstü
Asiye Doğan 24.12.1995 Mardin/Dargeçit
Mehmet Fındık 31.12.1995 Şırnak/Silopi/Doruklu Köyü
Emin Fındık 31.12.1995 Şırnak/Silopi/Doruklu Köyü
Ömer Fındık 31.12.1995 Şırnak/Silopi/Doruklu Köyü
Ömer Kartal 31.12.1995 Şırnak/Silopi/Doruklu Köyü
Hüseyin Aydemir 1995 İstanbul
A. Baki Birlik 1995 Mardin/Kızıltepe
Abdüllatif Yağız 1995 Mardin/Nusaybin
Ahmet Yaman 1995 Şırnak/Uludere
Beşir Sayın 1995 Van/Başkale
Beşir Yılmaz 1995 Hakkari/Merkez
Cemil Asan 1995 Diyarbakır/Merkez
Cemil Çelik 1995 Mardin/Ömerli
Eşref Bayram 1995 Diyarbakır/Merkez
Halil Aydemir 1995 Batman/İlluh
Hatice Şimşek 1995 Diyarbakır/Bismil
Haydar Yılmaz 1995 Van/Başkale
Hüseyin Bilen 1995 Tunceli/Ovacık
İmam Uzun 1995 Tunceli/Ovacık
Kamil Yuva 1995 Erzurum/Tekman
M. Emin Yılmaz 1995 Van/Başkale
M. Şirin Mutlu 1995 Batman
M. Zafer Demirkıran 1995 Diyarbakır/Merkez
Mehmet Yıldız 1995 Diyarbakır/Merkez
Metin Yıldız 1995 Diyarbakır/Ergani
Muhittin Olmaz 1995 Diyarbakır/Bismil
Mustafa Çelik 1995 Urfa/Merkez
Osman Buluttekin 1995 Diyarbakır/Kulp
Ömer Söğüt 1995 Diyarbakır/Lice/Dibek Köyü
Sabri Elçay 1995 Batman/Kozluk
Servet Bayram 1995 Diyarbakır/Hazro
Yusuf Aktaş (Ertaş) 1995 Van/Başkale
Hüsnü Çankaya 1995 Mardin/Midyat
Naif Demir 1995 Hakkari/Çukurca/Kayalık Köyü
Selahattin Yasak 1995 Batman/Merkez
Salih Çelik 01.01.1996 Diyarbakır
Hanifi Yaman 05.01.1996 Diyarbakır/Lice
M. Şefik Barut 08.01.1996 Diyarbakır/Bağlar
Hüseyin Ateş 08.01.1996 İstanbul
Bilal Turan 08.01.1996 İstanbul
Yusuf Işık 09.01.1996 İstanbul/Almanya’dan sınırdışı
Sultan Ocar 10.01.1996 Maraş/Pazarcık
Mustafa Yıldırım 11.01.1996 Mardin/Nusaybin/Yolindi Köyü
Beşir Deniz 11.01.1996 Mardin/Nusaybin/Yolindi Köyü
Alaattin Kılıç 11.01.1996 Mardin/Nusaybin/Yolindi Köyü
İsmail Ece 12.01.1996 Mardin/Dara Köyü
Ahmat Ata - ve 2 kişi 12.01.1996 Mardin/Dara Köyü
Haluk Akay 14.01.1996 İstanbul
Eşref Yaşa 18.01.1996 Diyarbakır/Hazro
Ahmet Çelik 18.01.1996 Diyarbakır/Hazro
İsmail Şahin 18.01.1996 İstanbul
Abdullah Anuk 18.01.1996 Hakkari/Yüksekova
Osman Filiz 20.01.1996 Adana
M. Şirin Göl 01.02.1996 Diyarbakır/Hazro/Şiefta Köyü
Ahmet Oğuz 02.02.1996 İstanbul/Şirinevler
M. Emin Şenocak 09.02.1996 İstanbul/Almanya’dan sınırdışı
Ejder Levent 10.02.1996 Diyarbakır/Bismil
Mahmut Dağ 13.02.1996 Diyarbakır/Payaz
Sabah Oruç 13.02.1996 Diyarbakır/Bismil
Mehmet Özenç 16.02.1996 Ankara
Yahya Temur 17.02.1996 Diyarbakır
Latif Başçı 17.02.1996 Batman/Gercüş
Veysel Olcu 21.02.1996 Adana
Cemal Aktay 24.01.1996 Diyarbakır
Şefika Şahin 03.03.1996 Muş/Varto/Derek Köyü
Abdullah Taş 03.03.1996 Muş/Varto/Derek Köyü
Hicri Kutbehan 04.03.1996 Mardin/Mazıdağ
Muhterem Özer 05.03.1996 Diyarbakır
Adil Çakır 10.03.1996 Diyarbakır/Lice/Zengi Köyü
Necmettin Emeç 12.03.1996 Mardin/Savur/Deriş Köyü
Hasan Ocak 21.03.1995 İstanbul
Atilla Osmanoğlu 25.03.1995 Diyarbakır/Melikahmet semti
Mehmet Sezer Mart 1996 Elazığ/Arıcak/Tirmal Köyü
Ali Yegül Mart 1996 Elazığ/Arıcak/Tirmal Köyü
Recep Çiçek Mart 1996 Batman/Kozluk
Talat Türkoğlu 01.04.1996 İstanbul
Hacı Çelik 04.04.1996 Diyarbakır
Mehtap Çelik 04.04.1996 Diyarbakır
Hasan Kavak 04.04.1996 Diyarbakır
İbrahim ... 04.04.1996 Diyarbakır
Eylem ..... 04.04.1996 Diyarbakır
A. Kadir Coşkun 10.04.1996 İstanbul/Esenler
M. Sekan 10.04.1996 İstanbul/Esenler
H. Mehmet Gündüz 01.05.1996 Diyarbakır/Kulp/Nerçik Köyü
Hikmet Karaca 01.05.1996 Habur Sınır Kapısı
Sedat Akkoyun 05.05.1996 İstanbul
Sadullah Ağaç 10.05.1996 Osmaniye
Sabri Kaya 23.05.1996 Batman/Kozluk
Ayten Kaya 23.05.1996 Batman/Kozluk
Mehmet Ekinci 23.05.1996 Batman/Kozluk
Muhyettin Ekinci 23.05.1996 Batman/Kozluk
Teslim Demir May 1996 Adana
Hasan .... May 1996 Bingöl/Pul Köyü
Selahattin Gök 01.06.1996 İstanbul
Yusuf Başkan 03.06.1996 Tekirdağ/Çorlu
Fehmi Çelik 11.06.1996 Diyarbakır/Lice/Herag Köyü
Aziz Okçu 11.06.1996 Diyarbakır/Lice/Herag Köyü
İzzettin Akar 13.06.1996 İstanbul
M. Ali Eser 13.06.1996 İstanbul
Harun Yıldız 14.06.1996 Diyarbakır/Şölen
Eyüp Çelik 14.06.1996 Diyarbakır/Şölen
Mevlüt Aydoğan 14.06.1996 İstanbul
Hasan Yılmaz 18.06.1996 İstanbul
Kadriye Korkmaz 18.06.1996 İstanbul
Sefer Altun 18.06.1996 İzmir/Kadifekale
