105e Anniversaire du génocide des Arméniens

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Solidarité envers la Suisse et lutte contre le négationnisme : la communauté arménienne commémore le Mèdz Yéghérn

Genève - À l’occasion du 24 avril, date du début du Mèdz Yéghérn – le génocide des Arméniens de 1915 - la communauté arménienne témoigne sa reconnaissan-ce à une Suisse qui s’est montrée solidaire lors du premier grand crime contre l’humanité du XX siècle, accueillant les orphelins rescapés sur son territoire. De par ce lien historique qui la lie à la terre helvétique, elle reste convaincue que le monde politique suisse doit donner un signal concret d’une reconnaissance sans concession de ce crime pour lutter contre sa négation. Ainsi, elle invite les Genevois et les Suisses à s’approprier des Réverbères de la Mémoire, une œuvre d’art rappelant tous les crimes de masse et en particulier le génocide de 1915, offerte à la Ville de Genève en 2018. Dans un esprit de solidarité, la commu-nauté arménienne de Suisse verse une contribution à la Chaîne du Bonheur, pour soutenir la Suisse dans ses démarches face au contexte pandémique.

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Une réponse claire au négationnisme

À l'inverse de la réponse de l’Allemagne après la Deuxième Guerre mondiale consistant à réaliser un travail de mémoire et de réparation, la Turquie, héritière politique de l’idéologie jeune-turque responsable du génocide des Arméniens, persiste toujours à nier cette évidence historique. Alors que l’historiographie scientifique internationale concorde sur les critères génocidaires appliqués à l’anéantissement des Arméniens de l’Empire ottoman – et qui avaient servi de paradigme au juriste Raphaël Lemkin pour rédiger la Convention de l’ONU de 1948 pour la prévention et la répression du crime du génocide – la négation de l’État turc et de ses organisations satellites, y compris en Suisse, empêche de tourner cette triste page de l’Histoire. En ce sens, les Arméniens de Suisse demandent un signal concret et puissant des autorités fédérales ainsi que des partis politiques suisses, reconnaissant sans aucune réticence ce génocide et condamnant sa négation.

La marche aux flambeaux consacrée à la mémoire des victimes du génocide arménien.jpg

Giuseppe Motta et les Arméniens

Non moriar sed vivam (Je ne mourrai pas, je vivrai): ce passage en latin sculpté sur le socle de la statue, à Genève, de Philibert Berthelier, héros national suisse, devait conclure le discours du président de la Confédération Giuseppe Motta, prononcé en septembre 1922 devant la Société des Nations lors de son intervention en faveur des Arméniens, et avait été précédé par ces mots: «Ne pas résoudre enfin la question de l’Arménie, serait, sans exagération, une souillure, une honte pour la civilisation humaine”. Pour la première fois, la Suisse prenait parti pour les Arméniens sur la scène internationale.

Près d’un siècle s’est écoulé depuis, mais la vivacité du peuple arménien et son amour pour la vie restent intacts et représentent aujourd’hui la meilleure réponse face à la haine et au fanatisme.

Une Suisse solidaire

La Suisse et Genève ont été solidaires du peuple arménien dès les premiers massacres perpétrés par le sultan Abdul Hamid II (1894-1896) ainsi que pendant et après le génocide de 1915. Nous n’oublions pas l’orphélinat d’Ourfa fondé par le diacre appenzellois Jakob Künzler, ayant sauvé plus de 8000 enfants arméniens, ainsi que la pétition de 1897 avec 454’291 signatures (alors que la Suisse comptait 3,1 millions d’habitants) demandant au Conseil fédéral d’intervenir auprès du sultan pour faire cesser les massacres. Nous n’oublions non plus le Foyer arménien de Begnins (VD) fondé en 1921 par le pasteur Antony Krafft-Bonnard, qui a accueilli des centaines d’orphelins rescapés du génocide et leur a permis de reprendre racine dans une société juste et équilibrée. Nous nous rappelons aussi des rôles d’un autre président de la Confédération, Gustave Ador, et en particulier des orientalistes Léopold Favre et Edouard Naville, qui avec Krafft-Bonnard ont créé d’abord l'Oeuvre de secours suisse 1915 en faveur des Arméniens, et ensuite la Ligue internationale philarménienne.

