08/03/2012

8 mars Journée de la femme, lutte pour droit l’avortement

Genève, cet après midi une centaines de personnes se sont rassemblées à 17h en haut de la zone piétonne du Mont-Blanc répondant à l'appel lancé par le comité pour l’avortement libre et gratuit (ALG).

Cette année, Marche mondial des femmes a décidé ce 8 mars journée international des femmes de lutter contre l’initiative « Financer l’avortement : une affaire privée » émanent des parti de la droite conservatrice.

Le thème fut aborder de façon détournée, les militant-es demandaient aux passant-es des informations sur leur mode de vie, notamment le tabagisme, l’alimentation, l'alcool et toute activité en principe privée qui peu déboucher sur une maladie nécessitant remboursement de la part des assurances.

Si l'avortement est une affaire privée, le cancer du poumon, le HIV, la cirrhose, le sont aussi?

"Pour une assurance solidaires!" C'est ce qu'une militante a demandé après qu'un groupe de femmes toute de rouge vêtues aient exécutées quelque pas d'une chorégraphie en scandant un texte sur le sujet.

Ce rassemblement compta plusieurs représentant-es et militant-es de divers mouvements, associations, partis et syndicats.

Pour que l’avortement soit encore remboursé par l’assurance maladie et reste un droit pour toute femme, non à cette initiative qui n'est rien d'autre qu'un énorme pas en arrière dans les acquit du féminisme!

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8 mars Journée internationale des femmes,Sandrine SALERNO et Esther ALDER

Ce matin à 10h00 les Conseillères administratives de la Ville Mesdames Sandrine SALERNO et Esther ALDER ouvrent les portes de leur bureau à toutes les femmes genevoises pour discuter des différents problèmes des femmes (logement, d’égalité des sexes, chômage, social et problèmes des associations de femmes) à l’occasion de la journée internationale des femmes.

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15/06/2011

14 juin, L'égalité, partout, tout de suite !

14 juin, L'égalité, partout,

tout de suite !

 

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D'autres photos sur le blog de mon ami

Haykel EZZEDDINE

Haykel EZZEDDINE

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14/04/2011

Madame Gladys AMBORT : Une femme, une histoire


Madame Gladys Ambort : Une femme, une histoire

Cérémonie pleine d’émotion vendredi 1er avril à l’université de Genève à l’occasion de la remise des prix de « Femme engagée, femme exilée ». Un auditoire en majorité féminin a plébiscité les lauréates au nombre de neuf si on leur rajoute le prix d’honneur à Madame Ruth Dreifuss et celui attribué à Madame Simone CHAPUIS-BISCHOP

J’entame une série de portraits consacrée aux neuf femmes de valeur qui ont reçu les honneurs de la Ville de Genève le 1 vendredi 2011.

Le destin de ces femmes courageuses ne laisse personne indifférent. Suivez le guide.

Prochain portrait : J’ai terminé les série de portraits.

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Présentation de Madame Gladys Ambort

Prix « Femme exilée, femme engagée » (Alba Viotto). Soutien de la ville de Genève « Migrantes en mouvement : Saisir les chances, Oser le changement ». ler avril 2011, Genève

Histoire d’une héroïne ordinaire : Gladys Ambort

Tout d’abord j’aimerais dire tout le respect et la reconnaissance que nous avons toutes et tous pour le remarquable travail d’Alba Viotto « Femme exilée, Femme engagée », qui nous invite à rendre hommage à des femmes de tous âges et nationalités que des circonstances, souvent dramatiques, ont conduites à s’exiler à Genève. Alba Viotto est une passionaria qui porte très haut la bannière de la liberté. Elle apporte un souffle de vie à ce pays et à ce canton qui nous est précieux.

Dans le cadre de l’hommage public au courage des femmes, de la remise du prix 2011 par l’Association appuyée par la ville de Genève, je dois vous présenter aujourd’hui Gladys Ambort, exilée d’Argentine, écrivaine et traductrice. Je vais tenter de vous partager ce que l’histoire d’une héroïne ordinaire déclenche dans la pensée et en quoi elle invite à la résistance et nourrit notre puissance d’agir et notre désir de révolution.

Il m’est difficile de parler, de surmonter la pudeur du respect face à une une expérience humaine, à une existence tragique, la peur de la banalisation en ajoutant des mots aux discours...

Après avoir lu son livre, j’ai retenu et je commencerai par cela : « Nous voulions rêver, nous voulions voler », p. 207 (son livre).
J’ai intitulé mon intervention, histoire d’une héroïne ordinaire. Mon intervention se déroule en deux parties.

I. Qui est Gladys Ambort ?

Hannah Arendt a bien montré, dans son livre Condition de l’homme moderne, que l’action est toujours portée par QUELQU’UN PAR un QUI qui se révèle par l’action. L’action n’est pas le simple mouvement de l’histoire au sens de Hegel. La violence non plus. Ce qui aujourd’hui c’est Gladys Ambort. Ce qu’elle nous dit, n’est pas un simple témoignage de dénonciation – bien que ce soit important de dénoncer des crimes de guerre devant les tribunaux – c’est un travail de pensée active qui résiste, qui crée au jour le jour.


“ L’histoire vraie dans laquelle nous sommes engagés tant que nous vivons n’a pas d’auteur, visible ni invisible, parce qu’elle n’est pas fabriquée. Le seul “quelqu’un” qu’elle révèle, c’est son héros, et c’est le seul médium dans lequel la manifestation originellement intangible d’un “qui” unique et distinct peut devenir tangible ex post facto par l’action et la parole. Qui est ou qui fut quelqu’un, nous ne le saurons qu’en connaissant l’histoire dont il est lui-même le héros – autrement dit sa biographie ; tout le reste de ce que nous savons de lui, y compris l’œuvre qu’il peut avoir laissée, nous dit seulement ce qu’il est ou ce qu’il était ” (Arendt, Condition de l’homme moderne, 1983, p. 244).


Son adolescence croise la violence de la dictature de « Sécurité nationale » argentine alors qu’elle est lycéenne et qu’elle devient militante de Avanguardia Comunista. Elle est imprisonnée trois ans à 17 ans, connaît l’expérience terrible d’une cellule d’isolement à l’adolescence, la perte de camarades de Cordoba qui ont été fusillés. Ils étaient 29, la disparition de son avocat, dans la ville de Che Gevara.

On comprend bien qu’elle ait fait une thèse en Lettres à Genève sur la « nature du pouvoir », sur la logique répressive. La dictature argentine a été un pouvoir redoutable qui a mis en place une politique de disparitions de 30.000 personnes, de toute une génération en Argentine. « Il lui fallait comprendre », comme a dit Hannah Arendt, après qu’elle ait appris l’existence des camps d’extermination et ce qu’Arendt a appelé, la philosophie, la politique des « humains superflus » (Human superfluity). Il lui fallait comprendre la torture, la prison, l’isolement et une politique délibérée de disparition de masse. Je n’ai malheureusement pas encore pu lire sa thèse qui se trouve à la bibliothèque des thèses ici à Genève. Espérons qu’elle soit éditée.


On comprend bien que l’oubli est impossible, que la lutte pour la mémoire et contre l’amnistie est vitale pour Gladys Ambort. Quand je me suis promenée dans le jardin des disparus au bord de la mer à BA ou encore devant le mur des disparus du cimetière de Santiago de Chili, j’ai eu le vertige. La liste 30.000 des morts, disparus dans chacun de ces deux pays – l’Argentine, le Chili, est en train d’être complétée. Les disparus avaient entre 14 et 30 ans. Toute une génération a été décimée....