Heybet Çiçek 19.06.1996 Diyarbakır/Lice/Abalı Köyü
Cemal Başbuğ 19.06.1996 Diyarbakır/Lice/Abalı Köyü
Sadık Yılmaz 19.06.1996 Diyarbakır
Vedak Akyol 20.06.1996 Mardin/Derik/Deşi (Kocatepe) Köyü
H. Kamber Kaplan 26.06.1996 Urfa/Halfeti/Dergili Köyü
Sadık Erdil 26.06.1996 Urfa/Halfeti/Dergili Köyü
Lezgin Akay June 1996 Mardin/Dargeçit
Nuray Aydoğan 01.07.1996 Elazığ
İsa Efe 08.07.1996 Mardin/Derik/Deşi Köyü
Hikmet Kara 16.07.1996 Diyarbakır/Silvan
Mücahit Ekengil 16.07.1996 Diyarbakır/Silvan
Mikail Temiz 21.07.1996 Diyarbakır/Çınar
İbrahim Malgir 21.07.1996 Diyarbakır/Çınar
Yıldırım ... 25.07.1996 Kocaeli/Karamürsel
Ender Kelekçi 25.07.1996 Diyarbakır/Bismil
Sadun Keve July 1996 Van/Çatak
M. Nuri Beyazıt July 1996 Ankara
Hasan Kütri 09.08.1996 İstanbul
Ercan ... 09.08.1996 İstanbul
Orhan Karabağ 10.08.1996 Bingöl/Karlıova
Mehmet Çelik 13.08.1996 Diyarbakır/Lice/Çınarlı Köyü
Selim Kaya 13.08.1996 Diyarbakır/Lice/Çınarlı Köyü
Hüseyin (Muhtar) 13.08.1996 Diyarbakır/Lice/Koçera Köyü
Sabri .... 13.08.1996 Diyarbakır/Lice/Koçera Köyü
Murat Ertan 18.09.1996 Bingöl
Ayhan Aydemir 18.09.1996 Bingöl
Sibel Küçükbilezikçi 18.09.1996 Bingöl
Salih Ertuş 24.08.1996 Hakkari/Xenanıs Köyü
Selahattin Aşkan 24.08.1996 Hakkari/Xenanıs Köyü
Süleyman Tekin 24.08.1996 Hakkari/Xenanıs Köyü
Ahmet Bozkurt 24.08.1996 Hakkari/Xenanıs Köyü
Lokman Kaya 24.08.1996 Hakkari/Xenanıs Köyü
Kadir Karaoğlu August 1996 Diyarbakır/Bağlar
Ali Haydar Kaya August 1996 Diyarbakır/Silvan
Aziz ..... 17.09.1996 Diyarbakır
Sait Demir 18.09.1996 Mardin/Nusaybin
Fahri Balyeci 26.09.1996 Diyarbakır
Hasan Oduncu September 1996 Şırnak/Silopi
İkram Oduncu September 1996 Şırnak/Silopi
Kamber Turunç 19.10.1996 Antep
Bedir Taşkale 23.10.1996 Tunceli/Pertek
İrfan Aslan 23.10.1996 Tunceli/Pertek
Hasan Geçgel 23.10.1996 Tunceli/Pertek
Ali Geçgel 23.10.1996 Tunceli/Pertek
Nihat Kaya 23.10.1996 Tunceli/Pertek
Halit Ürün 24.10.1996 Şırnak/Silopi-Habur sınır kapısı
Hıdır Öztürk 31.10.1996 Diyarbakır
Ramazan Tekin 04.11.1996 Diyarbakır/Kulp/Temiran (Demirli) Köyü
Şirin Bayram 04.11.1996 Diyarbakır/Kulp/Temiran (Demirli) Köyü
H. Halil Birlik 07.11.1996 Habur Sınır Kapısı
Mehmet Bilgiç 07.11.1996 Habur Sınır Kapısı
Bahri Kaanaslan 10.11.1996 Diyarbakır/Hazro/Varnıca Köyü
Hakkı Kaya 18.11.1996 Diyarbakır
Ramazan Yazıcı 22.11.1996 Diyarbakır/Silvan
Selahattin Gümürcü 25.11.1996 Diyarbakır
Mahmut Mordeniz 28.11.1996 Diyarbakır/Urfa Kapı
Fahriye Mordeniz 28.11.1996 Diyarbakır/Urfa Kapı
Kadir Acar 29.11.1996 Diyarbakır
Süleyman Anıl 30.11.1996 Mersin
İhsan Yılmaz 01.12.1996 Bitlis/Hizan/Eyvacık Köyü
Şükrü Yımaz 01.12.1996 Bitlis/Hizan/Eyvacık Köyü
Necmettin Güngör 01.12.1996 Bitlis/Hizan/Eyvacık Köyü
İsmet Güngör 01.12.1996 Bitlis/Hizan/Eyvacık Köyü
Sait Güngör 01.12.1996 Bitlis/Hizan/Eyvacık Köyü
Gıyasettin Alkan 10.12.1996 İstanbul
Haluk Şener 11.12.1996 İstanbul
Mehmet Uslu 16.12.1996 İstanbul
Yusuf Şut 23.12.1996 İstanbul
Yasin Eryılmaz 26.12.1996 Diyarbakır/Silvan
Cafer Özgül 28.12.1996 Tunceli/Mazgirt
Mehmet Batıl December 1996 Mardin/Nusaybin
Aziz Kurtulmaz 1996 Elazığ
Hazım Ünver 1996 Şırnak/Silopi
Sabah Çoruç 1996 Diyarbakır/Bismil
Tekin Demir 1996 Diyarbakır
Orhan Yakar 1996 İstanbul
Muradiye Uci 1996 Hakkari/Yüksekova
Binnur Çakırer Ocak 1997 İstanbul
Tonguç Ok Ocak 1997 Kocaeli/Gebze
Mehmet Yoldaş 01.02.1997 Urfa
Kerem Şahin 06.02.1997 Muş/Varto
Hanifi Tatar 12.02.1997 Mersin/Tarsus
Kurtuluş Durak 13.02.1997 İstanbul
Ziya Özkılıç 14.02.1997 Diyarbakır/Hazro/Uzunargit Köyü
Fikri Özgen 27.02.1997 Diyarbakır
Abdurrahman (Abdurrahim) Demir February 1997 Mardin/Kızıltepe/Şıhvelat Köyü
Selma Gürhan 12.03.1997 Diyarbakır
Ramazan Gökhan 13.03.1997 İzmir
Mehmet Nazik 14.03.1997 Diyarbakır
Mecnun Yüce 29.03.1997 Diyarbakır/Lice/Hezan Köyü
Mehmet Işıkataş 29.03.1997 Diyarbakır/Lice
Mahfuz Çakır 29.03.1997 Diyarbakır/Lice
Necmettin Beksek 29.03.1997 Diyarbakır/Lice
Şükriye Yıldız 04.04.1997 Diyarbakır
Celal Yalçın 04.04.1997 Diyarbakır/Lice
Mehmet İşcan 09.04.1997 Diyarbakır/Lice/Gir Köyü
Mehmet Bali 09.04.1997 Diyarbakır/Lice/Gir Köyü
Ramazan Ulan 09.04.1997 Diyarbakır/Lice/Gir Köyü