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Les Réverbères de la Mémoire

Pour toutes ces raisons, en 2018 la communauté arménienne de Suisse a offert à la Ville de Genève les Réverbères de la Mémoire, une oeuvre d’art avec une subtile capacité évocatrice relevant d’une beauté discrète en filigrane. En tant que tel, elle reflète le caractère d’une commémoration que cette année se veut silencieuse et ouvrant à la tolérance et à la réflexion. Les Arméniens de Suisse invitent ainsi - tout en maintenant la distance sociale imposée par les autorités fédérales - les Genevois et les Suisses à s’approprier du Parc Trembley abritant ces réverbères, pour se rendre compte personnellement de l’atmosphère de paix qui y règne.

 

Les Arméniens de Suisse ont aussi souhaité voir cette commémoration se manifester par un geste de solidarité en faveur des plus fragiles et démunis, via la Chaîne du Bonheur en cette période difficile.

Communiqué de presse

21 avril 2020

 Communauté arménienne de Suisse

Comité de commémoration du 24 avril 1915

Contacts :

Vicken Bayramian, vicken@fieldsolutions.ch, mobile : +4178 6198090

Sarkis Shahinian, s.shahinian@armenian.ch, mobile : +4179 4076051

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Dans la nuit de samedi 23 à dimanche 24 avril 1915, l’intelligentzia arménienne de Constantinople a été arrétée et déportée au centre et à l’est de l’Empire ottoman pour y être exécutée. Très peu d’entre eux, comme l’archimandrite et compositeur Komitas, ont pu se sauver. C’était le début du Médz Yéghérn, le génocide des Arméniens, qui coûta la vie d’un million et demi de personnes.

La situation créé par la crise actuelle, a poussé cette année la Communauté arménienne de Suisse, constituée par les descendants des survivants, à commémorer le 105e anniversaire du génocide de façon différente, optant pour une présence silencieuse.

Dans un esprit de solidarité, elle a décidé de verser une contribution à la Chaîne du Bonheur, pour soutenir la Suisse dans ses démarches face au contexte pandémique. Aussi, les Arméniens de Suisse invitent - tout en maintenant la distance sociale imposée par les autorités fédérales - les Genevois et les Suisses à s’approprier du Parc Trembley abritant ces réverbères, pour se rendre compte personnellement de l’atmosphère de paix qui y règne.

Dans le même esprit, l’Eglise apostolique arménienne célèbre aujourd’hui la mémoire des martyrs de 1915 avec une Sainte Messe diffusée en streaming et documenté par ces images. Aujour’dhui, l’Eglise arménienne de Saint Hagop est peut être vide physiquement, mais pleine de sens spirituel

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Le mémorial du génocide arménien à Tsitsernakaberd éclairé hier soir de veillée du 105eanniversaire du génocide

Hier soir au mémorial du génocide des Arméniens à Tsitsernakaberd à Erévan la cérémonie de veille du 105e anniversaire du génocide a vu les lumières s’allumer sur le site, visible de toute la capitale arménienne. Aux fenêtres des habitations d’Erévan, des milliers de lumières étaient allumées en souvenir des 1,5 million de victimes du génocide de 1915. A Tsitsernakaberd désert du fait du confinement, un orchestre jouait des airs de musique diffusés par les médias et réseaux sociaux. Etrange cérémonie de veillée des victimes du Premier génocide du 20e siècle perpétré par la Turquie entre 1915 et 1923.

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24 avril 2015, c’était le centenaire du génocide des Arméniens. Une délégation de parlementaires suisses rendait hommage aux tombés du Médz Yéghérn.

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Commentaires

  • Il m'arrive souvent de pleurer en cachette quand je pense au médecin de mon enfance, le Docteur Nazarian.

    Que de fois, il nous a raconté, à mon frère et moi, la larme à l'oeil, qu'il avait perdu à jamais sa petite soeur dans la foule... en fuyant l'armée ottomane!

    C'est gravé dans ma mémoire. Que Dieu bénisse l'Arménie et tous les Arméniens!

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