Nous avons appris par de nombreux travaux, dont ceux par exemple du psychanalyste Marcelo Vignar d’Uruguay, qui lui aussi a fait l’expérience de la torture (Exil et Torture, éd. Denoël), que la dictature argentine visait la destruction physique, psychique des prisonniers, des torturés. Elle visait surtout à instaurer la terreur pour paralyser, forcer à l’obéissance aveugle toute la population argentine et nous aussi. Il l’a expliqué ici même à Genève à plusieurs reprises.


Il faut lire le livre de Gladys Ambort de grande qualité à la fois humaine et littéraire. Il s’appelle « Brisée », « brisure de l’âme et du corps » (Solanas dans la préface). Il a été écrit et édité longtemps après les faits. Ce qui a été brisé chez Gladys Ambort c’est la confiance de base qui permet le « vivre ensemble ». La grande qualité du livre a été soulignée tant par le cinéaste Fernando Solanas que par Osvaldo Bayer, historien des luttes paysannes des années 20 en Argentine, avec son film Patagonie rebelle... qui nous apprend comment les migrants européens et chiliens qui fuyaient la crise et la guerre, la répression en Europe, la misère au Chili ont été massacrés...

Il faut lire son livre, extraordinaire description clinique de la violence destructrice pour construire notre conscience sociale ici et maintenant.

D’une telle lecture on sort en colère, bouleversé, transformé. Son livre est traduit en allemand et en espagnol en Argentine. Il circule il rencontre d’autres publics. C’est très important.

Un fait concernant Gladys Ambort me frappe particulièrement parce qu’il nous concerne directement. Parce qu’il montre que des fils se tissent entre la dictature argentine, et notre consentement aveugle à vivre dans le compromis d’apartheid, selon le terme de Laurent Monnier pour désigner la politique suisse d’immigration.

Gladys Ambort n’a pas trouvé un emploi à la mesure de sa compétence à Genève. En Suisse, en Europe, les entreprises, les pouvoirs publics parlent de « migration choisie » entendue comme la mise en œuvre de la concurrence dans l’appropriation des cerveaux (brain drain) mais ils sont si aveugles, ils n’arrivent pas à voir la richesse immense de la force de travail qu’ils ont devant les yeux. Et d’autant plus que l’on sait que les femmes migrantes sont le plus souvent surqualifiées.

Il est certes important que Gladys Ambort reçoive ce prix aujourd’hui. Mais avec le prix, le canton de Genève, ne peut-il pas trouver un emploi à la mesure de ses compétences à Gladys Ambort ? Je dirais que la logique du prix, conduit à la logique de l’emploi qualifié pour une femmes qualifiée. On ne peut pas reconnaître la valeur d’une héroïne sans lui donner une place dans la société à la mesure de son courage et de ses compétences. Si je peux exprimer un désir c’est que nous proposions aujourd’hui que la question soit formellement posée au Conseil d’Etat et qu’une volonté politique, une procédure soit invitée. Il existe des exemples de politique public d’accueil à Paris dont nous pourrions nous inspirer.


Pour vous parler d’elle, je ne me sens pas tant marraine qu’admiratrice. Les rôles pourraient être inversés. En considérant, à la fois ce qui s’est passé en AL et ce qui se passe dans les révolutions arabo-persanes, les positions s’inversent. Ils sont devant et nous les suivons... Paradoxalement, n’avons-nous pas besoin d’être parrainés, marrainées pour lutter contre l’oubli d’extrêmes violences du XXe siècle avec leur longue genèse (Conquista, colonialisme, impérialisme, guerre totale, Auschwitz et Hiroshima... et ses suites, notamment en AL où l’on retrouve dans les bourreaux d’anciens nazis et des inventions de torture coloniales d’Algérie par ex.) et notamment en Suisse dans la violence d’Etat des politiques miratoires et du droit d’asile (pour ne parler que des étrangers), on pense aussi aux chômeurs, aux inclassables, aux travailleurs de l’agriculture.

N’avons-nous pas besoin d’être marrainées, parainées pour trouver le souffle, jour après jour, pour durer dans la résistance dans ce pays, en Europe. Ne jamais céder sur « le droit d’avoir des droits » (Arendt) qui est un socle contre la barbarie banalisée, sur le fait que chaque humain a une valeur unique et que tout acte xénophobe, raciste, antisémite, sexiste est inacceptable et que cela se traduit à toutes sortes de niveaux de la société et dans une multitudes de gestes ou d’absences de gestes.

Nous le savons bien quand nous constatons les glissements d’un néo- conservatisme cynique qui n’a plus de tabous. La violence manipulatrice de la propagande (minarets, moutons), la violence bureaucratique dévastatrice pour les exilés, des alliances politiques troubles, inacceptables où des valeurs fondamentales se dissolvent dans l’arithmétique électorale.

Nous le savons bien quand nous constatons que La Constituante n’a pas réussi à inscrire l’hospitalité dans les principes de base de la République et canton de Genève. Ce principe est pourtant à la base d’une politique de la paix (Kant).

C’est ce que j’ai appris des seuils de résistance, de Gladys Ambort, en lisant son livre et en méditant sur les difficultés de la résistance ici et maintenant.

II. Gladys Ambort, héroïne ordinaire

Qu’est-il possible de penser philosophiquement de la trajectoire remarquable d’exilée de Gladys Ambort ? Qu’est-ce qu’elle peut nous apprendre encore ? En quoi est-elle un « vrai modèle » (dossier de presse), je dirais, en empruntant le terme à Hannah Arendt, une figure « d’héroïne ordinaire ».

Elles est tout d’abord une figure emblématique de l’universalité de l’exil dans l’étape de globalisation que nous vivons, appelant à une une nouvelle configuration politique et à une nouvelle constitutionalisation. L’exil contient le poids du destin et le souffle, la puissance de la liberté. Il contient à la fois tout le poids de l’histoire, de la guerre, de la violence et une possibilité, une opportunité (kairos) de nouvelle liberté, de nouveaux engagements, de nouveaux possibles, comme l’a montré Rada Ivekovic, une philosophe d’ex-Yougoslavie qui est intervenue ici à Genève le 19 mars dans le cadre du cours-séminaire REPENSER L’EXIL du Collège international de philosophie à l’UOG...

On voit bien dans le projet développé en Suisse par Gladys Ambort que... la lutte pied à pied, contre l’histoire d’extrême violence, contre les parts d’ombre de soi-même, contre l’hostilité du pays d’accueil, est un arrachement au poids de la part sombre de l’exil imposé.

Gladys A
mbort est une héroïne ordinaire ensuite parce que le pouvoir est un pouvoir d’action humaine. L’héroïne ici n’est pas guerrière comme Achille dans l’Illiade. C’est une héroïne dans l’Odyssée de la paix. Le pouvoir d’action est le pouvoir de faire des miracles, des miracles tout humains, nous dit encore Arendt. Nous sommes arrivés dans une impasse. « Si le sens de de la politique est la liberté, cela signifie que nous avons effectivement le droit d’attendre un miracle.... Les hommes aussi longtemps qu’ils peuvent agir, sont capables d’ accomplir    et    accomplissent    constamment,    qu’ ils    le    sachent    ou    non,    de l’improbable et de l’imprévisible » (Arendt, Qu’est-ce que la politique). Face à l’imprévisible de la violence, il y a l’imprévisible de l’agir humain. Là réside l’héroïsme ordinaire.

La philosophie de tout héros ordinaire est une philosophie de la liberté, du mouvement face à l’incertitude et à l’imprévisible de la violence héritée de la « guerre totale » du XXe siècle. Un qui – ici, une femme, Gladys Ambort – a pris le risque de l’action. Avec d’autres femmes, rappelez-vous, les folles, les mères, les grands-mères de la place de Mai.

Son courage, sa prise de parole est un don qui n’a pas de prix. Pour devenir politique, elle a besoin tout d’abord de spectateurs qui reconnaissent son action. Il faut remercier ici Alba Viotto qui nous réunit et donne une dimension publique aux actes d’héroïnes ordinaires.