Ramazan Uran 13.04.1997 Mardin/Midyat
Engin Bilgin 15.04.1997 İzmir
Ali Akçay 16.04.1997 Diyarbakır/Çınar/Hücceki (Başaklı) Köyü
Hasan Ölmez April 1997 Diyarbakır/Kulp
Hanifi Gün April 1997 Amasya
Abdullah Tepe - ve 17 kişi 12.05.1997 Bitlis/Düav
Saime Yengi May 1997 Tunceli/Mazgirt/Konak Köyü
Sevil Çelik June 1997 Mersin
Hanefi Baran 02.07.1997 İstanbul
Mahmut Abir 19.07.1997 Bingöl/Karlıova/Arabo Köyü
Abdulkadir Çakar 29.07.1997 Mersin/Tarsus
Yusuf Yıldız July 1997 Elazığ/Karakoçan
Bedri Gönül July 1997 Elazığ/Karakoçan
Saadet Gönül July 1997 Bingöl/Yaylıdere/Zımtek (Çayağzı) Köyü
Nurettin Kurt August 1997 Maraş/Türkoğlu/Minelhöyük Köyü
Mehmet Aydınlar 18.09.1997 Mardin/Kızıltepe
Yusuf Nergiz 03.10.1997 Diyarbakır/Kulp
Mehmet Özlük 10.10.1997 Bingöl/Çan
Hacı Özlük 12.10.1997 Bingöl/Kığı/Alagöz Köyü
Abdülselam Çelik 06.11.1997 Diyarbakır/Lice
A. Selam Çelik 06.11.1997 Diyarbakır/Lice
Hikmet Demir 20.11.1997 Mardin/Mazıdağı/Kışlak Köyü
Hasip Demir 20.11.1997 Mardin/Mazıdağı/Kışlak Köyü
Ramazan Onat 20.11.1997 Mardin/Mazıdağı/Kışlak Köyü
Ali Onat 20.11.1997 Mardin/Mazıdağı/Kışlak Köyü
Kutbettin Kayı 01.12.1997 Diyarbakır/Lice
Sadık Ulumaskan 04.12.1997 Urfa/Viranşehir
Seyithan Ulumaskan 04.12.1997 Urfa/Viranşehir
Ahmet Çetintaş 14.12.1997 İstanbul/Merter
Mehmet Özdemir 26.12.1997 Diyarbakır
Ramazan Bayındır December 1997 Mardin/Mazıdağı
Abdullah Demir 1997 Mardin/Kızıltepe
Ahmet Elçiçek 1997 Diyarbakır
Ahmet Özçelik 1997 Diyarbakır
Ekrem Çelik 1997 Şırnak
İlyas Eren 1997 Diyarbakır
M. Emin Çağlar 1997 Diyarbakır
M. Zülfü Genç 1997 Diyarbakır
Mehmet Güler 1997 Batman
Musa Kalama 1997 Batman
Orhan Eren 1997 Diyarbakır/Lice
Ömer Açmaz 1997 Diyarbakır
Renas Ülgen 1997 Şırnak/Merkez
Sıddık Demir 1997 Diyarbakır
Şakir Karataş 1997 Hakkari
Şeyhmus Kılıç 1997 Diyarbakır
Şükrü Salman Demir 1997 Diyarbakır
Tahir Kılıç 1997 Diyarbakır
Vakkas Sabancı 1997 Antep
Yusuf Yıldırım 1997 Diyarbakır
Zozan Eren 1997 Diyarbakır/Lice
Zülfü Çetintaş 1997 Diyarbakır
Ali Karaen 1997 Mardin/Kızıltepe
Ali Uçar 1997 Batman/Merkez
Cafer Kılıç 1997 Diyarbakır
Süleyman Bayrak 1997 Diyarbakır
Boybey Yıldız 1997 Elazığ/Merkez
Veysi Şık 1997 Diyarbakır/Merkez
Yusuf Yürük 13.01.1998 Mersin
M. Hadi Oğuz 23.02.1998 İstanbul
Mehdi ... February 1998 İzmir
Tahir Çakır 16.03.1998 Van
Mehmet Mungan 18.03.1998 Şırnak/Silopi/Yeniköy
Neslihan Uslu 31.04.1998 İzmir
Metin Andaç 31.04.1998 İzmir
Hasan Aydoğan 31.04.1998 İzmir
M. Ali Mandal 31.04.1998 İzmir
Mahmut Keskin 10.05.1998 Diyarbakır/Silvan
Muzaffer Çınar 20.05.1998 Siirt/Bayak
Ahmet Eğitmiş 25.05.1998 Diyarbakır
Hasan Hüseyin Gündüz 28.05.1998 İstanbul/Pendik
Abdülbaki Tekdemir Ve 7 kişi May 1998 Elazığ/Arıncık/Erimli Köyü
Naif Korkut 04.06.1998 Batman/Demirbilek
Nezir Kükürt 04.06.1998 Batman/Demirbilek
Mehmet .... 04.06.1998 Batman/Demirbilek
Abdülhakim Doğan 08.06.1998 İstanbul
Lezgin Kıvılcım 10.06.1998 Mardin/Mazıdağ
Hacı Özen 11.06.1998 Şırnak/Eruh
M. Emin Acar 25.06.1998 Van
Yahya İpek 30.07.1998 Şırnak/Cizre
Abdülkadir Ay 08.08.1998 Mardin/Kızıltepe
Resul Gündüz - Ve 2 kişi 28.08.1998 Diyarbakır/Kulp/Demirli Köyü
Ali Gündüz 16.09.1998 Batman
Nezir Ertuğrul 11.11.1998 Diyarbakır/Kulp/Karabulak/Kepezkaya
Yılmaz Tad 11.11.1998 Diyarbakır/Kulp/Karabulak/Kepezkaya
Mahmut Durmuş 11.11.1998 Diyarbakır/Kulp/Karabulak/Kepezkaya
Hakkı Kızılkaya 11.11.1998 Diyarbakır/Kulp/Karabulak/Kepezkaya
Recep Dingili 11.11.1998 Diyarbakır/Kulp/Karabulak/Kepezkaya
Ümran Karataş 11.11.1998 Diyarbakır/Kulp/Karabulak/Kepezkaya
Beşir Karakuş 11.11.1998 Diyarbakır/Kulp/Karabulak/Kepezkaya
Cengiz Dikkaya 11.11.1998 Diyarbakır/Kulp/Karabulak/Kepezkaya
Şehabettin Irmak 11.11.1998 Diyarbakır/Kulp/Karabulak/Kepezkaya
Nurhak Uğurlu 11.11.1998 Diyarbakır/Kulp/Karabulak/Kepezkaya
Kenan Giriç 11.11.1998 Diyarbakır/Kulp/Karabulak/Kepezkaya
Kahraman Özer 11.11.1998 Diyarbakır/Kulp/Karabulak/Kepezkaya
Hasan Ali Bindal - Ve 2 kişi 11.11.1998 Diyarbakır/Kulp/Karabulak/Kepezkaya
Çetin Pişirici 24.11.1998 Antep/Araban/Fıstıklıdağ Köyü
Rıza Turan 25.11.1998 Ankara
Ahmet Küçükdal 26.11.1998 Ağrı
Sevim Adıbilen 29.11.1998 Bulgaristan’dan Yunanistan’a geçerken