L’action de Gladys Ambort a besoin ensuite de devenir collective au sens où les spectateurs deviennent acteurs à leur tour. Gladys Ambort mérite en contre- partie un don de notre part: notre courage de prendre le risque de la liberté. « L’idée de courage, qualité qu’aujourd’hui nous jugeons indispensable au héros, se trouve déjà en fait dans le consentement à agir et à parler, à s’insérer dans le monde et à commencer une histoire à soi ». De dire OUI, de dire NON aussi. Ce qui s’est passé dans le monde au XXe siècle, en Argentine, en AL dans les années 1980 et suivantes, ce qui se passe aujourd’hui à Genève, en Suisse et en Europe nous appelle à redécouvrir la puissance de l’agir. A refuser les soit- disant héros populistes guerriers et à magnifier les héros ordinaires du « vivre ensemble ». Merci Gladys Ambort de nous avoir ouvert le chemin... d’en appeler à notre puissance de liberté pour continuer, durer.

El camino se hace caminando... Cierto ? Gracias Gladys Ambort.

Prof. Marie-Claire CALOZ-TSCHOPP
1er avril 2011.
Directrice de programme au Collège International de
Philosophie, Paris (CIPh). Programme, Exil et Citoyenneté.

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La Marraines
Prof. Marie-Claire CALOZ-TSCHOPP

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Madame Gladys Ambort

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13/04/2011

Madame Djemââ CHRAITI: Une femme, une histoire

Madame Djemââ CHRAITI: Une femme, une histoire

Cérémonie pleine d’émotion vendredi 1er avril à l’université de Genève à l’occasion de la remise des prix de « Femme engagée, femme exilée ». Un auditoire en majorité féminin a plébiscité les lauréates au nombre de neuf si on leur rajoute le prix d’honneur à Madame Ruth Dreifuss et celui attribué à Madame Simone CHAPUIS-BISCHOP

J’entame une série de portraits consacrée aux neuf femmes de valeur qui ont reçu les honneurs de la Ville de Genève le 1 vendredi 2011.

Le destin de ces femmes courageuses ne laisse personne indifférent. Suivez le guide.

Prochain portrait : Madame Gladys Ambort

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Présentation de Madame Djemââ CHRAITI


Prix « Femme exilée, femme engagée »1 avril 2011

par Marguerite Contat Hickel, coprésidente de l’Assemblée constituante

Je dirai que si présenter Djemââ Chraiti relève du défi, le faire en 5 minutes relève de l’inconscience…

Le parcours de Djemââ doit sans doute à ses origines bédouines : il est sinueux, imprévisible, voire irréductible.

Djemââ Chraiti est née en Tunisie il y a 51 ans, d’une mère suisse et d’un père tunisien. Elle 3 ans lorsque son père, syndicaliste et héros de la révolution, est condamné à mort : il disparaîtra dans les geôles de Bourguiba et on ne retrouvera jamais son corps. Sa grand-mère, valaisanne, prendra soin d’elle en Tunisie jusqu'à ce que Djemââ rejoigne la Suisse à l’âge de 10 ans. Elle y passera son bac avant de poursuivre des études de lettres et de journalisme à Fribourg, d’arabe au Caire, de droit à Genève ou encore de sciences de la communication. Excusez du peu….

Sur le plan professionnel, le parcours de Djemââ est tout aussi singulier: responsable d’un camp de Tziganes dans la banlieue de Rome, elle y exercera ses talents de médiatrice pour construire des ponts entre cette communauté d’exilés de Bosnie-Herzégovine et les autorités italiennes et favoriser l’intégration scolaire des enfants. A Genève, elle  poursuit son parcours à Amnesty International puis dans l’administration cantonale où elle est responsable depuis 1998 de programmes de prospection auprès d’entreprises , destinés aux jeunes et adultes.

Voilà pour la biographie de notre lauréate. Mais ce curriculum n’est que le pâle reflet de Djemââ Chraiti. On y perçoit certes les fractures de son existence et du déracinement, on y devine sa passion du savoir et son esprit d’engagement, son intérêt pour l’humain et l’ailleurs. Mais on ne sait rien de ses combats, de ses armes et des objets de sa vindicte.

Car Djemââ est une inlassable lutteuse. Depuis l’enfance et la mort brutale de son père, elle se bat. D’abord pour définir son territoire, puis pour défendre les « sans-voix », exilés, sans papiers ou clandestins. Elle leur dédie une arme redoutable, sa plume ! Car Djemââ écrit et écrit bien. Bloggeuse voyageuse, elle sait distinguer le détail qui donne la cohérence à l’ensemble. Le trait juste et bien tourné, et l’impertinence qu’elle revendique, caractérisent son écriture. A travers ses 3 blogs, « Pâquis, j’adôôôre « « Regards croisés »et « Bienvenue chez les RRoms », elle traque les injustices, les faux semblants, informe et mobilise. Ses chroniques, toujours vivantes et colorées, se focalisent sur ce que l’on a coutume d’appeler les « faits divers ». Sous son regard, les habitants d’un quartier populaire deviennent exceptionnels et les Roms et clandestins reconquièrent leur statut d’humain.

« L’écriture me permet de ressentir le monde et de le relayer…L’impertinence, voire la transgression sont une affirmation de la liberté » me dit-elle, lors de notre discussion dans un bistrot des Pâquis. Elle en témoigne dans 2 livres qu’elle a écrits récemment : « Sarajevo, le poisson rouge » (Ed. Publibook 2010) et « Les clandestins de ma grand-mère » (Ed. Publibook 2009), ouvrage dans lequel Djemââ Chraiti, mêlant les destins et la rencontre, improbables, de clandestins colombiens et de la grand-mère valaisanne, démontre  l’apport indispensable des premiers au bien-être social et culturel de notre société vieillissante.

Porte-voix des sans voix, femme engagée et toujours en mouvement, écrivaine de talent, Djemââ Chraiti est tout ceci et le prix qui lui est décerné aujourd’hui est une expression de reconnaissance de son parcours.
Mais Djemââ Chraiti est aussi le symbole d’une époque, celle des technologies qui ont contribué à la révolution tunisienne qu’elle a soutenue, celle de la mobilité et des identités multiples qui participent à la fois de la mémoire vive et de la continuité historique, celle finalement du nomadisme et de la citoyenneté assumés.
Je vous remercie

La Marraine
Marguerite CONTAT-HICKEL
Co-Président de la Constituante – Genève

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La Marraine
Marguerite CONTAT-HICKEL

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12/04/2011

Madame Ruth DREIFUSS : Une femme, une histoire

Cérémonie pleine d’émotion vendredi 1er avril à l’université de Genève à l’occasion de la remise des prix de « Femme engagée, femme exilée ». Un auditoire en majorité féminin a plébiscité les lauréates au nombre de neuf si on leur rajoute le prix d’honneur à Madame Ruth Dreifuss et celui attribué à Madame Simone CHAPUIS-BISCHOP

J’entame une série de portraits consacrée aux neuf femmes de valeur qui ont reçu les honneurs de la Ville de Genève le 1 vendredi 2011.

Le destin de ces femmes courageuses ne laisse personne indifférent. Suivez le guide.

Prochain portrait :Madame Djemââ CHRAITI
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Prix d’honneur à DREIFUSS, pour son engagement social et son combat pour défendre l’égalité.

Présentation de Madame Ruth DREIFUSS. EN L'HONNEUR DE LA RECEPTION DU PRIX « FEMME EXILEE, FEMME ENGAGEE»

Madame l’adjoint du rectorat de l’université de Genève pour les questions féminines,
Madame la Maire,
Madame la Conseillère aux Etats,
Mesdames et Messieurs,
Chères Amies, Chers Amis,

C’était comme aujourd’hui un 1er avril : le 1er avril 1993, que celle qui allait 5 ans plus tard devenir la première femme à être élue présidente de la Suisse prenait ses fonctions au Conseil Fédéral. J’ai cité Madame Ruth Dreifuss.

D’origine juive, née en Suisse Allemande et Genevoise d’adoption, voilà une suissesse assez unique !

Dès son plus jeune âge elle se sent concernée par les discriminations, les guerres et les répressions présentes dans le monde. Elle sait que rien ne sert de constater mais qu’il faut agir ! Elle suit donc une formation de travailleuse sociale puis une formation en économie afin de mieux cerner le monde qui l’entoure.

Sa vie professionnelle est ensuite riche et coloriée : Journaliste à la Coopération, assistante à l’Université de Genève, adjointe scientifique à la direction de la coopération et de l’aide humanitaire. En sa position de secrétaire de l’Union Syndicale Suisse, elle s’engage en faveur des droits des femmes, se consacre notamment aux questions d’assurances sociales ainsi qu’aux relations avec l’Organisation internationale du travail.
Après avoir été membre du Cons eil de la Ville de Berne, elle est élue au Conseil Fédéral et prend la tête du Département Fédéral de l’Intérieur.

Durant sa mission elle s’occupera de l’introduction de la loi fédérale sur l’assurance maladie (LAMal, 1994), de la dixième révision de l’AVS (1994), du dossier de la recherche dans les accords bilatéraux entre la Suisse et l’Union européenne (1999). Elle s’engage aussi en faveur de la protection de l’environnement.

Battante en ce qui concerne les questions féministes, elle agit en matière d’égalité entre femmes et hommes et consacre beaucoup d’énergie à l’introduction de l’assurance maternité qui fût à l’époque refusée puis acceptée, après une 4ème tentative, en 2004.

En devenant présidente de la Confédération en 1999, Madame Ruth Dreifuss ouvre la porte de la présidence aux femmes.

Après près de dix années au Conseil Fédéral Mme Dreifuss décide de se retirer, mais continue son combat pour l’égalité entre les habitants de la Suisse, qu’ils soient femmes ou hommes, de nationalité suisse ou étrangère. Elle intervient régulièrement dans les débats publics, s’oppose aux restrictions des droits des étrangers et des requérants d’asile et s’active aussi sur les questions liées à la toxicomanie sur le plan international.

Chère Madame Dreifuss, vous êtes un exemple en matière d’engagement social pour tous. Vous vous êtes battue pour nous femmes, nous migrantes, et nous vous aimons pour cela, pour votre bonté et votre ouverture d’esprit et pour votre proximité des gens quelque soient leurs origines.

Je tiens à vous remercier de votre engagement et à vous présenter ma gratitude. Vous avez mené un combat, vous avez ouvert des chemins pour nous, il est donc de notre responsabilité de respecter votre engagement en notre faveur, de continuer à faire tomber des barrières et à s’engager à notre tour.

Durant les années passées en Suisse en tant que requérante d’asile, j’ai suivi vos activités avec intérêt et admiration. Je suis consciente de ce que votre combat a présenté pour la population migrante et de l’impact que cela a eu sur ma propre vie en Suisse, et c’est avec grand respect que je vous remets aujourd’hui le prix d’honneur « Femme exilée, femme engagée ».

 

La marraine
Jasmina TRAVNJAK
Ingénieure en informatique
Prix <<Femme exilée, femme engagée>> 2009

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La marraine

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Madame Ruth DREIFUSS
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09/04/2011

Une femme, une histoire : Madame Simone Chapuis- Bischof

 

Une femme, une histoire : Madame Simone Chapuis- Bischof

Aujourd’hui, j’entame une série de portraits consacrée aux neuf femmes de valeur qui ont reçu les honneurs de la Ville de Genève vendredi dernier. Première femme mise sous les feux de la rampe, Madame Simone Chapuis- Bischof

Le destin de ces femmes courageuses ne laisse personne indifférent. Suivez le guide.

Prochain portrait : Ruth DREIFUSS
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Portrait de Madame Simone Chapuis- Bischof

Présentations de Madame Simone Chapuis- Bischof (Vaud) Prix d’honneur 2011

Parler de Madame Simone Chapuis- Bischof et de ses nombreux combats féministes n'est pas chose aisée, surtout en si peu de temps.

Très tôt, elle s'est montrée sensible aux inégalités existant entre le monde masculin et le monde féminin. Déjà à l'âge de 20 ans, alors qu'elle terminait son gymnase, elle a été surprise de constater que les garçons faisaient leur gymnase en 2 ans alors qu'aux filles il en fallait 3. Pour elle, cette année perdue par les filles était perçue comme une injustice, qu'il fallait corriger.

Sa prise de conscience féministe qui coïncide·avec le début de son militantisme commence en 1959 alors qu'elle est enseignante. Elle découvre l'énorme différence de salaire entre ses collègues hommes célibataires et les 7 ou 8 enseignantes de l' école. Avec le même diplôme et pour le même travail accompli, les femmes gagnaient 30% de moins que leurs collègues masculins.

C'est ainsi qu'elle s'est jointe aux autres collègues femmes d'autres établissements qui se battaient depuis longtemps pour une égalité des salaires.

«Avant 1959, je n'ai rien fait, je n'ai pas milité. On me prend pour une pionnière, je n'ai fait que cueillir les fruits de celles qui avaient milité avant moi » se plait-elle à dire.

Au début des années 60, l'Etat avait décidé d'augmenter linéairement les salaires de tous les fonctionnaires, ce qui avait pour conséquence d'augmenter la différence entre les. Salaires des hommes et ceux des femmes. Mme Chapuis Bischof situe à ce moment précis le début de son militantisme, lors des actions menées par son groupe d'enseignantes primaires et secondaires pour remédier à cet état de fait.

Aujourd'hui, plus de 50 ans après le début de ce combat, les disparités salariales entre hommes et femmes restent une réalité malgré que l'égalité des salaires ait été introduite légalement en 1967. « Il y a encore beaucoup de travail à faire. Il faut que les femmes s'engagent et poursuivent ce combat car dans les faits, l'égalité n'existe pas. Que toutes celles qui se rendent compte qu'elles n'ont pas le salaire qu'elles méritent se lèvent, protestent et agissent ».

20 Il, 40 ans déjà à que les femmes ont acquis le droit de vote. Madame Chapuis Bischof a milité dans l'Association lausannoise pour le suffrage féminin et a participé pendant de nombreuses années à la campagne pour le suffrage féminin fédéral. La votation de 1971 reconnaissait enfin les droits politiques aux femmes sur le plan suisse. Elle est devenue présidente de la section de Lausanne (19711974) puis du comité cantonal (1974-1980).
De 1975 à 1981, elle a également assumé la présidence du journal «Femmes Suisses », le mouvement féministe, tout en faisant partie de l'équipe de rédaction.

C'est en tant que rédactrice au Grand Conseil, poste occupé de 1980 à 1993 qu'elle assiste à quelques discussions qui sont restées mémorables pour une féministe: comme la naissance du bureau de l'égalité (qui avait d'abord été refusé), l'égalisation des programmes scolaires pour les filles et-les garçons.




Elle a co-présidé (avec une Bâloise pour la Suisse Alémanique) l'Association suisse pour les droits de la femme de 1989 à fin 1992/début 1993 avant d'en assumer la présidence toute seule jusqu'en 1997.