Sedat Bayraktar 29.11.1998 Bulgaristan’dan Yunanistan’a geçerken
Aydın Şahin 29.11.1998 Bulgaristan’dan Yunanistan’a geçerken
Levent Büker 29.11.1998 Bulgaristan’dan Yunanistan’a geçerken
Mehmet Mazaca November 1998 Tunceli
A. Celil Babur November 1998 İstanbul
Metin Demirkıran 26.01.1999 Mardin/Nusaybin/Şıkrini köyü
Bülent Malkaç 26.01.1999 Mardin/Nusaybin/Şıkrini köyü
Mehmet Kaplan 26.01.1999 Mardin/Nusaybin/Şıkrini köyü
Hasan Karaaslan 26.01.1999 Mardin/Nusaybin/Şıkrini köyü
Feridun Zınar 26.01.1999 Mardin/Nusaybin/Şıkrini köyü
İbrahim Melik 26.01.1999 Mardin/Nusaybin/Şıkrini köyü
Selahaddin Hüseyin 26.01.1999 Mardin/Nusaybin/Şıkrini köyü
Ethem Mahmut 26.01.1999 Mardin/Nusaybin/Şıkrini köyü
Mahsum Nurteli 26.01.1999 Mardin/Nusaybin/Şıkrini köyü
Bilal Yürek 26.01.1999 Mardin/Nusaybin/Şıkrini köyü
Selami Aslan 26.01.1999 Mardin/Nusaybin/Şıkrini köyü
Nurullah Erdem 26.01.1999 Mardin/Nusaybin/Şıkrini köyü
Hacı Akyol 26.01.1999 Mardin/Nusaybin/Şıkrini köyü
Mustafa Atay 26.01.1999 Mardin/Nusaybin/Şıkrini köyü
Namık Gül 26.01.1999 Mardin/Nusaybin/Şıkrini köyü
Cemil Uluç 26.01.1999 Mardin/Nusaybin/Şıkrini köyü
Muhittin Demirel 26.01.1999 Mardin/Nusaybin/Şıkrini köyü
Abdullah Avde 26.01.1999 Mardin/Nusaybin/Şıkrini köyü
M.Emin Çankaya 26.01.1999 Mardin/Nusaybin/Şıkrini köyü
Mehmet Bulut 26.01.1999 Mardin/Nusaybin/Şıkrini köyü
Abdulselam Elçioğlu 26.01.1999 Mardin/Nusaybin/Şıkrini köyü
Mahmut Güven 26.01.1999 Mardin/Nusaybin/Şıkrini köyü
Mustafa Muhammed 26.01.1999 Mardin/Nusaybin/Şıkrini köyü
Kenan Yılmaz 26.01.1999 Mardin/Nusaybin/Şıkrini köyü
Mehmet Şirin Dereli Ocak 1999 Diyarbakır
Ferdi Özgen 11.03.1999 Batman/Sason/Golav
Ahmet Boklan 11.03.1999 Batman/Sason/Golav
Murat Kazan 11.03.1999 Batman/Sason/Golav
Servet Kalın 11.03.1999 Batman/Sason/Golav
Osman Altındağ 11.03.1999 Batman/Sason/Golav
İbrahim Xamo 11.03.1999 Batman/Sason/Golav
Muharrem Yıldırım ve 10 kişi 11.03.1999 Batman/Sason/Golav
Gülseren Yeşiloğlu 21.04.1999 İstanbul
Cevdet Çoban 06.05.1999 Batman
A. Kadir Korkmaz 09.05.1999 Batman
Cengiz Tan 16.05.1999 Van/Erek
İbrahim Tanrıoğlu 16.05.1999 Van/Erek
M. Şerif Erdem 09.06.1999 İzmir
Cahit Tekdemir 12.06.1999 Diyarbakır
İsmet Akbulak 25.06.1999 İzmir
Mustafa Özmen June 1999 Diyarbakır
Cemil Yöyler 15.07.1999 İzmit
Musa Demir 02.08.1999 İzmir/Bornova
İskan Can 17.08.1999 Diyarbakır
Ahmet Kahraman August 1999 Diyarbakır
Fikret Kenç August 1999 Diyarbakır
Aydın Esmer 10.09.1999 Diyarbakır/Kulp/Karabulak Köyü
Hikmet Utanç 25.09.1999 Mardin/Derik
Orhan Eren 26.09.1999 Diyarbakır/Kulp
Zozan Eren 26.09.1999 Diyarbakır/Kulp
Sıddık Kuzu 01.10.1999 Muş E Tipi Cezaevi
Cemal Uçar 05.10.1999 Diyarbakır
Mehmet Şah Şeker 09.10.1999 Diyarbakır/Bismil
Mehmet Şah Eker 09.10.1999 Diyarbakır/Bismil
İzzet Aksoy 10.10.1999 Adıyaman/Gerger
Mehmet Koç 18.10.1999 Şırnak
İdris Sökmen 18.10.1999 Şırnak
Erdem Özpınar 13.11.1999 ......
Şafak Akbulut 24.11.1999 İstanbul
Serdar Deviren November 1999 Diyarbakır
Hüseyin Arı 11.12.1999 Diyarbakır/Lice
Hüseyin ...... 11.12.1999 Diyarbakır/Lice
Erkan Çınar 18.12.1999 İstanbul
Gönül Uci ve 27 kişi 1999 Bitlis ili Mutki ilçesi Karasu Köyü Sütlüce mezrası
Mehmet Bilge 1999 Diyarbakır/Silvan/Beypınar Köyü
Burhan Bahtiyar 04.05.2000 Diyarbakır/Dicle/Kırkpınar/Kayaş
Ömer Kaymaz 04.05.2000 Diyarbakır/Dicle/Kırkpınar/Kayaş
Doğan Koç 04.05.2000 Diyarbakır/Dicle/Kırkpınar/Kayaş
Ramazan Kaya - ve 3 kişi 04.05.2000 Diyarbakır/Dicle/Kırkpınar/Kayaş
Mehmet Vasfi Yavuz 2000 Diyarbakır/Merkez
Ahmet Gümüş 2000 Diyarbakır/Ergani
Fethi Dereli 2000 Diyarbakır/Merkez
Hakim Tayfur 2000 Diyarbakır/Bismil
Abdurrahman Ateş 2000 Diyarbakır/Merkez
Ayhan Turan 2000 Diyarbakır/Merkez
Serdar Tanış 25.01.2001 Şırnak/Silopi
Ebubekir Deniz 25.01.2001 Şırnak/Silopi
Mehmet Yıldız 29.01.2001 Urfa
Mehmet Türkekul 07.02.2001 Diyarbakır
İkram Ülker November 2001 Van
Sıddık Kaya 15.11.2002 Muş/Varto
Münir Yüksekdağ 09.12.2005 Şırnak
Selman Şeran 17.09.2005 Mardin/Kızıltepe
Cemal Artış 12.04.2006 Şırnak/Besta
Özgür Kaya 12.04.2006 Şırnak/Besta
Mehmet Taştan - ve 5 kişi 12.04.2006 Şırnak/Besta
Mehmet Ali Azun 17.06.2006 Diyarbakır/Bağlar

http://www.cetim.ch/images/pixel_black.gif

1) Cette liste englobe donc, en plus de la liste de 840 personnes recensées par l'IHD, les disparitions signalées à l'association des familles de disparus et International Committee Against Dissapearances (ICAD) en 2006. Elle est publiée sur le site du quotidien turc Radikal,
http://www.radikal.com.tr/Radikal.aspx?aType=RadikalDetay&ArticleID=911664&Date=06.12.2008&CategoryID=77
2) Voir article paru le 6 février 2009 sur le site http://bersiv.com/actualite/650-disparus-au-kurdistan
3) Cf. Affaire Üçak et autres c. Turquie,
http://cmiskp.echr.coe.int/tkp197/portal.asp?sessionId=36780769&skin=hudoc-fr&action=request

http://www.cetim.ch/fr/interventions_details.php?iid=336


 

http://www.assmp.org/spip.php?article445

http://www.assmp.org/spip.php?article442

http://www.assmp.org/spip.php?article379&var_recherch...

http://www.assmp.org/spip.php?article294&var_recherch...

http://www.assmp.org/spip.php?article297&var_recherch...

http://ods-dds-ny.un.org/doc/UNDOC/GEN/G10/109/99/PDF/G10...

http://ods-dds-ny.un.org/doc/UNDOC/GEN/G10/110/00/PDF/G10...

http://www.cetim.ch/documents/communique-erbey-turquie.pdf

 

 

 


Maison Populaire de Genève

 

www.assmp.org

 

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09/05/2010

L’Iran exécute cinq militants kurdes

 

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Farzad Kamangar, instituteur, et sa classe


Iran Manif - Cinq personnes, dont une femme, accusées d'avoir commis des attentats dans plusieurs villes iraniennes et d'avoir des liens avec des "groupes antirévolutionnaires" ont été pendues dimanche dans la prison d'Evine à Téhéran, a annoncé l'agence officielle Irna. Les cinq condamnés étaient accusés notamment "d'actes terroristes, incluant des attentats à la bombe contre des bâtiments gouvernementaux et des bâtiments publics dans des villes iraniennes", selon Irna qui ne précise pas dans quelles villes et à quelles dates ces attentats auraient été commis.

 

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L'agence officielle, qui cite un communiqué du bureau du procureur de Téhéran, ne précise pas non plus à quels "groupes antirévolutionnaires" les condamnés auraient été affiliés.

Elle identifie simplement les cinq condamnés par leurs noms, comme étant Shirine Alamhouli, Farzad Kamangar, Ali Heidarian, Farhad Vakili et Mehdi Eslamian.

 

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Selon des sites internet iraniens collectant des informations sur la situation des droits de l'Homme en Iran, Mehdi Eslamian, 30 ans, arrêté en mai 2008 sous l'accusation de liens avec le mouvement monarchiste de l'Assemblée du Royaume (Tondar), était le frère de Mohsen Eslamian, un des trois hommes exécutés le 10 avril 2009 pour l'attentat commis un an plus tôt contre une mosquée de Shiraz (sud).

Shirine Alamhouli, Ali Heidarian, Farhad Vakili

Cet attentat avait fait 14 morts et quelque 200 blessés le 12 avril 2008. Il avait été attribué par les autorités au groupe monarchiste, qui l'avait également revendiqué sur son site internet.

Les quatre autres condamnés exécutés dimanche étaient apparemment des militants kurdes liés au mouvement indépendantistes armé PJAK, proche du PKK turc et responsable de nombreux attentats au Kurdistan iranien.

Shirine Alamhouli, agée de 28 ans, avait été arrêtée en 2008 à Téhéran et jugée en décembre 2009 sous l'accusation de liens avec le PJAK, selon un de ces sites internet.