Parmi les autres grandes aventures auxquelles elle a participé:

- En 1991, à l'occasion du 700ème anniversaire de la Confédération, en collaboration avec des présidentes de grandes associations féminines, elles ont lancé l'initiative « Conseil national 2000 » à laquelle elles ont dû renoncer mais qui s'est transformée en une pétition déposée avec 30.000 signatures. Le but de cette initiative était de réclamer un partage du pouvoir entre hommes et femmes, un sujet qui est toujours d'actualité car le monde politique compte toujours peu de femmes.

- En 1992, pendant la guerre en ex-Yougoslavie qui a vu de nombreux réfugiés tenter de venir en Suisse, elle a créé avec d'autres, «Femmes suisses pour une Europe Solidaire» pour demander une plus grande ouverture des frontières.

- En 1993, suite à non élection de Madame Christiane Brunner, un comité de femmes, dont elle faisait partie, s'était créé immédiatement «Des femmes au Conseil fédéral ». Une nouvelle initiative «Pour une représentation équitable des femmes dans les autorités fédérales »fut lancée et les 100.000 signatures récoltées. . Elle est hostile au fait de parler de quotas mais préfère que l'on parle de parité. « C'est un nouveau combat qu'il faut mener. Il faut trouver un système qui fasse que les femmes aient plus de chances d'être élues », insiste-t-elle, en faisant sienne  l'idée de la féministe suisse Iris Von Roten: « Ce n'est pas seulement le suffrage des femmes qu'il nous faut,. C’est la moiti~ des sièges» Avant d'ajouter: «Moi je continue à penser ça. Il faudrait qu'on ait la moitié des sièges»

Entre femmes migrantes et femmes Suisses, on devrait se mettre ensemble et nous rendre compte à quel point dans toutes les cultures, il y a ressemblance des problèmes.

-Dès les années 80 et en collaboration avec d'autres associations, elle a participé à toutes les grandes campagnes politiques: le nouveau droit matrimonial, la décriminalisation de l'avortement, l'assurance maternité.

En 1999, le Canton de Vaud élisait une constituante pour préparer la ~odification de la Constitution du Canton. Avec quelques associations à but social, elles ont créé un groupe a-politique qui a présenté une liste de candidates dont elle faisait partie, sous le nom de «Vie associative ». Elles ont obtenu 4 sièges et travaillé pendant plusieurs années à préparer les sujets de discussion qui ont permis d'introduire quelques idées féministes dans la Constitution vaudoise votée en 2002.

En 2003, à l'occasion du bicentenaire du Canton de Vaud, avec le Centre de liaison des associations féminines, elles ont présenté le projet « 20 femmes pour le bicentenaire ». Tout au long de l'année, elles sont allées poser des plaques sur une maison où avait habité l'une de-ces 20 femmes.·
,.
Quand on lui demande d'où élIe a tiré toute cette énergie pour réaliser tout ce F qu'elle a fait et qu'elle continue à faire, elle répond qu'elles étaient nombreuses le pour faire le travail Rien que pour la section lausannoise de l'Association pour le suffrage féminin, elles étaient environ 1000, jusqu'en 1971 et se répartissaient le travail Ne dit-on pas que l'union fait la force?

La Marraine
Madame Perpetue NSCHIMIRIMANA
Ancienne ambassadrice du Burundi
Auprès des O.I de l’ONU-Genève
Prix <<Femme exilée, femme engagée>> 2005

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La Marraine
Madame Perpetue NSCHIMIRIMANA

 

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Madame Simone Chapuis- Bischof
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08/04/2011

Une femme, une histoire : Madame CATHERINE TETTEH

Une femme, une histoire : Madame CATHERINE TETTEH


Cérémonie pleine d’émotion vendredi 1er avril à l’université de Genève à l’occasion de la remise des prix de « Femme engagée, femme exilée ». Un auditoire en majorité féminin a plébiscité les lauréates au nombre de neuf si on leur rajoute le prix d’honneur à Madame Ruth Dreifuss et celui attribué à Madame Simone CHAPUIS-BISCHOP.

Aujourd’hui, j’entame une série de portraits consacrée aux neuf femmes de valeur qui ont reçu les honneurs de la Ville de Genève vendredi dernier. Première femme mise sous les feux de la rampe, Madame CATHERINE TETTEH

Le destin de ces femmes courageuses ne laisse personne indifférent. Suivez le guide.

Prochain portrait :
Madame Simone Chapuis- Bischof


Portrait de Madame CATHERINE TETTEH

PRESENTATION DE MADAME CATHERINE TETTEH EN L'HONNEUR DE LA RECEPTION DU PRIX « FEMME EXILEE, FEMME ENGAGEE»

Le 1 er avril 20 Il, avec le soutien de la Ville de Genève Par le Dr Marie-France de Meuron, spécialiste. en médecines alternatives

C'est en qualité de médecin et de présidente de l'association Le GRAMI œuvrant en Afrique que j'ai été contactée pour présenter Mme Tetteh.

Mme Tetteh est une digne représentante de l'univers africain, de cet univers qui n'est pas limité aux frontières artifiellement installées par la colonisation.
Elle présente un tempérament puissant, de cette puissance que nous voyons chez les Africains bien ancrés dans leurs corps et dans leurs terres.

Les épreuves de la vie hors normes par lesquelles Catherine Tetteh a dû passé lui ont développé un caractère apte à affronter les difficultés avec bon sens, fermeté, clarté et persévérance. Elle trouva à chaque obstacle des solutions pour reprendre les rênes de son existence.

Sa noblesse d'origine lui a imposée une éducation très stricte et lui a forgé une honnêteté résistant à toute lâcheté. Cette éducation lui permet aussi d'être très déterminée dans ses objectifs.

Ses expériences de vie sur plusieurs plans l'ont façonnée pour qu'aujourd'hui elle puisse affronter un sujet aux dimensions internationales, d'une envergure dont notre société ne se doute pas ou beaucoup trop peu: la dépigmentation volontaire de la peau.
Le destin de Catherine Tetteh l'a amenée à Genève, ville idéale pour y baser l'activité de la Melanin Foundation, une ONG à visée internationale.

Cette appellation fait référence à la couche fondamentale de notre peau où se fabrique la mélanine.
Je dis bien notre peau car nous avons tous, Noirs et Blancs, cette couche-là.

La différence est que les mélanocytes - les cellules qui sécrètent la mélanine - ne migrent pas chez les Blancs jusqu'à la surface comme pour les personnes de peau noire où la mélanine fait son travail de protection contre les rayons solaires. Par conséquent, ce sont les Blancs qui sont incomplets!

Et pourtant, la peau claire est un objectif que se sont fixées une majorité de femmes dans bien des pays allant de l'Asie à l'Afrique. Plusieurs hommes les suivent, quitte à chiper les produits de leurs épouses!

« La vie a toujours quelque chose à nous enseigner ». Telle est une des devises qui stimula Catherine Tetteh à s'intéresser et à étudier différents domaines.

Suite à son diplôme d'esthéticienne, elle a créé un institut de beauté, charmante « niche» où elle soigne et enseigne aux femmes à découvrir la confiance en elles.

Son mémoire d'études porte un titre évocateur « La Peau et les Civilisations, avec pour sous-titre « Spécificités épidermiques et esthétiques de la Peau Noire ».

Catherine Tetteh a obtenu un diplôme en cosmétologie qui lui permet d'avoir une vaste connaissance des produits de base, des produits du marché noir, des produits frelatés et de l'envergure économique des laboratoires concernés.

De plus, elle tient compte du problème des filières du commerce illégal.

Mais la dynamique d'évolution de Catherine Tetteh ne s'arrête pas là. Pour être plus crédible dans la lutte contre le blanchiment de la peau, elle doit pouvoir contacter les plus hautes instances. Elle est reçue actuellement à l'OMS où elle collabore à l'élaboration d'un programme de lutte.

Pour se rendre sur le terrain, Catherine Tetteh ressent la nécessité d'obtenir un master en Santé


Publique afin d'acquérir les outils pour, comme elle le dit si bien, « nous rapprocher tous du moment où le blanchiment de la peau ne sera plus une fatalité irréversible. » Ici, je lance à tous un appel vibrant: Pour étudier ce master, il lui faut une bourse de 8000 francs/an pendant 3ans. J'espère de tout cœur que quelqu'un dans la salle pourra s'approcher de Catherine Tetteh et lui donner des pistes pour obtenir ce soutien.

Nous avons défini là quelques facettes très concrètes du problème de la dépigmentation volontaire. Il reste la dimension beaucoup plus profonde, plus intime, qui pousse les femmes à se mutiler de la sorte et à invalider profondément leurs santés.

Le terme mutilation n'est pas trop fort car si vous avez vu les dégâts sur la peau qui peuvent aller jusqu'au cancer, vous ressentiriez la même horreur que celle que j'ai vécue pour la première fois au Sénégal devant une jeune femme dont la peau des épaules étaient terriblement abîmée.

J'utilise aussi le terme d'invalider sa santé car les produits toxiques atteignent l'intérieur du corps, causant du diabète, des cancers du foie, de l'insuffisance rénale, des problèmes cardiaques et osseux, de la cécité, et bien d'autres symptômes.

De plus, cette pratique devient une véritable addiction que les femmes cachent. Ainsi, les médecins ne pensent pas forcément à l'étiologie du problème, surtout en Europe.
Cette addiction conduit aussi à toutes les conséquences des autres addictions: on prend l'argent sur la nourriture de la famille ou encore, on se prostitue.

Il est donc impératif de dégager les facteurs fondamentaux qui réduisent la femme à un pareil état.

Ayant plongé dans les milieux familiaux africains, Catherine Tetteh peut dire à quel point, trop souvent, la fillette africaine dans plusieurs couches de la société est peu respectée. Vu de l'extérieur, elle vit en famille mais à l'intérieur de ces clans, elle subit la prédation des hommes qu'ils soient pères, cousins ou beaux-pères suivis de leurs fils.

Elles subissent des abus sexuels dès leur jeune âge et à répétition.

Elles reportent alors sur elles- mêmes le manque de considération qu'elles subissent.

Leurs seuls désirs est de séduire un homme qui les protégera et les nourrira. De plus, elles craignent la concurrence des autres femmes dans un contexte de polygamie.

Ainsi, la mode veut que la peau claire soit plus séduisante. Je peux citer un exemple où une femme africaine vivant à Paris partit en vacances au Congo. Son propre père lui dit: « Je croyais qu'à Paris, les femmes étaient plus claires. » Ainsi, avant son prochain voyage, cette femme s'est imposé une dépigmentation.

Dans le magazine « Brunes» de janvier-février 2011, l'interview de Catherine Tetteh s'intitule: « La dépigmentation, le cancer de l'identité ». Ce titre est parlant quand on sait à quel point un cancer est sournois et met des années avant d'éclater.

Il est aussi poignant quand on confond son identité avec la couleur de sa peau.

En fait, il est inadmissible qu'au XXIe siècle, la couleur de la peau définisse l'identité d'une multitude de femmes.

Nous ne pouvons qu'applaudir avec vigueur les qualités de Catherine Tetteh qui lui permettent d'avoir l'audace d'affronter un tel dragon.

La Marraine
Marie-France de Meuron
, le 31 mars 2011
Spécialiste en médecine alternative

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La Marraine
Marie-France de Meuron
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07/04/2011

Une femme, une histoire : Florent FERATI


Portrait de Madame Florent FERATI

Cérémonie pleine d’émotion vendredi 1er avril à l’université de Genève à l’occasion de la remise des prix de « Femme engagée, femme exilée ». Un auditoire en majorité féminin a plébiscité les lauréates au nombre de neuf si on leur rajoute le prix d’honneur à Madame Ruth Dreifuss et celui attribué à Madame Simone CHAPUIS-BISCHOP.  Aujourd’hui, j’entame une série de portraits consacrée aux neuf femmes de valeur qui ont reçu les honneurs de la Ville de Genève vendredi dernier. Première femme mise sous les feux de la rampe, Madame Florent FERATI

Le destin de ces femmes courageuses ne laisse personne indifférent. Suivez le
guide.

Prochain portrait : Madame CATHERINE TETTEH

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Portrait de Madame Florent FERATI

Je suis très émue de vous présenter aujourd’hui la plus jeune des candidates pour le prix « Femme exilée, femme engagée », Florenta Ferati. Comme moi, elle est Albanaise, ainsi à mon émotion s’ajoute la joie et la fierté. J’aimerai souligner que nous représentons ici toutes nos compatriotes dont la voix s’est tue et ne peut arriver jusqu’à cette salle.


Née en 1987 sur une terre peuplée de légendes, Florenta est toute petite lorsque son père - qui travaille depuis 1984 en Suisse en tant que maçon - décide d’y amener sa famille. Pas facile de vivre avec sa femme sur le sol helvétique quand on est « saisonnier » du Kosovo. En 1989 toute la famille est expulsée de la Suisse ; le père de Florenta est arrêté à son arrivé par la police serbe, en tant que réfractaire au service militaire de l’armée yougoslave. Sa femme le retrouve interné dans un hôpital psychiatrique ; dans ces conditions, toute la famille  décide de retenter sa chance en Suisse.


Après deux années d’aller-retours clandestins, enfin une solution apparaît à l’horizon : le centre de requérants d’asile. C’est dans ces centres - où ses tantes et ses oncles vivaient - que Florenta a passé par la suite la plupart de ses vacances, ne pouvant pas quitter la Suisse. C’est là qu’est né son intérêt à comprendre l’être humain et la façon dont il fonctionne. Durant cette période le Kosovo souffre de la domination serbe et presque tous les ressortissants du pays, cousins et connaissances, sont passés par les prisons et les tortures. Pourquoi tant de haine ? La petite Florenta essaye de comprendre, et pour trouver une réponse elle se tourne vers les livres. Dès l’âge de 10 ans, elle devient une lectrice invétérée. Chaque page lui ouvre de nouveaux horizons et ajoute de nouvelles questions aux anciennes.


C’est pour approfondir cette compréhension qu’elle décide d’étudier la psychologie, à côté de l’étude de la vie. Car bien que fort jeune, Florenta a déjà une activité dans le social, elle a reçu même le « Prix de la solidarité » décerné par son collège pour l’aide qu’elle a apporté aux élèves des « classes d’accueil ». Détentrice d’un permis « B » depuis 2003 et suissesse dès l’âge de 18 ans, à côté de ses études qu’elle subventionne aussi au moyen de petits travaux, elle s’investit comme bénévole à la Croix Rouge, dans le centre des requérants d’asile, en organisant différents activités avec des adolescents, et en les aidant à faire les devoirs. C’est leur volonté d’apprendre qui l’impressionne, leur esprit positif, leur intelligence et aussi leur modestie, car beaucoup de ces adolescents ont grandi avant l’âge et ils ne reconnaissent pas toujours leurs valeurs. Donner de la dignité au gens – voilà le but de Florenta. Afin d’atteindre son objectif elle franchit les frontières suisses – elle part à Burkina Faso pour cultiver le sol avec « Nouvelle planète » en 2009. Que ce soit l’isolement des jeunes ou la pollution de notre terre,  Florenta essaye d’apporter sa contribution ; l’Afrique constitue, selon elle, l’incarnation de toutes les injustices. Et c’est justement contre l’injustice que Florenta a décidé de se battre - l’injustice sous toutes ses formes.


Mais à côté de cette lutte, il y également l’amour pour les gens, c’est le moteur qui la pousse à s’approcher de ceux qui finissent leur vie dans la solitude. Florenta lit en tant que bénévole dans un EMS. Grandie en exil, jamais elle n’a été entourée de personnes âgées et il ne faut pas oublier qu’elle vient d’une culture où les parents souvent avancés en âge vivent encore avec leurs enfants et leurs petits enfants. Ses grand-pères et grand-mères lui ont manqué, alors elle les retrouve dans l’espace d’une lecture, durant quelques heures de rêve partagé.


A travers toutes ses activités, Florenta désire militer pour une prise de conscience par rapport à l’isolement, l’exil, l’immigration et la différence. Je ne peux que l’encourager dans cette voie difficile mais parsemée d’instants de bonheur.


Bessa MYFTIU
Docteure en Sciences de l’Education
Université de Genève - FPSE

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La marraine

Madame Besas MYFTIU

 

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Madame Florent FERATI

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06/04/2011

Une femme, une histoire : Madame Yasemin CAKIR

 

Portrait de Madame Yasemin CAKIR

Cérémonie pleine d’émotion vendredi 1er avril à l’université de Genève à l’occasion de la remise des prix de « Femme engagée, femme exilée ». Un auditoire en majorité féminin a plébiscité les lauréates au nombre de neuf si on leur rajoute le prix d’honneur à Madame Ruth Dreifuss et celui attribué à Madame Simone CHAPUIS-BISCHOP.  Aujourd’hui, j’entame une série de portraits consacrée aux neuf femmes de valeur qui ont reçu les honneurs de la Ville de Genève vendredi dernier. Première femme mise sous les feux de la rampe, Madame Yasemin CAKIR

Le destin de ces femmes courageuses ne laisse personne indifférent. Suivez le guid
e.

Prochain portrait : Madame Florenta FERATI
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Portrait de Madame Yasemin CAKIR


« Yasemin donne du courage aux jeunes de sa communauté. Y compris aux hommes. Tous pensent que si elle y arrive, eux aussi le peuvent».

Voici ce que m’a dit Nicole Andreetta,  la personne qui a vu dans Yasemin Çakir une candidate idéale pour le prix femme exilée femmes engagée.
Et la première fois que j’ai parlé à Yasemin, qu’elle m’a raconté sa vie, son parcours, j’ai compris pourquoi.

Face à chaque épreuve que la vie lui a réservée, Yasemin a choisi de se battre pour ce qu’elle estimait être juste pour elle. Jamais elle n’a baissé les bras. Et souvent, elle a convaincu son entourage de la justesse de ses revendications.

Cela a commencé toute petite. Lorsque son père, imam, a choisi d’envoyer son frère à l’école et de la laisser à la maison. Elle finissait sa 6ème primaire. Ses neuf sœurs aînées s’étaient soumises à cette règle. Pas elle. Elle est entrée en résistance contre son père. Contre ce qu’elle considérait comme une injustice. Elle s’est inscrite en cachette à l’écoIe a passé ses examens de fin de scolarité obligatoire et a poursuivi vers un CFC. Elle avait le soutien d’un de ses grands frères et a finalement rallié son père à sa cause. « Il m’a ensuite beaucoup soutenue », raconte Yasemin.

Cette inégalité hommes-femmes, très présente dans la société patriarcale kurde, Yasemin l’a toujours ressentie comme une anormalité. Et combattue comme telle.

Lorsqu’elle a été confrontée aux stigmates de la violence conjugale  chez la mère de sa copine, elle lui a demandé pourquoi n’avoir pas rendu ses coups à son mari. Le foulard, elle a décidé  à 9 ans qu’elle ne le porterait pas, quand elle s’est rendue compte que les hommes n’avaient pas de telles obligations.

Puis c’est d’une autre discrimination dont elle prend conscience. A l’école, sa langue maternelle est interdite, son pays est interdit. Elle l’avait toujours su. Mais l’adolescence aidant, elle commence à protester au sein de son école contre cette interdiction. Elle est tout naturellement séduite par les thèses du PKK, également en ce qui concerne la place des femmes dans la société. A 17 ans, dénoncée par une camarade, elle est arrêtée par la police, en même temps que son frère, plus âgé et son beau-frère. Ils prennent 3 ans, elle 15 jours parce qu’elle est mineure. Elle est torturée. Quand je lui demande si elle n’a pas eu peur, pas choisi de mener une vie plus discrète, loin de la politique, elle me répond :« Cela m’a incitée à davantage revendiquer nos droits. » A 18 ans elle passe un mois derrière les barreaux. Puis un an. A chaque fois elle est torturée.

Elle en ressort en mauvais état. Mais elle rencontre alors, dans la salle d’attente d’un tribunal, celui qui deviendra son mari. Lui aussi est membre du PKK. Ils craignent tous deux de lourdes peines de prison. Ils décident alors de se marier – pour rassurer leurs familles-, de quitter leur pays pour rejoindre le Kurdistan irakien.  

Là-bas, ils vivent chacun de leur côté, suivant les règles internes du parti. Elle travaillera dans des centres pour réfugiés kurdes. Puis en 2005, c’est un nouvel exil. Son mari doit être opéré du coeur en urgence. Il ne peut être soigné en Irak, en guerre. Ce sera l’Europe. Leurs familles réunissent des fonds pour leur faire traverser les frontières. Yasemin et son mari demandent l’asile à la Suisse. Et là, c’est une nouvelle épreuve qui commence. Où la capacité de Yasemin à rebondir, à ne jamais laisser son destin lui échapper t otalement, l’a aidée à forger sa place ici.

Les débuts de son séjour en Suisse sont comme une descente aux enfers. Le Centre d’enregistrement de Bâle est une prison pour Yasemin. Avec ses barbelés, ses Sécuritas, ses chiens, ses fouilles, les questions. Elle ne vit pas autre chose, certes, que les réfugiés qui arrivent dans notre pays, et qui attendent plusieurs années, avec des hauts et des très bas, avant d’être fixés sur leur sort ; des réfugiés qui doivent malgré tout, trouver leur place dans notre société, en apprendre la langue et les usages, s’y construire une vie.

Mais pour y parvenir, Yasemin doit fournir un double effort. Elle est malade, sans énergie. Les médecins voient dans les souffrances qu’elle décrit les séquelles de ses traumatismes passés. Elle est persuadée qu’il y a autre chose. Refuse de prendre ses médicaments. Au bout d’un an et demi, ils finissent par diagnostiquer une  hépatite C et un dysfonctionnement de la thyroïde. Un diagnostic qu’elle prend d’abord comme un arrêt de mort.  Puis son tempérament reprend le dessus. Elle décide qu’il faut quand même vivre comme il faut. Elle apprend le français. Pour participer à la vie sociale de son pays d’accueil, se met à faire du bénévolat, à Caritas. Notamment dans des camps pour personnes lourdement handicapées. Et c’est là qu’elle a trouvé sa voie.
Aujourd’hui, elle suit une formation en cours d’emploi en vue de l’obtention d’un diplôme d’assistante socio-éducative.  

Lorsque Madame Viotto m’a demandé d’être la marraine de Yasemin, je me suis demandée pourquoi il ne devait pas y avoir de lien préalable entre la marraine et la lauréate. Et puis j’ai rencontré Yasemin, ce petit bout de femme plus jeune que moi et qui a déjà vu et combattu tant d’obstacles.

Et là j’ai compris –c’est une interprétation toute personnelle que dans la rencontre entre marraine et lauréate, il y a tout ce que nous défendons à longueur d’année lorsque nous prônons l’accueil de l’étranger. Il y a cette idée que lorsque nous accueillons l’autre, nous recevons beaucoup en retour.  

Yasemin a une force en elle communicative. La force de la persévérance. La conviction d’avoir des droits et ces droits, elle les revendique. Je suis flattée aujourd’hui d’être sa marraine et je lui souhaite beaucoup de bonheur dans cette nouvelle vie qui commence pour elle, et qui grandit en elle.

Genève, le 20 mars 2011
La marraine
Sophie Malka
Journaliste, coordinatrice de Vivre Ensemble (association romande de défense du droit d’asile)

 

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La marraine
Sophie Malka

 

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Madame Yasemin CAKIR

 

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05/04/2011

Une femme, une histoire : Madame Sofia Mary GUARAGUARA

Une femme, une histoire :

Portrait de Madame Sofia Mary GUARAGUARA



Cérémonie pleine d’émotion vendredi 1er avril à l’université de Genève à l’occasion de la remise des prix de « Femme engagée, femme exilée ». Un auditoire en majorité féminin a plébiscité les lauréates au nombre de neuf si on leur rajoute le prix d’honneur à Madame Ruth Dreifuss et celui attribué à Madame Simone CHAPUIS-BISCHOP.  Aujourd’hui, j’entame une série de portraits consacrée aux neuf femmes de valeur qui ont reçu les honneurs de la Ville de Genève vendredi dernier. Première femme mise sous les feux de la rampe, Madame Sofia Mary GUARAGUARA

Le destin de ces femmes courageuses ne laisse personne indifférent. Suivez le guide.

Prochain portrait : Madame Yasemin CAKIR
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Sofia Guaraguara, une vie consacrée à l'écoute des autres

Le parcours de Sofia Guaraguara, née en Bolivie au milieu des années 1960 et vivant en Suisse depuis une dizaine d'années, est marqué par son souci de venir en aide aux démunis et d'alléger leur souffrance. Très jeune déjà, elle s'est préoccupée de ceux qui étaient en marge de la société. Ainsi elle a notamment mis en place une structure d'accueil pour les enfants vivant dans la rue à Cochabamba en Bolivie et aujourd'hui elle soutient par l'écoute et la parole les migrant-e-s issus d'Amérique latine qui vivent le plus souvent dans la clandestinité et la précarité à Genève.

Elle a grandi, entourée de cinq : frères et sœurs, dans un foyer d'amour, marqué par les efforts de ses parents, qui avaient émigré de la campagne vers la ville, à assurer les besoins de leurs .enfants. En se souciant précocement des plus Vulnérables, Sofia a réalisé que ses préoccupations la placeraient à contre-courant, un sentiment qui l'a accompagnée tout au long des étapes de sa vie.

Alors qu'elle entrait dans un rôle attendu en se mariant jeune et en ayant deux enfants, Sofia a en même temps défendu ses aspirations en suivant une formation universitaire en psychologie. Dans son pays d'origine elle occupait d'importantes responsabilités dans des structures dl;( soins tout en ayant établi son propre cabinet de consultations. Elle bénéficiait donc d'une importante position sociale dans ce contexte. Toutefois sa curiosité et ses rêves l'ont conduit à migrer vers la Suisse. Arrivée en Suisse avec ses deux filles alors adolescentes, elle a connu des débuts difficiles et aujourd'hui encore elle considère que l'intégration est ardue. Cumuler les identités de femme étrangère, femme professionnelle et mère élevant seule ses enfants n'est pas toujours facile.

Pour assumer l'éducation de ses filles, elle a dans les premiers temps aussi occupé des emplois dans le secteur domestique, emplois dévalorisés typiquement réservés aux femmes migrantes, tels que le ménage, la garde des enfants et des personnes âgées. En parallèle, elle a entrepris les démarches nécessaires pour que ses qualifications professionnelles soient reconnues ici. Elle reste marquée par l'accueil chaleureux qu'elle a reçu à Genève à l'Association genevoise des psychologues avec Mme Nora Schneider, à Paris à l'Association mondiale de psychanalyse avec Judith et Jacques Alain Miller. Grâce aux liens établis avec eux et aux équivalences obtenues, elle est aujourd'hui reconnue comme psychologue psychothérapeute  FSP (fédération suisse des psychologues) et comme psychanalyste de plein droit en suisse .

Depuis, elle a eu l'occasion de mettre à profit ses compétences professionnelles et sa riche expérience dans différentes institutions. De plus, elle a récemment ouvert son propre cabinet.

Au-delà de ces nombreuses activités, elle a continuellement offert son soutien et son écoute de manière bénévole. Avec des collègues, ....avec notamment Christiane Ruffieux Lambelet membre de la, NLS (Nouvelle école lacanienne) .et de l’ASREEP~NLS (Association suisse romande de l’école européen de psychanalyse), elle a fonde en 2002 l’Association « Encuentro-Rencontre » qui a pour but d'accueillir, écouter et traiter la souffrance psychique des personnes en détresse, en particulier des migrant-e-s vivant dans la précarité à Genève.

Elle espère aujourd'hui que cette structure, qui répond à des besoins évidents dans des groupes de population vulnérables, puisse être stabilisée et reconnue par les autorités.

Le prix qui est aujourd'hui attribué à Sofia l'a conduite à prendre conscience de l'immense travail qu'elle a réalisé au cours de sa vie et aussi à en ressentir de la fierté. Mue par son énergie, sa curiosité et son souci des autres, elle a donné sans compter son temps et son énergie pour alléger la souffrance des autres. Ce prix vient non seulement récompenser ses engagements et donner du sens aux efforts qu'elle a déployés, mais aussi lui offrir une reconnaissance en tant que femme migrante professionnellement  qualifiée. Il est à espérer qu'il contribuera à atténuer chez elle le sentiment récurrent d'être à contre-courant.

Genève, le 18 mars 2011
La marraine
Claudine BURTON-JEANGROS
Professeure de Sociologie
Université de Genève

 

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La marraine
Claudine BURTON-JEANGROS
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Madame Sofia Mary GUARAGUARA
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08/03/2011

la Journée internationale des femmes le 8 mars

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20/01/2011

187.000 femmes partagent leur mari avec une seconde épouse

En Turquie, pays musulman mais laïc qui aspire à intégrer l'Union européenne, 187.000 femmes partagent leur mari avec une deuxième épouse, par le biais d'un mariage religieux, alors que la polygamie est illégale, selon un rapport dont l'AFP a pu consulter les conclusions mardi.

Cette pratique a cours principalement dans le sud-est de la Turquie, zone pauvre et aux traditions féodales, peuplée majoritairement de Kurdes, mais aussi dans l'ouest industrialisé, précise une étude de deux démographes turques de l'Université ankariote de Hacettepe.

Le rapport a été présenté la semaine dernière à une commission parlementaire sur l'égalité des chances pour les hommes et les femmes.

Une majorité d'hommes prennent une deuxième épouse lorsque la première ne peut pas avoir d'enfant ou qu'elle n'a pas eu de garçon.

Plus de 7 millions de femmes, sur une population totale de 73 millions d'habitants, se seraient mariées sur décision de leur parents, c'est-à-dire par un mariage arrangé, et près de 5,5 millions de femmes se sont mariées avant l'âge légal, qui est de 18 ans, souligne l'étude.

450.000 femmes, pour la plupart dans le sud-est anatolien, sont liées à leur époux par un mariage religieux, en principe interdit en l'absence d'un mariage civil, et ne disposent donc d'aucun des droits conférés à une épouse légitime.

La Turquie a multiplié les réformes en faveur des femmes pour renforcer ses chances d'adhérer un jour à l'UE. Mais en pratique et dans les mentalités, beaucoup reste à faire pour réduire les discriminations dont sont victimes les femmes, selon les organisations féministes. (AFP, 18 jan 2011)

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13/03/2010

Manifestation nationale des femmes

Discrimination et violence assez !  Egalité et justice sociale maintenant  !

 

 

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La marche mondiale des femmes et les Polices ...
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