Farzad Kamangar, enseignant dans la ville de Kamyaran (province du Kurdistan, nord-ouest) avait été arrêté en juillet 2006 et condamné à mort en mai 2008 pour appartenance au PJAK et "possession d'explosifs". Il avait été jugé "ennemi de Dieu", une qualification qui peut entraîner le peine de mort.

Farzad Kamangar, Farhad Vakili et Ali Heidarian avaient été présentés en août 2008 comme des "membres de la communauté kurde" par l'Union européenne qui avait dénoncé leur condamnation à mort et appelé Téhéran à stopper les exécutions.

En 2009, au moins 270 personnes avaient été exécutées en Iran.

(AFP)

 

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07/05/2010

Güler Zere est morte



Güler Zere est morte

Güler Zere s'est éteinte aujourd'hui vers 16h50 (heure turque) dans le quartier d'Armutlu à Istanbul, des suites d'un long combat contre le cancer de la bouche.
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Prisonnière politique pendant 14 ans pour son appartenance au mouvement marxiste DHKP-C (Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple), elle est morte de l'incurie des autorités pénitentiaires et de l'Institut médicolégal qui l'ont laissée agoniser en captivité, à petit feu, sachant qu'elle était légalement libérable pour raisons de santé.
L'an dernier, après quatre mois de campagne intensive pour sa libération, l'opinion publique progressiste turque et internationale était parvenue à contraindre les autorités turques de la faire libérer. Le 6 novembre 2009, elle bénéficia en effet de la grâce présidentielle grâce à ces pressions démocratiques.

A peine sortie de prison, elle participa aux rassemblements de solidarité avec les prisonniers malades organisés chaque vendredi dans la rue Istiklal à Istanbul.
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Mais le mois dernier, son état de sa santé s'est subitement détérioré.
Dans l'une de ces dernières lettres, elle écrivait d'ailleurs: "Ils m'ont abandonnée sur les berges de la mort. Ils ont usurpé mon droit à la vie en me donnant le droit de mourir dehors. Je n'oublierai pas. Et dire qu'il y a encore des prisonniers malades."

Elle est morte à l'âge de 38 ans, le cœur empli d'amour et d'espoir en des lendemains meilleurs, entourée de ses amis et camarades.

Le 7 mai 2010
Sources: Halkinsesi TV, Milliyet, NTV.

Maison Populaire de Genève
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Lettre de la prisonnière politique Güler Zere, peut-être la dernière !

http://demirsonmez.blog.24heures.ch/archive/2009/09/04/le...

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31/08/2009 Journale 24Heures

http://demirsonmez.blog.24heures.ch/archive/2009/08/31/no...


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Nous vous appelons à arrêter cette mort tous ensemble.

Nous vous appelons à arrêter cette mort tous ensemble !

 

Nouvel appel pour la libération de la prisonnière Güler Zere

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Güler ZERE est une détenue politique incarcérée depuis 14 années.  Aujourd'hui, elle se trouve à la chambre pour les détenus de l'hôpital "Balcali" de la Faculté de la Médecine de l'Université de Cukurova (Adana).

Güler ZERE est privée du diagnostic à temps  et les soins efficaces à cause de l'isolement/traitement qui est en vigueur dans les prisons de la Turquie.



Encore, aujourd'hui, Güler ZERE est privée des soins suffisants. Il y a le risque de vie.



Les médecins spécialistes du département d'oncologie et de l'ophtalmologie de l'hôpital de l'université où Güler ZERE est soignée ont établie deux rapports médicaux.



Ces rapports ont été demandés par le procureur général de la République d'Elbistan (la ville de la prison de Güler) en vertu de l'article 16/2 de la loi 5275 qui concerne l'Exécution des Peines et des Sécurités.

Le procureur compétent est lui puisque Güler était dans la prison d'Elbistan jusqu'a son transfert à l'hôpital.



L'article concerné est libellé :



"(...) Pour les autres maladies, l'exécution de la peine continue dans les sections pour les détenus des institutions de santé officielles. Mais, même dans ce cas, si l'exécution de la peine de la prison constitue un danger précis pour la vie du détenu, il y a le sursis à  l'exécution de la peine jusqu'à la guérison du détenu."

Le premier rapport établi par l'Université dit qu'il est impossible de soigner Güler ZERE dans les conditions de la prison et le deuxième rapport de l'Université dit que les soins pour Güler dans les sections pour les détenus des institutions de santé officielles non plus est possible.

En conséquence, les résultats communs des deux rapports déclarent que Güler ZERE a un risque de vie et un sursis à l'exécution de sa peine est nécessaire.



Le parquet d'Elbistan a envoyé ces rapports à la troisième section de la Médecine Légale d'Istanbul en se basant sur la circulaire de 01.01.2006/21 du Ministère de la Justice qui concerne "le sursis à l'exécution de la peine de prison à cause de la maladie".

L'article de la circulaire est libellé:



"(...) En cas de la contradiction dans les rapports établis par la Médecine Légale ou dans les rapports confirmés par la Médecine Légale et établis par les conseilles de santé des hôpitaux concernés ou dans le cas où le contenu des rapports n'est pas suffisant pour former une décision, il est nécessaire de demander un rapport Au Conseil Général de la Médecine Légale(...)".



Le Ministère de la Justice, en se basant sur cette circulaire, prévoit le contrôle des opinions médicales des professeurs et des maitres de conférences de la Faculté de la Médecine spécialistes dans leur domaine par les fonctionnaires de la Médecine Légale qui dépendent de la Ministère de la Justice.



Apres un voyage de 14 heures, on a traduit Güler ZERE devant le conseil de la Médecine Légale qui a fait un examen de 5 minutes.

Le résultat est "il n'est pas nécessaire un sursis à l'exécution de la peine".

L'examen de la Médecine Légale n'est pas scientifique.


Les médecins spécialistes qui sont le personnel de l'Institution de la Médecine Légale contrôlent les rapports de leurs professeurs et de leurs maitres de conférences.



Il y a plusieurs exemples qui démontrent que la Médecine Légale n'est pas impartiale et équitable. En plus, à cause des fautes scientifiques et des fautes de droit, le président de la République a demandé le contrôle de cette Institution par l'Institution de Contrôle de l'Etat.

La situation de Güler ZERE s'aggrave et l'Etat l'a abandonnée à la mort puisqu'elle est privée des soins efficaces, du moral, de libre choix de médecin et des soins alternatifs.



Le Ministère de la Justice doit corriger immédiatement sa faute de suivre la circulaire no.21 et doit laisser faire contrôler les rapports des Conseilles des Universités par l'Institution de la Médecine Légale.

Cette appréhension n'a pas une base légale et scientifique.


Güler ZERE doit être libérée immédiatement avec un sursis à l'exécution de sa peine en vertu de l'article 16/2 de la loi 5275.



Nous vous appelons d'arrêter cette mort et empêcher la mort de Güler ZERE devant nos yeux.

 

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Pour cette raison, vous pouvez envoyer une télécopie ou vous pouvez appeler le Ministère de la Justice de la Turquie pour la libération de Güler ZERE.

Vous pouvez protester cette situation. Vous pouvez écrire une lettre de la solidarité à Güler ZERE.

 

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Nous vous appelons à arrêter cette mort tous ensemble.

 



Pour soutien à Güler ZERE, vous pouvez écrire à cette adresse:



Güler ZERE


Çukurova Universitesi Balcali Araştırma Hastanesi Mahkum Koğuşu

ADANA – TURQUIE

et
Karatas Hapishanesi (Prison de KARATAS)


ADANA – TURQUIE

 

 

Protestation auprès du Ministère de la Justice:

 

Envoyez vos lettres de protestation au ministère turc de la justice :

M. Sadullah ERGIN, Ministre de la Justice

Republic of Turkey

Ministry of Justice

06669 ANKARA

Courriel : sadullahergin@adalet.gov.tr

TEL: 90(312)417 77 70


FAX: 90(312)419 33 70


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06/05/2010

Deniz Gezmiş, Yusuf Aslan et Hüseyin İnan.Ils ont été pendus le 6 mai 1972 par l’état fasciste Turc

 

 

Deniz Gezmiş,Hüseyin İnan et Yusuf Aslan avaient été condamnés à mort par un tribunal militaire. Ils ont été pendus le 6 mai 1972 par l’état fasciste Turc

"La peine de mort qui a été prononcée à leur égard résulte des conditions extraordinaires que connaissait le pays à cette époque. Ces condamnations étaient injustes."

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Deniz Gezmiş est né le 2 février 1947 à Ayas, une sous-préfecture d’Ankara. Fils d’une famille de professeurs, il étudia ses années de primaire, et ses années de collège à Sivas puis le lycée à Istanbul. C’est pendant ses années de lycée qu’il découvrit les pensées de gauche et participa aux manifestations.

En 1965, il fut membre du Parti travailliste turc (Türkiye Işçi Partisi) à Üsküdar. Deniz fut arrêté pour la première fois le 31 août 1966, lors d’une manifestation en faveur des fonctionnaires de Çorum.

Deniz entra à l’Université de droit d’Istanbul le 7 novembre 1966. Par la suite, le 19 janvier 1967, il fut arrêté lors de la protestation de la Fédération nationale turque des étudiants (Türkiye Milli Talebe Federasyonu ) et jugé le lendemain avec ses deux amis, pour être relâché le jour-même. Pendant le meeting chypriote organisé par les organisations étudiantes, il brûla le drapeau des États-Unis d’Amérique avec Aşık İhsani, ce qui lui valut d’être arrêté et relâché par la suite. Avec Aşık İhsanı, qui étudiait dans la même faculté à Istanbul, il fonda le 30 janvier 1968 Organisation des révolutionnaires étudiants en droit (Devrimci Hukuklular Örgütü).

Le 7 mars 1968, il fut arrêté pour avoir protesté contre le discours du chef d’état Seyfi Öztürk à la faculté de science pendant le rassemblement de l’AIESEC, et incarcéré jusqu’au 2 mai. Il fut jugé le 30 mai pour avoir protesté contre la 6e flotte américaine présente en mer Egée puis acquitté le 20 septembre.

En octobre 1968, avec ses camarades : Cihan Alptekin, Mustafa İlker Gürkan, Mustafa Lütfi Kıyıcı, Cevat Ercişli, M. Mehdi Beşpınar, Selahattin Okur, Saim Kurul et Ömer Erim Süerkan, il créa l’Union des étudiants révolutionnaires (Devrimci Öğrenci Birliği). Le 28 novembre 1968, il fut arrêté avec ses camarades pour avoir manifesté à l’aéroport de Yeşilköy(Actuellement : Atatürk), contre l’arrivée de Robert Commer, qui était l’ambassadeur des États-Unis à Ankara. Après cette arrestation, ils furent obligés à nouveau de le relâcher. Il mena l’occupation de l’université de droit d’Istanbul, suite au projet de réforme des universités. Il fut blessé après l’attaque de l’université par la police turque pour libérer l’université. Malgré un mandat d’arrêt contre lui, il s’enfuit de l’hôpital et partit pour la Palestine fin juin. Il resta en Palestine jusqu’à Septembre. Le 1er septembre 1969, il fut exclu de l’université de droit pour avoir participé à l’occupation de l’université.

Durant sa période de cavale, il envoya des déclarations aux journalistes dans des lieux tenus secret. Le 23 septembre 1969, alors qu’il se rendait à l’université de droit, la police fut contactée et Deniz se rendit à la police pour être relâché le 25 novembre. Après l’assassinat d’un révolutionnaire nommé Battal Mehetoğlu par des jeunes de droite, la police perquisitionna l’université et trouva un sniper. La police accusa Deniz Gezmiş pour possession d’arme à feu, et demanda un nouveau mandat d’arrêt. Il fut arrêté le 25 décembre 1969 avec Cihan Alptekin. Les deux camarades furent relâchés, le 18 septembre 1970 soit plus de 9 mois après.

Il s’éloigna des mouvements étudiants, et continua sa lutte dans différents domaines.

Deniz Gezmiş, Sinan Cemgil, Hüseyin Inan, Cihan Alptekin, Sinan Kazim Özüdoğru, Mustafa Yalçiner, Aydin Çubukçu, Kadir Manga, Yusuf Aslan, Ömer Ayna, et Alpaslan Özdoğan créèrent la Armée de libération du Peuple de Turquie (Türkiye Halk Kurtuluş Ordusu).

Deniz Gezmiş participa au hold-up d’une banque d’Ankara au nom de "THKO", le 20 janvier 1971. Le 4 mars 1971, il participa aussi à l’enlèvement de quatre Américains à Ankara. Les quatre Américains seront relâchés par la suite.

Son arrestation et son exécution

Quelques jours après le coup d’état du 12 mars, Deniz Gezmiş et Yusuf Aslan voulaient rejoindre Sivas mais en cours de route ils s’arrêtèrent pour réparer leur motocyclette mais une dénonciation les trahit et un affrontement éclata avec la police. Ce jour là, Yusuf Aslan fut arrêté tandis que Deniz Gezmis fut arrêté le 16 novembre, tous deux à Gemerek : une province de Sivas. Deniz Gezmiş fut transféré à Kayseri et, ramené au ministère de l’Intérieur à Haldun Menteşoğlu.

Son procès eut lieu le 16 juillet 1971, à Altindağ (Ankara). Le président du tribunal était le Géneral Ali Elverdi et le procureur de la république était Baki Tuğ. Le procès de Deniz ainsi que de ses deux autres camarades : Yusuf Aslan et Hüseyin Inan prit fin le 9 octobre 1971, et ils furent condamnés à la peine de mort par le tribunal dans l’affaire THKO-1.

Deniz Gezmiş, Yusuf Aslan et Hüseyin Inan furent pendus le 6 mai 1972, entre 01:00 et 03:00 au centre pénitencier d’Ankara. Les trois hommes ne voulurent pas d’Imam au moment de leurs exécutions, chose rare. Ses derniers souhaits

Il y a différentes versions sur les derniers souhaits de Deniz Gezmiş avant son exécution.

Selon certains Deniz aurait voulu écouter Aranjuze de Joaquín Rodrigo, avec cela un verre de thé (çay). Il aurait aussi avant sa mort dit "Vive la Turquie entièrement indépendante, Vive la fraternité des peuples turcs et kurdes, Vive les travailleurs et les paysans, A bas l’impérialisme..." et aurait poussé lui même le tabouret qui le tenait pour se pendre lui même. Ce que fit aussi Hüseyin Inan.

Deniz aurait aussi souhaité que son avocat vît la scène de sa pendaison pour démentir tout autres rumeurs. Il aurait souhaité que son avocat embrassât un par un tous ses camarades révolutionnaires, et il aurait voulu être enterré à côté de son camarade Taylan Özgür mort en 1969. Son parka fut rendu à son père comme il le voulut.

 

 

 

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DENIZ GEZMIS

Père, quand la lettre sera entre vos mains, je ne serais plus parmi vous. Même si je vous prie de ne pas avoir de chagrin, je sais que vous en aurez.


Malgré cette situation, j’attends de vous une compréhension ; les hommes naissent, grandissent, vivent, meurent, ce qui est important ce n’est pas de vivre longtemps mais de faire plus de chose possible durant sa vie.

Pour cette raison, j’estime que c’est normal que je parte tôt, de plus, avant moi mes amis n’ont jamais hésité devant la mort.

N’ayez pas de doute, je ne succomberai pas ; ton fils n’est pas faible (ociz) et sans issue. Sur cette voie, ton fils a accédé en connaissance de cause et savait que sa fin serait comme celle-ci. Nous n’avons pas les mêmes points de vues mais je pense que tu me comprendras. Pas seulement toi, je pense que tout le peuple turc et kurde, qui réside en Turquie, me comprendra.

Pour mes funérailles, j’ai donné les directives à mon avocat. De plus, je l’annoncerai au procureur.

J’aimerais être enterré à côté de mon ami Taylan Ozgür qui 0 été tué à Ankara en 1969. Pour cette raison, n’essayez pas d’amener mon corps à Istanbul. Cependant, il est de ton devoir de consoler ma mère. Je laisse tous mes livres à mon petit frère, j’aimerais que tu lui recommandes particulièrement de devenir un savant. Ilfaut qu’il s’occupe de la science et il ne doit pas oublier que s’occuper de la science signifie également servir l’humanité.

Le temps de partir est venu. Deniz, en se tournant vers ses avocats, a fait ses adieux.

Il a contemplé avec un sourire douloureux. Il s’est avancé vers la potence de la cour avec des pas ferme. A cause de ces habilles serrés de pendaison et de ses mains attachés, il est monté sur la potence avec soutien.

Deniz en montant sur celle-ci a essayé lui-même de se mettre le nœud autour de son cou. Quand il a passé le nœud autour de son cou, quelque personne regardant cet acte fessait signe au bourreau de tirer le tabouret.

Deniz, tout d’un coup, a commencé à hurler dans ce silence frais de ce printemps et dont l’aube qui n’était pas encore levé.

« VIVE L’INDEPENDANCE DU PEUPLE DE LA TURQUIE, VIVE LA GRAND DOCTRINE DU MARXISME ET DU LENINISME, VIVE LA LUTTE DE L’INDEPENDANCE DU PEUPLE TURC ET KURDE, A BAS L’IMPERIALISME »

6 mai 1972 Ankara

La nuit 01:25



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A l‘intention de mon père, de ma mère, de mes frères et de mes amis proches

Je n’arrive pas à trouver beaucoup de mots à dire. La fin inévitable qu’attend chaque homme, c’est dressé devant moi plus tôt pour des raisons que vous connaissez.


Je devine votre chagrin et votre douleur. A l’avenir, j’ai l’espoir que vous comprendrez mieux la situation. Soyez fort. Essayez d’oublier vos tristesses et vos peines. Avec tout mon être, je vous envoie mes meilleures salutations. Il y a beaucoup de chose à écrire mais malheureusement ce n’est pas possible. Mes salutations de tout cœur …

Ils ont habillé Hüseyin d’une chemise de pendaison. Hüseyin a fait ses adieux à ses avocats et en se retournant du côté du public, il a dit ’’Est-ce que vous pensez que cette lutte va être terminée avec nous’’. Puis il a marché vers la potence avec des pas fermes et sûr. Il est monté sur la table et non pas sur le tabouret. Il allait crier ses derniers mots avant de monter sur le tabouret et de se faire passé le nœud autour de son cou.

Hüseyin a 03:00 heure du matin, à la lueur le l’aube a crier sur le tabouret ses derniers mots contre l’obscurité de la nuit ;

‘’ MOI JE N’AI JAMAIS PENSE A AVOIR DU PROFITS, J’AI TOUJOURS LUTTE POUR LE BONHEUR DE MON PEUPLE ET POUR LEUR LIBERTÉ. J’AI PORTE CE DRAPEAU JUSQU’À AUJOURD’HUI AVEC DIGNITÉ. A PARTIR DE MAINTENANT JE CONFIS CE DRAPEAU AU PEUPLE TURC.

VIVE LA PAYSANNERIE,

VIVE LES TRAVAILLEURS,

VIVE LES RÉVOLUTIONNAIRES.

A BAS LE FASCISME … ! ’’

Après ses derniers mots Hüseyin a mis le nœud autour de son cou et il a donné plusieurs coups dans le tabouret pour le faire tomber. Son corps mince est tombé dans le vide et il s’est balancé… Deniz a rencontré une fois de plus Yusuf …

6 mai 1972 Ankara 03.00 du matin

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12:00 Publié dans Politique | Tags : paix | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |